Wall Street : la remontée du pétrole inquiète

Au lendemain d'une séance terminée en petite baisse, les futures sur les trois grands indices actions américains fléchissent légèrement, le rebond des cours pétroliers ravivant les craintes inflationn...

Au lendemain d'une séance terminée en petite baisse, les futures sur les trois grands indices actions américains fléchissent légèrement, le rebond des cours pétroliers ravivant les craintes inflationnistes à la veille de la publication de données clés sur les prix à la consommation aux États-Unis.

Les investisseurs attendent en effet la publication, mercredi, de l'indice IPC de juillet pour obtenir de nouveaux signaux sur l'évolution des taux d'intérêt de la Réserve fédérale, après que les données de l'emploi, inférieures aux attentes, ont tempéré les paris sur un resserrement immédiat de la politique monétaire américaine. "La hausse des rendements réels a entraîné une augmentation des coûts d'emprunt dans plusieurs grandes économies, sans modification des taux directeurs", explique à 'Bloomberg' Laura Cooper, stratège en investissement mondial chez Nuveen Administration. "Le rapport sur l'IPC américain de cette semaine aidera à déterminer si ce mouvement est suffisant pour que la Fed maintienne ses taux inchangés cette année".

Les cours du pétrole continuent donc de fortement remonter alors que les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran concernant un accord de paix et la réouverture du détroit d'Ormuz sont dans l'impasse. Donald Trump a répondu lundi aux conditions posées par l'Iran pour un accord de paix en formulant ses propres exigences, demandant à Téhéran de verser des indemnités aux familles des personnes tuées lors de guerres, d'attaques et de manifestations, dans une escalade rhétorique susceptible de compliquer les initiatives visant à rouvrir cette voie navigable cruciale. "Nous sommes désormais dans une sorte d'impasse, si l'on peut dire, pour savoir qui cédera le premier", constate Tony Sycamore, analyste marchés chez IG. "Cela va désormais s'apparenter à une véritable guerre d'usure", a-t-il ajouté. Le baril de Brent, référence mondiale, pour livraison octobre, avance de 2,4% à 89,8 dollars à Londres, et signe une cinquième journée de hausse.

Côté entreprises, les publications trimestrielles se poursuivent bien qu'à un rythme nettement moins soutenu. Les sociétés du S&P 500 sont en bonne voie pour enregistrer une croissance de leurs bénéfices d'environ 32% sur un an au deuxième trimestre, après un bond de 30% au cours des trois mois précédents, selon les données de 'Bloomberg Intelligence'. Les deux trimestres suivants devraient également afficher des hausses supérieures à 20%. De telles séries de performances solides sont rares ; elles ne se sont produites qu'à dix reprises depuis 1936, selon les stratégistes de Bank of America. Ce soir, CoreWeave passera sur le gril avant Cisco (mercredi) et Applied Materials (jeudi).

Les taux des obligations du Trésor se tendent à nouveau avec la remontée du brut, le rendement à 10 ans prenant 1,9 pb à 4,725%. Le dollar s'apprécie légèrement face à un panier de devises de référence. Le Bitcoin retombe de plus de 1%, proche des 64.200$. Enfin, l'or recule de 0,4% à 4.374 dollars l'once, après une progression de 7,3% la semaine dernière, soit la meilleure performance hebdomadaire du métal jaune depuis janvier.

Les valeurs

* Tesla procède au rappel de 20.349 véhicules aux Etats-Unis en raison de feux de croisement qui pourraient être trop puissants, ce qui risquerait de réduire la visibilité des conducteurs venant en sens inverse et d'augmenter le risque d'accident, a annoncé mardi la National Highway Traffic Safety Administration, l'agence américaine de la sécurité routière. Par ailleurs, l'Association chinoise des constructeurs d'automobiles, une fédération du secteur, a rapporté que Tesla avait exporté 66.330 véhicules fabriqués en Chine au mois de juillet, dans un marché où les ventes ont reculé pour le dixième mois consécutif, de 21,1% en glissement annuel. Le rythme de la baisse a cependant ralenti sur un an.

* Nvidia s'est associé aux plus grands acteurs américains de l'investissement, tels qu'Apollo Global Management, Blackstone, BlackRock et Brookfield Asset Management, pour mobiliser 500 milliards de dollars de financement destinés aux infrastructures d'intelligence artificielle. La coalition, qui compte également Goldman Sachs et KKR & Co, "créera des enveloppes de capitaux dédiées, d'une ampleur considérable et à des taux attractifs, pour les clients de Nvidia", selon un communiqué publié lundi soir. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a déclaré lors d'une interview sur 'CNBC' qu'il n'avait sollicité que ces six sociétés pour cet engagement et qu'aucune n'avait refusé.

Cette initiative représente un montant global impressionnant, mais peu de détails ont été communiqués quant au calendrier et à la structure du financement, ou sur la mesure dans laquelle ce plan dépasse la série d'accords liés à l'IA qui alimentent déjà une grande partie des transactions majeures à Wall Street. Les dirigeants ont indiqué que l'accent serait mis sur le financement par emprunt pour offrir aux plus grands clients de Nvidia un accès à la puissance de calcul, et que de nombreux projets susceptibles de s'inscrire dans le cadre de cet engagement sont déjà en cours. "Nous réunissons les principaux fournisseurs mondiaux de capitaux à long terme pour financer, de manière indépendante, les infrastructures d'IA", a déclaré M. Huang. "Ces plateformes de financement aideront les clients à accéder à grande échelle à des ressources de calcul rares et à bâtir les "usines d'IA" qui propulseront chaque industrie et chaque pays à l'ère de l'intelligence artificielle".

* Rocket Lab chute de près de 10% avant-Bourse, au lendemain de sa publication trimestrielle. La société spatiale a fait état d'une vive hausse de 62% de ses revenus à 234,1 millions d'euros sur le trimestre clos, un record. La perte d'Ebitda ajusté a atteint 8,83 M$ contre un déficit de 22,1 M$ attendus par les analystes alors que la marge brute ajustée s'est établie à 41,5% contre 36,9% il y a un an. La direction prévoit pour le troisième trimestre une marge brute ajustée comprise entre 35% et 37%, pour des revenus allant de 250 à 265 M$. La perte d'Ebitda ajusté est anticipée entre 17 et 23 M$ contre un consensus logé à 12,4 M$.

Mais c'est surtout l'annonce d'un possible nouveau retard pour sa fusée Neutron, laissant craindre que ce lanceur, conçu pour concurrencer la Falcon 9 de SpaceX, qui domine actuellement le marché, ne vole pas avant 2027, qui pèse sur le titre. Neutron, successeur plus puissant et plus imposant de l'Electron (son lanceur phare), doit être livré sur le pas de tir au quatrième trimestre, comme prévu initialement ; toutefois, l'entreprise n'a pas confirmé que le vol inaugural aurait lieu cette année. Rocket Lab avait précédemment annoncé viser un premier vol de Neutron avant la fin de 2026. " Des risques et des incertitudes subsistent dans ce cycle de développement complexe ", a déclaré la société basée à Long Beach, en Californie. La date exacte du lancement de Neutron dépendra des résultats des essais du premier étage (booster) ainsi que d'autres facteurs, a précisé Rocket Lab.

* Intel va finalement lever 20 milliards de dollars grâce à une offre publique d'actions dont le volume a été revu à la hausse, alors que la société cherche à financer le développement coûteux de son activité de fabrication de puces en sous-traitance en tirant parti d'une flambée de son titre alimentée par ses efforts de redressement. Intel a fixé le prix de l'offre à 95 dollars par action, soit une décote de 2,6% par rapport au cours de clôture précédent. Le fabricant de puces avait annoncé lundi qu'il comptait lever 15 Mds$ grâce à cette levée de fonds.

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