Ubisoft : pas encore joué ?

Ubisoft tente de se stabiliser à 4,12 euros ce mardi. La récente présentation d'une hausse plus importante que prévu de ses réservations nettes ("net bookings") au troisième trimestre a été largement ...

Ubisoft tente de se stabiliser à 4,12 euros ce mardi. La récente présentation d'une hausse plus importante que prévu de ses réservations nettes ("net bookings") au troisième trimestre a été largement commentée par les brokers qui se sont surtout inquiétés d'une dégradation du climat interne au groupe dans un contexte de marché délicat. Sur la période écoulée, la firme dirigée par Yves Guillemot a malgré tout enregistré une progression de 12% de ses net bookings à 337,7 millions d'euros, portés par sa franchise Assassin's Creed... Cette hausse a dépassé l'objectif de 305 ME annoncé par le groupe en novembre. Le chiffre d'affaires a atteint 318,4 ME, stable sur un an et en hausse de 2,6% à taux de change constants.

Fin janvier, l'éditeur de jeux vidéo avait présenté une réorganisation majeure, comprenant un nouveau modèle opérationnel structuré autour de cinq Creative Houses et un "ajustement de la taille de l'organisation" impliquant la fermeture de studios et l'arrêt du développement de plusieurs jeux. Le groupe a annoncé jeudi de nouvelles nominations de dirigeants clés des Creative Houses à compter de mars et le lancement des consultations avec pour réduire ses effectifs de 200 postes au siège en France. Cette nouvelle structure est "mieux adaptée à un marché en constante évolution" et permettra une prise de décision plus rapide et plus proche des lieux de création des jeux, a expliqué Frederick Duguet, directeur financier d'Ubisoft, à 'Bloomberg News'. "Nous bénéficierons également de coûts fixes plus faibles, ce qui nous permettra d'obtenir de meilleures performances financières sur le long terme".

Ubisoft a confirmé ses prévisions de net bookings, après les avoir abaissées fin janvier, à environ 1,5 milliard d'euros. La firme anticipe également toujours une perte opérationnelle d'environ 1 milliard d'euros, dont 650 millions d'euros en raison de l'arrêt du développement de six jeux et du temps supplémentaire alloué au développement de sept autres.

Brokers en question

Côté brokers, UBS qui reste 'neutre' a abaissé le curseur de 7 à 4,50 euros, tandis qu'Oddo BHF qui a rappelé le "méga profit warning du 21 janvier" n'a pas changé d'avis, toujours négatif sur la valeur. "Il faudra en effet attendre au moins 3 ans pour que la nouvelle organisation permette au groupe de retrouver sa capacité à lancer régulièrement des jeux à succès, renouant avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste"... Compte tenu des tensions sociales au sein du groupe (mouvements de grève), l'objectif de cours est de 3,5 euros (décote de valorisation du groupe portée à 50% vs multiples des principales transactions dans le secteur).

Morgan Stanley ('pondération en ligne') a expliqué de son côté que les réservations nettes du 3e trimestre ont légèrement dépassé les prévisions, reflétant des revenus de partenariat plus importants qu'anticipé et le succès de la franchise Assassin's Creed. Ubisoft semble s'adapter à un contexte de marché difficile, mais le rapport rendement/risque de l'action paraît élevé en raison d'incertitudes importantes concernant la mise en oeuvre et l'efficacité de la nouvelle structure opérationnelle... TP ICAP Midcap avait profité quant à lui de cette publication pour mettre à jour ses estimations. La visibilité sur ces dernières reste néanmoins très faible suite aux récentes annonces (arrêt de 6 jeux et décalage de 7 jeux), dans l'attente des communications du groupe concernant une future line-up et de nouveaux objectifs financiers à moyen terme, attendus en mai prochain. Au vu de cette faible visibilité et de la structure financière qui devrait être de nouveau fragilisée dans les prochains mois, notamment par l'échéance obligataire de 675 ME en novembre 2027, le courtier maintient sa recommandation 'vendre' sur le titre avec un objectif de 4 euros. Enfin, TD Cowen ('conserver') a indiqué que les prévisions pour l'exercice 2026 impliquaient une structure de coûts très élevée au second semestre malgré l'absence de lancements de jeux premium...

Société(s) citée(s) :
Société(s) citée(s) :