Wall Street : retour dans le rouge après les records

La place américaine consolide avant bourse ce mardi, alors que la situation s'enlise en Iran et que les opérateurs attendent prudemment les annonces de la Fed ainsi que les publications de cinq des 'M...

La place américaine consolide avant bourse ce mardi, alors que la situation s'enlise en Iran et que les opérateurs attendent prudemment les annonces de la Fed ainsi que les publications de cinq des 'Magnificent Seven'. Le Nasdaq 100 perd 0,4% en pré-séance et le S&P 500 cède 0,1%, alors que le Dow Jones se stabilise.

Wall Street avait terminé vendredi sur les chapeaux de roues, dopé en particulier par le compartiment des semi-conducteurs. La situation n'a cependant pas vraiment évolué concernant l'Iran et le détroit d'Ormuz demeure bloqué. Téhéran a mis en avant des propositions en vue d'un accord de paix, et la réaction de l'administration Trump s'est révélée négative pour l'heure. Le président américain s'est montré insatisfait de la dernière "offre" formulée par Téhéran pour mettre fin à un conflit qui dure depuis deux mois. Au coeur du désaccord figure la question nucléaire. La proposition iranienne prévoit de repousser toute discussion sur son programme nucléaire à l'issue des hostilités, une approche jugée inacceptable par Washington. L'administration américaine insiste au contraire pour que ce dossier soit traité dès l'ouverture des négociations, un point qui aurait suscité l'agacement du président américain lors d'une réunion avec ses conseillers.

La Maison Blanche campe sur ses positions. Alors que Washington cherche à mettre un terme à la guerre lancée fin février dernier aux côtés d'Israël, "les Etats-Unis "ne négocieront pas par voie de presse" et ils ont "clairement défini leurs lignes rouges", a souligné la porte-parole, Olivia Wales. Ce blocage intervient dans un contexte diplomatique déjà fragilisé. Une tentative de relance des discussions a été compromise après l'annulation d'une visite prévue à Islamabad de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner. Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a multiplié les déplacements, notamment à Oman puis en Russie, où il a rencontré Vladimir Poutine et obtenu le soutien d'un allié de longue date.

L'Iran a présenté de nouvelles propositions visant à lever le blocus du détroit d'Ormuz et à mettre fin à la guerre, mais entend reporter les négociations nucléaires à une date ultérieure. Les propositions ont été présentées par l'intermédiaire des médiateurs pakistanais. Les efforts pour reprendre les pourparlers de paix ont été bloqués ce week-end, les deux parties faisant marche arrière. Trump a précisé que la position iranienne l'avait conduit à annuler le voyage au Pakistan de ses envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner. Le blocus du détroit d'Ormuz décrété mi-avril vise quant à lui à contraindre l'industrie pétrolière iranienne à se préparer à l'arrêt total de sa production, une fois ses capacités de stockage épuisées, ce qui théoriquement permettrait à Trump de faire accepter un accord plus favorable.

Les cours du brut repartent à la hausse, le baril de brut WTI s'accordant 2,8% à 99$ ce jour et le Brent de la mer du Nord 2,9% à 104,6$.

Sur le front économique ce jour, les opérateurs surveilleront les indices américains des prix des maisons FHFA et S&P Case-Shiller (15 heures), ainsi que l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board et que l'indice manufacturier de la Fed de Richmond (16 heures).

Demain, l'actualité sera chargée, avec les commandes de biens durables, les mises en chantier de logements et permis de construire, la balance du commerce international de biens, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques, et bien entendu le verdict monétaire de la Fed et la conférence de presse de son patron Jerome Powell. Jeudi, les marchés suivront les chiffres du PIB du premier trimestre, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les revenus et dépenses des ménages, l'indice du coût de l'emploi, l'indice PMI de Chicago et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board. Enfin, vendredi, l'indice PMI manufacturier final et l'ISM manufacturier seront connus.

La Fed rend donc son verdict demain soir à 20 heures sur les taux. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo laissant les taux inchangés entre 3,50 et 3,75% est de pratiquement 100%. Le même outil montre une forte probabilité (plus de 73%) de statu quo jusqu'à la fin de l'année, alors que l'hypothèse d'un assouplissement d'un quart de point affiche une 'proba' de 23,3%.

Pendant ce temps, le sénateur Thom Tillis a annoncé qu'il levait son blocage de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, estimant que la décision du ministère de la Justice de clore l'enquête pénale visant le président de la Fed, Jerome Powell, levait une menace pour l'indépendance de la banque centrale. Cette décision du sénateur républicain de Caroline du Nord ouvre selon Bloomberg la voie à une confirmation rapide de Warsh pour succéder à Powell, dont le mandat s'achève le 15 mai. Tillis a déclaré avoir reçu l'assurance du ministère de la Justice que l'affaire pénale contre Powell et la Fed était "entièrement et définitivement close", tandis que l'inspecteur général de la Fed poursuit une enquête distincte sur les dépassements de coûts liés à la rénovation du bâtiment de la banque centrale... Warsh, qui a comparu devant la commission bancaire du Sénat la semaine dernière lors d'une audition de confirmation, bénéficie d'un large soutien parmi les élus républicains.

Par ailleurs, la saison des publications financières trimestrielles bat son plein outre-Atlantique. Verizon, Cadence Design Systems, Public Storage ou Nucor annonçaient hier soir. Visa, Coca-Cola, T-Mobile US, Welltower, Corning, Booking Holdings, S&P Global, Seagate Technology, Starbucks, Spotify, Waste Management, UPS, Sherwin-Williams, American Tower, Ecolab, Hilton Worldwide, Robinhood, Mondelez, General Motors, Paccar, Teradyne, NXP Semiconductors ou encore Sysco, publient ce jour.

Quatre des 'Magnificent Seven' dévoilent leurs comptes demain soir. Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta retiendront ainsi toute l'attention des marchés. AbbVie, KLA, Qualcomm, Amphenol, Equinix, Carvana, General Dynamics, Regeneron, ADP, Ford, Garmin, Allstate, eBay, GE HealthCare, Teva, Biogen, Cognizant, Chipotle Mexican Grill ou Yum! Brands, publient également mercredi.

Apple sera en vedette jeudi soir. Eli Lilly, Mastercard, Caterpillar, Merck, Amgen, ConocoPhillips, Sandisk, Western Digital, Stryker, Parker-Hannifin, Bristol-Myers Squibb, Altria, Illinois Tool Works, Intercontinental Exchange, Southern Company, Cigna, Valero, Royal Caribbean, Air Products & Chemicals, Roblox, The Hershey Company et Cardinal Health, seront aussi de la partie jeudi. ExxonMobil, Chevron, Colgate-Palmolive, Moderna ou Estée Lauder, annonceront enfin vendredi.

Les valeurs

Cadence Design Systems, spécialiste du développement et de la commercialisation de logiciels de conception des circuits intégrés et des systèmes électroniques, a annoncé hier soir pour son premier trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,96$, supérieur aux attentes, contre 1,57$ un an avant. Les revenus ont totalisé 1,47 milliard de dollars, également meilleurs que prévu, contre 1,24 milliard sur la période correspondante de l'an dernier. Le groupe affiche un backlog record voisin de 8 milliards de dollars. Il relève ses prévisions financières, tablant sur une croissance des revenus 2026 d'environ 17%, pour une marge opérationnelle ajustée de 43,5 à 44,5% et un bpa ajusté de 7,85 à 7,95$.

Public Storage, le géant du stockage personnel, a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2026 des revenus de 1,22 milliard de dollars, ainsi qu'un niveau de FFO (fonds des opérations) ajusté par action de 4,22$, des mesures supérieures aux attentes de marché. Un an plus tôt, le FFO ajusté par action s'établissait à 4,12$, pour des revenus de 1,18 milliard. Parmi les autres faits marquants sur la période, le groupe a annoncé l'acquisition programmée de National Storage Affiliates Trust dans le cadre d'une transaction en actions sur la base d'une valeur d'entreprise de 10,5 milliards. Tom Boyle a été nommé directeur général à compter du 1er avril.

Nucor, le sidérurgiste américain, a publié hier soir pour son premier trimestre fiscal 2026 un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 743 millions de dollars, 3,23$ par titre, pour des ventes de 9,5 milliards de dollars (+21%) et un Ebitda de 1,51 milliard de dollars. Ces résultats dépassent nettement le consensus de marché sur la période. "Les équipes de Nucor ont réalisé un excellent début d'année 2026, notre segment sidérurgique ayant enregistré un nouveau record de livraisons trimestrielles", a déclaré Leon Topalian, PDG.

Alphabet terminait hier soir en hausse de 1,7% à Wall Street sur les 350$, au plus haut historique en attendant les comptes trimestriels qui seront dévoilés demain soir après bourse. La maison-mère de Google a vu son cours de bourse plus que doubler sur un an avec la vague de l'intelligence artificielle. Le groupe pourrait rappelons-le investir jusqu'à 40 milliards de dollars dans la startup d'IA Anthropic, sous réserve de certains objectifs, selon des informations du 'Wall Street Journal'...

Par ailleurs, d'après 'The Information', Google aurait signé un accord avec le Département américain de Défense concernant l'utilisation de ses modèles d'IA pour des missions classifiées. Le deal autoriserait le Pentagone à utiliser l'IA de Google à toute fin gouvernementale légale.