Wall Street rechute en première tendance, avant bourse à Wall Street, suite à l'intervention de Donald Trump hier soir au sujet de l'Iran. Le S&P 500 abandonne ainsi 1,4%, le Dow Jones 1,2% et le Nasdaq 1,8%, alors que le président américain s'est donc adressé à la nation mercredi soir pour justifier la guerre en Iran et indiquer que les États-Unis étaient sur le point d'atteindre leurs objectifs.
"Nous sommes en bonne voie d'atteindre tous les objectifs militaires américains très prochainement", a réaffirmé Trump, sans toutefois fournir de détails précis sur une sortie de crise, mais en indiquant plutôt que les États-Unis frapperaient l'Iran extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Une fois le conflit terminé, Trump estime que le détroit d'Ormuz "s'ouvrira naturellement" ! Trump a déclaré que les USA avaient anéanti la marine et l'armée de l'air iraniennes, mais a donc prévenu tout de même d'une poursuite des frappes. Il a aussi précisé que les États-Unis n'avaient pas besoin du fameux détroit d'Ormuz.
Les commentaires de Trump ne vont donc pas dans le sens de l'apaisement immédiat, les deux à trois prochaines semaines étant attendues encore éprouvantes. Le président américain affirme dans le même temps que Washington poursuit ses négociations avec l'Iran, tout en réitérant sa menace d'attaquer les infrastructures d'électricité si Téhéran n'accepte pas d'accord. "S'il n'y a pas d'accord, nous frapperons durement chacune de leurs centrales électriques, et probablement simultanément", a déclaré Trump, qui avait déjà menacé à plusieurs reprises d'attaquer les centrales électriques iraniennes et avait fixé au 6 avril la date butoir pour que l'Iran accepte un "deal".
L'Iran, pour sa part, a largement démenti toute discussion directe avec Washington et a rejeté les affirmations antérieures de Trump selon lesquelles il aurait demandé un cessez-le-feu.
Enfin, Trump a confirmé que les États-Unis ne prendraient pas l'initiative de rouvrir le détroit d'Ormuz, après que l'Iran a de facto bloqué le passage dès le début des hostilités israélo-américaines. Il a exhorté les pays dépendants d'Ormuz à gérer ce passage, assurant que cela pourrait se faire "facilement".
Les cours du pétrole repartent ainsi en forte hausse ce jour, avec un baril de brut WTI en progression de plus de 6% à 106$ et un Brent de la mer du Nord qui s'adjuge 6,6% à 108$.
Le président américain aurait précédemment déclaré à ses conseillers qu'il était prêt à mettre fin à la campagne militaire contre l'Iran même si le détroit d'Ormuz restait en grande partie fermé et à reporter à une date ultérieure la mise en place d'une opération complexe pour le rouvrir, avait rapporté le Wall Street Journal lundi, citant des responsables de l'administration. La décision potentielle découlait de la volonté de ne pas prolonger le conflit au-delà des quatre à six semaines auparavant promises. L'article du Wall Street Journal faisait suite à des menaces pourtant directes de Trump, qui avait indiqué qu'il pourrait détruire les infrastructures électriques iraniennes ainsi que les usines de désalinisation et les puits de pétrole de l'Iran, demandant à Téhéran de rouvrir le détroit sans plus attendre et d'accepter un accord avec Washington.
Concernant la politique monétaire cette fois, selon l'outil CME FedWatch, la probabilité de statu quo monétaire le 29 avril à l'issue de la prochaine réunion reste de plus de 97%, tandis que pour la dernière réunion monétaire de l'année, le 9 décembre, les taux sont également attendus entre 3,50 et 3,75% ('proba' de 77,2%), au même niveau qu'actuellement.
Sur le front économique aux États-Unis, selon le dernier rapport d'ADP sur le sujet publié hier, les créations de postes non-agricoles aux États-Unis pour le mois de mars 2026 se sont établies au nombre de 62.000, contre un consensus FactSet de 40.000 et une lecture révisée à 66.000 pour le mois de février 2026. L'embauche et la hausse des salaires sont restées stables en mars. Les plus petites entreprises ont été le principal moteur de la croissance de l'emploi pour le deuxième mois consécutif, tandis que l'embauche dans le commerce, les transports et les services publics a continué de reculer. "L'embauche globale est stable, mais la croissance de l'emploi continue de privilégier certains secteurs, notamment la santé. En mars, cette performance solide s'est accompagnée d'une augmentation des salaires pour les personnes ayant changé d'emploi", a ajouté Nela Richardson, cheffe économiste d'ADP.
Les ventes de détail aux États-Unis pour le mois de février 2026 se sont établies en augmentation de 0,6% d'un mois sur l'autre, contre un consensus FactSet de 0,5%. Hors automobile, ces ventes se sont appréciées de 0,5% contre 0,3% de consensus. Enfin, hors automobile et essence, les ventes ont progressé de 0,4%, contre 0,3% de consensus.
L'indice PMI manufacturier final américain du mois de mars 2026 ressort sans grande évolution, à 52,3 contre une lecture préliminaire de 52,4. Le consensus était également logé à 52,4. L'indicateur se situait à 51,6 un mois avant... L'indice ISM manufacturier du mois de mars, qui vient lui aussi d'être publié, s'est affiché à 52,7, contre 52 de consensus FactSet et 52,4 un mois auparavant.
Ce jeudi, les inscriptions au chômage pour la semaine close le 28 mars et la balance commerciale de février seront surveillées à 14h30. Demain, les opérateurs suivront le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi pour le mois de mars (consensus 60.000 créations de postes et 4,4% de chômage selon FactSet), ainsi que l'indice PMI composite final de mars et que le PMI des services, mais Wall Street restera fermé pour le 'Good Friday'.