Wall Street recule au lendemain d'une journée qui a vu le S&P 500 et le Dow Jones Industrial Average atteindre de nouveaux sommets. Les investisseurs ont salué les signes de résilience de l'économie américaine, malgré les incertitudes entourant l'indépendance de la Réserve fédérale et une publication de Nvidia jugée un peu courte par certain. Très attendu, l'indice PCE 'core' n'a pas réservé de mauvaise surprise ce vendredi.
L'indicateur d'inflation favori de la Fed affiche une progression de 0,3% en juillet, en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus, et une hausse de 2,9% sur un an, comme anticipé par les économistes. Les revenus des ménages américains sur le même mois ont crû de 0,4% d'un mois sur l'autre, en ligne avec le consensus. Les dépenses personnelles de consommation ont augmenté de 0,5%, une évolution également conforme aux anticipations.
La publication ne devrait ainsi guère faire bouger les attentes de baisses de taux de la Fed le mois prochain. Pour l'instant, les Américains continuent de dépenser, même si on ignore combien de temps cette dynamique durera, compte tenu de la hausse des prix et de l'affaiblissement du marché du travail. Selon l'outil CME FedWatch, les traders tablent actuellement sur une probabilité de 85,3% d'une réduction des taux en septembre, contre 63% un mois plus tôt. Christopher Waller, gouverneur de le Fed, a encore une fois exhorté la Banque à réduire ses coûts d'emprunt le mois prochain, se disant favorable à des baisses supplémentaires sous trois à six mois afin d'éviter une chute du marché du travail.
Sur le Nymex, le baril de brut WTI se replie de 0,4% à 64,3$. L'once d'or fin recule de 0,1% à 3.414$. L'indice dollar gagne 0,25% face à un panier de devises à 98 points. Le bitcoin retombe de près de 2,5% vers les 110.600$.
Les valeurs
* Caterpillar. Donald Trump va fortement impacter la performance financière du géant américain. Le roi des engins de construction et d'exploitation minière a averti le marché qu'il s'attend désormais à ce que les tarifs douaniers aient un impact pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars sur l'entreprise cette année, soit plus que ses prévisions de début août. Plus précisément, le management anticipe un impact net des droits de douane supplémentaires introduits cette année de 500 à 600 millions de dollars au troisième trimestre, et de 1,5 à 1,8 Md$ sur l'ensemble de l'exercice. Le 5 août, le groupe avait indiqué tabler sur un impact annuel entre 1,3 et 1,5 Md$, incluant jusqu'à 500 M$ au troisième trimestre. "Alors que l'entreprise continue de prendre des mesures initiales pour atténuer cet impact, les négociations commerciales et tarifaires restent fluides ", a déclaré Caterpillar. Caterpillar a précisé s'attendre à ce que sa marge d'exploitation ajustée pour l'ensemble de l'année se situe près du bas de sa fourchette cible. Cette révision ne devrait par ailleurs pas affecter les perspectives de ventes et de chiffre d'affaires de l'entreprise publiées en début de mois.
* Marvell Technology chute de près de 13% en avant-Bourse à Wall Street, les perspectives de demande pour les centres de données du fabricant de puces ayant été inférieures aux attentes des investisseurs qui avaient parié fortement sur les puces personnalisées qui alimentent les charges de travail d'IA des géants du cloud tels que Microsoft et Amazon. Sur le deuxième trimestre, le groupe a enregistré un bpa ajusté de 67 cents, en ligne avec les attentes, pour des revenus en vive hausse de 58% à 2,01 Mds$. Les revenus des data centers ont flambé de 69% à 1,49 Md$ mais le consensus attendait légèrement mieux. La marge brute ajustée s'est établie à 59,4% contre 61,9% il y a un an et 59,5% de consensus.
"La croissance de Marvell est alimentée par une forte demande en IA pour nos produits silicium et électro-optiques personnalisés, ainsi que par une accélération significative de la reprise sur nos marchés finaux des réseaux d'entreprise et des infrastructures opérateurs", affirme le fabricant de semiconducteurs fabless. Kinngai Chan, analyste chez Summit Insights, estime que Marvell manque d'échelle par rapport à ses concurrents plus importants tandis que le fait que de grands clients poursuivent une stratégie d'approvisionnement multi-fournisseurs pourrait peser sur ses marges. La société californienne prévoit un chiffre d'affaires de 2,06 milliards de dollars au troisième trimestre, plus ou moins 5%, contre un consensus de 2,11 Mds$.
* Dell Technologies chute en pré-séance à Wall Street, alors même que la société a annoncé des résultats largement supérieurs aux attentes des analystes et a revu à la hausse ses prévisions annuelles. Les investisseurs semblent avoir davantage retenu la baisse séquentielle du carnet de commandes de serveurs d'IA, une marge brute plus faible que prévu (en raison d'un mix de serveurs d'IA plus élevé) et un léger manque à gagner sur les ventes de solutions clients, selon Woo Jin Ho de 'Bloomberg Intelligence'. Le besoin de calcul pour exécuter des outils d'IA a entraîné une forte hausse des ventes pour les fabricants de serveurs puissants comme Dell, Super Micro Computer et Hewlett Packard Enterprise. Les investisseurs s'inquiètent toutefois de la rentabilité des serveurs d'IA, qui dépendent de processeurs coûteux de sociétés comme Nvidia et Advanced Micro Devices.
La marge d'exploitation de la division Infrastructure, qui comprend les ventes de serveurs et de réseaux, s'est établie à 8,8% sur le trimestre clos le 1er août, contre un consensus de 10,3%. La marge brute ajustée globale s'est établie à 18,7%, en baisse par rapport à l'année précédente et inférieure aux estimations des analystes (19,6%). Dell a enregistré 5,6 milliards de dollars de commandes de serveurs optimisés pour l'IA au cours de son deuxième trimestre fiscal, contre 12,1 Mds$ au cours de la période précédente. L'entreprise a livré pour 8,2 milliards de dollars de serveurs et a terminé le trimestre avec un carnet de commandes IA de 11,7 Mds$, contre 14,4 Mds$ à la fin du trimestre antérieur. Au cours du trimestre clos, Dell a fait état d'une hausse de 19% de ses ventes à 29,8 milliards de dollars, contre une estimation moyenne de 29,2 Mds$, avec un bpa ajusté de 2,32$ (vs 2,30$ de consensus). Sur l'ensemble de l'exercice, le management table désormais sur un bpa ajusté entre 9,30$ et 9,8$, contre à 9,15$ à 9,65$ précédemment, pour des revenus entre 105 et 109 Mds$, contre entre 101 et 105 Mds$ visés jusqu'ici.
* Pepsico a augmenté sa participation dans le fabricant de boissons énergisantes Celsius Holdings grâce à un accord de 585 millions de dollars, ont annoncé vendredi les deux sociétés.
* Unitedhealth. Les sénateurs américains Ron Wyden et Elizabeth Warren ont adressé une lettre aux dirigeants du groupe afin d'obtenir des informations sur les prêts accordés par le conglomérat de soins de santé après la cyberattaque dont a été victime son unité technologique l'année dernière.
* DuPont annonce la vente de son activité Aramides à son homologue Arclin pour un montant de 1,8 milliard de dollars. Le fabricant de produits chimiques conservera les marques Kevlar et Nomex du portefeuille Aramids après la vente. Cette cession intervient alors que la société basée à Wilmington, dans le Delaware, fait l'objet d'une réorganisation plus large, comprenant notamment la cession de ses activités dans le domaine de l'électronique.
* Alibaba Group progresse à Wall Street après l'annonce d'une hausse de son chiffre d'affaires grâce à l'essor de l'IA en Chine, compensant ainsi une baisse surprise de ses bénéfices liée à l'intensification de la concurrence avec Meituan et JD.com dans le commerce en ligne. Le leader chinois du e-commerce a enregistré une baisse de 3 % de son résultat opérationnel, à 35 milliards de yuans (4,9 milliards de dollars), pour un chiffre d'affaires en petite hausse de 2%, à 247,7 MdsY, malgré une progression à trois chiffres du chiffre d'affaires des produits liés à l'IA. Les ventes de la division cloud, l'activité la plus étroitement liée à l'essor de l'intelligence artificielle, ont progressé de 26% à 33,40 MdsY, contre une hausse de 18% au trimestre précédent et un gain de 18% anticipé par le marché.
La confiance des consommateurs en Chine a été ébranlée par une économie plombée par la crise persistante du secteur immobilier, la faiblesse de la croissance salariale et les perturbations du commerce mondial. Les consommateurs sont restés prudents, même si les plateformes de commerce en ligne ont multiplié les remises et baisses de prix pour stimuler la demande. Alibaba s'est imposé comme l'un des acteurs les plus offensifs du secteur de l'IA en Chine, dévoilant presque chaque semaine de nouvelles améliorations, la dernière en date étant un modèle capable de transformer des photos de portrait en avatars vidéo réalistes. "Les revenus liés à l'IA représentent désormais une part significative du chiffre d'affaires provenant de clients externes", a déclaré le directeur général d'Alibaba Group, Eddie Wu.