Violences : l'État "a été défaillant", accuse le président du Medef Patrick Martin

Le président du Medef Patrick Martin a accusé mardi l'État d'avoir "été défaillant" pendant les violences urbaines qui ont touché ce weekend "entre 2 et 3.000 commerces" en France, selon le ministre d...

Le président du Medef Patrick Martin a accusé mardi l'État d'avoir "été défaillant" pendant les violences urbaines qui ont touché ce weekend "entre 2 et 3.000 commerces" en France, selon le ministre du Commerce Serge Papin, une critique également formulée par plusieurs représentants des commerçants.

"C'est à l'État de prendre en charge (les pertes d'exploitation de ceux qui ne sont pas assurés, NDLR) parce qu'on paye des impôts, y compris pour assurer le maintien de l'ordre", a déclaré sur RMC Patrick Martin, président de la première organisation patronale française, ajoutant que l'État "a été défaillant sur ce point précis".

"L'État a failli dans la protection de nos entreprises et bien évidemment de l'intégrité de nos entrepreneurs", a aussi dénoncé sur Europe 1 Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants et des TPE (SDI). Il réclame notamment "la suppression" des charges fiscales et sociales "au moins pour les périodes où les entreprises ont été fermées".

Lors d'un déplacement lundi auprès de commerçants parisiens touchés par les violences, Patrick Martin avait estimé que "les forces de l'ordre" avaient été "d'évidence sous-dimensionnées", alors que de nombreux commerces ont connu pillages et attaques samedi en marge des manifestations puis dimanche dans la soirée dans plusieurs grandes villes françaises.

De nombreuses images ont montré des commerçants essayant de protéger leur magasin, parfois armés de barres de fer.

"Je les comprends", a assuré mardi Patrick Martin, "mais je les dissuade de le faire parce que je reste et nous restons très attachés à l'État de droit, même si, d'évidence, il a pu être défaillant en l'espèce et s'il est défaillant dans sa gestion".

"Il ne faut pas tomber en définitive dans le panneau que tend l'ultragauche, que tendent les black blocs, qui ne rêvent que de ça, c'est-à-dire d'une guerre civile", a-t-il ajouté.

- Interdire des manifestations -

Le groupe Casino (Monoprix, Franprix, etc.), qui repose sur des franchisés, a, par exemple, compté une cinquantaine de ses magasins attaqués partout sur le territoire. À Nantes, Thomas Aireau, propriétaire d'une boutique-atelier de réparation de cycles, estime qu'une quarantaine de vélos y ont été dérobés, après l'intrusion d'une trentaine de personnes.

"Il n'y a jamais de bonne période pour être cassé, mais là (...) c'est la période des fêtes de fin d'année" qui arrive, a alerté mardi sur Sud Radio le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie de France (CCI France), Alain Di Crescenzo. "Entre novembre et décembre, c'est 40 % du chiffre" d'affaires des commerçants, a-t-il souligné.

Alain Di Crescenzo a également demandé l'interdiction des manifestations prévues le weekend prochain. "Il y a un droit constitutionnel à manifester, mais les conditions ne sont pas requises", a-t-il jugé.

"Quand les commerçants sont fatigués, quand les manifestants ne sont pas sous contrôle, on l'a vu, à ce moment-là, il faut faire une pause (...), on n'oublie pas [les] revendications, mais on repousse à plus tard", a-t-il poursuivi.

"La question peut se poser" pour les manifestations prévues samedi prochain, a d'ailleurs répondu le ministre du Commerce Serge Papin sur Sud Radio, car "ce n'est pas demandé par l'intersyndicale".

Marc Sanchez a exhorté les autorités à renforcer le dispositif de sécurité pour les manifestations prévues samedi puis le 5 novembre, afin d'éviter de revivre le "catastrophisme" du weekend dernier.

"Je sais que le ministre de l'Intérieur s'est exprimé pour dire qu'il y aura des forces de police qui seront augmentées pour cette journée", a tenté de rassurer Serge Papin.

© 2026 AFP

Le président du Medef, Patrick Martin, à Blois, le 28 août 2026