La cote américaine se redresse un peu ce jeudi mais limite son avance, suite à de nouveaux commentaires de Trump et un indice d'inflation des prix à la production préoccupant. Le Dow Jones s'accorde 0,66% à 50.247 pts, le S&P 500 0,42% à 7.297 pts et le Nasdaq 0,52% à 25.298 pts, malgré les nouvelles frappes au Moyen-Orient. Les cours du brut remontent légèrement, le baril WTI prenant 0,2% à 90,2$. La tendance demeure toutefois extrêmement volatile. Le Nasdaq avait décroché hier de près de 2% et le Dow Jones de 1,87%.
"Les États-Unis vont frapper l'Iran (dont la marine, l'armée de l'air, les radars, la défense antiaérienne et toutes les autres formes de défense, ainsi que la majeure partie de ses capacités offensives, ont disparu !) TRÈS FORT ce soir. Dans un avenir proche, nous nous emparerons de l'île de Kharg et d'autres infrastructures pétrolières stratégiques, et nous prendrons le contrôle total de leurs marchés pétroliers et gaziers, comme nous l'avons fait avec le Venezuela, ce qui s'avère extrêmement profitable tant pour le Venezuela que pour les États-Unis", vient de lancer Trump sur Truth Social !
Les États-Unis et l'Iran ont échangé des frappes aériennes pour la deuxième journée consécutive, Trump menaçant de nouvelles actions contre le pays si ce dernier n'acceptait pas immédiatement un accord de paix. Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué que les États-Unis avaient frappé plusieurs cibles militaires en Iran entre mercredi soir et jeudi matin, qualifiant ces attaques d'actes de légitime défense après la destruction d'un hélicoptère américain dans le détroit d'Ormuz. En représailles, l'Iran a lancé des frappes contre plusieurs bases militaires américaines et alliées dans le Golfe.
Les frappes interviennent après les menaces proférées tout au long de la journée de mercredi par Trump et le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, selon lesquelles les États-Unis reprendraient des mesures plus sévères contre l'Iran après une première série de frappes mardi. "Nous allons les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré Trump aux journalistes. "Nous les avons durement frappés hier, et nous allons les frapper durement à nouveau aujourd'hui"...
Trump avait lancé auparavant un nouvel avertissement adressé à l'Iran sur son réseau Truth Social : "L'armée iranienne est dans un état catastrophique. Une grande partie, comme sa marine et son armée de l'air, n'existe même plus : elle a été complètement vaincue. L'Iran ne fait que parler, sans agir. Le tyran du Moyen-Orient est mort ! Ils ont trop tardé à négocier un accord qui leur aurait été très avantageux ; maintenant, ils vont devoir en payer le prix !"
Par ailleurs, les inquiétudes persistent concernant les valorisations de l'IA, à l'approche de la plus grande introduction en bourse de tous les temps, celle de SpaceX attendue demain sur le Nasdaq.
La place américaine avait lourdement corrigé déjà vendredi, le catalyseur semblant être le (trop) bon rapport sur l'emploi du mois de mai, marqué par 172.000 créations de postes, qui avait ravivé les craintes de hausse des taux. Donald Trump a déclaré que la Fed aurait tort de relever les taux d'intérêt, alors que son candidat, Kevin Warsh, s'apprête à présider sa première réunion de politique monétaire le 17 juin prochain - une réunion FOMC qui devrait très probablement se solder par un statu quo.
Sur le front économique hier, l'indice américain des prix à la consommation du mois de mai 2026 s'est affiché en croissance de 0,5% d'un mois sur l'autre et de 4,2% sur un an, comme attendu. Hors alimentaire et énergie, l'IPC a progressé de 0,2% par rapport au mois d'avril et de 2,9% sur un an, niveau également en ligne avec les anticipations des économistes de la place. Notons tout de même que l'inflation globale dépasse les 4% pour la première fois en trois ans.
L'indice américain des prix à la production du mois de mai publié ce jour a augmenté de 1,1% d'un mois sur l'autre et de 6,5% sur un an, contre un consensus de +0,7% par rapport à avril et +6,4% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie, l'indice des prix à la production s'est apprécié de 0,4% d'un mois sur l'autre et 4,9% sur un an (+0,4% de consensus par rapport au mois antérieur). Ainsi, l'inflation américaine "de gros", alimentée par les prix de l'énergie, ressort au plus haut de quatre ans.
Les inscriptions au chômage ont augmenté davantage que prévu la semaine passée aux États-Unis. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close 6 au juin, que les inscriptions au chômage se sont élevées à 229.000, en hausse de 4.000 par rapport au niveau de la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 220.000.
Enfin, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de juin sera annoncé demain à 16 heures (consensus 47,8).
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, en attendant l'introduction en bourse record de SpaceX, les marchés suivaient hier soir les résultats d'Oracle. Adobe et Lennar annoncent par ailleurs, après la clôture ce soir, leurs derniers comptes trimestriels.
Les valeurs
Oracle (-10,7%) décroche à Wall Street, alors que le géant software américain a dépassé hier soir les attentes en termes de revenus totaux et de bénéfice ajusté, tout en livrant des ventes cloud quelque peu décevantes. Les revenus du 4e trimestre fiscal juste clos ont totalisé 19,2 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 2,11$. Le groupe a aussi fait état de son intention de lever près de 40 milliards de dollars pour financer la construction de ses centres de données grâce à un mélange d'émissions de dettes et d'actions.
L'activité cloud n'a pas été à la hauteur. Ce segment comprenant les Applications Cloud et l'Infrastructure Cloud a réalisé 9,9 milliards de revenus contre 10 milliards de consensus. Le groupe a néanmoins réaffirmé sa guidance de revenus 2027 de 90 milliards de dollars, alors que son niveau de RPO (obligations restantes de performance), mesurant les contrats signés mais non encore livrés, a atteint 638 milliards de dollars, au-dessus des attentes. Son gros client OpenAI vient de livrer ses documents confidentiels d'introduction à Wall Street, mais les choses semblent compliquées, puisque la startup d'IA considèrerait des baisses de prix conséquentes 'au token' selon le WSJ. OpenAI a signé l'an dernier un accord de cinq ans pour 300 milliards de dollars avec Oracle.
Dans les détails des comptes d'Oracle au 4e trimestre, le RPO a augmenté de 553 à 638 milliards, les revenus se sont appréciés de 21% en dollars et 20% en devises constantes, les revenus cloud ont grimpé de 47% en dollars et 46% en devises constantes - atteignant un record mais ratant donc de peu le consensus -, et le bpa ajusté s'est apprécié de 24%. Sur l'exercice 2027, Oracle prévoit toujours 90 milliards de revenus et relève sa guidance de bpa ajusté à 8,05$.
McGraw-Hill (-1,4%), l'un des principaux fournisseurs mondiaux de solutions éducatives pour l'enseignement préscolaire et primaire, l'enseignement supérieur et la formation professionnelle, a annoncé aujourd'hui ses résultats financiers pour le quatrième trimestre de l'exercice 2026 et l'exercice clos le 31 mars 2026. Les revenus de l'exercice ont atteint 2,1 milliards de dollars, pratiquement stables, alors que le bénéfice net publié s'est établi à 35 millions de dollars. L'Ebitda ajusté a été de 744 millions, représentant 35,4% de marge.
Amazon (-0,4%) obtient une ligne de crédit de 17,5 milliards de dollars pour financer ses investissements dans l'IA, indique l'agence Reuters. Parmi les prêteurs figurent notamment Citibank, BofA Securities, JP Morgan, HSBC et Wells Fargo. Le groupe a précisé que ce financement allait servir aux besoins généraux. Amazon avait déjà déposé en début de semaine au Canada un programme d'émission obligataire en cinq tranches susceptible d'atteindre 14 milliards de dollars canadiens.
SpaceX. L'introduction en bourse sur le Nasdaq du groupe d'Elon Musk aurait été plus de quatre fois sursouscrite et aurait attiré 70 milliards de dollars de la part des seuls actionnaires individuels. Les premiers pas en bourse sont attendus demain sous le ticker 'SPCX', dans une ambiance particulièrement nerveuse sur les marchés financiers. Le groupe entend lever un record de 75 milliards de dollars dans le cadre de ce qui constitue la plus grosse opération de l'histoire. La capitalisation atteindrait environ 1.750 milliards sur ces bases, à 135$ par titre. Il s'agit d'un test notable, alors que le dossier semble chèrement valorisé mais offre aux investisseurs des perspectives inédites sur le marché spatial ou celui de l'IA.