Wall Street flanche sous le poids de la tech et de l'IA

La Bourse de New York a clôturé en baisse jeudi, le secteur technologique souffrant d'inquiétudes renouvelées autour de l'endettement des acteurs de l'intelligence artificielle (IA), sur fond de nouve...

La Bourse de New York a clôturé en baisse jeudi, le secteur technologique souffrant d'inquiétudes renouvelées autour de l'endettement des acteurs de l'intelligence artificielle (IA), sur fond de nouvelle flambée des prix du pétrole.

L'indice Nasdaq - qui rassemble les grands noms de la tech - a chuté de 2,60 %, l'indice élargi S&P 500 a reculé de 1,21 %, tandis que le Dow Jones - composé de valeurs plus traditionnelles - a terminé à l'équilibre (+0,02 %).

"Le secteur de l'IA subit une pression considérable en raison des inquiétudes liées aux investissements et aux dépenses", ont expliqué les analystes de Briefing.com.

La veille, Meta (-6,98 % à 648,85 dollars en clôture jeudi) a publié un chiffre d'affaires pour le troisième trimestre supérieur aux attentes (+26 % sur un an). Le groupe prévoit d'accélérer encore la cadence pour la fin d'année.

Mais "les investisseurs se sont concentrés sur les coûts croissants liés aux investissements de l'entreprise dans l'IA", ont noté les experts de Briefing.com.

Meta estime en effet devoir lever "des centaines de milliards de dollars sur plusieurs années" à partir de cet automne. Le groupe prévoit déjà d'investir 135 à 145 milliards cette année et son flux de trésorerie disponible est passé dans le rouge.

"Les investisseurs sont de plus en plus sceptiques quant aux perspectives de rentabilité des investissements colossaux" de ces géants du numérique, a résumé Jose Torres, analyste d'Interactive Brokers.

Dans le sillage de Meta, bon nombre de capitalisations géantes du Nasdaq ont lourdement chuté jeudi (Nvidia -4,40 %, Amazon -4,47 %, Microsoft -2,26 %, Alphabet -3,15 %).

La place américaine a aussi été plombée par une nouvelle flambée des prix du pétrole face aux craintes d'escalade du conflit au Moyen-Orient, après des menaces d'extension du conflit par l'Iran.

Le baril de Brent - référence internationale du brut - s'est envolé de 4 %.

Fait notable, les taux obligataires américains - thermomètres des anticipations inflationnistes - n'ont, cette fois-ci, pas été emportés par l'envolée des prix de l'or noir.

Le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'État américain évoluait à 4,96 % vers 20H30 GMT, contre 5,12 % à la clôture mercredi.

"La baisse des rendements s'explique par la demande de valeurs refuges (le prix des obligations évoluant en sens opposé de leur taux, NDLR), l'incertitude géopolitique et la faiblesse des titres liés à l'IA ayant contribué à la fuite vers les bons du Trésor", expliquent les analystes de Briefing.com.

À la cote, l'action du laboratoire pharmaceutique Moderna a plongé (- 17,57 %, à 202,63 dollars), plombée par des fuites sur des résultats d'essais cliniques d'un vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau.

Le groupe d'aéronautique et de défense Lockheed Martin s'est envolé de 7,01 %, à 590,20 dollars, après l'annonce d'une commande par le Pentagone d'au moins 850 chasseurs bombardiers furtifs F-35 sur une période de 10 ans.

Le constructeur a aussi publié une hausse de 11,28 % de son chiffre d'affaires au cours du troisième trimestre.

© 2026 AFP

Un écran à la Bourse de New York, le 19 octobre 2026