La Bourse de New York a terminé en forte baisse mardi face aux menaces douanières de Donald Trump envers l'Europe dans le cadre de leur contentieux au sujet de la souveraineté du Groenland.
Après avoir passé la séance dans le rouge, le S&P 500 a finalement glissé de 2,06%. Le Dow Jones a perdu 1,76% et l'indice Nasdaq a chuté de 2,39%.
"Le marché subit de lourdes pertes après un week-end de trois jours mouvementé (...) marqué par une intensification des tensions géopolitiques", résume Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Au cours du week-end, Donald Trump a menacé huit pays européens de nouvelles surtaxes douanières pour aboutir, notamment, à l'annexion du Groenland.
Le président américain justifie son projet en invoquant des motifs de sécurité face aux Russes et aux Chinois.
Ces "menaces d'augmentation des droits de douane (...) suscitent l'inquiétude des investisseurs, qui craignent qu'un éventuel conflit commercial transatlantique ne provoque une période de forte turbulence sur les marchés", remarque M. Torres.
Art Hogan, de B. Riley Wealth Management, observe ainsi "une aversion au risque" sur la place américaine, qui rappelle l'onde de choc provoquée par l'annonce de droits de douane dits "réciproques" en avril.
"À moins que (Donald Trump) ne revienne sur certaines de ses déclarations, la situation risque d'empirer", ajoute l'analyste auprès de l'AFP.
Dans ce contexte d'incertitudes commerciales, sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à dix ans se tendait vers 21H15 à 4,29%, contre 4,22% à la clôture vendredi, au plus haut depuis septembre.
Pour Christopher Low, de FHN Financial, les obligations américaines sont aussi échauffées par l'envolée des taux japonais. Celle-ci est provoquée par la perspective de dérapages budgétaires en raison des mesures de relance et allègements fiscaux promis par la Première ministre Sanae Takaichi.
Côté indicateurs, les investisseurs attendent la publication jeudi de la nouvelle estimation de croissance aux Etats-Unis pour le troisième trimestre, puis, le même jour, de l'indice des prix PCE - jauge d'inflation privilégiée par la Réserve fédérale (Fed) - pour les mois d'octobre et de novembre.
Au tableau des valeurs, les "Sept Magnifiques", surnom donné aux grands noms du secteur technologique, ont tous terminé en fort recul, à l'image de Nvidia (-4,38%), Amazon (-3,40%), Apple (-3,46%) ou Microsoft (-1,16%).
Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp) a pour sa part lâché 2,60% à 604,12 dollars après que l'Autorité américaine de la concurrence (FTC) a annoncé faire appel d'une décision de justice rendue en novembre, qui avait conclu que le groupe n'était pas en position dominante sur le marché des réseaux sociaux.
Le conglomérat industriel 3M a dégringolé de 6,88% à 156,26 malgré des résultats supérieurs aux attentes et un léger relèvement de ses prévisions de ventes.
Dans les échanges électroniques après la clôture, le géant du streaming Netflix chutait de près de 5% après la publication de résultats du quatrième trimestre 2025 conformes aux attentes mais accompagnés de prévisions d'une faible croissance de son chiffre d'affaire.
Le géant du divertissement en ligne, très scruté en pleine tentative de rachat de Warner Bros, a enregistré des ventes de 12,05 milliards de dollars fin 2025 et prévoit d'atteindre 12,16 milliards ce trimestre.
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