Wall Street : l'indice Nasdaq s'enfonce de plus de 3 % face aux craintes sur l'IA

La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, minée par un large mouvement de vente du côté des valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA) face aux inquiétudes sur le futur des centres de donnée...

La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, minée par un large mouvement de vente du côté des valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA) face aux inquiétudes sur le futur des centres de données après les élections législatives américaines.

L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, accuse les plus fortes pertes, cédant 3,70 % vers 14H20 GMT. L'indice élargi S&P 500 (-2,17 %) et le Dow Jones (-1,20 %) lui emboîtent le pas.

"Le marché a fait ses emplettes après l'élection, mais il s'est montré résolument sélectif quant aux titres qu'il souhaitait détenir", relève Stephen Innes, analyste pour SPI Asset Management.

"Les valeurs du secteur des semi-conducteurs, cependant, ainsi que bon nombre d'entreprises spécialisées dans les infrastructures d'IA, n'ont pas été invitées à cette fête boursière", remarque Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.

Les investisseurs se délestent massivement de leurs positions dans l'intelligence artificielle du fait de "la crainte que le résultat des élections n'entraîne un durcissement de la réglementation et, à terme, ne ralentisse les projets de développement de l'IA", ajoute-t-il.

Les puces souffrent le plus de ce désengagement, à l'instar du mastodonte Nvidia (-6,72 %), de son concurrent AMD (-13,45 %) ou de Micron (-12,28 %).

Les démocrates ont remporté mardi la majorité dans les deux chambres du Congrès américain et ont gagné de nombreux élus dans les parlements locaux.

De nombreux vainqueurs des élections américaines ont promis de mettre le hola sur les centres de données en imposant par exemple un moratoire sur les nouveaux projets, à l'instar du sénateur et de la gouverneure élus au Texas, État qui rassemble d'importants projets.

Et les habitants de dizaines de villes américaines ont adopté mardi des restrictions ou des interdictions aux data-center, dont la multiplication implique des besoins massifs en puces.

"J'ai observé suffisamment de corrections au fil des ans pour savoir que les premières phases d'une liquidation forcée peuvent ressembler de manière frappante à une rotation saine des leaders du marché", prévient Stephen Innes.

L'indice Philadelphie des semi-conducteurs, qui représente les trente principales sociétés américaines du secteur, plonge de 8 % jeudi et s'affiche en perte de plus de 25 % sur un mois.

Wall Street doit sa fulgurante progression des dernières années à l'enthousiasme pour l'avènement de l'intelligence artificielle.

Jeudi toutefois, ce sont les valeurs de secteurs considérés comme traditionnels, à l'instar de l'industrie pharmaceutique (Eli Lilly +1,22 %, Johnson & Johnson +0,83 %), des établissements bancaires (Bank of America +2,00 %, Wells Fargo +1,78 %) ou des chaînes de grande distribution (Walmart +1,48 %, Costco +2,19 %)

Le mouvement avait déjà été engagé la veille, permettant au Dow Jones de bondir de plus de 3 % sur la séance.

"Le principal facteur" derrière ce mouvement haussier est "la conviction que le résultat des élections pourrait, à terme, servir de catalyseur à un accord bipartite sur les moyens de réduire le coût de la vie, ce qui, selon certains, pourrait passer par la fin de la guerre avec l'Iran et la levée des droits de douane", écrit Patrick O'Hare.

Ailleurs à la cote, les résultats d'entreprises continuent aussi d'animer les échanges.

La chaîne de burgers Shake Shack cédait 2,15 % vers 14H00 GMT après la publication de résultats dans la lignée des attentes et du maintien de ses prévisions pour l'année complète.

Autre fast-food, le cours de Wendy's (-0,13 %) restait sans grand mouvement après l'annonce du rejet par la direction d'une offre de rachat à 1,4 milliard de dollars par un consortium d'investisseurs.

La plateforme de réservation de voyages Expedia trébuchait de plus de 12 % après avoir partagé des prévisions pour le trimestre actuel qui sont ressorties globalement en deçà des attentes.

© 2026 AFP

Un opérateur à la Bourse de New York le 4 novembre 2026