Wall Street dans le rouge, après deux rapports contrastés sur l'emploi

Wall Street fléchit avant bourse ce mercredi, consolidant suite aux records de la veille inscrits par le Dow Jones, et alors que le S&P 500 et le Nasdaq évoluent également au contact de leurs plus hau...

Wall Street fléchit avant bourse ce mercredi, consolidant suite aux records de la veille inscrits par le Dow Jones, et alors que le S&P 500 et le Nasdaq évoluent également au contact de leurs plus hauts historiques. Le DJIA et le S&P 500 cèdent 0,3% en pré-séance, alors que le Nasdaq abandonne 0,9%. Hier, la place américaine avait notamment profité des bons chiffres de l'emploi du rapport JOLTS... Le baril de brut WTI régresse de 1,1% sur le Nymex à 68,7$. L'once d'or prend 0,5% à 4.028$. L'indice dollar grappille 0,3% face à un panier de devises.

Washington et Téhéran sont convenus de mettre fin aux affrontements récents dans le Golfe et de reprendre les discussions sur le détroit d'Ormuz, dans l'espoir de préserver l'accord de paix provisoire conclu le 17 juin dernier, fragilisé ces derniers jours par une succession de frappes et de représailles entre les deux pays... Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré hier des médiateurs qataris à Doha pour discuter des questions régionales...

Ce retour à la diplomatie intervient après plusieurs jours d'escalade militaire. Les tensions avaient repris jeudi lorsqu'un projectile iranien avait frappé un navire marchand dans le détroit d'Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part importante des exportations mondiales de pétrole. Washington et Téhéran s'accusaient mutuellement d'avoir violé le cessez-le-feu provisoire conclu le 17 juin. Dans la nuit de samedi à dimanche, l'Iran avait lancé des missiles et des drones contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, peu après que Donald Trump a menacé de faire disparaître la République islamique si elle ne respectait pas l'accord visant à mettre un terme au conflit. Quelques heures auparavant, l'armée américaine avait annoncé avoir mené de nouvelles frappes contre l'Iran après qu'un pétrolier eut été touché dans le détroit d'Ormuz, largement fermé par Téhéran pendant la majeure partie du conflit...

Le rapport JOLTS du Département américain au Travail publié hier a fait ressortir des ouvertures de postes au nombre de 7,594 millions en mai 2026, bien plus élevées que prévu puisque le consensus FactSet tablait sur moins de 7 millions et celui de Bloomberg sur environ 7,3 millions. Ces ouvertures sont en légère hausse d'un mois sur l'autre. Elles se situaient à 7,585 millions en avril selon la lecture révisée.

Les employeurs basés aux États-Unis ont annoncé 45.849 suppressions de postes au mois de juin, ce qui traduit une baisse de 53% en comparaison des 97.006 du mois de mai. Le total de juin représente par ailleurs un recul de 4% par rapport aux 47.999 suppressions annoncées sur le mois de juin 2025. Il s'agit du plus faible total mensuel depuis décembre 2025, d'après le rapport publié aujourd'hui par la firme Challenger, Gray & Christmas.

Sur l'ensemble du premier semestre 2026, les employeurs ont annoncé 443.604 licenciements selon le rapport, ce qui marque une baisse de 40% en comparaison des 744.308 suppressions d'emplois du premier semestre 2025. Il s'agit néanmoins du deuxième total le plus élevé depuis 2020. Challenger précise également que les employeurs ont annoncé 226.242 coupes au 2e trimestre contre 217.362 au premier trimestre 2026.

Les créations de postes dans le privé aux USA pour le mois de juin 2026 se sont établies au nombre de 98.000 selon le rapport d'ADP ce jour, contre 92.500 de consensus FactSet et 122.000 un mois avant. La création d'emplois a été inégale en juin. Les secteurs de la finance et de l'information ont enregistré des hausses, tandis que celui des loisirs et de l'hôtellerie-restauration a connu un sixième mois consécutif de faibles embauches, note ADP.

"Le rythme des embauches reflète à la fois la dynamique de l'offre et celle de la demande. Nous savons que les travailleurs mettent plus de temps à trouver un emploi, mais certains secteurs font également face à des contraintes liées à l'offre de main-d'oeuvre. Pour l'heure, il en résulte un ralentissement global de la création d'emplois", indique Nela Richardson, cheffe économiste d'ADP.

Les chiffres du marché américain du travail retiendront encore toute l'attention demain, avec le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi pour le mois de juin (14h30, consensus FactSet 100.000 créations de postes dont 90.000 dans le privé, taux de chômage de 4,3%, salaire horaire moyen en hausse de 0,3% d'un mois sur l'autre).

Parmi les autres statistiques marquantes, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 27 juin, les indices PMI manufacturier (15h45) et ISM manufacturier (16 heures) du mois de juin, ainsi que les dépenses de construction du mois de mai (16h), seront annoncés ce mercredi, alors que les commandes industrielles du mois de mai seront publiées demain. Wall Street sera fermé vendredi pour 'l'Independence Day'.

Concernant la Fed, Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell, intervient aujourd'hui dans le cadre de sa participation à une conférence économique de premier plan au Portugal. Beth Hammack a pris la parole hier. La présidente de la Fed de Cleveland a jugé que l'inflation américaine restait trop élevée et que la banque centrale américaine pourrait avoir à considérer des hausses de taux. Elle a noté la bonne tenue du marché de l'emploi et de l'économie et indiqué que si les données concernant les consommateurs se confirmaient, la politique monétaire pourrait donc ne pas être assez restrictive. Elle a souligné sur CNBC que le marché du travail était proche du plein emploi et que la croissance se portait bien.

Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse de taux d'un quart de point le 29 juillet, à l'issue de la prochaine réunion monétaire, atteint 33,7%, contre 66,3% de 'proba' de statu quo. Le même outil montre une hypothèse dominante à 3,75-4% pour les fed funds en fin d'année, soit une hausse d'un quart de point (probabilité de près de 40%). La probabilité d'une hausse d'un demi-point d'ici la fin de l'année ressort à 31,5% selon le même baromètre.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Constellation Brands et Nike annonçaient hier soir leurs derniers résultats financiers. FactSet et General Mills publient ce mercredi.

Côté stratèges, Morgan Stanley a abaissé ses prévisions sur les prix du pétrole alors que les flux transitant par le détroit d'Ormuz se rétablissent plus rapidement que prévu, tandis que l'abondance de l'offre américaine et la faiblesse de la demande chinoise accroissent le risque d'excédent. C'est ce qui ressort d'une note du broker relayée par Bloomberg... Attention tout de même concernant les marchés, puisque Citi évoque par exemple l'accumulation de flux baissiers sur le Nasdaq et le S&P 500, tandis que Bank of America Securities craint une potentielle "correction en trois vagues" dans les prochains mois.

Les valeurs

Nike, qui a déjà abandonné un tiers de sa valeur cette année à Wall Street et 44% sur un an, poursuit sa glissade avant bourse ce mercredi au lendemain de sa publication financière trimestrielle. Le redressement du groupe semble en effet prendre plus longtemps qu'attendu, même si le spécialiste des chaussures et articles de sport basé à Beaverton a dépassé les attentes de marché. Pour son 4e trimestre fiscal, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 20 cents, contre 14 cents un an plus tôt et 11 cents de consensus. Les revenus ont atteint 10,97 milliards de dollars, contre 11,1 milliards sur la période correspondante, l'an dernier.

Sur l'exercice clos fin mai, les revenus ont totalisé 46,4 milliards de dollars, stables en données publiées et en recul de 2% à devises constantes, pour un bénéfice net de 3,1 milliards en retrait de 3%. Les revenus du seul 4e trimestre ont donc baissé de 1% en données publiées et de 4% à devises constantes.

Le chiffre d'affaires de l'activité de gros pour le quatrième trimestre s'est élevé à 6,6 milliards de dollars, en hausse de 4% en données publiées et de 1% hors effets de change. Le chiffre d'affaires de l'activité NIKE Direct pour le quatrième trimestre a atteint 4,1 milliards de dollars, en baisse de 7% en données publiées et de 9% hors effets de change.

Constellation Brands, le groupe américain spécialiste des boissons alcoolisées, aux marques Modelo, Corona et Mi Campo, a annoncé hier soir pour son 1er trimestre fiscal 2027 des revenus de 2,43 milliards de dollars, en repli de 3,3% en glissement annuel, pour un bénéfice ajusté par action de 3,43$ à comparer à un niveau de 3,22$ un an plus tôt. Revenus et profits ont battu le consensus. L'activité bière a soutenu les comptes, en croissance de 2% à près de 2,3 milliards de dollars, dégageant un bénéfice opérationnel de 891 millions. Les livraisons de bière ont progressé de 1,8%.

"Notre portefeuille continue de tirer parti de la force de nos marques, d'une exécution commerciale rigoureuse et de notre capacité à nouer des liens avec les consommateurs lors d'une grande variété d'occasions", a déclaré Nicholas Fink, directeur général. Le groupe envisage pour l'exercice 2027 un bpa ajusté situé entre 11,20 et 11,90$, une évolution organique du chiffre d'affaires de -1% à +1%, ainsi qu'un flux de trésorerie disponible situé entre 1,6 et 1,7 milliard.

FedEx. CMA CGM serait proche d'un accord de 1,4 milliard de dollars avec FedEx pour la reprise de son unité logistique, croit savoir le Financial Times ce mercredi. Le groupe français de transport maritime de conteneurs CMA CGM serait ainsi sur le point de conclure un accord pour racheter les activités logistiques tierces de FedEx pour 1,4 milliard de dollars en numéraire...

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