Wall Street poursuit son rebond après les commentaires de Trump

Wall Street poursuit son rebond de la veille avant bourse ce mardi, le S&P 500 s'adjugeant 0,4%, le Dow Jones 0,4% également et le Nasdaq 0,6%. Donald Trump a en effet déclaré qu'il pourrait lever les...

Wall Street poursuit son rebond de la veille avant bourse ce mardi, le S&P 500 s'adjugeant 0,4%, le Dow Jones 0,4% également et le Nasdaq 0,6%. Donald Trump a en effet déclaré qu'il pourrait lever les sanctions liées au pétrole et qu'il ferait escorter les pétroliers par la marine américaine dans le détroit d'Ormuz. Le président américain a par ailleurs prédit que la guerre avec l'Iran se résoudrait très bientôt. Les marchés font mine de croire à ces promesses et remontent donc, tandis que les cours du brut retombent. Le baril de brut WTI abandonne 7,5% à 87,7$, tandis que le Brent de la mer du Nord recule de 7,3% à 91,8$... Rappelons que la place américaine est déjà passée à l'heure d'été, trois semaines avant l'Europe, et ouvre donc à 14h30, heure française, pour clôturer à 21 heures durant cette période.

Trump a indiqué qu'il ne croyait pas à une fin du conflit cette semaine, mais a insisté sur le fait que l'opération était en avance sur le calendrier prévu. Il a promis des bombardements bien plus intenses si l'Iran perturbait l'approvisionnement en pétrole. "Nous cherchons à contenir les prix du pétrole", a affirmé le locataire de la Maison Blanche lors d'une conférence de presse dans la résidence de Doral, en Floride. "Ils ont artificiellement grimpé à cause de cette incursion", a constaté Trump, qui pense pouvoir lever certaines sanctions liées au pétrole afin de faire baisser les prix. Il dit aussi avoir abordé ce sujet avec le président russe Vladimir Poutine lors d'un entretien téléphonique hier. La Russie est confrontée justement à de nombreuses restrictions pétrolières, notamment un plafonnement du prix de son pétrole brut et des sanctions américaines visant ses deux principaux producteurs, afin de priver le pays de revenus en raison du conflit en Ukraine.

"Avec nos partenaires israéliens, nous écrasons l'ennemi grâce à une démonstration écrasante de notre savoir-faire technique et de notre force militaire", a aussi déclaré hier Trump aux élus républicains, affirmant que les États-Unis avaient frappé 5.000 cibles en Iran, que les capacités balistiques du pays avaient été réduites de 10% et que les tirs de drones iraniens avaient diminué de 83%.

Les objectifs militaires américains peuvent être qualifiés de pratiquement atteints selon Trump. Le président américain a aussi reconnu que des questions subsistaient quant à la direction du pays à Téhéran et a juré qu'il ne relâcherait pas ses efforts tant que l'ennemi ne serait pas définitivement vaincu. Il a précisé que si les États-Unis avaient coulé plus de 50 navires iraniens, un conflit prolongé pourrait les amener à bombarder d'autres cibles importantes et notamment des installations de production d'électricité...

Selon des sources de Bloomberg proches du dossier, Trump envisagerait diverses options pour lutter contre la flambée des prix du pétrole et de l'essence suite à la guerre en Iran. Parmi ces options figureraient selon l'agence le déblocage des stocks d'urgence, la suspension de la perception de la taxe fédérale sur l'essence et l'intervention du Trésor américain sur le marché à terme du pétrole. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, avait précédemment laissé entendre que les États-Unis pourraient lever de nouvelles sanctions contre la Russie, après avoir autorisé la semaine dernière, à titre temporaire, les raffineries indiennes à acheter davantage de pétrole russe.

Le président Trump a déclaré également hier au New York Post qu'il était "loin d'être prêt" à ordonner l'envoi de troupes américaines en Iran pour sécuriser le site d'enrichissement nucléaire d'Ispahan, tout en restant discret sur la manière dont il entendait gérer le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. "Nous n'avons pris aucune décision à ce sujet. Nous en sommes très loin", a déclaré Trump au sujet des discussions rapportées concernant un déploiement américain dans le site d'enrichissement souterrain iranien situé près de l'ancienne capitale perse. Trump a également déclaré être "mécontent" de la nomination de Khamenei, 56 ans, à la tête de la théocratie, succédant à son père Ali Khamenei ce week-end, mais n'a pas réitéré sa menace de tuer tout successeur qui accéderait au pouvoir sans son accord. "Je ne vous dirai rien", a déclaré Trump au sujet de ses intentions envers le jeune Khamenei. "Je ne vous dirai rien. Je ne suis pas content de lui".

Trump, qui s'exprimait par téléphone depuis son club de golf Trump National de Doral, en Floride, a minimisé les spéculations concernant un éventuel déploiement de troupes au sol à Ispahan après avoir déclaré aux journalistes à bord d'Air Force One, samedi après-midi, que "nous n'en avons pas parlé". Cependant, des médias tels que Semafor, NBC News et Axios ont rapporté le même jour que cette possibilité était activement discutée. Par ailleurs, la réponse évasive de Trump concernant Mojtaba Khamenei faisait suite à des menaces explicites proférées avant son élection, note le NYP. Peu avant la nomination du fils intransigeant du défunt ayatollah à sa succession, Trump a déclaré dimanche à ABC News que le nouveau dirigeant "ne ferait pas long feu" s'il "n'obtenait pas notre approbation". La semaine dernière, Trump avait déclaré à Axios que "le fils de Khamenei est un incapable" et qu'"il doit être impliqué dans cette nomination".

La fin de semaine dernière avait été éprouvante à Wall Street suite à la publication d'un rapport sur l'emploi sans relief et de chiffres peu reluisants de la consommation. Les États-Unis ont détruit 92.000 postes non-agricoles en février, alors que les économistes anticipaient en moyenne 60.000 créations. Le taux de chômage est remonté à 4,4% contre 4,3% un mois avant. Les destructions de postes dans le privé ont été de 86.000 (+65.000 de consensus), avec 12.000 emplois manufacturiers détruits. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 62%. Le salaire horaire moyen a progressé plus que prévu, en hausse de 0,4% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an. L'emploi dans le secteur de la santé a diminué, en raison des grèves. L'emploi dans les secteurs de l'information et du gouvernement fédéral a continué de baisser, a précisé le Bureau américain des statistiques du travail.

Du côté des indicateurs économiques américains cette semaine, les investisseurs suivront notamment de près la publication, demain, de l'indice des prix à la consommation et, vendredi, celle de l'indice des dépenses de consommation des ménages, même si ces deux indices ne refléteront pas encore l'impact de la forte hausse récente du prix du pétrole...

Dans le détail des statistiques de la semaine, les reventes de logements existants de février seront connues ce mardi, alors que l'indice des prix à la consommation de février sera donc annoncé mercredi (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,4% sur un an, ou +0,2% et +2,5% hors alimentaire et énergie). Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains sera aussi connu demain.

Jeudi, les opérateurs suivront les mises en chantier de logements et permis de construire, la balance du commerce international des biens et services, ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage. Enfin, vendredi, ils prendront connaissance des chiffres des commandes de biens durables, du PIB du 4e trimestre, des revenus et dépenses des ménages, de l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan et du rapport JOLTS sur les ouvertures de postes.

Côté entreprises, la saison des résultats se poursuit avec les publications des résultats de Hewlett Packard Enterprise ou Casey's General Stores. Les résultats d'Oracle sont programmés ce soir après bourse. Nio Inc et BioNTech sont aussi de la partie aujourd'hui. The Campbell's Company et UiPath dévoilent leurs derniers chiffres demain. Adobe, Dollar General, Ulta Beauty, Li Auto, Dick's Sporting Goods, Lennar et Wheaton Precious Metals, annonceront enfin leurs résultats trimestriels jeudi.

Les valeurs

Hewlett Packard Enterprise, le concepteur américain de serveurs d'IA, a annoncé hier soir pour son premier trimestre fiscal un bénéfice net de 423 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 65 cents, supérieur au consensus de place, pour des revenus de 9,3 milliards de dollars (+18%) quant à eux un peu courts. "HPE a réalisé un excellent premier trimestre, surpassant les attentes dans notre activité réseau et enregistrant l'un de nos trimestres les plus rentables jamais enregistrés", a déclaré Antonio Neri, directeur général de HPE. "Nos résultats du premier trimestre témoignent de l'alliance de nos innovations réseau et d'une gestion opérationnelle rigoureuse dans un contexte d'approvisionnement en matières premières fluctuant".

Le groupe envisage désormais pour l'exercice un bénéfice ajusté par action allant de 2,30 à 2,50$, pour une croissance des revenus annuels de 17 à 22%. HPE relève ses estimations de croissance des revenus dans le segment Networking entre 68 et 73%. Le bénéfice opérationnel ajusté est attendu en augmentation de 32 à 40%. Sur le seul 2e trimestre fiscal, les revenus sont anticipés entre 9,6 et 10 milliards, pour un bpa ajusté allant de 51 à 55 cents.

Casey's General Stores, la chaîne américaine d'épicerie, a publié pour son 3e trimestre fiscal un bénéfice dilué par action de 3,49$ (+50%), largement supérieur au consensus, contre 2,33$ sur la période comparable de l'an dernier. Les revenus ont atteint 3,92 milliards de dollars, ce qui ressort en revanche inférieur au consensus et traduit une stabilité en comparaison de l'an dernier. Le bénéfice net s'est apprécié de 49% à 130 millions de dollars, tandis que l'Ebitda a augmenté de 27% à 309 millions. Les ventes à comparable ont grimpé de 4%.

"Grâce aux excellents résultats financiers enregistrés depuis le début de l'année, l'Ebitda de l'exercice 2026 devrait progresser de 18% à 20%. La société anticipe désormais une croissance des ventes à périmètre comparable de 3,5% à 4,5% et une marge brute d'environ 41,5% à 42,5%", commente Casey's.

TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Co.) a affiché des ventes en croissance de 30% au cours des deux premiers mois de l'année, le géant taïwanais des puces sous contrat, fournisseur notamment de Broadcom, Nvidia et d'AMD, ayant bénéficié de la demande provenant des infrastructures d'intelligence artificielle. Ainsi, le chiffre d'affaires cumulé de janvier et février a atteint 718,9 milliards de nouveaux dollars de Taïwan, soit environ 22,6 milliards de dollars américains. Le consensus pour le premier trimestre se situe selon Bloomberg à 33% de croissance. Les ventes de février ont progressé de 22% "seulement", limitées par les congés du Nouvel An lunaire.