Wall Street a vivement progressé mercredi malgré une prolongation de cessez-le-feu fragile en Iran jusqu'à dimanche et un baril de pétrole brent de retour au-dessus de la barre des 100$. La thématique IA et de solides résultats d'entreprises ont contribué à soutenir les indices : Le S&P 500 s'est avancé de 1,05% à 7.137 pts, tandis que le Dow Jones a grimpé de 0,69% à 49.490 pts. Le Nasdaq a gagné 1,64% à 24.657 pts, de retour sur ses sommets.
Malgré l'incertitude et les tensions persistantes liées au conflit iranien, les marchés veulent rester optimistes, selon Rick Gardner de RGA Investments : "il est possible que nous assistions à une poursuite des gros titres négatifs, des ultimatums et des échéances de négociations, mais cela ne signifie pas pour autant que les marchés réagiront de manière significative à chacun d'eux, car ils ont déjà intégré le pire du conflit".
En attendant, les cours du brut sont repartis à la hausse à la suite d'informations faisant état d'attaques sur au moins trois porte-conteneurs dans le détroit d'Ormuz. Le baril de brut WTI (contrat juin) a gagné 4% à 94$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juin a pris 5% à 103,5$. L'once d'or fin pointe à 4.715$. Enfin, l'indice dollar se stabilise face à un panier de devises, alors que le Bitcoin rebondit de plus de 3% à 78.000$.
Les valeurs
* Philip Morris International (+6,9%) malgré son avertissement... La société, qui vend Marlboro en dehors des Etats-Unis, a augmenté ses investissements pour se diversifier au-delà des cigarettes, mais est confrontée à une concurrence intense de marques telles que Velo de British American Tobacco et à des retards dans l'autorisation de nouvelles versions de ses sachets de nicotine Zyn. Le géant américain du tabac prévoit désormais un bénéfice ajusté par action pour l'ensemble de l'année compris entre 8,36 et 8,51 dollars, contre une prévision précédente de 8,38 à 8,53$, et 8,39$ de consensus. La société a indiqué qu'elle avait pris en compte les effets du conflit au Moyen-Orient dans ses prévisions, mais qu'elle ne s'attendait pas à un impact prolongé. Sur le premier trimestre, la société a dégagé un bpa ajusté de 1,96$, contre 1,83$ de consensus, pour un chiffre d'affaires de 10,15 milliards de dollars, contre 9,91 Mds$ attendus par les analystes.
* Adobe (+3,5%) va racheter jusqu'à 25 milliards de dollars de ses propres actions après plus de deux ans de baisse continue de son cours, due aux inquiétudes des investisseurs quant à l'impact de l'intelligence artificielle sur ses activités. Cette nouvelle autorisation, valable jusqu'en avril 2030, "témoigne de notre confiance dans la solidité de notre flux de trésorerie et dans la valeur à long terme que nous apportons à nos investisseurs", a déclaré Dan Durn, directeur financier, dans un communiqué. Adobe fait partie des entreprises de logiciels dont les investisseurs se sont détournés en raison du potentiel de l'IA à bouleverser leurs modèles économiques. L'IA générative a simplifié la production de contenus visuels sans recourir aux produits onéreux d'Adobe, longtemps considérés comme la norme par les professionnels de la création. Le nouveau plan remplace un précédent programme de rachat d'actions de 25 milliards de dollars annoncé en mars 2024, que l'entreprise a quasiment finalisé.
* SERVICENOW (+2,9%) ouvrira après la clôture la saison des résultats financiers des entreprises de logiciels, qui ont récemment fait l'objet de doutes quant à leur vulnérabilité face à l'essor des outils d'intelligence artificielle (IA).
* General Motors (stable) a reporté sine die son programme de camions électriques de nouvelle génération, y compris le GMC Sierra et le Chevrolet Silverado, qui devait être mis en oeuvre en 2028, a rapporté 'Crain's Detroit Business', citant des sources.
* United Airlines (-5,5%) a revu à la baisse sa guidance annuelle en raison de la flambée des prix du carburant. La compagnie aérienne compagnie prévoit désormais un bpa ajusté entre 7 et 11 dollars en 2026, contre 12 à 14$ visés précédemment, et un consensus logé à 9,08$. Ces perspectives plus prudentes placent United dans la même catégorie que ses concurrents confrontés aux mêmes difficultés. Delta Air Lines a décidé de ne pas actualiser ses prévisions pour l'exercice, invoquant l'incertitude liée au coût du carburant et aux tensions géopolitiques, tandis qu'Alaska Air a retiré toutes ses prévisions pour 2026. Sur le premier trimestre, le groupe a enregistré un bpa ajusté de 1,19$ contre 91 cents un an plus tôt et 1,09$ attendus par les analystes, pour des revenus de 14,61 Mds$ (+11%). La firme basée à Chicago a indiqué que la demande restait soutenue, notamment auprès des clients à hauts revenus, reprenant ainsi les propos de Delta et d'Alaska. Pour le deuxième trimestre, United prévoit un bénéfice par action compris entre 1 et 2 dollars, sur la base d'un prix du carburant d'environ 4,30$ le gallon. Les dépenses de carburant ont bondi de 12,6% au premier trimestre pour atteindre 3,04 milliards de dollars, soit une hausse d'environ 340 M$ par rapport à l'année précédente, a précisé la compagnie. Compte tenu de la hausse des coûts, United a annoncé une réduction de sa croissance prévue d'environ 5% et anticipe désormais une capacité (ou sièges-kilomètres offerts) stable ou en hausse d'environ 2% au second semestre 2026 par rapport à l'année précédente. La compagnie prévoit de récupérer environ 40% à 50% de la hausse des coûts du carburant grâce à une modification de ses prix au deuxième trimestre, et de 85% à 100% d'ici le quatrième trimestre.
* Boeing gagne 5,5% alors que le géant de l'aéronautique a présenté des résultats plus solides que prévu au premier trimestre grâce à volume de livraisons plus observé depuis le premier trimestre depuis 2019. La consommation de trésorerie au cours du trimestre s'est élevée à 1,45 milliard de dollars contre 2,61 Mds$ attendus par les analystes. Les livraisons d'avions commerciaux ont progressé de 10% sur la période, atteignant 143 appareils, ce qui a permis une hausse de 14% du chiffre d'affaires, à environ 22,2 milliards de dollars. L'entreprise prévoit toujours de générer entre 1 et 3 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible en 2026. "Nous progressons dans le renforcement de notre culture et le rétablissement de la confiance avec nos clients, tout en portant notre carnet de commandes record à près de 700 milliards de dollars", a écrit le PDG, Kelly Ortberg, dans un message adressé aux employés. Le dirigeant a mis en avant les étapes importantes franchies part le groupe, notamment le lancement ce mois-ci de la mission lunaire Artemis II de la NASA par la fusée Space Launch System (SLS) construite par Boeing, ainsi que les progrès réalisés dans l'augmentation de la production et des livraisons - éléments clés pour rétablir la rentabilité après une décennie marquée par une série de crises. Boeing a été contraint de réparer environ 25 de ses 737 Max après avoir constaté qu'une machine avait endommagé le câblage. Par ailleurs, les livraisons de certains 787 Dreamliner ont également été retardées en raison d'une pénurie de sièges et d'aménagements intérieurs. Ces problèmes, ainsi que les difficultés d'intégration rencontrées chez Spirit AeroSystems, récemment acquise, devaient peser sur les résultats du premier trimestre. La perte nette ajustée par action s'établit à 0,20$ contre 0,49$ un an auparavant et 76 cents prévus par les analystes. Le carnet de commandes total de l'entreprise atteint un niveau record de 695 milliards de dollars, comprenant plus de 6.100 avions commerciaux.
* Best Buy recule de 4,6% après l'annonce du remplacement de sa directrice générale à compter du 31 octobre. Le détaillant d'électronique vient d'indiquer que Jason Bonfig, directeur principal de la clientèle, des produits et de l'exécution, remplacera Corie Barry à la tête de la société. C.Barry, qui dirige Best Buy depuis 2019, restera conseillère stratégique pendant six mois après son départ.
* T-Mobile US (-3,3%). A en croire les sources de 'Bloomberg', Deutsche Telekom étudierait la possibilité d'une fusion complète avec sa filiale américaine, une transaction qui donnerait naissance à un géant des télécoms et constituerait la plus importante fusion-acquisition publique jamais réalisée. Deutsche Telekom est déjà le principal actionnaire de T-Mobile avec une participation d'environ 53%. L'opérateur allemand envisagerait la création d'une nouvelle holding qui lancerait une offre publique d'achat sur les actions de Deutsche Telekom et de T-Mobile, selon les sources proches du dossier de l'agence. Cette opération potentielle donnerait naissance à un groupe unique et simplifié, contrôlant les activités de Deutsche Telekom et de T-Mobile et détenu conjointement par les actionnaires actuels des deux entreprises. La nouvelle entité pourrait ensuite envisager une cotation aux États-Unis et sur une grande place boursière européenne, bien que les modalités soient encore en cours d'élaboration, ont précisé certaines sources. Les discussions n'en sont qu'à leurs débuts et toute transaction nécessiterait un soutien politique pour être menée à bien. Les détails de l'accord potentiel pourraient également évoluer.
* AT&T (+0,3%) a enregistré une augmentation du nombre d'abonnés mobile supérieure aux prévisions au premier trimestre, grâce au grand succès de ses offres groupées, qui combinent services mobiles et services haut débit par fibre optique. Le géant des télécoms a ainsi attiré 294.000 nouveaux clients mobile sur les trois premiers mois de l'année contre environ 262.000 attendus par le marché. Le bpa ajusté s'est établi à 57 cents sur la période contre 51 cents un an auparavant et 55 cents de consensus, pour des revenus de 31,5 Mds$ (+2,9%). Le FCF a néanmoins reculé de 19% à 2,5 Mds$. La direction anticipe toujours un flux de trésorerie disponible d'au moins 18 milliards de dollars cette année avec un bpa ajusté compris entre 2,25$ et 2,35$ (vs 2,30$ de consensus) et un EBITDA ajusté en croissance de 3% à 4%. "Nous sommes idéalement placés pour offrir à nos clients ce qu'ils recherchent : la fibre et la 5G, le tout auprès d'un seul opérateur", a déclaré John Stankey, DG d'AT&T, dans un communiqué. L'entreprise a mis en place un système d'avantages et de primes attractif au cours de l'année écoulée, dans un contexte de guerre des prix intense sur le marché de la téléphonie mobile. Dans ce contexte concurrentiel, les trois principaux opérateurs télécoms américains proposent des offres internet et mobiles intégrées pour une connectivité optimale. AT&T prévoit une réduction de 70 % de sa consommation d'énergie et une économie de 35% sur ses coûts de maintenance grâce la mise hors service de ses anciennes lignes en cuivre et à la migration de ses clients vers la fibre optique et les services sans fil...