Wall Street baisse lourdement, en pleine tourmente sur les droits de douane

La Bourse de New York a terminé la semaine en forte baisse, inquiète à quelques jours de l'annonce par Donald Trump d'une nouvelle vague de droits de douane, et sur fond d'inflation américaine tenace....

La Bourse de New York a terminé la semaine en forte baisse, inquiète à quelques jours de l'annonce par Donald Trump d'une nouvelle vague de droits de douane, et sur fond d'inflation américaine tenace.

Le Dow Jones a reculé vendredi de 1,69%, l'indice Nasdaq a chuté de 2,70% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,97%.

"Il s'agit d'un marché qui baisse de façon durable et significative", estime auprès de l'AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.

"La crainte est que les droits de douane, qui entreront en vigueur le 2 avril (...) provoquent un ralentissement économique", ajoute l'analyste, selon qui les résultats d'entreprises en seront affectés.

Les investisseurs naviguent à vue avant le 2 avril, date que le président Trump appelle le "jour de la libération".

Le président américain devrait alors détailler son plan concernant ce qu'il appelle les "droits de douane réciproques", qui concerneront potentiellement l'ensemble des produits importés dans la première puissance économique mondiale.

Cela viendra s'ajouter à d'autres droits de douane, annoncés ou déjà en application, comme sur l'acier et l'aluminium. Sans compter les taxes punitives sur les automobiles fabriquées en dehors des Etats-Unis prévues pour être prélevées à partir du 3 avril.

"Il semble que nous aurons davantage de droits de douane (...) parce que les autres pays ne cèdent pas" et prévoient de riposter, souligne M. Sarhan.

"Cela pourrait conduire à un ralentissement économique mondial, et cela pourrait nuire aux bénéfices: et si les bénéfices baissent, les actions baissent", résume l'analyste.

La place américaine a aussi été ébranlée par la publication de l'indice officiel PCE, jauge d'inflation privilégiée par la banque centrale américaine (Fed).

Selon cet indicateur, le rythme de l'inflation ne s'est pas infléchi en février, à +2,5% sur un an, dans la droite ligne des attentes des analystes.

L'inflation sous-jacente (hors prix volatils de l'alimentation et de l'énergie) s'est quant à elle accélérée à rebours des attentes, à +2,8% (contre +2,7% en janvier).

"L'inflation est l'ennemi public numéro un de la Fed", détaille M. Sarhan, car si "l'inflation augmente, la Fed devra relever ses taux (...) et cela ralentira l'activité et la croissance économiques".

"Ajoutez à cela ce qu'il se passe avec les droits de douane et vous obtenez la recette parfaite d'une récession", conclut l'analyste.

Ailleurs, au tableau des valeurs, les géants des sodas Coca-Cola (-0,52%) et Pepsico (-0,27%) ont reculé après que le ministre américain de la Santé Robert Kennedy Jr a appelé vendredi les Etats du pays à mettre un terme à la possibilité d'acheter des boissons sucrées avec des bons alimentaires.

Les "Sept Magnifiques", le surnom donné aux grands noms du secteur technologique, ont tous terminé dans le rouge: Tesla (-3,51%), Alphabet (-4,89%), Amazon (-4,29%), Meta (-4,29%), Apple (-2,66%), Microsoft (-3,02%) et Nvidia (-1,58%).

La start-up américaine CoreWeave, qui fait vendredi son entrée en Bourse avec une valorisation de près de 19 milliards de dollars, a terminé à l'équilibre.

L'entreprise d'informatique à distance (+cloud computing+) a largement revu ses ambitions à la baisse, fixant le prix initial de son action à 40 dollars, alors que la fourchette initialement retenue était de 47 à 55 dollars. Elle a aussi diminué le nombre d'actions offertes: 37,5 millions contre 49 millions annoncés au départ.

La chaîne de magasins de vêtements de sport Lululemon, connue pour ses pantalons de yoga, a plongé (-14,19%) après avoir annoncé des prévisions inférieures aux attentes des analystes, tant au niveau du chiffre d'affaires que du bénéfice net, pour le premier trimestre de l'exercice en cours.

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