Wall Street se redresse un peu avec AMD, en attendant Nvidia

Wall Street s'affiche marginalement dans le vert avant bourse ce mardi. Le Dow Jones grappille 0,2%, tandis que le S&P 500 avance de 0,1% et le Nasdaq de 0,4%. La tendance demeure prudente, en attenda...

Wall Street s'affiche marginalement dans le vert avant bourse ce mardi. Le Dow Jones grappille 0,2%, tandis que le S&P 500 avance de 0,1% et le Nasdaq de 0,4%. La tendance demeure prudente, en attendant le discours sur l'état de l'Union de Donald Trump prévu ce soir, et les comptes de Nvidia programmés demain après bourse. L'accord AMD / Meta dans les puces d'IA animera par ailleurs la séance, alors que les craintes concernant le rôle disruptif de l'intelligence artificielle pèsent toujours, comme en témoigne la chute historique d'IBM hier soir...

Sur le Nymex, le baril de brut WTI prend 1,1% à 67$. L'once d'or fin recule de 1,5% à 5.147$. L'indice dollar avance de 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin s'enfonce autour des 63.000$.

Trump reste sous les projecteurs. Le président américain prononcera ce soir devant le Congrès son discours sur l'état de l'Union - son deuxième depuis son retour en janvier 2025 -, en pleine confusion commerciale et sur fond d'inquiétude géopolitique et de préoccupations des Américains concernant le coût de la vie. A l'approche des élections de mi-mandat de novembre et de la remise en jeu des sièges de la Chambre des représentants et d'une partie de ceux du Sénat, le président américain tentera de convaincre les électeurs de maintenir au pouvoir les républicains - qui contrôlent de peu les deux chambres du Congrès. Parmi les dossiers brûlants du moment, on retrouve en vrac le conflit en Ukraine, l'Iran, la guerre commerciale, la stratégie anti-immigration, et plus généralement les grands sujets économiques (pouvoir d'achat, inflation, emploi...).

Un assouplissement du discours sur le front commercial serait bien perçu ce soir, alors que Trump multiplie les menaces contre ses partenaires depuis plusieurs jours et le revers subi devant la Cour suprême. Le président américain veut renforcer sa nouvelle surtaxe mondiale de 10 à 15% en réaction à l'annulation par la Cour suprême des droits de douane réciproques du 'Jour de la Libération'. "En tant que président des États-Unis, je vais, avec effet immédiat, augmenter de 10% les droits de douane mondiaux imposés à certains pays, dont beaucoup ont escroqué les États-Unis pendant des décennies sans subir de représailles (jusqu'à mon arrivée !), pour les porter au niveau maximal autorisé et légalement testé de 15%", a donc asséné Trump sur son réseau Truth Social. Il avait précédemment ordonné, immédiatement après la décision de la plus haute juridiction américaine de bloquer ses tarifs douaniers, une surtaxe mondiale de 10% sur tous les produits importés. La loi autorise Trump à décider de tarifs douaniers allant jusqu'à 15% sur une période de 150 jours.

Les réactions internationales sont diverses. Pékin dit procéder à une évaluation approfondie de la décision de la Cour suprême américaine et demande à Washington de lever "les mesures tarifaires unilatérales concernées". La Chine entend ainsi "protéger fermement ses intérêts", selon des commentaires du ministère local au Commerce. La Commission européenne a exigé pour sa part que les États-Unis respectent les termes de l'accord commercial UE-États-Unis conclu l'an dernier. La situation actuelle ne permet pas d'instaurer des échanges commerciaux et des investissements transatlantiques équitables et équilibrés, selon la Commission. "Un accord est un accord", a-t-elle ajouté, demandant ainsi le respect du deal antérieur. La Commission avait initialement réagi en précisant juste qu'elle étudierait les conséquences de la décision de la Cour suprême...

Trump en a remis une couche hier, menaçant d'imposer de nouveaux tarifs douaniers sans trop de précisions. Le président américain a indiqué sur Truth Social que la décision de la Cour suprême lui conférait "beaucoup plus de pouvoirs et de force que je n'en avais avant leur décision ridicule"... "La Cour a également approuvé tous les autres droits de douane, qui sont nombreux, et ils peuvent tous être utilisés de manière beaucoup plus puissante et désagréable, avec une certitude juridique, que les tarifs douaniers initialement utilisés", a encore lancé Trump... Le président américain a affirmé qu'il n'avait pas besoin du Congrès pour approuver les droits de douane, soulignant que cette autorité lui avait été accordée depuis longtemps et avait été réaffirmée par la décision "mal rédigée" de la Cour suprême. Trump a aussi averti que tout pays qui "jouerait avec" la récente décision de la Cour suprême concernant les droits de douane - en particulier ceux qui, selon lui, "exploitent" les États-Unis depuis longtemps - se verrait imposer des droits de douane "bien plus élevés" que ceux initialement convenus. Il a exhorté les nations à la plus grande prudence.

Rappelons que la Cour suprême américaine a donc invalidé la pièce maîtresse du programme tarifaire du second mandat de Trump. Par un vote de 6 contre 3, elle a jugé illégales les taxes douanières généralisées imposées. Cette décision intervient un peu plus d'un an après le début du second mandat du président américain et suite aux questions sceptiques posées par des juges clés lors des plaidoiries en novembre. Elle devrait bloquer immédiatement une part importante des taxes douanières annoncées l'année passée, lors du 'Jour de la Libération'. "La loi IEEPA n'autorise pas le président à imposer des droits de douane", stipule la décision rédigée par le juge en chef John Roberts.

Les nouveaux droits de douane mondiaux de 10% de Trump sont entrés en vigueur ce mardi. Le président a signé un décret vendredi dernier autorisant cette taxe sur les importations, quelques heures seulement après la décision de justice. Il a donc ensuite menacé de porter ce taux à 15%, mais n'avait pas encore publié de directive officielle hier. Selon un responsable de l'administration cité par Bloomberg, la Maison Blanche travaille à un décret formel qui porterait le taux des droits de douane mondiaux à 15%. Le calendrier de mise en oeuvre de cette hausse n'est pas encore arrêté. Le taux tarifaire effectif moyen des États-Unis se stabiliserait autour de 10,2% exemptions comprises selon les calculs de Bloomberg, contre 13,6% avant la décision de justice. Avec un taux global de 15%, ce taux effectif serait d'environ 12% à en croire Bloomberg Economics.

Sur le front économique ce mardi, les opérateurs suivent les indices des prix des maisons FHFA (+0,1% d'un mois sur l'autre et +1,8% sur un an) et S&P Case-Shiller (+1,4% en glissement annuel pour l'indice 20-City non-ajusté) de décembre. L'indice de confiance des consommateurs du Conference Board et l'indice manufacturier de la Fed de Richmond sont attendus à 16 heures.

Austan Goolsbee, Raphael Bostic, Susan Collins, Christopher Waller, Lisa Cook et Thomas Barkin de la Fed, prennent tous la parole aujourd'hui. Le président de la Réserve fédérale de Chicago, Goolsbee, a déclaré ce mardi qu'il privilégiait la réduction de l'inflation avant d'envisager de nouvelles baisses de taux. "Je reste optimiste quant à la possibilité de nouvelles baisses de taux cette année. Mais cela dépend de progrès concrets en matière d'inflation, qui démontrent que nous sommes sur la voie d'un retour à 2%", a déclaré Goolsbee lors d'une intervention à la conférence de la National Association for Business Economists.

Les ventes de logements neufs et le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains sont attendus demain. Les commandes de biens durables, les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City seront au programme jeudi. Enfin, la balance du commerce international des biens, l'indice des prix à la production, l'indice PMI de Chicago et les dépenses de construction, seront annoncés vendredi.

Dans l'actualité des entreprises, Keysight publiait hier soir ses derniers résultats trimestriels. Home Depot, Constellation Energy, NRG Energy et American Tower annoncent ce jour. Nvidia tiendra la vedette demain soir après bourse. TJX, Salesforce, Lowe's, Synopsys et Snowflake, seront aussi de la partie mercredi. Intuit, Monster Beverage, Dell Technologies, Warner Bros. Discovery, Sempra, Autodesk, Baidu, Block, EchoStar, Zscaler ou CoreWeave, annonceront jeudi.

Les valeurs

IBM a décroché hier soir de plus de 13% à Wall Street, du jamais vu depuis octobre 2000 selon les données de Bloomberg ! Ainsi, le géant des services informatiques a connu selon l'agence sa pire journée en plus de 25 ans, suite à l'annonce par la startup d'intelligence artificielle Anthropic PBC que son outil Claude Code pouvait moderniser Cobol, un langage de programmation utilisé sur les ordinateurs IBM.

IBM a perdu déjà 27% en février sur la place américaine, se dirigeant vers sa plus forte baisse mensuelle depuis au moins 1968 selon les données compilées par Bloomberg ! "Bien que nous comprenions pourquoi la migration depuis les mainframes puisse être perçue comme un point négatif pour IBM, nous tenons à souligner qu'IBM a déjà proposé à ses clients plusieurs options de modernisation", a indiqué un analyste d'Evercore ISI cité par Bloomberg. "Nous avons l'impression que les clients avaient déjà la possibilité de migrer depuis les mainframes, et pourtant, ils restent fidèles à cette plateforme".

"La modernisation d'un système Cobol nécessitait autrefois des armées de consultants passant des années à cartographier les flux de travail", a écrit pour sa part Anthropic dans un article de blog. "Des outils comme Claude Code peuvent automatiser les phases d'exploration et d'analyse qui absorbent la majeure partie des efforts lors de la modernisation d'un système Cobol". IBM a défendu ses perspectives en affirmant que son activité principale d'ordinateurs centraux offrait une plateforme garantissant le même niveau de performance et de sécurité pour divers langages de programmation, et pas seulement pour Cobol. "La valeur ajoutée des ordinateurs centraux IBM n'a rien à voir avec Cobol", a écrit Rob Thomas, vice-président senior d'IBM, dans un article de blog publié lundi et repris par Bloomberg. "Que l'application soit écrite en Cobol, en Java ou dans tout autre langage, la plateforme offre les mêmes garanties. Ce n'est pas le langage qui est source de valeur, mais la plateforme", ajoute le dirigeant.

FedEx poursuit l'administration Trump pour obtenir le remboursement des droits de douane, indiquent le Financial Times et le Wall Street Journal. Le géant des livraisons a ainsi intenté une action en justice contre le gouvernement américain pour obtenir le remboursement des droits de douane d'urgence imposés par Donald Trump, une première pour une grande entreprise américaine. L'entreprise de logistique réclame le remboursement intégral, majoré des intérêts, des droits de douane qu'elle a payés en raison des tarifs douaniers décrétés l'an dernier par le président Trump.

Keysight Technologies s'envole avant bourse à Wall Street. Le fournisseur américain d'équipements et logiciels de test et mesure électronique a publié pour son 1er trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 2,17$, contre environ 2$ de consensus et 1,82$ un an plus tôt. Les revenus ont été de 1,6 milliard de dollars, également bien au-dessus des attentes, à comparer à un niveau de 1,3 milliard un an plus tôt. Le bénéfice net GAAP a atteint 281 millions de dollars, alors que le bénéfice net ajusté a été de 376 millions de dollars. Le cash flow des opérations a représenté 441 millions et le free cash flow 407 millions de dollars. Pour son 2e trimestre fiscal, le groupe envisage des revenus allant de 1,69 à 1,71 milliard de dollars, soit une croissance de 30% en milieu de fourchette, pour un bpa ajusté allant de 2,27 à 2,33$.

Uber Technologies fait l'acquisition de l'application de réservation de stationnement SpotHero. L'entreprise intégrera les fonctionnalités de SpotHero à son application Uber, permettant ainsi aux utilisateurs de trouver une place dans plus de 13.000 parkings, garages et services de voiturier répartis dans plus de 400 villes aux États-Unis et au Canada. Les détails financiers de l'opération n'ont pas été divulgués. La fonctionnalité de réservation de stationnement ciblera les utilisateurs réguliers, tels que les navetteurs, ainsi que les participants à des événements, les visiteurs de salles de spectacles et les voyageurs dans les aéroports, a précisé Uber.

Home Depot a battu le consensus pour son 4e trimestre fiscal, affichant sur la période un bénéfice net de 2,57 milliards de dollars (-14%) ou 2,58$ par action, contre 3 milliards de dollars un an plus tôt. Le bpa ajusté a représenté 2,72$, largement supérieur aux attentes, pour des revenus en retrait à 38,2 milliards de dollars (-3,8%) mais légèrement au-dessus des anticipations. Les ventes à comparable ont augmenté de 0,4% en glissement annuel dans le monde et 0,3% aux USA. Le PDG, Ted Decker, indique que les résultats sont globalement conformes aux attentes, "reflétant l'absence d'événements climatiques extrêmes au troisième trimestre et la persistance de l'incertitude et des tensions sur le marché du logement. Hors effets des tempêtes, la demande sous-jacente est demeurée relativement stable tout au long de l'année".

Pour l'exercice 2025, les ventes ont atteint 164,7 milliards de dollars (+3,2%). La croissance à comparable dans le monde a été de 0,3% (+0,5% aux États-Unis). Le bénéfice net consolidé a représenté 14,2 milliards de dollars contre 14,8 milliards un an plus tôt. Le bpa ajusté a été de 14,69$. Sur l'exercice fiscal 2026, le groupe anticipe un bénéfice ajusté par action stable ou en hausse jusqu'à 4%, une croissance des ventes totales allant de 2,5 à 4,5%, et une croissance à comparable allant de 0 à +2%.

American Tower, l'opérateur d'infrastructures de communications wireless basé à Boston, a annoncé un chiffre d'affaires pour le quatrième trimestre supérieur aux prévisions de Wall Street, grâce à une activité de location plus soutenue de la part des opérateurs télécoms et à une demande forte des activités de centres de données. "La demande de location pour notre portefeuille mondial de tours et nos activités de centres de données reste soutenue, portée par la croissance continue de la consommation de données mobiles, le déploiement persistant de la 5G et l'augmentation des charges de travail liées au cloud hybride et à l'IA", résume le DG du groupe, Steven Vondran. La société a réalisé un chiffre d'affaires de 2,74 milliards de dollars (+7,5%) au 4e trimestre, pour un bénéfice net en retrait de 32% à 837 millions et un Ebitda ajusté en hausse de 7,5% à 1,82 milliard. Le FFO ajusté a progressé de 13% à 1,23 milliard.

AMD s'envole avant bourse à Wall Street, alors que le challenger de Nvidia dans les puces d'IA vient de sceller un nouvel accord majeur avec Meta. Concrètement, l'accord porte sur la cession potentielle de puces d'intelligence artificielle d'une valeur pouvant atteindre plus de 100 milliards de dollars selon le Wall Street Journal, dans le cadre d'un deal qui pourrait aussi permettre à la maison mère de Facebook de prendre 10% du capital d'AMD. Le groupe de Lisa Su avait déjà conclu un accord comparable l'année dernière avec la startup d'IA à l'origine de ChatGPT, OpenAI.

AMD et Meta ont donc annoncé un accord de 6 gigawatts pour alimenter la prochaine génération d'infrastructures d'IA de Meta à travers plusieurs générations de GPU AMD Instinct. Cet accord s'étend sur le partenariat stratégique existant des entreprises et aligne les feuilles de route sur le silicium, les systèmes et les logiciels pour fournir des plateformes d'IA spécialement conçues pour les charges de travail de Meta. Le premier déploiement utilisera un GPU AMD Instinct personnalisé basé sur l'architecture MI450 pour fournir des plateformes d'IA optimisées pour les charges de travail de Meta à l'échelle de gigawatt. Les expéditions prenant en charge le premier déploiement de gigawatts devraient commencer au second semestre 2026 alimentée par le GPU AMD Instinct MI450 personnalisé et les processeurs AMD EPYC de 6e génération ('Venise').

Dans le cadre de cet accord, et afin de mieux aligner les intérêts stratégiques, AMD a émis à Meta un warrant de performance portant sur un maximum de 160 millions d'actions ordinaires AMD. Ce warrant sera acquis progressivement au fur et à mesure de la réalisation d'étapes clés liées aux livraisons de GPU Instinct. La première tranche sera acquise dès la livraison du premier gigawatt, les tranches suivantes étant acquises à mesure que les achats de Meta atteindront 6 gigawatts. L'acquisition de ces actions est également conditionnée à l'atteinte de certains seuils de cours de l'action AMD, et leur exercice est lié à la réalisation par Meta d'étapes techniques et commerciales majeures.

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