Wall Street tente de rebondir sur une semaine éprouvante

La bourse de New York est attendue dans le vert à l'ouverture ce vendredi après avoir terminé hier soir sur une légère progression. Wall Street a été particulièrement lestée cette semaine par les inqu...

La bourse de New York est attendue dans le vert à l'ouverture ce vendredi après avoir terminé hier soir sur une légère progression. Wall Street a été particulièrement lestée cette semaine par les inquiétudes renouvelées à l'égard du financement des acteurs de l'écosystème de l'intelligence artificielle tandis que le début de la saison de résultats financiers démarre sur une note mitigée, notamment de la part des entreprises financières. Le Nasdaq affiche +0,07% dans les échanges avant l'ouverture, le Dow Jones à +0,03% et le S&P 500, plus large, à +0,14%.

Les cours du pétrole affichent une légère baisse cet après-midi : le baril de WTI s'échange sous les 97,5$ (-0,50%) et celui du Brent de la Mer du Nord demeure stable à 105,92$. Sur les marchés obligataires, l'obligation d'Etat américaine à 10 ans est à 5,11% et celle à 30 ans à 5,43%

Les indices semblent profiter d'une petite accalmie alors que les investisseurs ont réduit leurs paris sur une hausse des taux lors de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale des 27 et 28 octobre. La probabilité, qui avoisinait les 33% hier selon l'outil 'Fedwatch', est tombée autour de 15% après une intervention du président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, en marge des réunions annuelles du FMI. Celui-ci n'a formulé aucune remarque sur la politique monétaire ou sur ses perspectives pour l'économie américaine, si ce n'est pour réaffirmer que la Fed garantirait la stabilité des prix. À l'instar d'autres commentaires récents émanant de membres du FOMC, les propos de Warsh indiquent que le comité s'apprête à faire une pause en octobre, affirment les économistes de Goldman Sachs, dans une note reprise par Bloomberg, où ils prévoient une ultime hausse des taux en décembre. Le président de la Fed a par ailleurs réitéré son optimisme concernant l'intelligence artificielle, qu'il considère comme l'innovation la plus importante pour l'économie mondiale de son vivant. Il a toutefois averti que cette technologie pourrait stimuler la demande à court terme.

Sur le front de la géopolitique, le président américain a affirmé hier soir qu'il n'avait pas l'intention d'utiliser des armes nucléaires contre l'Iran et qu'il ne prévoyait pas non plus de déployer des troupes au sol dans ce pays. Dans une interview accordée à la chaîne câblée Newsmax, il a affirmé : "Je n'utiliserais pas l'arme nucléaire. Nous n'en avons pas besoin. Nous sommes la plus grande puissance nucléaire au monde".

La chaîne a interrogé M. Trump au sujet d'informations selon lesquelles Washington envisagerait d'utiliser la bombe GBU-43/B, surnommée 'la mère de toutes les bombes' (MOAB), mais le président américain n'a pas répondu à cette question.

Du côté de l'Ukraine, l'ordre de restreindre un système satellitaire utilisé par l'Ukraine pour les communications sur le champ de bataille et les opérations de drones a été donné depuis la Maison-Blanche, selon deux responsables américains et un responsable occidental informés du dossier, sources de Reuters, qui ont indiqué que des responsables du département de la Défense avaient reçu pour consigne de ralentir le service " Starshield " de SpaceX, utilisé par l'armée ukrainienne. Les responsables, qui se sont exprimés sous couvert d'anonymat, n'ont pas précisé qui, au sein de la Maison-Blanche, a pris cette décision, ni qui a été chargé de mettre en oeuvre cet ordre. Le Pentagone est le principal client de Starshield, la version à usage militaire du service Starlink. Des responsables ukrainiens ont fait savoir cette semaine que les terminaux Starlink de qualité militaire cessaient de fonctionner en Ukraine lorsqu'ils étaient installés sur des objets se déplaçant rapidement ; cela entrave les performances des drones ukrainiens, qui dépendent de ces systèmes pour leur guidage embarqué au-dessus du territoire ukrainien.

Concernant les publications économiques, l'indice des prix à l'importation a gagné 1,1% en septembre, contre un consensus de 0,9%, et après +0,5% en août. Les prix à l'exportation ont accéléré de 2,2% sur cette même période, contre un consensus de 1% et après +1,2% en août. Les chiffres de la production industrielle et manufacturière américaine seront publiés à 15h15, avant la balance du budget fédéral du moise de septembre, publiée à 20h, et attendue à -34,7 milliards de dollars.

A l'agenda des publications, la semaine prochaine, Meta publiera mercredi. Prévus le même jour, les résultats des sociétés de semi-conducteurs Lam Research et Texas Instruments pourraient offrir une nouvelle perspective sur l'essor de l'IA, tout comme les comptes financiers de Tesla, l'une des sociétés d'Elon Musk.

Parmi les autres résultats importants attendus dans les prochains jours, on peut citer Netflix, Procter & Gamble et GE Aerospace. Le consensus LSEG montre que les bénéfices des sociétés du S&P 500 devraient avoir progressé de plus de 30% au troisième trimestre, confirmant ainsi une année faste en termes de profits pour les entreprises.

Les valeurs

Tesla va rebondir à l'ouverture. Très attendue, la présentation du Roadster de Tesla a rencontré le succès escompté hier soir à McGregor au Texas, où le nouveau modèle de véhicule de l'entreprise d'Elon Musk s'est élancé sur une rampe avant de se retourner sur elle-même dans le vide et atterrir en douceur grâce à des propulseurs à gaz froid. La version volante du Roadster ne dispose pas d'homologation pour pouvoir être utilisée sur des routes publiques, mais les deux autres versions sont déjà disponibles en précommande (entre 50.000E et 250.000E d'arrhes pour un prix final encore inconnu et une livraison pas avant 2028).

Bonne nouvelle européenne pour Eli Lilly & Co. Le 'Foundayo' du laboratoire américain a reçu le feu vert de l'Agence européenne des médicaments, ce qui place ce produit destiné à la perte de poids en bonne position pour être approuvé sur d'autres marchés importants. Le Comité des médicaments à usage humain a recommandé l'approbation de ce comprimé, à prendre une fois par jour et également connu sous le nom d'orforglipron, pour le traitement de l'obésité et du diabète de type 2. Cette recommandation est désormais transmise à la Commission européenne, qui prendra la décision finale, généralement dans un délai d'environ deux mois. Le Foundayo a obtenu une autorisation aux États-Unis en avril, devenant ainsi le deuxième médicament de la classe des GLP-1 sous forme orale approuvé pour la perte de poids, après la version orale du Wegovy de Novo Nordisk. Contrairement au médicament de Novo, le Foundayo peut être pris sans aucune restriction concernant la consommation d'aliments ou de boissons. Lors d'un essai clinique à un stade avancé, les patients ayant reçu la dose la plus élevée ont perdu, en moyenne, environ 11% de leur poids corporel sur une période de 72 semaines, contre environ 2% pour ceux ayant reçu un placebo.

Du bon et du moins bon pour ExxonMobil. Le géant américain du pétrole et du gaz a averti vendredi, dans un document réglementaire, que les fluctuations des cours du pétrole entraîneraient une baisse de 1,3 milliard de dollars de son résultat en amont au troisième trimestre. L'entreprise devra également absorber un impact négatif de 2,5 milliards de dollars lié à des effets de calendrier (timing effects), correspondant à des positions sur produits dérivés associées à des cargaisons expédiées mais non encore livrées.

A l'inverse, la société va tirer profit de ses activités de raffinage. L'amélioration des marges de raffinage a permis de générer environ 4,5 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires sur son T3. Ce montant s'ajoute aux 4,1 Mds$ que la société avait déjà tirés de ses activités de raffinage au deuxième trimestre. Le plus grand producteur de pétrole d'Amérique du Nord doit publier ses résultats complets le 30 octobre.

Alcoa gagne du terrain avant-bourse à New York. Le géant américain de l'aluminium a publié hier soir des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, portés par une augmentation de la production et des prix de l'aluminium. Le bénéfice net s'est établi à 483 millions de dollars ou 1,81$ par titre contre 232 M$ et 0,88$ par action un an plus tôt, pour des revenus de 3,7 Mds$ (+24%). Le bpa ajusté ressort à 1,82$ contre 1,49$ de consensus. Le free cash-flow a atteint 472 M$. Au cours du trimestre, Alcoa a accru sa production d'aluminium et a augmenté ses livraisons de 13% à 693.000 tonnes. Le management vise toujours une production d'aluminium annuelle comprise entre 2,4 et 2,6 millions de tonnes, contre 2,51 millions attendus.

CoreWeave, l'opérateur de centres de données, qui se retrouve dans l'oeil du cyclone du fait de sa lourde dette, recule de nouveau en avant-Bourse après avoir rebondi de près de 6% la veille, aidé par les propos rassurants du directeur général de Nvidia, deuxième actionnaire du groupe. Jensen Huang, a en effet déclaré qu'il était confiant vis-à-vis de la situation financière de CoreWeave, affirmant qu'il n'a pas besoin de son soutien financier. " La solidité de CoreWeave s'améliore chaque jour ", a-t-il déclaré à Bloomberg lors d'un événement à Stockholm. " Je suis optimiste. Leur coût du capital diminue en réalité. "

Travelers, l'assureur a publié un bénéfice en hausse au troisième trimestre, largement au-dessus du consensus des analystes (BPA à +13%, 9,18$, bénéfice net ajusté de 1,95 Md$ à +4%), tout en soulignant que les pertes liées aux catastrophes naturelles sont en augmentation (538 millions de dollars contre 402 millions de dollars l'année dernière). La rentabilité ajustée s'est repliée à 22,1% (-0,5 point). Le résultat opérationnel a été porté les réserves des années précédentes et une hausse du revenu net des investissements.

J.B. Hunt devrait ouvrir en baisse après avoir fait état d'un chiffre d'affaires de 3,68 milliards de dollars, en progression de 20% par rapport à l'année dernière, d'un bénéfice dilué par action de 1,82$, en hausse de 3%, mais d'un résultat opérationnel qui n'a pas suivi les volumes, en progression de 2% seulement. Le groupe américain de transports et de logistique a indiqué avoir été impacté à hauteur de 50 millions de dollars par un ensemble de difficultés, en raison de la volatilité des prix du carburant, du coût des sinistres et d'investissements dans les chauffeurs. Le management demeure cependant positif sur les perspectives, annonçant des gains de marge futurs dans plusieurs activités.

Le courtier Interactive Brokers, attendu en baisse ce vendredi, a délivré pour son 3e trimestre un chiffre d'affaires supérieur au consensus à 1,87 milliard de dollars (+16%) pour un bénéfice ajusté par action de 0,67$, en ligne avec les attentes. Le broker a par ailleurs enregistré une solide progression du volume de sa clientèle avec 5,58 millions de comptes, en hausse de 35%, pour 965 milliards de dollars d'actifs sous gestion. Le chiffre d'affaires des commissions a augmenté de 12% à 602 millions de dollars. En revanche, le volume d'activité baisse de 24% (pour les actions) tandis que les transactions quotidiennes moyennes, en hausse de 18%, ont cependant baissé de 11% par rapport au 2e trimestre.

Microsoft. L'autorité britannique de la concurrence, la CMA, a proposé d'attribuer à Microsoft le statut de marché stratégique dans le secteur des logiciels d'entreprise, ouvrant ainsi la voie à une intervention sur la manière dont le géant technologique américain regroupe des produits tels qu'Excel, Teams et son assistant IA Copilot.

3M. Le conglomérat américain prévoit de contester, devant un tribunal vendredi, l'existence d'un vice de procédure dans une plainte déposée par l'Australie concernant sa mousse anti-incendie, accusée de nuisance publique en lien avec les polluants éternels.

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