Wall Street accélère encore, au plus haut avec les espoirs d'accord en Iran

Wall Street poursuit sur sa lancée ce mardi, avec les éternels espoirs d'accord en Iran et quelques belles publications trimestrielles, comprenant Palantir, Pfizer ou encore Caterpillar. La bourse de ...

Wall Street poursuit sur sa lancée ce mardi, avec les éternels espoirs d'accord en Iran et quelques belles publications trimestrielles, comprenant Palantir, Pfizer ou encore Caterpillar. La bourse de New York avait déjà terminé hier en forte hausse, portée par une désescalade du conflit au Moyen-Orient et par le reflux des cours du pétrole. Le Dow Jones s'affiche aujourd'hui sur des niveaux inégalés, en hausse de 1,45% à 53.949 pts, contre un gain de 1,08% pour le S&P 500 à 7.683 pts et un bond de 1,58% sur le Nasdaq à 26.320 pts.

Les cours du brut repartent en forte baisse ce mardi avec un WTI en retrait de 4,5% à 76,7$ le baril, alors que les opérateurs caressent l'espoir d'une résolution du conflit à Ormuz et d'une reprise massive des flux pétroliers dans la région. Un projet d'accord visant à relancer les pourparlers entre les deux parties a été élaboré, a annoncé le Qatar, alors que les médiateurs oeuvrent à une solution à court terme afin d'apaiser les tensions. Une proposition de résolution "circule entre les parties", a déclaré un porte-parole qatari, tout en précisant qu'aucun accord n'avait encore été conclu. Cité par Bloomberg, il a indiqué ne pas pouvoir fournir de calendrier à ce sujet. Le Qatar figure parmi les principaux médiateurs entre Washington et Téhéran. L'accent est mis, a-t-il ajouté, sur la recherche d'une solution à court terme pour éviter une nouvelle confrontation.

Le Secrétaire au Trésor Scott Bessent a quant à lui indiqué, dans un entretien accordé à CNBC, qu'un accord pourrait être trouvé aujourd'hui ou demain pour rouvrir le détroit d'Ormuz. "Nous avons vu Trump, la semaine dernière, menacer de ce qui aurait été la plus grande campagne militaire depuis la Seconde Guerre Mondiale contre les Iraniens, et maintenant, grâce à cela, nous sommes en discussions avec les Iraniens. Je pense qu'il y a une chance que nous ayons un accord aujourd'hui ou demain pour ouvrir le détroit"... Le Secrétaire d'État Marco Rubio estime lui aussi que des progrès ont été réalisés et qu'un accord devrait être finalisé très prochainement, ajoutant que la dénucléarisation de l'Iran serait l'accord ultime, alors que l'accord immédiat porterait sur le détroit.

Trump a déclaré avant-hier qu'il avait annulé une frappe militaire américaine massive prévue contre l'Iran, après que Téhéran et plusieurs pays du Moyen-Orient ont demandé un délai pour mener des négociations. Il a indiqué que les pourparlers débuteraient lundi et viseraient à rouvrir le détroit d'Ormuz ainsi qu'à obtenir de l'Iran qu'il renonce à ses ambitions nucléaires.

Le président américain fait pression sur l'Iran pour qu'il parvienne à un accord avec Oman concernant le détroit d'Ormuz dès ce mardi sous peine de s'exposer à des frappes aériennes dévastatrices, indique Bloomberg. "Je veux leur donner une toute dernière chance avant une frappe de décapitation", a déclaré Trump aux journalistes hier. "Vous le saurez aujourd'hui ou demain. Je veux dire, les choses vont se débloquer rapidement, dans un sens ou dans l'autre. Ce n'est pas très compliqué". Il s'agit selon lui d'une "dernière chance" pour l'Iran de conclure un accord.

Une issue diplomatique semble dépendre de pourparlers entre Oman et l'Iran visant à accroître le nombre de navires traversant le détroit, précise Bloomberg. Ces négociations ne montrent guère de signes de progrès, et l'Iran continue d'adopter une ligne dure concernant cette voie maritime, ajoute l'agence. Téhéran maintient qu'il a le droit de gérer le trafic maritime et d'attaquer les navires tentant de franchir ce point de passage stratégique sans solliciter son autorisation. La position de l'Iran met en lumière selon Bloomberg les difficultés rencontrées par M. Trump pour clore un conflit qu'il a déclenché fin février, alors qu'approchent désormais les élections de mi-mandat de novembre...

Sur le front économique aux USA, le déficit commercial des biens et services pour le mois de juin 2026 publié ce jour s'est affiché à 73,3 milliards de dollars selon le rapport du jour, contre un consensus FactSet de 72,4 milliards de dollars et une lecture révisée à 77,6 milliards de dollars pour le mois de mai.

Les commandes industrielles américaines du mois de juin 2026 se sont établies en recul de 0,3% d'un mois sur l'autre selon le rapport du jour, à comparer à un consensus FactSet de +0,2% et à une lecture révisée à -1,1% pour le mois de mai.

Les ouvertures de postes aux États-Unis pour le mois de juin 2026 se sont établies au nombre de 7,359 millions selon le rapport du jour, contre un consensus de place de 7,4 millions mesuré par FactSet et une lecture révisée à 7,537 millions pour le mois antérieur.

Le rapport d'ADP sur l'emploi privé, le PMI composite final et l'ISM des services, seront publiés demain. Les inscriptions au chômage et les chiffres de la productivité seront annoncés jeudi, tandis que le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi tiendra la vedette vendredi.

Dans l'actualité des entreprises, Palantir, TKO, Williams Cos ou Vertex publiaient hier soir leurs résultats trimestriels. SpaceX et AMD seront les deux stars de la soirée ce mardi, le groupe d'astronautique et vol spatial ainsi que le numéro deux des puces d'IA annonçant leurs résultats financiers après la clôture. Caterpillar, Merck, Arista, Amgen, McDonald's, Gilead Sciences, Booking, Pfizer, Spotify, Duke, Marathon Petroleum et Cummins, publient également leurs comptes trimestriels aujourd'hui.

Eli Lilly (et son grand rival danois Novo Nordisk), Sandisk, Western Digital, Walt Disney, Shopify, Uber Technologies, Applovin, CVS Health, McKesson, DoorDash, Phillips 66, Motorola Solutions, Metlife ou Honeywell, dévoilent leurs chiffres demain. ConocoPhillips, Datadog, Cloudflare et Parker-Hannifin, seront de la partie jeudi.

Les valeurs

Palantir (+26,6% !), spécialiste du développement et de la commercialisation de plateformes logicielles permettant d'analyser, d'intégrer et de gérer à grande échelle les données, les décisions et les opérations ainsi que d'exécuter les logiciels dans divers environnements, flambe à Wall Street ce mardi. Il faut dire que le groupe d'Alex Karp a affiché au 2e trimestre une performance une fois encore impressionnante, réalisant une croissance de 93% des revenus et relevant dans la foulée ses estimations de ventes sur l'exercice. Le bpa ajusté du trimestre clos, à 41 cents, dépasse par ailleurs un consensus logé à 35 cents.

Pour ce 2e trimestre fiscal, le chiffre d'affaires aux États-Unis a augmenté de 115% sur un an et de 23% d'un trimestre à l'autre pour atteindre 1,573 milliard de dollars. Le chiffre d'affaires commercial aux États-Unis a progressé de 149% sur un an et de 28% séquentiellement à 764 millions de dollars. Le CA lié au secteur public aux États-Unis a augmenté de 90% sur un an et de 18% d'un trimestre à l'autre, à 809 millions de dollars. Le chiffre d'affaires global a ainsi progressé de 93% sur un an et de 19% d'un trimestre à l'autre pour atteindre 1,935 milliard de dollars.

Le résultat opérationnel selon les normes GAAP ressort à 912 millions de dollars, soit une marge de 47%, tandis que le résultat opérationnel ajusté atteint 1,194 milliard de dollars, soit une marge de 62%. Le résultat net selon les normes GAAP se situe à 1,062 milliard de dollars, soit une marge de 55%. Le flux de trésorerie d'exploitation atteint 1,216 milliard de dollars, soit une marge de 63%, tandis que le flux de trésorerie disponible ajusté se monte à 1,22 milliard de dollars, soit une marge de 63%. La trésorerie, les équivalents de trésorerie et les titres du Trésor américain à court terme totalisent 9,2 milliards de dollars.

Pour son 3e trimestre fiscal, Palantir envisage des revenus allant de 2,16 à 2,164 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté des opérations compris entre 1,292 et 1,296 milliard de dollars. Pour l'exercice 2026, le groupe relève ses estimations de revenus entre 8,15 et 8,158 milliards de dollars - ce qui représenterait 82% de croissance. Palantir dope ses prévisions de chiffre d'affaires commercial aux États-Unis pour les porter à plus de 3,424 milliards de dollars, ce qui représente un taux de croissance d'au moins 134%. Il relève également ses prévisions de résultat opérationnel ajusté entre 4,889 et 4,897 milliards de dollars, ainsi que sa guidance de flux de trésorerie disponible ajusté entre 4,5 et 4,7 milliards. Par ailleurs, Palantir continue d'anticiper un résultat opérationnel et un résultat net conformes aux normes GAAP positifs pour chaque trimestre de l'année.

Vertex Pharmaceuticals (+1,9%), le laboratoire de biotechnologies du Massachusetts, a annoncé pour son 2e trimestre des revenus en croissance de 12% à 3,3 milliards de dollars, au-dessus du consensus, pour un bpa de 4,73$ quant à lui un peu court. Les revenus ont été portés par les traitements contre la mucoviscidose et les lancements de nouveaux produits. L'entreprise a relevé sa prévision de chiffre d'affaires pour l'exercice à une fourchette de 13,1 à 13,2 milliards de dollars, tout en annonçant l'acquisition stratégique de Crinetics Pharmaceuticals pour environ 10 milliards de dollars, opération dont la finalisation est attendue au 3e trimestre 2026. La guidance annuelle affichée ne comprend pas Crinetics.

Williams Companies (+0,6%), l'opérateur de pipeline basé à Tulsa, a annoncé hier soir pour son deuxième trimestre un chiffre d'affaires de 3,05 milliards de dollars, légèrement inférieur aux prévisions. L'entreprise a également annoncé l'acquisition de Momentum Midstream pour 5,5 milliards de dollars auprès d'EnCap Flatrock, une opération qui devrait renforcer sa présence opérationnelle. Pour le deuxième trimestre 2026, Williams a enregistré un Ebitda ajusté de 1,92 milliard de dollars en croissance de 6%, ainsi qu'un bénéfice net GAAP de 827 millions et qu'un bénéfice net ajusté de 614 millions de dollars (+8%) ou 50 cents par titre. Le rachat de Momentum Midstream comprend 3,5 milliards de dollars en numéraire et en dette, ainsi que 2 milliards de dollars en actions.

Snap (+14,1%) flambe à Wall Street, sur une bonne surprise au niveau de ses trimestriels, en particulier concernant les revenus publicitaires de son appli de photos éphémères Snapchat. L'entreprise californienne, qui a enregistré une progression de ses revenus de 1.599 millions de dollars au 2e trimestre, a fait état d'une hausse de 9% de ceux issus de la publicité - pierre angulaire de son business model - à 1,28 milliard de dollars, ainsi qu'une progression de 19% de ceux relatifs à ses abonnés (Snapchat+, Memories Storage, Lens+). La perte nette de la société est passée de 263 millions de dollars en 2025 à 164 millions de dollars au 2e trimestre 2026, pour un EBITDA ajusté de 250 millions d'euros, soit une perte de 0,10$ par action.

Les opérateurs ont été agréablement surpris par les ressources publicitaires de Snap, notamment soutenues par la période de la Coupe du monde aux Etats-Unis, tandis que la société rapporte un momentum positif concernant les dépenses publicitaires à venir. L'appli au fantôme, très prisée des ados, se rapproche du milliard d'utilisateurs dans le monde, à 971 millions, contre 956 millions au 2e trimestre 2025. Le nombre de ses utilisateurs actifs progresse également à 493 millions.

Caterpillar (+4,8%). Le géant américain des équipements industriels a publié ce mardi un chiffre d'affaire en hausse de 24% sur le deuxième trimestre 2026, à 20,54 milliards de dollars. Il bat le consensus FacSet qui s'établissait à 19,34 milliards. L'activité de la branche construction progresse, à elle seule, de 35%. Le carnet de commandes a été porté par une forte demande de matériel pour accompagner la montée en puissance du nombre de data centers, qu'il s'agisse de matériel de construction ou d'équipements d'alimentation électrique. La division énergie du groupe a pesé, sur l'exercice 2025, 46% du chiffre d'affaires global du groupe, devant la construction (36%) et les industries extractives (18%). Le bénéfice net ajusté par action ressort lui, largement au-dessus des attentes à 8,17$.

Pfizer (-0,5%), le laboratoire américain, a publié au titre de son 2e trimestre fiscal des revenus de 15 milliards de dollars en croissance de 3% et au-dessus des attentes, pour un bénéfice ajusté par action de 77 cents également bien meilleur que prévu. Le bénéfice ajusté a atteint 4,44 milliards de dollars, alors qu'en données consolidées, la perte nette s'affiche à 248 millions de dollars. Le groupe relève ses estimations d'activité pour l'exercice 2026, tablant désormais sur des revenus allant de 60,5 à 62,5 milliards de dollars, pour un bpa ajusté allant de 2,80 à 3$, absorbant un impact de 10 cents de la transaction Innovent Biologics. Ainsi, la guidance de revenus est renforcée de 500 millions de dollars en milieu de fourchette, alors que les prévisions de bénéfice ajusté par action sont réaffirmées.

Merck (+0,5%). Le laboratoire américain a publié un chiffre d'affaires supérieur aux attentes des analystes sur le deuxième trimestre, avec des ventes toujours soutenues par le Keytruda, son traitement phare contre le cancer. Le chiffre d'affaires s'élève à 16,61 milliards d'euros (+5% sur un an). Le groupe annonce toutefois une perte sur ce même second trimestre en raison d'une lourde charge de 5,7 milliards de dollars liée à l'acquisition de Terns Pharmaceuticals, un développeur de médicaments oncologique. Merck annonce relever ses prévisions de chiffre d'affaires pour 2026, et dit désormais viser une fourchette comprise entre 66,3 et 67,3 milliards de dollars. Il revoit en revanche à la baisse son objectif de bénéfice net par action ajusté, avec une nouvelle fourchette allant de 2,66 à 2,76$, incluant les charges liées à ses acquisitions de Cidara Therapeutics et de Terns.

McDonald's (+1,4%). Les revenus ont progressé de 4% au 2e trimestre, à 7,1 milliards de dollars, et de 1,3% à données comparables. Le résultat opérationnel consolidé du géant du fast food a affiché une hausse de 3% (2% à change constant), comprenant des charges avant impôts de 52 millions de dollars et de 43 millions de dollars pour l'exercice en cours et l'exercice précédent, respectivement, principalement liées à la restructuration découlant de l'initiative Accelerating the Organization. Le bénéfice net est ressorti à 2,36 milliards de dollars, pour un bénéfice dilué par action de 3,32$ à +6% (et +5% à change constant). En excluant les charges de l'exercice en cours (0,06$ par action), le bpa dilué s'établit à 3,38$ (+6%), au-dessus du consensus.

Spotify (+1,9%), le colosse du streaming originaire de Suède et coté à Wall Street, a annoncé pour son 2e trimestre un bénéfice ajusté par action de 2,61 euros, inférieur aux attentes des analystes, pour des revenus de 4,78 milliards d'euros également un peu trop courts, mais en croissance de 14% en glissement annuel et 15% à devises constantes. Le nombre des abonnés premium a atteint les 300 millions sur le trimestre (+9% en glissement annuel), tandis que celui des utilisateurs actifs mensuels a progressé de 12% à 777 millions.

Nvidia (+1,8%), Micron (+6,1%) ou encore AMD (+6,4%) sont attendus en hausse. Selon une information obtenue par 'Reuters', la Commission fédérale des communications (FCC) serait en train d'élaborer une interdiction visant les équipements chinois destinés aux centres de données. Cette interdiction aurait pour but de restreindre la présence des technologies chinoises dans les infrastructures américaines afin d'empêcher les entreprises asiatiques d'installer des logiciels malveillants ou de voler des données dans des centres de données cruciaux pour l'essor de l'IA, selon l'agence, citant des sources proches du dossier.

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