L'incroyable série haussière se poursuit dans le compartiment des 'puces' à Wall Street, dans le sillage cette fois d'Intel, sur d'excellents résultats trimestriels, et d'AMD qui suit le mouvement. Les dernières rumeurs concernant les négociations potentielles entre États-Unis et et Iran viennent également soutenir les indices. Le Nasdaq prend désormais 0,91% à 24.660 pts, sur un nouveau sommet, tout comme le S&P 500, qui gagne 0,38% à 7.135 pts. Le Dow Jones consolide en revanche de 0,32% à 49.153 pts. Notons que l'indice 'SOX' (Philadelphia Semiconductor) des semi-conducteurs pourrait aligner aujourd'hui sa 18e séance consécutive en hausse, série historique.
Les cours du pétrole refluent quelque peu dans l'espoir de nouvelles discussions de paix concernant l'Iran. Le baril de brut WTI perd 1,2% à 94,7$. Le baril de Brent de la mer du Nord abandonne 0,4% à 104,7$. Après l'extension pour trois semaines de la trêve entre Israël et le Liban, les opérateurs espèrent que la situation puisse évoluer favorablement entre les USA et l'Iran, alors que le détroit d'Ormuz demeure fermé. Des sources pakistanaises ont indiqué à Al Jazeera une "forte probabilité" de percée dans les négociations... Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est attendu à Islamabad, capitale du Pakistan, ce soir, pour une éventuelle deuxième série de négociations de paix avec les États-Unis, selon des responsables à Islamabad bien informés de la question et cités par Bloomberg. Les informations restent toutefois très contradictoires sur le sujet, l'agence iranienne Tasnim précisant qu'il n'y aurait pas de discussions directes entre les États-Unis et l'Iran lors de cette visite du ministre des Affaires étrangères.
Sur le front économique ce vendredi, l'indice final du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois d'avril 2026 s'est affiché à 49,8, contre 48 de consensus de place et 47,6 pour sa lecture préliminaire. L'indice rattaché des anticipations d'inflation pour l'année à venir s'est affiché à 4,7% contre 4,8% en lecture flash.
La réunion de la Fed des 28 et 29 avril approche par ailleurs à grands pas. L'outil CME FedWatch montre une probabilité de statu quo monétaire de près de 100% (99,5% actuellement). Le même outil montre que les taux pourraient bien rester logés entre 3,50 et 3,75% sur les 'fed funds' jusqu'à la fin de l'année ('proba' de 66%).
Kevin Warsh, le successeur futur de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale, a déclaré cette semaine aux parlementaires que l'inflation devait être analysée différemment et que l'analyse des variations de prix effectuée par la Fed elle-même devait être réformée. Warsh privilégie l'utilisation de 'moyennes tronquées' de l'inflation, a-t-il indiqué lors de son audition de confirmation. La moyenne et la médiane tronquées permettent d'éliminer les valeurs aberrantes. Les bureaux de la Fed de Dallas et de Cleveland publient tous deux un indicateur d'inflation moyen tronqué qui exclut les données aberrantes afin de fournir une image plus claire des prix. M. Warsh a déclaré que la tendance sous-jacente actuelle de l'inflation s'améliorait légèrement et apparaissait plutôt favorable lorsqu'on examine les mesures tronquées de l'inflation.
Les valeurs
Intel s'envole littéralement de 22,4% à Wall Street ce vendredi, au lendemain de sa publication financière trimestrielle. La capitalisation boursière du groupe devrait évoluer aujourd'hui autour des 400 milliards de dollars. Mieux encore, le cours de bourse devrait dépasser les pics historiques de juin 2000 ! Après un quart de siècle de purgatoire, le géant des processeurs renaît. Intel a pris déjà plus de 50% à Wall Street en un mois, 70% depuis le début de l'année et plus de 200% sur un an !
Le groupe californien de Santa Clara a publié ce soir des résultats financiers solides pour le trimestre clos le 28 mars 2026. Intel a réalisé un chiffre d'affaires de 13,6 milliards de dollars, en hausse de 7% par rapport aux 12,7 milliards de dollars du premier trimestre 2025. Les analystes anticipaient environ 12,4 milliards de dollars, ce qui constitue un dépassement significatif. Le bénéfice par action ajusté s'est élevé à 0,29$, nettement au-dessus des attentes (consensus proche de l'équilibre) et en progression progression de 123% en glissement annuel. La perte GAAP par action ressort à 0,73$ avec les charges de restructuration et dépréciations. La marge brute non-GAAP a atteint 41%, en amélioration de 1,8 point de pourcentage. Le résultat opérationnel non-GAAP s'est établi à 1,7 milliard de dollars, avec une marge de 12,3%. Le flux de trésorerie d'exploitation atteint 1,1 milliard de dollars. La croissance a été tirée par le segment Data Center & AI, en hausse de 22% à 5,1 milliards de dollars, et par Intel Foundry, en progression de 16% à 5,4 milliards de dollars. Le segment Client Computing est resté quasi stable à 7,7 milliards de dollars.
Lip-Bu Tan, directeur général d'Intel, a déclaré que la prochaine vague d'IA augmente fortement la demande en CPU Intel, en inférence et en applications agentiques, tout en saluant six trimestres consécutifs de dépassement des attentes et de nouveaux partenariats stratégiques. Pour le deuxième trimestre 2026, Intel anticipe un chiffre d'affaires compris entre 13,8 et 14,8 milliards de dollars, supérieur aux prévisions du consensus. La marge brute non-GAAP est attendue à 39% et le bénéfice par action ajusté à 0,20$.
Le secteur est recherché ce jour, AMD prenant également 12,2%, Nvidia 3,6% (vers les 5.000 milliards de dollars de capitalisation) et Micron 4,7%...
Newmont (+7,1%), le géant minier américain, a publié au titre de son premier trimestre des revenus de 7,31 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 2,90$, deux mesures nettement supérieures aux attentes. Le bénéfice net ajusté a atteint 3,2 milliards, contre 2,8 milliards sur le trimestre antérieur. Le free cash flow a été de 3,1 milliards de dollars, niveau record, alors que l'Ebitda ajusté a atteint 5,2 milliards de dollars.
Baker Hughes (+4,8%), le groupe parapétrolier américain, a dépassé le consensus au premier trimestre, réalisant sur la période un bénéfice ajusté par action de 58 cents contre 51 cents un an auparavant, pour des revenus de 6,6 milliards de dollars (+2%) à comparer aux 6,4 milliards de l'année précédente. Le groupe fait également état de commandes de 8,2 milliards de dollars et d'un RPO de 36,1 milliards de dollars. Le bénéfice net s'est établi à 930 millions de dollars. L'Ebitda ajusté a augmenté de 12% à 1,16 milliard de dollars.
Edwards Lifesciences (+5,2%), leader du développement de technologies innovantes pour le traitement des maladies cardiaques structurelles et la surveillance hémodynamique, a publié hier soir pour son premier trimestre des revenus en croissance de 16,7% à 1,65 milliard de dollars, alors que la progression à devises constantes s'est établie à 12,7%. Le bénéfice ajusté par action a été de 78 cents. Le groupe relève sa guidance de croissance des ventes à devises constantes entre 9 et 11% pour l'exercice 2026 et dope ses estimations de bénéfice ajusté par action, entre 2,95 et 3,05$.
SLB (+2,4%), le géant des services pétroliers, a publié ce vendredi au titre de son premier trimestre fiscal 2026 des revenus de 8,72 milliards de dollars en augmentation de 3% en glissement annuel, pour un bénéfice ajusté par action de 52 cents en recul de 28%. Le bénéfice net part du groupe a baissé de 6% à 752 millions de dollars. L'Ebitda ajusté s'est tassé de 12% à 1,77 milliard de dollars. Le cash flow des opérations a été de 487 millions de dollars. Le consensus était logé à 52 cents de bénéfice ajusté par action pour 8,66 milliards de dollars de revenus.
Procter & Gamble (+3,9%) a publié pour le 3e trimestre de son exercice 2026 des revenus de 21,2 milliards de dollars, en augmentation de 7% en glissement annuel et de 3% en organique, pour un bénéfice ajusté par action de 1,59$ en hausse de 3%. Le consensus était logé à 1,56$ de bénéfice ajusté par action pour 20,52 milliards de dollars de revenus. P&G maintient ses prévisions de croissance du chiffre d'affaires global pour l'exercice 2026, tablant sur une hausse de 1 à 5%. Le groupe confirme ses perspectives de croissance organique, dans une fourchette de 0 à 4%. P&G envisage un bpa ajusté compris entre 6,83 et 7,09$ sur l'exercice 2026.
HCA Healthcare (-6,8%), l'opérateur hospitalier américain, corrige avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié pour son premier trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 7,15$, au-dessus des attentes, pour des revenus en ligne avec les anticipations de marché à 19,1 milliards de dollars et un Ebitda ajusté de 3,8 milliards de dollars, quant à lui légèrement inférieur aux prévisions de brokers. Pour son exercice 2026, le groupe envisage des revenus allant de 76,5 à 80 milliards de dollars, un bpa ajusté de 29,10 à 31,50$, et un Ebitda ajusté de 15,55 à 16,45 milliards de dollars.
Meta (+1,1%), qui vient d'annoncer son intention de supprimer 10% de ses effectifs ou 8.000 postes, a par ailleurs conclu un accord de plusieurs années pour déployer des puces Graviton d'Amazon (+1,9%) afin d'alimenter ses capacités dans l'IA. Les puces Graviton sont des CPU et non des GPU. Bien que les entreprises continuent d'entraîner et d'exécuter leurs modèles d'IA sur des GPU, les CPU ont retrouvé leur popularité dans les centres de données grâce à l'essor des agents d'IA, ou IA agentique.