Wall Street : volatilité confirmée

Wall Street repasse en territoire légèrement positif ce mardi, le S&P 500 grappillant maintenant 0,23% à 6.812 pts, le Dow Jones 0,31% à 47.890 pts et le Nasdaq 0,43% à 22.793 pts. Donald Trump a décl...

Wall Street repasse en territoire légèrement positif ce mardi, le S&P 500 grappillant maintenant 0,23% à 6.812 pts, le Dow Jones 0,31% à 47.890 pts et le Nasdaq 0,43% à 22.793 pts. Donald Trump a déclaré hier qu'il pourrait lever les sanctions liées au pétrole et qu'il ferait escorter les pétroliers par la marine américaine dans le détroit d'Ormuz. Le président américain a par ailleurs prédit que la guerre avec l'Iran se résoudrait très bientôt. Les marchés ont fait mine hier de croire à ces promesses, mais les hésitations sont de retour ce jour. Le baril de brut WTI rechute de 11,6% à 83,8$, tandis que le Brent de la mer du Nord retombe de 10,6% à 88,5$...

Rappelons que la place américaine est déjà passée à l'heure d'été, trois semaines avant l'Europe, et ouvre donc à 14h30, heure française, pour clôturer à 21 heures durant cette période.

Trump a indiqué qu'il ne croyait pas à une fin du conflit cette semaine, mais a insisté sur le fait que l'opération était en avance sur le calendrier prévu. Il a promis des bombardements bien plus intenses si l'Iran perturbait l'approvisionnement en pétrole. "Nous cherchons à contenir les prix du pétrole", a affirmé le locataire de la Maison Blanche lors d'une conférence de presse dans la résidence de Doral, en Floride. "Ils ont artificiellement grimpé à cause de cette incursion", a constaté Trump, qui pense pouvoir lever certaines sanctions liées au pétrole afin de faire baisser les prix. Il dit aussi avoir abordé ce sujet avec le président russe Vladimir Poutine lors d'un entretien téléphonique hier. La Russie est confrontée justement à de nombreuses restrictions pétrolières, notamment un plafonnement du prix de son pétrole brut et des sanctions américaines visant ses deux principaux producteurs, afin de priver le pays de revenus en raison du conflit en Ukraine.

"Avec nos partenaires israéliens, nous écrasons l'ennemi grâce à une démonstration écrasante de notre savoir-faire technique et de notre force militaire", a aussi déclaré hier Trump aux élus républicains, affirmant que les États-Unis avaient frappé 5.000 cibles en Iran, que les capacités balistiques du pays avaient été réduites de 10% et que les tirs de drones iraniens avaient diminué de 83%.

Les objectifs militaires américains peuvent être qualifiés de pratiquement atteints selon Trump. Le président américain a aussi reconnu que des questions subsistaient quant à la direction du pays à Téhéran et a juré qu'il ne relâcherait pas ses efforts tant que l'ennemi ne serait pas définitivement vaincu. Il a précisé que si les États-Unis avaient coulé plus de 50 navires iraniens, un conflit prolongé pourrait les amener à bombarder d'autres cibles importantes et notamment des installations de production d'électricité...

Selon des sources de Bloomberg proches du dossier, Trump envisagerait diverses options pour lutter contre la flambée des prix du pétrole et de l'essence suite à la guerre en Iran. Parmi ces options figureraient selon l'agence le déblocage des stocks d'urgence, la suspension de la perception de la taxe fédérale sur l'essence et l'intervention du Trésor américain sur le marché à terme du pétrole. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, avait précédemment laissé entendre que les États-Unis pourraient lever de nouvelles sanctions contre la Russie, après avoir autorisé la semaine dernière, à titre temporaire, les raffineries indiennes à acheter davantage de pétrole russe.

Le président Trump a déclaré également hier au New York Post qu'il était "loin d'être prêt" à ordonner l'envoi de troupes américaines en Iran pour sécuriser le site d'enrichissement nucléaire d'Ispahan, tout en restant discret sur la manière dont il entendait gérer le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. "Nous n'avons pris aucune décision à ce sujet. Nous en sommes très loin", a déclaré Trump au sujet des discussions rapportées concernant un déploiement américain dans le site d'enrichissement souterrain iranien situé près de l'ancienne capitale perse. Trump a également déclaré être "mécontent" de la nomination de Khamenei, 56 ans, à la tête de la théocratie, succédant à son père Ali Khamenei ce week-end, mais n'a pas réitéré sa menace de tuer tout successeur qui accéderait au pouvoir sans son accord. "Je ne vous dirai rien", a déclaré Trump au sujet de ses intentions envers le jeune Khamenei. "Je ne vous dirai rien. Je ne suis pas content de lui".

Trump, qui s'exprimait par téléphone depuis son club de golf Trump National de Doral, en Floride, a minimisé les spéculations concernant un éventuel déploiement de troupes au sol à Ispahan après avoir déclaré aux journalistes à bord d'Air Force One, samedi après-midi, que "nous n'en avons pas parlé". Cependant, des médias tels que Semafor, NBC News et Axios ont rapporté le même jour que cette possibilité était activement discutée. Par ailleurs, la réponse évasive de Trump concernant Mojtaba Khamenei faisait suite à des menaces explicites proférées avant son élection, note le NYP. Peu avant la nomination du fils intransigeant du défunt ayatollah à sa succession, Trump a déclaré dimanche à ABC News que le nouveau dirigeant "ne ferait pas long feu" s'il "n'obtenait pas notre approbation". La semaine dernière, Trump avait déclaré à Axios que "le fils de Khamenei est un incapable" et qu'"il doit être impliqué dans cette nomination".

Trump estime que la guerre menée contre l'Iran est désormais "presque terminée". Dans un entretien accordé à 'CBS News' lundi, il a affirmé que les opérations militaires étaient "très avancées", assurant que Washington avait largement dépassé ses objectifs initiaux en termes de calendrier. "Je pense que la guerre est très complète, pratiquement terminée", a expliqué le locataire de la Maison Blanche. "Ils n'ont plus de marine, plus de communications, et ils n'ont plus d'armée de l'air", a-t-il précisé, décrivant un Iran fortement affaibli sur le plan militaire. Interrogé sur la situation dans le détroit d'Ormuz, Trump a indiqué que Washington envisageait un contrôle plus direct de cette voie stratégique. Concernant la succession du guide suprême iranien, désormais assurée par Mojtaba Khamenei, fils du dirigeant défunt, Donald Trump a assuré n'avoir "aucun message" à lui adresser. Le président américain a toutefois indiqué avoir "quelqu'un en tête" pour diriger l'Iran...

Ce mardi, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a adopté quant à lui un ton encore relativement belliqueux, menaçant de frapper l'Iran encore beaucoup plus fort si le pays s'oppose à la liberté de naviguer dans le détroit d'Ormuz. Il souligne que Trump ne permettra pas la course à l'armement nucléaire.

La fin de semaine dernière avait été éprouvante à Wall Street suite à la publication d'un rapport sur l'emploi sans relief et de chiffres peu reluisants de la consommation. Les États-Unis ont détruit 92.000 postes non-agricoles en février, alors que les économistes anticipaient en moyenne 60.000 créations. Le taux de chômage est remonté à 4,4% contre 4,3% un mois avant. Les destructions de postes dans le privé ont été de 86.000 (+65.000 de consensus), avec 12.000 emplois manufacturiers détruits. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 62%. Le salaire horaire moyen a progressé plus que prévu, en hausse de 0,4% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an. L'emploi dans le secteur de la santé a diminué, en raison des grèves. L'emploi dans les secteurs de l'information et du gouvernement fédéral a continué de baisser, a précisé le Bureau américain des statistiques du travail.

Du côté des indicateurs économiques américains cette semaine, les investisseurs suivront notamment de près la publication, demain, de l'indice des prix à la consommation et, vendredi, celle de l'indice des dépenses de consommation des ménages, même si ces deux indices ne refléteront pas encore l'impact de la forte hausse récente du prix du pétrole...

Les reventes de logements existants aux États-Unis pour le mois de février 2026; annoncées ce jour, se sont établies sur un rythme de 4,09 millions d'unités (+1,7% d'un mois sur l'autre), largement supérieur au consensus (3,84 millions selon FactSet), contre une lecture révisée à 4,02 millions pour le mois antérieur.

Dans le détail des statistiques de la semaine, l'indice des prix à la consommation de février sera donc annoncé mercredi (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,4% sur un an, ou +0,2% et +2,5% hors alimentaire et énergie). Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains sera aussi connu demain.

Jeudi, les opérateurs suivront les mises en chantier de logements et permis de construire, la balance du commerce international des biens et services, ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage. Enfin, vendredi, ils prendront connaissance des chiffres des commandes de biens durables, du PIB du 4e trimestre, des revenus et dépenses des ménages, de l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan et du rapport JOLTS sur les ouvertures de postes.

Côté entreprises, la saison des résultats se poursuit avec les publications des résultats de HPE ou Casey's General Stores. Les résultats d'Oracle sont programmés ce soir après bourse. Nio Inc et BioNTech sont aussi de la partie aujourd'hui. The Campbell's Company et UiPath dévoilent leurs derniers chiffres demain. Adobe, Dollar General, Ulta Beauty, Li Auto, Dick's Sporting Goods, Lennar et Wheaton Precious Metals, annonceront enfin leurs résultats trimestriels jeudi.

Les valeurs

Hewlett Packard Enterprise (-0,6%), le concepteur américain de serveurs d'IA, a annoncé hier soir pour son premier trimestre fiscal un bénéfice net de 423 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 65 cents, supérieur au consensus de place, pour des revenus de 9,3 milliards de dollars (+18%) quant à eux un peu courts. "HPE a réalisé un excellent premier trimestre, surpassant les attentes dans notre activité réseau et enregistrant l'un de nos trimestres les plus rentables jamais enregistrés", a déclaré Antonio Neri, directeur général de HPE. "Nos résultats du premier trimestre témoignent de l'alliance de nos innovations réseau et d'une gestion opérationnelle rigoureuse dans un contexte d'approvisionnement en matières premières fluctuant".

Le groupe envisage désormais pour l'exercice un bénéfice ajusté par action allant de 2,30 à 2,50$, pour une croissance des revenus annuels de 17 à 22%. HPE relève ses estimations de croissance des revenus dans le segment Networking entre 68 et 73%. Le bénéfice opérationnel ajusté est attendu en augmentation de 32 à 40%. Sur le seul 2e trimestre fiscal, les revenus sont anticipés entre 9,6 et 10 milliards, pour un bpa ajusté allant de 51 à 55 cents.

Casey's General Stores (+2,5%), la chaîne américaine d'épicerie, a publié pour son 3e trimestre fiscal un bénéfice dilué par action de 3,49$ (+50%), largement supérieur au consensus, contre 2,33$ sur la période comparable de l'an dernier. Les revenus ont atteint 3,92 milliards de dollars, ce qui ressort en revanche inférieur au consensus et traduit une stabilité en comparaison de l'an dernier. Le bénéfice net s'est apprécié de 49% à 130 millions de dollars, tandis que l'Ebitda a augmenté de 27% à 309 millions. Les ventes à comparable ont grimpé de 4%.

"Grâce aux excellents résultats financiers enregistrés depuis le début de l'année, l'Ebitda de l'exercice 2026 devrait progresser de 18% à 20%. La société anticipe désormais une croissance des ventes à périmètre comparable de 3,5% à 4,5% et une marge brute d'environ 41,5% à 42,5%", commente Casey's.

TSMC (+0,1%) a affiché des ventes en croissance de 30% au cours des deux premiers mois de l'année, le géant taïwanais des puces sous contrat, fournisseur notamment de Broadcom, Nvidia et d'AMD, ayant bénéficié de la demande provenant des infrastructures d'intelligence artificielle. Ainsi, le chiffre d'affaires cumulé de janvier et février a atteint 718,9 milliards de nouveaux dollars de Taïwan, soit environ 22,6 milliards de dollars américains. Le consensus pour le premier trimestre se situe selon Bloomberg à 33% de croissance. Les ventes de février ont progressé de 22% "seulement", limitées par les congés du Nouvel An lunaire.

Nio (+10,5%), le constructeur chinois de véhicules électriques coté à Wall Street, vient de publier un bénéfice positif et des ventes record. Les revenus totaux se sont élevés à 34,65 milliards de yuans - environ 4,95 milliards de dollars - au quatrième trimestre 2025, ce qui représente une augmentation de 75,9% en glissement annuel et de 59% en séquentiel. Le bénéfice net s'est élevé à 282,7 millions de yuans (40,4 millions de dollars) au T4 2025, contre une perte nette de 7,11 milliards de yuans un an avant. Hors charges liées aux paiements fondés sur des actions, le bénéfice net ajusté s'est établi à 726,8 millions de yuans (103,9 M$) contre une perte nette ajustée de 6,62 milliards de yuans au quatrième trimestre 2024.

BioNTech (-20,4%), le partenaire allemand de Pfizer dans les vaccins covid-19, décroche de 14% avant bourse à Wall Street, suite à sa publication financière jugée décevante. Sur l'exercice fiscal clos fin décembre 2025, le laboratoire allemand a affiché un chiffre d'affaires de 2,87 milliards d'euros (2,75 milliards un an avant), pour une perte nette de 1,14 milliard d'euros (665 ME un an avant) et une perte nette ajustée de 0,1 milliard d'euros, soit une perte diluée ajustée de 0,48 euro par titre. Sur le quatrième trimestre de l'exercice clos, les revenus ont décliné à 907 ME contre 1,19 milliard d'euros un an auparavant, tandis que la perte nette s'est affichée à 305 ME ou 79,5 ME sur une base ajustée (0,33 euro par titre).

Kohl's (+8,1%) grimpe à Wall Street ce mardi, sur des bénéfices supérieurs aux attentes pour son 4e trimestre fiscal. Le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 1,07$ sur la période, contre 95 cents un an avant. Les revenus trimestriels de la chaîne de magasins ont totalisé 5,17 milliards de dollars contre 5,4 milliards un an auparavant. Sur l'exercice 2026, le groupe envisage un bpa ajusté de 1 à 1,60$, pour des ventes stables ou en repli jusqu'à -2%.

AT&T (+0,6%), l'opérateur télécom américain, prévoit d'investir plus de 250 milliards de dollars sur cinq ans aux États-Unis pour développer son infrastructure réseau, indique l'agence Reuters, qui note que les opérateurs télécoms US investissent massivement dans les réseaux de fibre optique et de 5G pour concurrencer les câblo-opérateurs et répondre aux besoins des services gourmands en données, dans un contexte d'adoption croissante de l'intelligence artificielle. Ces 250 milliards de dollars comprennent les investissements en capital ainsi que les coûts d'exploitation sur la période, et non des dépenses entièrement nouvelles, a précisé l'entreprise, qui table sur l'embauche de milliers de techniciens.

Apple (+0,3%) a augmenté sa production d'iPhone en Inde d'environ 53% l'an dernier et y fabrique désormais un quart de ses appareils phares selon Bloomberg. Une tendance qui témoigne de la volonté du groupe californien à la pomme de contourner les droits de douane sur la Chine. Selon des sources de Bloomberg proches du dossier, qui ont requis l'anonymat car ces chiffres ne sont pas publics, Apple a assemblé environ 55 millions d'iPhones en Inde en 2025, contre 36 millions un an plus tôt. Apple produit entre 220 et 230 millions d'iPhones par an dans le monde, la part de l'Inde dans ce total étant en forte croissance.

SpaceX, la société d'astronautique et vol spatial d'Elon Musk, envisagerait, selon des sources de Reuters, une cotation à Wall Street sur le Nasdaq dans le cadre d'une introduction en bourse "accélérée" qui pourrait être la plus importante de tous les temps. L'agence cite quatre sources proches de la question. Selon deux des sources anonymes de l'agence, SpaceX entendrait intégrer rapidement l'indice Nasdaq 100, mais ces plans restent susceptibles d'être modifiés. Reuters avait rapporté en début d'année que SpaceX envisageait une introduction à Wall Street dès le mois de juin. Le New York Stock Exchange serait également en lice selon Reuters pour accueillir SpaceX.

L'une des sources de Reuters indique que SpaceX viserait une valorisation d'environ 1.750 milliards de dollars dans le cadre de son introduction potentielle en bourse. Il s'agirait alors de la 6e capitalisation boursière américaine...

SpaceX a annoncé le mois dernier sa fusion avec la startup d'intelligence artificielle de Musk, xAI, pour former "le moteur d'innovation le plus ambitieux et le plus intégré verticalement sur Terre, avec l'IA, les fusées, l'Internet spatial, les communications directes aux appareils mobiles et la plus grande plateforme d'information et de liberté d'expression en temps réel au monde"...

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