Renault : menace de réduire sa production en Europe

Renault consolide de 2,4% à 26,6 euros en fin de séance, accompagné de Stellantis. François Provost a déclaré hier que l'Union européenne devait assouplir les règles à long terme sur les émissions de ...

Renault consolide de 2,4% à 26,6 euros en fin de séance, accompagné de Stellantis. François Provost a déclaré hier que l'Union européenne devait assouplir les règles à long terme sur les émissions de CO2 afin de protéger les constructeurs et les emplois du secteur dans la région. L'industrie automobile européenne devra faire face à des objectifs plus stricts dans les années à venir. Bien que des discussions soient en cours au sein de l'UE pour les assouplir, les progrès sont lents en raison de la complexité des négociations entre le secteur automobile, les États membres et les institutions européennes.

Si les objectifs restent inchangés, le directeur général de Renault a indiqué qu'il n'aurait guère d'autre choix que de "proposer à conseil d'administration, d'ici un an, de réduire la production de 300.000 unités en Europe", selon des propos tenus mardi lors du Salon automobile de Paris repris par 'Bloomberg'. L'an dernier, le groupe Renault a produit un total de 2,3 millions de véhicules.

Les dirigeants des constructeurs généralistes Renault, Stellantis et Volkswagen ont affiché un front uni lors de cet événement, réclamant davantage de soutien de la part des régulateurs pour se protéger face à la concurrence chinoise agressive, à la hausse des coûts et aux tensions géopolitiques, relate l'agence. Emmanuel Macron, en visite au Mondial de l'automobile lundi, a déclaré espérer parvenir prochainement à un accord avec l'Allemagne sur la protection de l'une des industries les plus importantes d'Europe. L'UE élabore un ensemble de mesures plus large pour encourager la production locale et ajuste son plan d'arrêt progressif de la vente de voitures à moteur thermique, bien que les deux principaux pays constructeurs automobiles de l'Union divergent sur la marche à suivre.

Malgré cette incertitude, F.Provost a annoncé son intention d'investir 10 milliards d'euros supplémentaires en France au cours des cinq prochaines années, sous réserve d'un environnement politique et social favorable. Le constructeur a augmenté la cadence de production dans des usines comme celle de Douai pour répondre à la demande accrue de véhicules électriques stimulée par les prix records de l'essence et du diesel. "Je dois absolument dégager des bénéfices, faute de quoi je ne pourrai ni refinancer les investissements ni garantir l'avenir de Renault", a affirmé le dirigeant.