Wall Street s'enflamme avec la réouverture du détroit d'Ormuz

La cote américaine accélère ce vendredi, le Dow Jones s'adjugeant maintenant 2,14% à 49.618 pts, le S&P 500 prenant 1,33% à 7.135 pts et le Nasdaq 1,56% à 24.478 pts, alors que l'Iran vient de rouvrir...

La cote américaine accélère ce vendredi, le Dow Jones s'adjugeant maintenant 2,14% à 49.618 pts, le S&P 500 prenant 1,33% à 7.135 pts et le Nasdaq 1,56% à 24.478 pts, alors que l'Iran vient de rouvrir officiellement le Détroit d'Ormuz pour tous les navires commerciaux pour le reste de la période de cessez-le-feu, sur l'itinéraire coordonné déjà annoncé par l'Organisation des ports et de la marine marchande de la République islamique d'Iran... "Un jour grand et brillant pour le monde", a résumé Donald Trump. S&P et Nasdaq inscrivent pour l'occasion de nouveaux records.

Le président américain a donc salué cette annonce sur son réseau Truth Social. "L'Iran vient d'annoncer que le détroit d'Iran est entièrement ouvert et prêt à la navigation. Merci !", a-t-il écrit. "Le détroit d'Ormuz est entièrement ouvert et prêt pour le commerce et le passage, mais le blocus naval restera pleinement en vigueur, en ce qui concerne l'Iran, jusqu'à ce que notre transaction avec l'Iran soit finalisée à 100%. Ce processus devrait être très rapide, la plupart des points ayant déjà été négociés", a ajouté Trump, qui a remercié l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar pour "leur grand courage et leur aide", ainsi que le Pakistan.

"Les États-Unis récupéreront toute la poussière nucléaire produite par nos redoutables bombardiers B-2. Aucun échange d'argent n'aura lieu, sous aucune forme. Cet accord est totalement indépendant du Liban, mais les États-Unis collaboreront séparément avec ce pays et traiteront la situation avec le Hezbollah de manière appropriée. Israël ne bombardera plus le Liban. Les États-Unis lui interdisent formellement de le faire. Trop, c'est trop !", a aussi asséné le président américain.

Trump avait auparavant annoncé qu'Israël et le Liban avaient convenu d'un cessez-le-feu de dix jours. Il s'agissait de l'une des conditions posées par l'Iran pour la réouverture du détroit d'Ormuz. Les marchés ont donc désormais effacé toutes les pertes liées au récent conflit. Trump a laissé entendre qu'un accord de paix durable pourrait être conclu à l'issue des négociations du week-end. S'adressant aux journalistes à la Maison Blanche, le président américain a déclaré : "Tout porte à croire que nous allons conclure un accord avec l'Iran, et ce sera un bon accord".

Le président américain a affirmé que l'Iran avait accepté des conditions auxquelles il s'était longtemps opposé, notamment l'abandon de ses ambitions nucléaires et la remise de matières nucléaires. L'accord inclurait également du "pétrole gratuit" et l'ouverture du détroit d'Ormuz, a-t-il ajouté, cité par Bloomberg.

Le président américain ne s'attend pas à devoir prolonger le cessez-le-feu de deux semaines pour parvenir à un accord, prévoyant qu'une résolution serait trouvée "assez rapidement", mais que si nécessaire, il le ferait. Hier, il a déclaré qu'il pourrait se rendre au Pakistan si un accord avec l'Iran était conclu. "Ils ont accepté presque tout" et "il ne leur reste plus qu'à s'asseoir à la table des négociations", a précisé le président américain, cité par Bloomberg.

Les cours du brut rechutent. Le baril de brut WTI plonge de 14% à 81,4$, tandis que le Brent de la mer du Nord perd 12,8% à 86,7$. L'once d'or fin prend 1,9% à 4.879$. L'indice dollar perd 0,4% face à un panier de devises.

Sur le front économique ce vendredi, il n'y aura aucune statistique outre-Atlantique, mais Mary Daly, Thomas Barkin et Christopher Waller de la Fed prennent la parole dans la journée, alors que les avis divergent concernant la politique monétaire à suivre dans un contexte toujours très incertain concernant l'inflation, l'emploi et la croissance.

Pendant ce temps, les publications financières trimestrielles se poursuivent à Wall Street, avec hier soir des chiffres décevants de Netflix et d'Alcoa. Ally Financial, Regions Financial, State Street, Fifth Third Bancorp et Truist Financial, ont publié ce jour.

Les valeurs

Netflix, le géant américain du streaming vidéo, dévisse de 9% à Wall Street ce vendredi. Le groupe a publié hier soir des comptes trimestriels mitigés. Par ailleurs, son cofondateur Reed Hastings va tirer sa révérence, pour se concentrer sur ses oeuvres philanthropiques et d'autres projets. Son mandat de président du conseil d'administration expire en juin. Il avait déjà laissé cependant le contrôle des opérations aux co-directeurs généraux Ted Sarandos et Greg Peters il y a trois ans.

Sur le trimestre clos, le groupe californien de Los Gatos a publié hier soir des revenus de 12,25 milliards de dollars (+16% en données publiées et +14% hors effets de change), légèrement au-dessus des attentes, pour un bénéfice de 5,28 milliards de dollars dopé par la commission d'annulation de l'accord de rapprochement avec Warner Bros. Discovery. La commission d'annulation s'est élevée à 2,8 milliards de dollars. Le bénéfice opérationnel trimestriel a augmenté de 18% à 3,96 milliards de dollars.

Le groupe a confirmé hier soir ses estimations 2026, visant une croissance des revenus de 12 à 14%, soit des revenus de 50,7 à 51,7 milliards de dollars, et une marge opérationnelle de 31,5%. L'activité publicitaire est attendue pratiquement doublée à environ 3 milliards de dollars. Netflix qui a terminé l'année 2025 avec plus de 325 millions de membres payants... Pour le 2e trimestre fiscal 2026, les revenus sont attendus à 12,574 milliards de dollars, en augmentation de 13,5%, pour un bénéfice opérationnel de 4,105 milliards de dollars représentant 32,6% de marge et un bénéfice net de 3,327 milliards de dollars, 78 cents par titre.

Alcoa (-4,7%) a raté le consensus de marché hier soir malgré la hausse des prix de l'aluminium. Pour son premier trimestre clos fin mars 2026, le groupe a publié des bénéfices et des revenus moins élevés que prévu, affichant un bénéfice ajusté par action de 1,40$ et des revenus de 3,19 milliards de dollars, en retrait de 5% avec la situation géopolitique. Le consensus FactSet se situait à 1,53$ de bénéfice ajusté par action pour 3,28 milliards de dollars de revenus.

Le bénéfice net part du groupe a été de 425 millions de dollars, contre 548 millions un an plus tôt. Le bénéfice net ajusté a représenté 373 millions contre 568 millions un an avant. L'Ebitda ajusté a atteint 595 millions, contre 855 millions pour la période comparable de l'an dernier. "Notre équipe expérimentée a su gérer avec brio les conséquences du conflit au Moyen-Orient et du cyclone Narelle", a jugé William F. Oplinger, directeur général d'Alcoa.

Truist Financial (+1,7%), la banque régionale américaine, a publié pour son premier trimestre fiscal 2026 un bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires de 1,4 milliard de dollars soit 1,09$ par titre. Les revenus ont représenté 5,2 milliards de dollars contre 4,9 milliards un an plus tôt. Le revenu net d'intérêt a été de 3,6 milliards de dollars, sans grande évolution sur un an. Le consensus était de 1$ de bénéfice ajusté par action pour 5,18 milliards de dollars de revenus.

Fifth Third Bancorp (+2,2%), groupe bancaire régional américain, a annoncé pour son 1er trimestre fiscal un bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires de 128 millions de dollars, contre 478 millions un an avant. Le revenu net d'intérêt a représenté 1,93 milliard de dollars contre 1,44 milliard pour la période comparable, l'an dernier. Le bpa dilué a atteint 15 cents contre 71 cents un an avant. Les résultats ont été lourdement impactés par les charges de fusion.

State Street (+3,6%) publie ses comptes ce jour, le groupe affichant pour son premier trimestre fiscal 2026 des revenus totaux de 3,8 milliards de dollars en croissance de 16% en glissement annuel, pour un bénéfice net en augmentation de 19% à 764 millions de dollars. Le bpa dilué a grimpé de 22% à 2,49$. Le revenu net d'intérêt a été de 835 millions contre 782 millions un an avant.

Regions Financial (+1,7%), la banque régionale de l'Alabama, a publié pour son premier trimestre fiscal 2026 un bénéfice net de 539 millions de dollars et 62 cents par titre, ainsi que des revenus en hausse de 5% à 1,9 milliard de dollars. Le bénéfice ajusté par action se situe également à 62 cents, au-dessus du consensus, tandis que les revenus s'affichent un peu courts. Le revenu net d'intérêt est également inférieur aux attentes à 1,25 milliard de dollars.

Uber (+2,4%) a conclu un accord pour l'acquisition d'une participation supplémentaire de 4,5% au tour de table du groupe allemand Delivery Hero. Le géant américain va acquérir des titres de son rival allemand pour environ 270 millions d'euros à 20 euros par action auprès du principal actionnaire de Delivery Hero, le groupe néerlandais d'investissement Prosus - qui vend ces titres pour se conformer aux règles européennes de concurrence.

Apple (+2,4%). Les livraisons d'iPhone ont bondi de 20% en Chine au premier trimestre, selon des données Counterpoint Research relayées par Reuters. Les livraisons totales de smartphones ont chuté pourtant de 4% sur le plus grand marché mondial pour la période, du fait des perturbations des chaînes d'approvisionnement et de l'envolée des prix des puces. "Alors que la plupart des concurrents augmentent leurs prix, Apple se distingue par son excellent rapport qualité-prix, les consommateurs chinois sachant que ses produits durent au moins trois ans", indique Ivan Lam, analyste senior chez Counterpoint.

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