Wall Street consolide un peu plus avant bourse ce mercredi, avec l'incertitude géopolitique et les pressions sur Jerome Powell. Le S&P 500 régresse de 0,4%, tandis que le Nasdaq abandonne 0,6%. Le Dow Jones perd 0,3%. Le S&P a échoué hier à l'approche des 7.000 pts, alors que les investisseurs semblent temporiser après les records et que la saison des publications d'entreprises vient de débuter. Hier, les marchés prenaient connaissance des comptes diversement appréciés de JPMorgan et de Bank of New York, ainsi que de chiffres réconfortants de l'inflation. Ce mercredi, les chiffres des prix à la production sont plus contrastés. Les opérateurs sanctionnent par ailleurs des prévisions mitigées de Wells Fargo dans le compartiment bancaire.
Sur le Nymex, le baril de brut WTI gagne 0,7% à 61,6$. L'once d'or fin s'adjuge 1,1% à 4.635$. L'indice dollar régresse de 0,1% face à un panier de devises.
Les dernières attaques visant le président de la Fed, Jerome Powell, ont suscité l'émoi parmi ses pairs. Ainsi, plusieurs anciens dirigeants de la Réserve fédérale, secrétaires au Trésor et économistes ont réagi, suite aux menaces de poursuites pénales proférées par le ministère de la Justice. L'enquête pénale annoncée visant le président de la Fed constitue "une tentative sans précédent d'instrumentaliser les poursuites judiciaires pour saper l'indépendance de la banque centrale", selon un communiqué signé par les anciens présidents de la Fed, Janet Yellen, Ben Bernanke et Alan Greenspan, ainsi que par quatre anciens secrétaires au Trésor ayant servi sous des présidents républicains aussi bien que démocrates. "Voilà comment la politique monétaire est élaborée dans les pays émergents aux institutions fragiles, avec des conséquences très négatives sur l'inflation et, plus largement, sur le fonctionnement de leurs économies", selon ce même communiqué. "Cela n'a pas sa place aux États-Unis, dont la plus grande force réside dans l'État de droit, fondement de notre réussite économique", ont ajouté les signataires. Janet Yellen a déclaré à CNBC que l'enquête compromettait l'indépendance de la banque centrale et que, selon elle, les marchés financiers devraient être davantage préoccupés par une situation qu'elle a qualifiée d'extrêmement inquiétante.
Le directeur général de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a lui aussi exprimé ses préoccupations. "Tout le monde que nous connaissons croit à l'indépendance de la Fed", a-t-il expliqué mardi, après la publication des résultats trimestriels de la banque, jugeant que "tout ce qui affaiblit ce principe n'est probablement pas une bonne idée". Il a également prévenu que cela pourrait "faire remonter les anticipations d'inflation et, à terme, pousser les taux d'intérêt à la hausse".
Powell a révélé dimanche que le ministère américain de la Justice avait notifié à la banque centrale des citations à comparaître devant un grand jury, menaçant de poursuites pénales en lien avec son témoignage devant le Sénat américain à propos des rénovations du siège de la banque centrale. Powell a laissé entendre que cette action était moins liée à son témoignage qu'à un désaccord sur les taux d'intérêt. Dans une déclaration, il a souligné qu'il s'agissait d'une action sans précédent qui devait être replacée dans le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par l'administration.
"La menace de poursuites pénales est une conséquence directe du fait que la Fed fixe les taux d'intérêt en se basant sur sa meilleure évaluation de ce qui est le mieux servi par le public, plutôt que de suivre les préférences du Président", selon Powell. "Il s'agit de savoir si la Fed sera en mesure de continuer à fixer les taux d'intérêt en fonction des données probantes et de la conjoncture économique, ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions politiques ou des intimidations", a ajouté le dirigeant, sortant ainsi de sa réserve habituelle. Le président de la Fed a défendu par ailleurs son bilan, soulignant qu'il avait travaillé à la Fed sous des administrations démocrates et républicaines et qu'il avait toujours fondé ses décisions exclusivement sur le double objectif de la banque centrale, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix. "Cette nouvelle menace ne concerne pas mon audition en juin dernier, ni les rénovations des bâtiments de la Réserve fédérale", a indiqué Powell, jugeant qu'il s'agissait là de prétextes... Trump a déclaré à NBC qu'il n'était pas au courant des agissements du ministère de la Justice, mais a renouvelé ses attaques contre Jerome Powell et sa politique monétaire jugée trop dure. Selon plusieurs sources de médias anglo-saxons, l'entourage du président américain se serait tout de même inquiété de l'impact que pourrait avoir sur les marchés une enquête sur Powell.
Trump a de nouveau pris pour cible mardi le président de la Fed. "Cet abruti sera bientôt parti", a-t-il affirmé lors d'un déplacement dans le Michigan, devant le Detroit Economic Club. Ces déclarations faisaient suite à d'autres critiques formulées plus tôt dans la journée à Washington. Interrogé devant la Maison Blanche sur l'impact d'une enquête visant Powell, Trump a accusé ce dernier d'être soit "incompétent", soit "corrompu". Le président républicain faisait référence aux dépassements de coûts liés à rénovation du siège de la Fed, un chantier de plusieurs milliards au coeur de la procédure menée par le département de Justice. "Il dépasse le budget de plusieurs milliards de dollars", a déclaré le locataire de la Maison Blanche, avant d'ajouter : "Je ne sais pas ce qu'il est, mais il ne fait certainement pas du très bon travail". Le président reproche également à la Fed de maintenir des taux d'intérêt trop élevés, freinant selon lui la croissance économique.
Ces développements marquent une escalade significative dans le bras de fer qui oppose depuis un an l'administration et la Fed de Powell. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed le 28 janvier se situe à 97,2%. La 'proba' la plus élevée pour la fin de l'année 2026 (32,6%) se situe dans une fourchette de 3 à 3,25% sur les taux, ce qui traduirait une baisse de taux d'un demi-point.
Le nom du successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed pourrait bien être dévoilé dans les prochains jours par Donald Trump, malgré les tensions actuelles. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, qui s'exprimait la semaine dernière devant l'Economic Club du Minnesota, a laissé entendre que Trump devrait annoncer sa décision d'ici quelques jours - en tout état de cause en janvier - concernant la succession de Powell. Ainsi, la décision serait révélée avant ou après le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, programmé du 19 au 23 janvier. "Nous en sommes toujours à quatre candidats", a déclaré le secrétaire au Trésor. Les candidats retenus sont, rappelons-le, le président du Conseil économique national américain Kevin Hassett, l'ancien membre du conseil des gouverneurs Kevin Warsh, le directeur des investissements 'fixed income' de BlackRock, Rick Rieder, et le gouverneur Christopher Waller. Le mandat de Powell prend fin en mai 2026. Son successeur sera à n'en pas douter partisan d'une politique monétaire nettement plus souple. Selon Fox Business Network, Trump doit s'entretenir avec Rick Rieder de BlackRock demain à propos du poste de patron de la Fed.
L'indice américain des prix à la consommation du mois de décembre 2025 n'a pas surpris hier. L'IPC s'affiche ainsi en hausse de 0,3% d'un mois sur l'autre et de 2,7% sur un an, en ligne ou presque avec le consensus des économistes de la place. Hors alimentation et énergie, c'est encore mieux, puisque l'indice des prix n'augmente que de 0,2% d'un mois sur l'autre et 2,6% sur un an, contre respectivement +0,3% et +2,7% de consensus.
L'indice américain des prix à la production du mois de novembre publié ce jour a augmenté de 0,2% d'un mois sur l'autre et de 3% sur un an, contre respectivement 0,2% et 2,7% de consensus. Hors alimentaire et énergie, éléments volatils, le 'PPI' est ressorti inchangé par rapport au mois précédent et en hausse de 3% sur un an, contre respectivement +0,2% et +2,7% de consensus de marché.
Le déficit des comptes courants pour le 3e trimestre, qui vient lui aussi d'être publié, s'est établi à 226 milliards de dollars contre un consensus de 235 milliards.
Les ventes de détail de novembre, elles aussi publiées à l'instant, se sont appréciées de 0,6% d'un mois sur l'autre, soit une progression supérieure aux attentes, après un repli de 0,1% en octobre. Hors automobile, elles ont augmenté de 0,5%, ici encore une performance meilleure que prévu, après un gain de 0,2% en octobre. Hors automobile et essence, la hausse s'affiche à 0,4%, deux fois plus élevée que le consensus.
Les reventes de logements existants de décembre (16h, consensus 4,23 millions), les stocks des entreprises, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close le 9 janvier, ainsi que le Livre Beige économique de la Fed (20 heures), sont encore attendus aujourd'hui. Anna Paulson, Stephen Miran, Raphael Bostic, Neel Kashkari et John Williams de la Fed, interviendront dans la journée.
Demain, les opérateurs surveilleront les inscriptions hebdomadaires au chômage, les ventes de détail, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, celui de la Fed de New York, mais aussi les prix à l'import et à l'export. Thomas Barkin, Michael Barr et Raphael Bostic de la Fed seront de la partie. Enfin, vendredi, les chiffres de la production industrielle et l'indice du marché immobilier seront connus, tandis que Michelle Bowman et Philip Jefferson de la Fed donneront leurs avis.
Sur le front géopolitique, outre le Venezuela et le Groenland, c'est donc l'Iran qui préoccupe désormais. Trump a déclaré que les États-Unis étudiaient différentes options, alors que les manifestations nationales se poursuivent depuis trois semaines. Alors que la "révolution iranienne" semble affaiblir le pouvoir en place, le président américain a déclaré avant-hier sur son réseau Truth Social que tout pays commerçant avec Téhéran se verrait appliquer des droits de douane de 25% sur ses échanges avec les États-Unis. "Patriotes iraniens, continuez de protester - reprenez le contrôle de vos institutions ! N'oubliez pas de mentionner les noms des assassins et des bourreaux. Ils paieront cher. J'ai annulé toutes mes rencontres avec les responsables iraniens jusqu'à ce que les massacres insensés de manifestants cessent. L'aide est en route. MIGA !", a aussi asséné Trump hier sur Truth Social.
Dans l'actualité commerciale, la Cour suprême a conclu vendredi ses annonces d'avis sans rendre de verdict sur la légalité des droits de douane du président Trump. Les rumeurs enflaient d'un éventuel rejet d'une bonne partie des droits de douane de l'administration en place, mais la décision est donc remise à plus tard. La Cour pourrait rendre d'autres avis dans les deux prochaines semaines.
Notons qu'un nouveau rapport du Trésor américain publié hier et relayé par Bloomberg indique que les recettes douanières ont atteint 27,9 milliards de dollars en décembre, portant le total des recettes perçues en 2025 à plus de 264 milliards de dollars. Il s'agit d'un montant annuel historiquement élevé, mais Bloomberg note que décembre est le deuxième mois consécutif de baisse après la réduction des principaux droits de douane décidée par Trump en novembre dernier. Le record de l'année a été atteint en octobre, avec 31,3 milliards de dollars de recettes. Le premier recul est ensuite intervenu en novembre, avec 30,8 milliards de dollars de droits de douane perçus ce mois-là. Le chiffre de mardi représente une baisse de plus de 10% par rapport au pic d'octobre. Il confirme également l'impact des droits de douane sur le commerce mondial et le ralentissement des échanges avec les États-Unis, comme en témoignent les récentes données relatives au déficit commercial américain. Les données du département du Commerce montrent que le déficit commercial américain s'est réduit en novembre à 29,4 milliards de dollars, son niveau le plus bas depuis mi-2009.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Bank of America, Wells Fargo et Citigroup annoncent leurs résultats avant bourse ce mercredi. TSMC, Morgan Stanley, Goldman Sachs, BlackRock, Infosys, J.B. Hunt et First Horizon, seront de la fête demain. PNC Financial Services, State Street, M&T Bank, Wipro ou Regions Financial, publieront vendredi.
Les valeurs
Bank of America, l'établissement bancaire de Charlotte, en Caroline du Nord, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 98 cents en croissance de 18% et des revenus totalisant 28,4 milliards de dollars (+7%). Le consensus était logé à 96 cents de bpa pour 27,7 milliards de revenus sur la période. La firme envisage pour 2026 une croissance du revenu net d'intérêt allant de 5 à 7%. Ce "NII" a dépassé les attentes pour le trimestre clos, ressortant à 15,7 milliards de dollars, en augmentation de 10% en glissement annuel. Les opérations de trading ont également battu le consensus sur la période écoulée à 4,5 milliards de dollars de revenus. Les provisions pour pertes de crédit ont été un peu moins lourdes que prévu à 1,3 milliard. "Avec des consommateurs et des entreprises qui font preuve de résilience, ainsi que l'environnement réglementaire et avec une attention accrue portée aux politiques fiscales et commerciales, nous prévoyons une croissance économique supplémentaire pour l'année à venir. Malgré la persistance de nombreux risques, nous sommes optimistes quant à l'économie américaine en 2026", a ajouté le DG de la banque, Brian Moynihan.
Sur le 4e trimestre, l'établissement a dégagé un bénéfice net de 7,6 milliards de dollars, contre 6,8 milliards sur le trimestre comparable de l'an dernier. Le bénéfice net en banque grand public a été de 3,3 milliards, contre 1,4 milliard en gestion de fortune et d'investissement. Sur le segment Global Banking, au bénéfice net de 2,1 milliards, les commissions de banque d'investissement corporate ont affiché une hausse de 1% à 1,7 milliard. "Les résultats du quatrième trimestre de Bank of America ont couronné une année solide, avec un bénéfice net de plus de 30 milliards de dollars et un bpa en hausse de 19% par rapport à 2024", a indiqué Moynihan, selon lequel la banque se sent "confiante dans sa capacité à maintenir ce levier en 2026 et au-delà".
Wells Fargo, la banque californienne de San Francisco, a quelque peu déçu au 4e trimestre. Sur la période, le groupe a affiché un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 1,76$ à comparer à un consensus de 1,66$. Les revenus ont atteint 31,6 milliards de dollars pour le trimestre, alors que les revenus nets de dépenses d'intérêt ont été de 21,3 milliards de dollars - contre un consensus de 21,6 milliards de dollars et un niveau de 20,4 milliards un an plus tôt. Sur l'exercice, la banque affiche un bénéfice net de 21,3 milliards et des revenus publiés de 83,7 milliards. Wells envisage un revenu net d'intérêt (NII) de 50 milliards de dollars sur l'exercice 2026, inférieur au consensus de marché. "Des résultats financiers solides, la suppression du plafond d'actifs imposé par la Fed, la résiliation de plusieurs ordonnances de consentement et une croissance plus forte de nos activités auprès des consommateurs et des entreprises me rendent fier de nos résultats de 2025", a déclaré le président-directeur général du groupe, Charles Scharf.
Citigroup, la banque new-yorkaise, a annoncé ce mercredi des revenus ajustés de 21 milliards de dollars et un bénéfice net ajusté de 3,6 milliards de dollars pour son 4e trimestre. Le bénéfice ajusté par action a représenté quant à lui 1,81$. Le consensus était logé à 1,62$ de bénéfice ajusté par action pour 20,45 milliards de dollars de revenus sur la période. Sur l'exercice clos, les revenus ont totalisé 85,2 milliards de dollars, ou 86,4 milliards sur une base ajustée. Le bénéfice net publié a représenté 2,5 milliards sur le trimestre clos et 14,3 milliards sur l'exercice. Le bénéfice net ajusté annuel a atteint 16,1 milliards, 7,97$ par action.
Jane Fraser, DG de la banque, a commenté : "Avec des revenus records et un effet de levier opérationnel positif pour chacune de nos cinq divisions, 2025 a été une année de progrès significatifs. Nous avons démontré que les investissements que nous réalisons génèrent une forte croissance du chiffre d'affaires. La croissance des Services a été alimentée par des relations clients plus étroites et de nouveaux mandats. Les Marchés ont conservé leur place parmi les trois premiers et ont amélioré leurs rendements. La Banque a joué un rôle clé dans de nombreuses transactions majeures de l'année. La Gestion de patrimoine a enregistré d'excellents résultats et a lancé plusieurs partenariats importants. Enfin, USPB a doublé ses rendements grâce à une stratégie axée sur l'engagement client et de nouveaux produits innovants. Nous avons redistribué plus de 17 milliards de dollars de capital à nos actionnaires, un record depuis la pandémie, dont 13 milliards par le biais de rachats d'actions. Nous avons clôturé l'année avec un ratio CET1 de 13,2%, 160 points de base au-dessus de notre exigence réglementaire"... "Nous abordons l'année 2026 avec une dynamique positive visible au sein de l'entreprise et nous sommes déterminés à atteindre notre objectif de rendement des capitaux propres (RoTCE) de 10 à 11% pour l'année et à positionner Citi pour obtenir des rendements supérieurs à ce niveau dans les années à venir", a conclu Fraser.
Amazon entend selon Reuters faire appel d'une décision de justice italienne réduisant l'amende qui lui avait été infligée par l'autorité de la concurrence du pays. Le géant américain du commerce en ligne estime en effet qu'il ne devrait pas être sanctionné, a rapporté mercredi le quotidien italien MF, cité par Reuters. Lundi, l'autorité italienne de la concurrence avait annoncé sa décision de ramener à 752,4 millions d'euros l'amende antérieure de 1,13 milliard d'euros qu'elle avait imposée à Amazon en 2021 pour abus de position dominante et restriction de la concurrence dans le secteur de la logistique du commerce électronique en Italie. Cette réduction faisait suite à une décision d'un tribunal administratif régional rendue en septembre dernier, rappelle Reuters. L'autorité italienne de concurrence va aussi faire appel de cette décision, selon MF.
Nvidia perd du terrain avant bourse à Wall Street ce mercredi, alors que selon Reuters, citant trois sources proches du dossier, les autorités douanières chinoises auraient informé leurs agents cette semaine que les puces d'intelligence artificielle H200 du groupe américain ne seraient pas autorisées à entrer en Chine. Par ailleurs, deux de ces sources de Reuters et une troisième ont indiqué que des représentants du gouvernement chinois avaient convoqué mardi des entreprises technologiques nationales à des réunions au cours desquelles il leur a été explicitement demandé de ne pas acheter ces puces, sauf en cas de nécessité. "Les termes employés par les autorités sont tellement sévères qu'il s'agit, pour l'instant, d'une interdiction de facto, même si cela pourrait évoluer", selon l'une des sources de l'agence.
La puce H200, deuxième puce d'IA la plus puissante de Nvidia, demeure donc l'un des principaux points de friction dans les relations commerciales sino-américaines. Reuters explique que malgré une forte demande de la part des entreprises chinoises, "on ignore encore si Pékin souhaite l'interdire purement et simplement pour favoriser le développement des entreprises nationales de semi-conducteurs, si le pays hésite encore quant aux restrictions à imposer, ou si ces mesures pourraient servir de levier de négociation avec Washington". Cette puce, dont l'exportation vers la Chine a été officiellement approuvée cette semaine par l'administration Trump sous conditions, est aussi un sujet sensible aux États-Unis, rappelle Reuters, alors que certains craignent que ces puces ne renforcent l'armée chinoise et n'érodent l'avantage américain en matière d'IA.
L'administration Trump a donné hier son feu vert officiel à la vente en Chine de la deuxième puce d'IA la plus puissante de Nvidia, en instaurant une réglementation selon laquelle les puces seront examinées par un laboratoire d'essais tiers afin de confirmer leurs capacités techniques en matière d'IA avant leur expédition vers la Chine, qui ne pourra recevoir plus de 50% du volume total de puces vendues aux clients américains. Nvidia devra certifier la présence d'un nombre suffisant de puces H200 aux États-Unis, tandis que les clients chinois devront démontrer la mise en place de procédures de sécurité adéquates et s'engager à ne pas utiliser ces puces à des fins militaires, détaille Reuters.
Nvidia a déclaré que la décision du président américain établissait "un juste équilibre, excellent pour l'Amérique", et permettrait à l'entreprise d'être compétitive sur le marché mondial des semi-conducteurs. "Les détracteurs de l'administration favorisent involontairement les intérêts des concurrents étrangers figurant sur les listes d'entités américaines. L'Amérique doit toujours souhaiter que son industrie soit en concurrence pour des marchés commerciaux vérifiés et approuvés, créant ainsi de véritables emplois pour les Américains", selon le groupe de Jensen Huang.
Netflix travaillerait selon Bloomberg à la révision des conditions de son acquisition de Warner Bros. et envisagerait une offre entièrement en numéraire pour les studios et les activités de streaming de la société, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Ces modifications visent à accélérer une vente qui devrait prendre plusieurs mois et qui se heurte à l'opposition de personnalités politiques et de son concurrent, Paramount Skydance Corp, explique l'agence. Les investisseurs institutionnels sont partagés quant à leur soutien. Selon l'accord initial, les actionnaires de Warner Bros. devaient recevoir 23,25$ en cash et 4,50$ en actions ordinaires Netflix, avec certains ajustements prévus si le cours de l'action du géant du streaming descendait en dessous de 97,91$. Depuis le début des négociations avec Warner Bros. en octobre, l'action Netflix a perdu environ un quart de sa valeur. Elle a atteint un plus bas à 89$ environ hier à New York.
Netflix a obtenu un financement de 59 milliards de dollars auprès des banques de Wall Street pour soutenir son projet d'acquisition sous la forme de "l'un des plus importants prêts-relais jamais accordés", indique Bloomberg. Environ 25 milliards de dollars ont déjà été refinancés par des emprunts à plus long terme. Selon Stephen Flynn, analyste de crédit senior chez Bloomberg Intelligence, Netflix disposerait de la capacité financière d'emprunter davantage tout en conservant sa solide notation de crédit. Après avoir choisi Netflix début décembre, Warner Bros. a dû faire face à des tentatives répétées de Paramount pour faire capoter l'accord et accepter son offre, rappelle l'agence. David Ellison, DG de Paramount, et son père, Larry, fondateur d'Oracle, ont lancé une offre publique d'achat sur les actions Warner, se sont portés garants personnellement à hauteur de 40,4 milliards de dollars et ont intenté une action en justice contre Warner Bros. pour obtenir des précisions sur l'évaluation de la transaction avec Netflix.