Renault grimpe désormais de 6,5% à 28 euros en matinée, recherché après l'annonce d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au troisième trimestre et la confirmation de ses perspectives 2026. Le groupe au losange table toujours sur une marge opérationnelle d'environ 5,5%. La société prévoit une légère amélioration de la marge au 2nd semestre par rapport au 1er semestre, avec un effet saisonnier positif habituel qui devrait être moins marqué que les années précédentes, en raison de la hausse du coût des matières premières et de l'inflation. Le free cash-flow de l'Automobile est attendu à environ 1 milliard d'euros.
Les objectifs annuels ont été pleinement confirmés, ce qui devrait rassurer, compte tenu du scepticisme marqué entourant le titre ces derniers mois, affirme Oddo BHF ('surperformer'). Le broker maintient son objectif de cours de 50 euros, ce qui implique un potentiel de hausse proche de 100% dans un contexte où le positionnement et le sentiment des investisseurs à l'égard du secteur automobile sont particulièrement défavorables. Malgré un scepticisme généralisé et plusieurs avertissements émis par des concurrents, Renault continue d'atteindre ses objectifs ; le fait que les prévisions se situent dans le bas de la fourchette est, par ailleurs, déjà largement intégré dans ses estimations ainsi que dans celles du consensus. La qualité de l'exécution demeure un facteur différenciant majeur, qui prendra encore plus d'importance à l'horizon 2027, à mesure que s'intensifieront les pressions liées au coût des matières premières et aux composants électroniques, bien que la révision substantielle des attentes du consensus constitue un coussin de sécurité appréciable, souligne l'analyste. Certains catalyseurs pourraient contribuer à normaliser le sentiment du marché, notamment l'éventuelle mise en place, au niveau européen, d'un plafonnement des importations de véhicules hybrides chinois, ainsi que l'"Industrial Accelerator Act". La valorisation reste proche de ses plus bas niveaux, avec un ratio cours/bénéfice de 4,6x pour 2027, un rendement du flux de trésorerie disponible (FCF yield) supérieur à 16% et un rendement du dividende de 9%.
JP Morgan ('surpondérer') évoque un trimestre solide malgré les vents contraires sur le marché. Le rebond saisonnier habituel devrait être moins marqué que les années précédentes, en raison de la hausse du coût des matières premières et de l'inflation. Le niveau global des stocks devrait tendre vers la borne basse de la fourchette de 525.000 à 550.000 unités à la fin 2026, selon la banque.
L'exécution de Renault a été bien meilleure que prévu cette année, alors que nombre de ses concurrents ont rencontré des difficultés, souligne Citi.
Enfin, AlphaValue ('accumuler') note que le chiffre d'affaires est supérieur au consensus sur tous les segments. "Nous anticipons une réaction modérée, car l'écart par rapport aux attentes est limité et repose davantage sur les ventes aux partenaires que sur les volumes du coeur de métier", souligne néanmoins l'analyste.