Wall Street limite ses pertes désormais ce lundi, alors que Donald Trump semble désormais adopter un ton un peu plus mesuré concernant l'Iran. Le S&P 500 ne cède plus que 0,61% à 6.699 pts, contre un recul de 0,99% du Dow Jones à 47.030 pts et une baisse de 0,16% sur le Nasdaq à 22.352 pts. La place américaine avait ouvert auparavant en très forte baisse, sur fond de flambée des prix du pétrole et de craintes de durcissement du conflit au Moyen-Orient.
Rappelons que la place américaine est déjà passée à l'heure d'été, trois semaines avant l'Europe, et ouvre donc à 14h30, heure française, pour clôturer à 21 heures durant cette période.
Les contrats à terme sur le WTI ont franchi les 110$ le baril et les cours grimpent actuellement de près de 8% vers les 98$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord gagne 8% à près de 100$. Des progressions impressionnantes, mais tout de même nettement moins prononcées qu'il y a quelques heures.
Le président Trump a déclaré ce lundi au New York Post qu'il était "loin d'être prêt" à ordonner l'envoi de troupes américaines en Iran pour sécuriser le site d'enrichissement nucléaire d'Ispahan, tout en restant discret sur la manière dont il entendait gérer le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. "Nous n'avons pris aucune décision à ce sujet. Nous en sommes très loin", a déclaré Trump au sujet des discussions rapportées concernant un déploiement américain dans le site d'enrichissement souterrain iranien situé près de l'ancienne capitale perse. Trump a également déclaré être "mécontent" de la nomination de Khamenei, 56 ans, à la tête de la théocratie, succédant à son père Ali Khamenei ce week-end, mais n'a pas réitéré sa menace de tuer tout successeur qui accéderait au pouvoir sans son accord. "Je ne vous dirai rien", a déclaré Trump au sujet de ses intentions envers le jeune Khamenei. "Je ne vous dirai rien. Je ne suis pas content de lui".
Trump, qui s'exprimait par téléphone depuis son club de golf Trump National de Doral, en Floride, a minimisé les spéculations concernant un éventuel déploiement de troupes au sol à Ispahan après avoir déclaré aux journalistes à bord d'Air Force One, samedi après-midi, que "nous n'en avons pas parlé". Cependant, des médias tels que Semafor, NBC News et Axios ont rapporté le même jour que cette possibilité était activement discutée. Par ailleurs, la réponse évasive de Trump concernant Mojtaba Khamenei faisait suite à des menaces explicites proférées avant son élection, note le NYP. Peu avant la nomination du fils intransigeant du défunt ayatollah à sa succession, Trump a déclaré dimanche à ABC News que le nouveau dirigeant "ne ferait pas long feu" s'il "n'obtenait pas notre approbation". La semaine dernière, Trump avait déclaré à Axios que "le fils de Khamenei est un incapable" et qu'"il doit être impliqué dans cette nomination".
L'once d'or fin recule actuellement de 0,1% à 5.100$. L'indice dollar grappille 0,1% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin se redresse un peu sur les 69.000$.
La fin de semaine dernière avait déjà été extrêmement éprouvante à Wall Street suite à la publication d'un rapport sur l'emploi sans relief et de chiffres peu reluisants de la consommation. Les États-Unis ont détruit 92.000 postes non-agricoles en février, alors que les économistes anticipaient en moyenne 60.000 créations. Le taux de chômage est remonté à 4,4% contre 4,3% un mois avant. Les destructions de postes dans le privé ont été de 86.000 (+65.000 de consensus), avec 12.000 emplois manufacturiers détruits. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 62%. Le salaire horaire moyen a progressé plus que prévu, en hausse de 0,4% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an. L'emploi dans le secteur de la santé a diminué, en raison des grèves. L'emploi dans les secteurs de l'information et du gouvernement fédéral a continué de baisser, a précisé le Bureau américain des statistiques du travail.
La variation de l'emploi total non agricole pour décembre 2025 a été révisée à la baisse de 65.000, passant de +48.000 à -17.000. La variation pour janvier a été révisée à la baisse de 4.000, passant de +130.000 à +126.000.
Les marchés de l'énergie restent un facteur déterminant ce lundi. Les prix du pétrole brut ont fortement augmenté, le conflit ayant incité les pays à réduire leur production, tandis que le détroit d'Ormuz reste bloqué. Le Koweït a confirmé des réductions de production dans le cadre d'une mesure de précaution, tandis que la production irakienne aurait chuté d'environ 70%. Les prix du pétrole ont franchi la barre des 110 dollars le baril WTI (sur les contrats à terme) pour la première fois depuis les premiers mois de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, sans aucun signe de ralentissement dans ce qui constitue la plus forte hausse des prix du pétrole depuis les années 1980, note Bloomberg.
Depuis le début des frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, qui ont tué au Guide suprême Ali Khamenei et provoqué une violente riposte, les prix du pétrole ont enregistré selon l'agence leur plus forte hausse hebdomadaire depuis au moins 1985. Surtout, le conflit a paralysé le trafic maritime de pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole brut transporté par voie maritime, empruntent quotidiennement cette voie maritime reliant le golfe Persique au marché international, rappelle Bloomberg, qui cite des données de Vortexa selon lesquelles près de 16 millions de barils/jour seraient actuellement bloqués dans le détroit.
"Pas de panique. Il n'y a pas de pénurie de pétrole. Les prix vont bientôt baisser à nouveau. Les États-Unis reçoivent actuellement leur première cargaison de 100 millions de barils de pétrole en provenance du Venezuela post-Maduro", a tenu à rassurer Donald Trump, raillant les 'panicans', terme qu'il apprécie pour qualifier ceux qui ont peur d'un phénomène économique ou financier brutal.
Les marchés actions ont aussi réduit leurs pertes après la publication d'un article du Financial Times indiquant que les pays du G7 allaient discuter d'une possible libération conjointe de pétrole de leurs réserves.
Du côté des indicateurs économiques américains cette semaine, les investisseurs suivront notamment de près la publication, mercredi, de l'indice des prix à la consommation et, vendredi, celle de l'indice des dépenses de consommation des ménages, même si ces deux indices ne refléteront pas encore l'impact de la forte hausse récente du prix du pétrole... Dans le détail des statistiques de la semaine, les reventes de logements existants de février seront connues demain, alors que l'indice des prix à la consommation de février sera donc annoncé mercredi (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,4% sur un an, ou +0,2% et +2,5% hors alimentaire et énergie). Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains sera aussi connu mercredi.
Jeudi, les opérateurs suivront les mises en chantier de logements et permis de construire, la balance du commerce international des biens et services, ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage. Enfin, vendredi, ils prendront connaissance des chiffres des commandes de biens durables, du PIB du 4e trimestre, des revenus et dépenses des ménages, de l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan et du rapport JOLTS sur les ouvertures de postes.
Côté entreprises, la saison des résultats se poursuit avec la publication des résultats de Hewlett Packard Enterprise attendue après la clôture de la bourse ce lundi. Casey's General Stores annonce également ce soir. Les résultats d'Oracle sont programmés demain soir après bourse. Nio Inc et BioNTech seront aussi de la partie demain. The Campbell's Company et UiPath dévoilent leurs derniers chiffres mercredi. Adobe, Dollar General, Ulta Beauty, Li Auto, Dick's Sporting Goods, Lennar et Wheaton Precious Metals, annonceront enfin leurs résultats trimestriels jeudi.
Les valeurs
Warner Bros. Discovery (-0,4%). Tencent Holdings Ltd. envisagerait, selon des sources de Bloomberg proches du dossier, d'investir plusieurs centaines de millions de dollars dans le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance. L'entreprise chinoise jouerait un rôle d'investisseur financier passif, ont indiqué ces sources de Bloomberg, qui ont requis l'anonymat en raison du caractère confidentiel de l'opération. Tencent pourrait néanmoins décider encore de ne pas investir et la finalisation du deal pourrait prendre du temps selon Bloomberg.
L'offre de Paramount pour Warner Bros. formulée en décembre comprenait un engagement de Tencent à hauteur d'un milliard de dollars, selon un document déposé à l'époque. Cet engagement a toutefois été retiré suite aux inquiétudes exprimées par Warner Bros. quant aux risques que la présence de l'entreprise chinoise pourrait engendrer pour la sécurité nationale américaine, rappelle Bloomberg. Après que Paramount a récemment amendé et revu son offre à la hausse, Warner Bros. a accepté de se vendre à la société dirigée par David Ellison pour un montant de plus de 110 milliards de dollars, jugé supérieur à l'offre de Netflix...
Tencent détient déjà une participation minoritaire sans droit de vote dans Paramount. La société a également cofinancé des films produits par Skydance et contribué au marketing et à la distribution des blockbusters du studio depuis son investissement stratégique dans Skydance Media en 2018, rappelle l'agence.
Nvidia (+0,7%). Nscale, acteur des infrastructures d'IA à grande échelle soutenu par Nvidia, a annoncé aujourd'hui une levée de fonds de série C de 2 milliards de dollars, menée par Aker ASA et 8090 Industries. Ce tour de table valorise Nscale à 14,6 milliards de dollars. Astra Capital Management, Citadel, Dell, Jane Street, Lenovo, Linden Advisors, Nokia, Nvidia et Point72 ont également participé à ce financement. Cette nouvelle levée de fonds permettra à Nscale d'accélérer son développement mondial d'infrastructures d'IA verticalement intégrées - du calcul GPU et de la mise en réseau aux services de données et aux logiciels d'orchestration - en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.
Live Nation Entertainment (+5,7%), le producteur américain de spectacles, aurait conclu un accord avec le Département de la Justice américain lui permettant de conserver Ticketmaster, a rapporté Politico ce lundi, citant des sources proches de la question. L'accord prévoit que Live Nation versera environ 200 millions de dollars de dommages et intérêts aux États concernés et se soumettra à d'importantes réformes structurelles visant son contrôle de la billetterie, des salles de spectacle et de la promotion des artistes, précise Politico.
Nasdaq Inc. (-1,6%) a annoncé selon Bloomberg son intention de créer un nouveau modèle d'actions tokenisées, offrant aux sociétés cotées un contrôle accru sur leurs actions sous forme tokenisée, notamment en matière de procurations, d'opérations sur titres et de droits de gouvernance. L'initiative fait suite à une proposition de tokenisation déposée auprès de la Securities & Exchange Commission en septembre, dans laquelle Nasdaq indique vouloir permettre la négociation de titres de participation sur ses marchés et leur règlement sous forme de tokens via la Depository Trust & Clearing Corp.
Nasdaq a également annoncé lundi que son partenaire Payward, maison mère de la plateforme crypto mondiale Kraken, concevra une passerelle permettant aux actions tokenisées de circuler entre marchés réglementés et marchés de la blockchain. Le Nasdaq a enfin annoncé un partenariat avec Seturion, plateforme de règlement paneuropéenne du groupe Börse Stuttgart pour les actifs tokenisés. Les plateformes de négociation européennes du Nasdaq seront connectées à Seturion pour la négociation de titres tokenisés dont le règlement s'effectuera via cette plateforme, comme le note Bloomberg.
Strategy (+4,5%), la principale 'bitcoin treasury company' au monde, poursuit ses achats. Le groupe a ainsi acquis 17.994 BTC supplémentaires pour un montant d'environ 1,28 milliard de dollars, soit environ 70.946 dollars par bitcoin, selon un message de son fondateur Michael Saylor sur le réseau social X. "Au 8 mars 2026, nous détenons 738.731 BTC acquis pour environ 56,04 milliards de dollars, soit environ 75.862 dollars par bitcoin", ajoute le gourou des cryptomonnaies.
Microsoft (stable) va intégrer la technologie d'IA de la startup Anthropic à son service Copilot afin de répondre à la demande croissante en agents autonomes, indique Reuters ce lundi. L'annonce intervient quelques semaines seulement après que les nouveaux outils de la startup ont provoqué une chute des cours dans le secteur des logiciels, constate l'agence.
"Nous sommes heureux d'annoncer Copilot Cowork, une nouvelle façon d'accomplir des tâches et de travailler dans M365. Lorsque vous confiez une tâche à Cowork, celui-ci transforme votre demande en un plan et l'exécute sur l'ensemble de vos applications et fichiers, en s'appuyant sur vos données de travail et en respectant les limites de sécurité et de gouvernance de M365", explique Satya Nadella, PDG de Microsoft, ce jour, dans un message sur le réseau social X.
Microsoft a dévoilé ce jour Copilot Cowork, un outil basé sur Claude Cowork, l'offre à succès d'Anthropic qui a séduit la Silicon Valley. "Nous travaillons exclusivement dans le cloud et uniquement pour le compte de l'utilisateur. Vous savez donc précisément à quelles informations Copilot Cowork a accès", a déclaré Jared Spataro, responsable des initiatives IA au travail chez Microsoft, à Reuters. Copilot Cowork est actuellement en phase de test et sera accessible aux utilisateurs en accès anticipé plus tard ce mois.