Wall Street s'affiche un peu plus incertain sur les sommets ce mardi, suite à l'accord de paix trouvé entre États-Unis et Iran, comprenant la réouverture tant attendue du détroit d'Ormuz. Le Dow Jones prend encore 0,57% à 51.967 pts, alors que le S&P 500 cède 0,18% à 7.541 pts et que le Nasdaq perd 0,34% à 26.592 pts. Le baril de brut WTI retombe de 4,7% supplémentaires sur les 77$...
Donald Trump a annoncé avant-hier sur Truth Social qu'un accord avec l'Iran avait été finalisé, le qualifiant de complet. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a confirmé qu'une cérémonie de signature officielle devrait avoir lieu ce vendredi en Suisse. Trump a fait état de la levée du blocus américain dans le détroit qui permet la réouverture de la voie cruciale pour le transport international du pétrole. L'Iran devrait également bénéficier d'importantes aides financières en contrepartie du respect des accords américains. Les deux pays considèrent cet accord comme une victoire.
"Cet accord majeur apportera la paix et la sécurité à toute la région. De nombreux présidents ont tenté de faire la paix avec l'Iran, et tous ont échoué avant moi. Les dirigeants de la région ont, pour la première fois, trouvé un président capable de les aider à instaurer une paix véritable. Avec l'ouverture du détroit suite à la signature de l'accord vendredi, en vue du déminage, le pétrole circulera à nouveau de part et d'autre pour la région et le monde", a assuré Trump sur Truth Social. Les commentaires de Trump sont intervenus peu après que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé sur X que les États-Unis et l'Iran étaient parvenus à un accord à la suite de négociations intensives et que les deux parties avaient déclaré la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban...
"L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé. Félicitations à tous ! J'autorise pleinement et sans restriction l'ouverture du détroit d'Ormuz et, simultanément, la levée immédiate du blocus naval des États-Unis. Navires du monde entier, mettez vos moteurs en marche ! Que le pétrole coule à flots !", avait auparavant lancé le locataire de la Maison Blanche. "Les navires commencent à quitter le détroit d'Ormuz, beaucoup chargés de pétrole. Ils empruntent la 'route' du Sud, totalement sûre et préservée", a ajouté Trump.
Le 'deal' prévoit la levée des sanctions américaines sur les exportations de pétrole iranien, le déblocage de 12 milliards de dollars de fonds iraniens détenus à l'étranger et des plans de reconstruction, a rapporté dimanche l'agence de presse iranienne Mehr - un montant de 300 milliards étant évoqué pour la reconstruction mais contesté par Trump. Cet accord, un mémorandum d'entente en 14 points, prévoit la levée du blocus naval américain et la réouverture du détroit d'Ormuz dans un délai de 30 jours, toujours selon l'agence Mehr. L'accord ouvre la voie à 60 jours de négociations américano-iraniennes sur le programme nucléaire iranien. Téhéran s'engagerait à ne pas produire ni acquérir d'armes nucléaires et à maintenir le statu quo nucléaire jusqu'à la conclusion d'un accord définitif.
Le vice-président américain JD Vance a toutefois tempéré l'enthousiasme en décrivant le texte signé comme un document "très général". Les détails devraient être dévoilés dans les prochains jours. Selon lui, l'accord prévoit notamment un important allègement des sanctions visant l'Iran. A terme, Washington et Téhéran évoquent la possibilité de débloquer des avoirs iraniens gelés et de mettre en place un fonds de reconstruction financé par des Etats du Golfe accueillant des bases militaires américaines.
Les questions les plus sensibles demeurent cependant en suspens. Les négociations prévues durant la période de 60 jours devront notamment porter sur l'avenir du programme nucléaire iranien. En revanche, deux sujets mis en avant par Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour justifier le conflit - le soutien de l'Iran à des groupes armés régionaux et son programme balistique - ne figureraient pas, à ce stade, à l'ordre du jour des discussions.
Sur le front économique à Wall Street, les mises en chantier de logements et permis de construire du mois de mai ont surpris. Les mises en chantier ont ainsi chuté de 15,4% en comparaison du mois antérieur à 1,177 million (consensus FactSet 1,44 million), contre 1,392 million un mois plus tôt. Les permis se sont établis à 1,413 million, contre 1,425 million de consensus et 1,423 million un mois auparavant.
Les prix à l'import du mois de mai ont augmenté de 1,9% par rapport au mois antérieur, contre +1% de consensus et +2% un mois plus tôt. Les prix à l'export se sont appréciés de 1,3% contre 0,3% de consensus FactSet.
Les ventes de détail, les stocks des entreprises, les promesses de ventes de logements et l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta, seront dévoilés demain, mais c'est évidemment la Fed qui tiendra la vedette le même jour avec sa réunion monétaire. Enfin, inscriptions hebdomadaires au chômage, indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et indice des indicateurs avancés du Conference Board, seront publiés jeudi. Wall Street sera fermé vendredi pour "Juneteenth", la fête nationale symbolisant l'émancipation des esclaves afro-américains.
La réunion de la Fed des 16 et 17 juin devrait accoucher mercredi d'un nouveau statu quo monétaire laissant les taux inchangés entre 3,50 et 3,75% (probabilité de 99,6% selon l'outil CME FedWatch). Il s'agit de la première réunion FOMC sous la présidence de Kevin Warsh, nouveau président de l'institution monétaire américaine. Selon l'outil FedWatch, les probabilités sont équivalentes, autour de 40%, entre un statu quo jusqu'à la fin de l'année sur les taux et une hausse des taux d'un quart de point. La conférence de presse de Warsh sera donc suivie de près demain soir, alors que ce dernier veut modifier la définition de l'inflation prise en compte par la Fed pour lui offrir plus de flexibilité.
Dans "l'actualité IA", OpenAI, la startup d'IA à l'origine de ChatGPT, a dépensé 34 milliards de dollars l'an dernier selon le Financial Times. Le groupe de Sam Altman, dont l'introduction en bourse est attendue plus tard cette année, affiche donc des charges imposantes, lancé dans la course à l'IAG, intelligence artificielle générale capable d'effectuer toutes les tâches intellectuelles aussi bien qu'un humain... Anthropic PBC cherche pour sa part à résoudre un nouveau différend avec l'administration Trump concernant la sécurité de l'IA, qui a incité l'entreprise à désactiver l'accès mondial à ses deux modèles d'IA les plus avancés, précise Bloomberg ce jour. Selon une source de l'agence, des techniciens d'Anthropic ont rencontré hier des représentants du département du Commerce pour discuter des préoccupations de sécurité nationale soulevées par le gouvernement. Un porte-parole d'Anthropic a déclaré à l'issue de la réunion que les deux parties travaillaient activement à trouver une solution, ajoute Bloomberg.
Dans l'actualité des entreprises, CarMax, Korn Ferry, Smith & Wesson et Jabil, publient leurs résultats demain, tandis que Kroger et Accenture annoncent jeudi.
Les valeurs
Qualcomm (+1,8%), le géant américain des puces CDMA, serait en pourparlers pour acquérir la startup de puces d'IA Tenstorrent pour un montant compris entre 8 et 10 milliards de dollars, selon The Information, qui cite une source proche de la question. Les négociations seraient toujours en cours et le prix pourrait évoluer, voire les discussions échouer, ajoute le site d'information technologique, qui n'est pas en mesure de préciser si le prix inclurait des paiements liés à la performance. Fondé en 2016, Tenstorrent est dirigée par Jim Keller, ancien concepteur de puces chez Apple qui a également supervisé le développement par Tesla d'une puce pour la conduite autonome, note pour sa part Reuters.
La startup développe des accélérateurs pour l'entraînement de modèles et l'exécution d'applications d'IA. Bloomberg avait précédemment rapporté il y a quelques semaines l'intérêt de Qualcomm mais aussi d'Intel pour le rachat éventuel de la jeune pousse.
Nvidia (-1,3%) a porté sa levée de fonds sur le marché obligataire - la première depuis 2021 - de 20 à 25 milliards de dollars. L'agence Reuters, citant une source familière de la question, indique que la demande pour cette offre d'obligations du géant des puces d'IA a atteint 85 milliards de dollars. L'émission obligataire se compose de sept tranches arrivant à échéance jusqu'en 2056, selon un document consulté par Reuters. La demande était principalement nationale, a indiqué une source de l'agence, ajoutant que l'émission obligataire a surpris les investisseurs.
Le groupe de Jensen Huang n'avait plus eu recours au marché obligataire de qualité depuis cinq ans, après avoir levé 5 milliards de dollars en juin 2021. Nvidia entend utiliser les fonds pour ses besoins généraux, notamment le remboursement et le refinancement des obligations en circulation, d'après une source de Reuters. Selon une autre source, l'objectif principal était d'établir un indice de référence liquide pour son coût du crédit, plutôt que de financer des investissement.
SpaceX (+10,4%), la société d'Elon Musk introduite vendredi à Wall Street sur le Nasdaq, vient d'annoncer ce jour l'acquisition d'Anysphere, éditeur du logiciel Cursor, un agent de programmation IA très populaire, pour 60 milliards de dollars. L'acquisition vise à renforcer sa présence de SpaceX sur le marché de l'IA d'entreprise. Cursor deviendra filiale à 100% de SpaceX et les actionnaires de la startup recevront des titres SpaceX de classe A. Le ratio d'échange sera basé sur le cours moyen du groupe de Musk sur sept jours avant la clôture. Le deal devrait être bouclé au 3e trimestre, sous réserve des approbations usuelles.
L'annonce intervient quelques jours seulement après l'entrée en bourse fracassante de SpaceX. Le groupe est déjà valorisé 2.800 milliards de dollars, après trois séances de vive hausse. SpaceX avait fusionné rappelons-le plus tôt cette année avec xAI, startup d'IA de Musk comprenant Grok, Grokipedia ou le réseau social X.
SpaceX qui n'en finit plus de flamber depuis son introduction en bourse de vendredi sur le Nasdaq. Le titre s'envole de plus de 10% supplémentaires ce mardi, après un gain de 19,6% hier et un bond de 19,2% pour son premier jour de bourse. Le groupe d'Elon Musk, spécialiste de l'astronautique, du vol spatial et de l'IA, a levé au total 85,7 milliards de dollars à l'occasion de son IPO à Wall Street, ce qui constitue la plus grande introduction de tous les temps.
La capitalisation boursière est aujourd'hui proche des 2.800 milliards de dollars. SpaceX a affiché l'an dernier un chiffre d'affaires proche des 19 milliards de dollars pour une perte nette voisine de 5 milliards. Musk a glissé sur son réseau social X qu'il serait surpris que le chiffre d'affaires ne dépasse pas les 1.000 milliards de dollars en 2031...
Palantir (-3,5%). La Direction générale de la sécurité intérieure a mis un terme à son deal avec le groupe américain Palantir, préférant le rival français ChapsVision, selon une annonce du Premier ministre Sébastien Lecornu. "Nous devons utiliser nos propres outils d'IA. Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique", a indiqué Lecornu sur le réseau social X. "On ne peut pas se reposer sur les outils développés par des puissances étrangères".
Robinhood (-2,3%) a annoncé la suppression d'environ 290 postes, soit près de 10% de ses effectifs, dans les prochaines semaines. La décision vise à maintenir une culture de haute performance, accélérer le développement des produits et préserver une structure allégée et rigoureuse, selon le management. Robinhood comptabilisera 20 millions de dollars de charges liées aux indemnités de départ et à la restructuration, auxquels s'ajouteront 8 millions de paiements de rémunération en actions.