Wall Street : le Nasdaq corrige avec le compartiment des 'puces'

Les indices américains souffrent ce mardi, le Dow Jone grappillant péniblement 0,04% à 51.734 pts, le S&P 500 régressant de 1,01% à 7.397 pts et le Nasdaq plongeant de 1,51% à 25.774 pts. Les valeurs ...

Les indices américains souffrent ce mardi, le Dow Jone grappillant péniblement 0,04% à 51.734 pts, le S&P 500 régressant de 1,01% à 7.397 pts et le Nasdaq plongeant de 1,51% à 25.774 pts. Les valeurs de la 'tech' sont particulièrement chahutées depuis hier. SpaceX a plongé de 16,4% hier soir, tandis que les actions des hyperscalers Alphabet ou Amazon ont lourdement corrigé sur des craintes relatives aux niveaux des 'capex'. Le secteur des puces d'IA et des mémoires semble prendre le relais de la purge ce jour, Nvidia (-3%), AMD (-6%), Broadcom (-2%) ou Micron régressant fortement...

Le doute semble donc s'emparer des opérateurs concernant les valorisations de la 'tech' et le retour sur investissement des très lourdes dépenses d'IA consenties par les hyperscalers. Ils suivront d'autant plus attentivement cette semaine les résultats de Cerebras Systems (ce soir) et Micron (demain soir).

Pendant ce temps, le pétrole poursuit sa baisse. Le baril de brut WTI rend 0,9% à 73,2$, face aux signes de progrès vers un accord visant à mettre fin au conflit impliquant l'Iran, incluant une dérogation américaine autorisant certaines ventes de brut et de carburants en provenance de la République islamique. Bloomberg rapporte que cette autorisation, valable 60 jours, permet la vente d'une partie du pétrole et des produits pétroliers iraniens, "une bouffée d'oxygène économique pour Téhéran", qui intervient suite à des "pourparlers productifs" tenus en Suisse.

Les responsables américains et iraniens ont tous deux fait état de progrès lors du premier cycle de négociations visant un accord durable pour clore le conflit débuté fin février, bien que certaines divergences soient apparues selon l'agence. Le vice-président JD Vance a affirmé que l'Iran avait accepté d'autoriser l'entrée d'inspecteurs nucléaires sur son territoire, une déclaration contestée par Téhéran.

Les premières discussions techniques visant à mettre en oeuvre un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran auraient abouti à la création de quatre groupes de travail. Ceux-ci traiteront de sujets tels que la levée des sanctions et les questions nucléaires, a rapporté l'agence de presse semi-officielle Mehr, reprise par Bloomberg.

Les États-Unis et l'Iran ont donc réalisé des progrès encourageants dans les pourparlers sur un accord de paix et poursuivront les discussions au niveau technique cette semaine, ont indiqué des médiateurs cités par Bloomberg, alors même que le président Donald Trump a de nouveau menacé de frappes si le Hezbollah continuait d'attaquer Israël...

"Hier, 19 millions de barils de pétrole ont transité par le détroit d'Ormuz, un record absolu. Les prix du pétrole chutent et le monde est un endroit bien plus sûr !", a indiqué Donald Trump ce jour sur Truth Social... "(...) L'Iran a accepté sans réserve des inspections nucléaires du plus haut niveau pour une durée indéterminée (à l'infini !). Cela garantira la 'transparence nucléaire'. S'ils n'avaient pas accepté cela, il n'y aurait plus eu de négociations ! Compte tenu de cet engagement et d'autres concessions majeures de la part de l'Iran, j'ai accepté de laisser le détroit d'Ormuz OUVERT, sans blocus naval supplémentaire. Toutefois, tous les navires restent sur place au cas où il serait nécessaire de rétablir le blocus, ce qui semble, à ce stade, très peu probable. Les fonds et/ou les sanctions que le Trésor américain débloque sont placés sous séquestre, contrôlés par les États-Unis, et serviront exclusivement à l'achat de denrées alimentaires et de fournitures médicales en provenance des États-Unis, notamment du maïs, du blé et du soja issus de nos formidables agriculteurs américains. L'Iran a un besoin urgent de ces produits. Il s'agit d'une crise humanitaire et j'estime qu'il est nécessaire d'apporter de l'aide, MAINTENANT, avant qu'il ne soit trop tard. Les pourparlers avancent bien", a aussi lancé le président américain.

Les indices d'activité américains du jour pour le mois de juin ont dépassé les attentes. L'indice PMI composite flash du mois de juin s'est établi à 52,2, contre 51,4 de consensus FactSet et 51,5 pour la lecture finale du mois antérieur. L'indice manufacturier est ressorti à 55,7 contre 54,2 de consensus, alors qu'ils se situait à 55,1 en lecture finale au mois de mai. L'indice des services s'est affiché à 51,3 contre 51 de consensus, alors qu'il était de 50,7 un mois avant.

L'indice manufacturier régional de la Fed de Richmond pour le mois de juin, qui vient lui aussi d'être annoncé, est ressorti à +4, en territoire positif, signalant une expansion, mais demeure inférieur au consensus et traduit un ralentissement de croissance, puisqu'il était de 13 un mois avant.

La balance des comptes courants et les ventes de logements neufs seront connus demain. Les commandes de biens durables, le PIB final du premier trimestre, les inscriptions au chômage, ainsi que les revenus et dépenses des ménages, seront dévoilés jeudi. Enfin, les opérateurs suivront vendredi la balance commerciale et l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan.

Concernant les résultats d'entreprises à Wall Street cette semaine, FedEx (après bourse), Cerebras (post-clôture), Sunbelt Rentals et Carnival, annoncent ce mardi leurs derniers comptes, tandis que Micron, Paychex et Jefferies publient mercredi. BlackBerry, McCormick, FedEx et Darden Restaurants, dévoilent leurs chiffres jeudi.

Les valeurs

Micron retombe de près de 10% ce jour avec le secteur, effaçant son bond de la veille. Le titre s'affiche tout de même non loin de ses sommets, alors que le groupe a scellé un accord prometteur avec la startup d'IA Anthropic. Micron, qui profite de la pénurie actuelle liée au fort développement de l'IA, doit publier ses derniers comptes trimestriels après la clôture de la place américaine demain soir. Le consensus est de 20$ de bénéfice ajusté par action pour 35 milliards de dollars de revenus.

Lors de sa publication du mois de mars, le groupe disait tabler, pour ce 3e trimestre fiscal 2026, sur des revenus de 33,5 milliards de dollars, plus ou moins 750 millions, une marge brute de 81% environ et un bpa ajusté de 19,15$, plus ou moins 40 cents...

Micron a annoncé hier un accord stratégique avec Anthropic portant sur la conception d'architectures de mémoire et de stockage dédiées à l'IA, la gestion de l'offre et de la demande, l'adoption en entreprise du modèle Claude au sein de Micron, ainsi qu'un investissement stratégique dans le cadre du cycle de financement de série H d'Anthropic. Cet accord établit un lien direct entre les exigences des modèles d'IA de pointe et la manière dont l'infrastructure est conçue, fournie et déployée à grande échelle...

Micron et Anthropic analyseront les performances des sous-systèmes de mémoire et de stockage face à diverses charges de travail, ainsi que leurs interactions au sein de l'ensemble de l'infrastructure. Cette initiative devrait favoriser des progrès en matière de performances de mémoire et de stockage, d'efficacité énergétique et d'optimisation de l'économie des tokens au sein de l'infrastructure d'IA d'Anthropic. Dans le prolongement de cette collaboration technique, Micron et Anthropic ont conclu un accord d'approvisionnement en solutions de mémoire et de stockage couvrant le portefeuille de produits de Micron destiné aux centres de données, une gamme de référence sur le marché.

Micron est ainsi en mesure de soutenir la trajectoire de croissance pluriannuelle d'Anthropic, alors que ce laboratoire d'IA de pointe développe sa stratégie de calcul à long terme... Micron a déployé par ailleurs les modèles Claude d'Anthropic pour accélérer le développement de code et permettre des cas d'usage plus avancés impliquant des agents autonomes, tant dans les domaines de l'ingénierie et de la production que dans les fonctions d'entreprise. "Appliqués à certains des défis les plus complexes et les plus stratégiques de l'entreprise, ces modèles continuent de générer des gains significatifs en termes de productivité et d'innovation". À mesure que les systèmes d'IA gagnent en capacités et en autonomie, l'entreprise prévoit de découvrir de nouvelles façons de concevoir, de construire et d'opérer à grande échelle, insiste Micron...

SpaceX remonte de 1,7% sur le Nasdaq ce mardi, au lendemain d'un plongeon de 16,4%. La capitalisation demeure voisine des 2.000 milliards de dollars. Le groupe d'astronautique, vol spatial et IA d'Elon Musk a annoncé le lancement d'une émission d'obligations non garanties de premier rang et a révélé par ailleurs détenir environ 100,8 milliards de dollars en trésorerie et équivalents de trésorerie au 19 juin. Le groupe a rappelons-le levé près de 86 milliards à l'occasion de son IPO record sur une valorisation alors située à près de 1.800 milliards de dollars, 135$ par titre. Le dossier a fait ses débuts sur le Nasdaq le 12 juin.

Plusieurs dates d'expiration de périodes de blocage approchent par ailleurs sur le dossier, ce qui pourrait accroître encore davantage la pression, les initiés n'étant plus soumis à des restrictions quant à la vente de leurs titres. Plus de 40% des actions pourraient être débloquées d'ici septembre.

Alphabet abandonne 0,4%, après un gadin de 5% hier. Amazon se redresse de 1,6% au lendemain d'une correction de 4,8%. Les marchés commencent à se soucier des dépenses d'investissement très élevées des hyperscalers dans l'IA. Meta et dans une moindre mesure Microsoft avaient déjà souffert de telles préoccupations, mais Wall Street affiche désormais une position plus générale sur la question. Il faut dire que suivant l'exemple donné par Alphabet, qui a levé 80 milliards de dollars pour financer ses plans dans l'IA, d'autres hyperscalers considèreraient des augmentations de capital, ce qui ne semble pas vraiment raisonnable...

Sunbelt Rentals (-9%), un leader du secteur de la location de matériel, a annoncé aujourd'hui ses résultats financiers. Le chiffre d'affaires total ressort à 2,75 milliards de dollars pour le 4e trimestre fiscal clos fin avril, avec une croissance des revenus de location de 8%. Le résultat net a représenté 226 millions de dollars pour un bpa de 0,55$. L'Ebitda ajusté a atteint 1,07 milliard soit une marge de 38,7%. Le bpa ajusté trimestriel a été de 0,74$. Sur l'exercice, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires record de 11,15 milliards, avec une croissance des revenus de location de 3,4%. Le résultat net a été de 1,325 milliard, pour un bpa ajusté de 3,72$. Le total des retours aux actionnaires a été de 1,877 milliard sur l'exercice, incluant 1,41 milliard de rachats d'actions et 464 millions de dollars versés sous forme de dividendes.

Carnival trébuche de 6,1% à Wall Street, alors que le géant de la croisière a pourtant publié un deuxième trimestre record en termes de revenus et bénéfice net ajusté. Carnival a annoncé pour le deuxième trimestre 2026 un résultat net de 537 millions de dollars, ainsi qu'un résultat net ajusté record de 569 millions, en hausse de plus de 20%. Le chiffre d'affaires ressort lui aussi record à 6,7 milliards, accompagné de rendements nets historiques. Les dépôts des clients atteignent un niveau historique de 9 milliards de dollars, soit une augmentation de plus de 450 millions par rapport au record de l'année précédente. Le carnet de réservations pour le reste de l'année 2026 est supérieur à celui de l'année précédente, à des prix historiquement élevés, la demande pour 2027 et au-delà continuant de dépasser les niveaux enregistrés l'année précédente...

Qualcomm (-9,7%), géant américain des puces, mènerait selon Bloomberg des négociations avancées pour acquérir Modular dans le cadre d'une opération qui valoriserait cette entreprise de logiciels d'infrastructure pour l'IA à environ 4 milliards de dollars. L'agence cite des personnes proches du dossier. L'opération pourrait être annoncée dans les semaines à venir, ont indiqué les sources. La conclusion d'un accord définitif n'est toutefois pas garantie et les modalités pourraient encore évoluer.

Oracle (-1,8%). L'effectif total du géant software a diminué de 13%, soit environ 21.000 employés, au cours de l'exercice 2026, relate Reuters. Le groupe poursuit la restructuration de ses activités, sous l'impulsion de l'adoption de l'IA dans l'ensemble de ses opérations. Ainsi, le colosse du cloud comptait 141.000 employés au 31 mai 2026 contre 162.000 un an avant.

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