Les salariés du groupe Altice France, maison-mère de l'opérateur SFR qui va être vendu à ses concurrents, sont appelés à la grève jeudi après-midi pour défendre leurs emplois à l'heure où s'annonce une refonte majeure du secteur.
L'intersyndicale, réunissant l'Unsa, la CFDT et la CFTC, a appelé les salariés à "faire entendre leur inquiétude, leur colère et leur détermination", près de quatre mois après qu'un accord de vente a été passé pour céder SFR pour 20,35 milliards d'euros.
Pour Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT interrogé par l'AFP, l'action doit agir comme un "coup de semonce" adressé aux trois acheteurs Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, et à Altice France.
L'ampleur du mouvement reste incertaine à ce stade.
En fin de matinée, plus d'une centaine de boutiques SFR étaient déjà fermées, a indiqué à l'AFP Hakim Goudjil, secrétaire du CSE de SFR Distribution et délégué syndical Unsa.
Depuis la signature du protocole d'accord, les syndicats de l'opérateur au carré rouge sont entrés en discussions avec les trois membres du consortium d'acheteurs pour évoquer le sort des salariés inclus dans le périmètre du rachat.
Mais les négociations n'ont jusque-là pas satisfait les représentants du personnel, qui ont eu lundi soir une nouvelle réunion avec les acheteurs.
Selon les mesures proposées, environ 2.500 salariés devraient être transférés dès la vente chez les trois acheteurs, dont 2.300 chez Bouygues Telecom. A cela s'ajouteront les salariés de 120 boutiques, qui doivent être également repris, sans que les magasins en question n'aient encore été désignés.
Pour les autres salariés, une offre de reprise par employé a été évoquée, mais la mesure est jugée insuffisante par les syndicats, qui demandent trois propositions par personne.
Dans une réponse transmise à l'AFP, le consortium assure vouloir "préserver l'emploi".
"Ce projet apporte une solution d'emploi à chacun des 8.000 salariés du périmètre repris : sur la base de notre proposition, environ 5.000 pourront rejoindre les trois opérateurs au lendemain de l'opération et 3.000 poursuivront leur activité chez SFR pour conduire la migration sur plusieurs années", ont assuré les potentiels acheteurs.
"On a été surpris par le climat social pré-existant", a commenté sous couvert d'anonymat une source proche des négociations, assurant qu'il n'y avait "aucun agenda caché" concernant l'avenir des salariés de SFR.
Avant la mobilisation de l'après-midi, le CSE central de SFR a défendu dans la matinée un recours en référé contre les acheteurs et contre Altice France devant le tribunal judiciaire de Paris. Les représentants du personnel exigent notamment d'obtenir davantage d'informations sur le projet de cession. Le tribunal se prononcera le 26 octobre.
Le CSE de SFR a aussi assigné les quatre opérateurs au fond. Les audiences doivent se tenir début décembre.
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