Wall Street prend le chemin de la hausse en début de séance. Le S&P 500 s'adjuge 0,13% à 6.474 pts, alors que le Dow Jones prend 0,18% à 45.497 pts. Le Nasdaq s'affiche en hausse de 0,11% à 21.569 pts... Les opérateurs attendent la publication des résultats de Nvidia ce soir après la clôture. Le géant des puces électroniques devrait fournir des indices sur la durabilité des dépenses massives en IA et sur la manière dont la rivalité sino-américaine pèse sur sa croissance. Les attentes sont très élevées, l'action de l'entreprise ayant progressé de près de 35% depuis le début de l'année. En juillet, Nvidia est devenue la première entreprise à voir sa capitalisation boursière dépasser les 4.000 milliards de dollars. Sur le trimestre clos fin juin, le marché table sur un bénéfice par action ajusté de 1,01 dollar pour un chiffre d'affaires de 46,2 milliards de dollars.
"Aujourd'hui, l'accent sera mis sur les résultats de Nvidia, qui devraient donner le ton pour les actifs risqués au cours des prochains jours", explique à 'Bloomberg' Mohit Kumar, stratège en chef européen chez Jefferies International. "Globalement, nous restons optimistes quant au secteur technologique, car nous pensons que nous n'en sommes qu'aux prémices du cycle de l'IA. Notre inquiétude pour les actions réside toujours dans le positionnement. Nous attendrions un peu que la situation se clarifie". "Nvidia est l'événement de la semaine. Nous avons constaté une certaine érosion de la prime liée à l'IA ; ce chiffre est donc important pour déterminer si l'IA a encore de la marge", souligne Guy Miller, stratège chez Zurich Insurance. "Cela pourrait soit permettre au cycle technologique, et au rêve de l'IA, de se poursuivre, soit le compromettre considérablement". "Un échec pourrait engendrer une volatilité significative, tandis qu'une bonne surprise entraînerait probablement une hausse des principaux indices vers des sommets historiques", ajoute Tom Essaye de 'The Sevens Report'.
Du côté géopolitique, les droits de douane américains sur les importations en provenance d'Inde ont été portés jusqu'à 50% ce mercredi. Cette mesure, qui double les taxes existantes, accentue les tensions commerciales entre les deux plus grandes démocraties mondiales, pourtant considérées comme des partenaires stratégiques. Donald Trump a par ailleurs dit être prêt à imposer des sanctions économiques à la Russie si son président, Vladimir Poutine, ne donnait pas son accord à un cessez-le-feu. "Ce que j'envisage est très, très sérieux, s'il faut que je le fasse, mais je veux voir cela se terminer", a déclaré Donald Trump à un journaliste. "Il ne s'agira pas d'une guerre mondiale mais d'une guerre économique", a dit le locataire de la Maison blanche lors d'une réunion de son cabinet. "Une guerre économique sera dure, et ce sera dur pour la Russie, et ce n'est pas quelque chose que je souhaite".
Les opérateurs continuent par ailleurs à digérer la dernière attaque de Donald Trump contre la Réserve fédérale. Lisa Cook, gouverneure de la Fed, va intenter une action en justice pour empêcher le président américain de la démettre de son poste, a affirmé mardi son avocat, déclenchant ainsi ce qui pourrait être une longue bataille juridique autour de la tentative de la Maison blanche d'influencer la politique monétaire américaine. Ces tentatives répétées de Trump contre la Fed commencent sérieusement à influencer le marché obligataire américain à long terme, les investisseurs s'inquiétant de la crédibilité et de l'autonomie de la banque centrale dans la lutte contre l'inflation. "Les États-Unis doivent émettre une dette colossale pour financer leur déficit", explique Michael Arone, stratège chez State Street Investment Management. Ce surendettement alimente les inquiétudes concernant la croissance et l'inflation. "Par conséquent, je m'attends à ce que les taux longs restent plus élevés et plus volatils que prévu par le marché". Les taux US à 30 ans flirtent à nouveau avec la barre des 5%.
Sur le Nymex, le baril de brut WTI rebondit de 1% à 63,9$. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont diminué de 2,4 millions de barils lors de la semaine close le 22 août à 418,3 mb. Le consensus tablait sur une baisse de 1,7 mb.
L'once d'or recule de 0,3% à 3.383$. L'indice dollar grimpe de 0,4% face à un panier de devises à 98,5 points. Le bitcoin reprend 1,4% vers les 112.000$.
Les valeurs
* Kohl's s'envole de 20% après que la chaîne américaine de grands magasins eut revu à la hausse ses prévisions annuelles. La firme prévoit un bénéfice annuel par action compris entre 50 et 80 cents, contre une fourchette large de 10 à 60 cents annoncée précédemment, tandis que les ventes ne devraient pas baisser de plus de 5% contre un repli d'au moins 6% redouté auparavant. "Nous avons réussi à augmenter nos marges brutes, à réduire nos stocks et à diminuer nos dépenses, ce qui nous a permis de réaliser de solides bénéfices au deuxième trimestre", a déclaré Michael Bender, président-directeur général par intérim. Le bénéfice ajusté par action de Kohl's au deuxième trimestre, de 56 cents, a largement battu les estimations de 29 cents, selon les données compilées par LSEG. Les ventes comparables ont baissé de 4,2%, soit moins que redouté par le marché (-5%). La société, en difficulté, a fermé en début d'année un centre d'exécution électronique dans l'Ohio, se concentre davantage sur la haute joaillerie et réduit les stocks de ses propres marques.
* Lockheed Martin (+0,4%). Après les puces, la Défense ? A la suite de l'accord peu orthodoxe qui a vu les États-Unis acquérir 10% d'Intel, Washington pourrait entrer au tour de table de grands acteurs de la Défense avec lesquels elle entretient des relations commerciales. Howard Lutnick, le secrétaire américain au Commerce, a ainsi affirmé mardi sur 'CNBC' : "ils y réfléchissent", citant des dirigeants du Pentagone, lorsqu'on lui a demandé si l'administration américaine envisageait de prendre des parts dans des entreprises telles que Lockheed Martin, Boeing ou Palantir Technologie. "il y a beaucoup de discussions à mener sur la manière dont nous finançons nos acquisitions de munitions... Il y a une discussion énorme sur la défense. Lockheed Martin tire 97% de son chiffre d'affaires du gouvernement américain. Il s'agit en fait d'un bras armé du gouvernement américain". Le locataire de la Maison blanche a indiqué lundi qu'il souhaitait que le gouvernement américain investisse davantage dans les entreprises américaines saines, mais les détracteurs de cette approche mettent en garde contre les risques que cela comporte pour la stratégie commerciale et la flexibilité du marché, et s'interrogent sur l'impact que cela aurait sur les consommateurs. Le porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, a déclaré que l'administration "continuera d'explorer d'autres accords permettant aux contribuables de bénéficier des investissements réalisés par le gouvernement fédéral avec leur argent".
* Okta, l'éditeur américain de logiciels de gestion des identités et accès, grimpe de près de 4%. Le groupe a réalisé un solide trimestre et a rehaussé sa guidance annuelle en raison de l'augmentation de la demande d'outils de cybersécurité. La société table désormais sur un chiffre d'affaires 2026 entre 2,88 et 2,89 milliards de dollars, contre 2,85 à 2,86 Mds$ prévus précédemment avec un bpa ajusté attendu entre 3,33$ et 3,38$, contre une prévision antérieure de 3,23$ à 3,28$. Sur le deuxième trimestre de son exercice financier, la firme a enregistré un bpa de 91 cents contre 72 cents un an plus tôt et 84 cents attendus. Les revenus ont grimpé de 13% à 728 M$ (697 M$ de consensus) alors que le bénéfice opérationnel ajusté a bondi de 36% à 202 M$.
* Abercrombie & Fitch (+2,9%). Le distributeur de vêtements a rehaussé sa guidance annuelle, pariant sur une poursuite de la forte demande pour sa marque pour ados Hollister. Le management s'attend maintenant à ce que ses ventes nettes pour l'exercice 2025 augmentent de 5% à 7%, alors qu'il prévoyait auparavant une hausse de 3% à 6%. C'est le deuxième trimestre consécutif que le détaillant revoit ses prévisions de chiffre d'affaires à la hausse. L'entreprise a également ajusté vers le haut sa guidance de bénéfices après l'avoir revue à la baisse au trimestre précédent. Elle table désormais sur un bpa de 10 à 10,5$ contre 9,5 à 10,5$ précédemment. "Nous avons continué à susciter un engagement significatif auprès de nos clients adolescents pour les marques Hollister, avec une croissance de 19% grâce à une forte demande pendant l'été et la rentrée scolaire", a déclaré Fran Horowitz, DG du groupe.
* Newmont (-0,6%) envisagerait d'importantes suppressions d'emplois dans le cadre d'une vaste campagne de réduction des coûts, croit savoir 'Bloomberg' en citant des personnes familières avec le géant minier américain. Le plus grand producteur d'or au monde a vu ses coûts grimper en flèche à la suite de l'acquisition de Newcrest Mining pour 15 milliards de dollars en 2023. Les coûts de maintien par once de Newmont, un indicateur clé pour les producteurs d'or, ont atteint un niveau record début 2025, érodant les bénéfices générés par les prix records du métal précieux, souligne ainsi l'agence. Newmont aurait indiqué à ses managers qu'elle souhaitait se rapprocher de ses concurrents aux coûts les plus bas, selon les sources de l'agence. Cela impliquerait une réduction des coûts pouvant atteindre 300 dollars par once, soit environ 20%. Bien que l'entreprise n'ait pas précisé le nombre d'emplois qu'elle prévoit de supprimer, plusieurs milliers de postes pourraient être concernés, selon certaines sources.