Groenland : l'UE prépare jusqu'à 93 milliards d'euros de représailles contre les Etats-Unis

Huit pays européens ont affiché dimanche un front uni face aux intentions affichées de Donald Trump concernant le Groenland, dénonçant à la fois ses ambitions territoriales et ses nouvelles menaces ta...

Huit pays européens ont affiché dimanche un front uni face aux intentions affichées de Donald Trump concernant le Groenland, dénonçant à la fois ses ambitions territoriales et ses nouvelles menaces tarifaires. Dans un communiqué commun, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni ont exprimé leur solidarité avec le territoire autonome danois, devenu un point de crispation entre Washington et ses alliés européens.

Pour rappel, Donald Trump a menacé plusieurs partenaires européens d'une nouvelle vague de droits de douane tant que les Etats-Unis ne seraient pas autorisés à prendre le contrôle du Groenland. Les huit pays concernés, déjà soumis à des taxes américaines comprises entre 10% et 15%, ont souligné que ces menaces "fragilisent les relations transatlantiques et constituent une spirale dangereuse vers le bas".

Sur le terrain, ces Etats ont également déployé ces derniers jours une présence militaire limitée au Groenland. Une opération présentée comme strictement défensive. "En tant que membres de l'Otan, nous nous engageons à renforcer la sécurité de l'Arctique comme intérêt transatlantique partagé", précisent-ils, insistant sur le fait que cette présence militaire ne constitue "une menace pour personne" et s'inscrit dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale.

Des droits de douane ciblés

En parallèle, Bruxelles affine sa réponse économique. Selon le 'Financial Times', les capitales européennes envisagent des mesures de rétorsion pouvant atteindre 93 milliards d'euros, incluant des droits de douane ciblés ou des restrictions d'accès au marché européen pour certaines entreprises américaines. Ces options visent à renforcer la position de négociation des dirigeants européens lors des rencontres prévues cette semaine avec Donald Trump au Forum économique mondial de Davos.

Au coeur de ces discussions figure l'instrument anti-coercition de l'Union européenne, conçu comme un outil de dissuasion face aux pressions économiques exercées par des pays tiers. "L'Europe n'est pas désarmée face à une telle situation, ni diplomatiquement, ni économiquement, ni commercialement", a estimé Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées, faisant référence notamment à l'instrument anti-coercition de l'UE. De son côté, Emmanuel Macron a demandé l'activation de cet instrument si les menaces tarifaires américaines devaient se concrétiser.

Washington invoque la "faiblesse" de l'Europe

Dimanche, les échanges diplomatiques se sont multipliés. Le président français s'est entretenu avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ainsi qu'avec plusieurs dirigeants européens. A Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer a également échangé avec Donald Trump, rappelant que "la sécurité dans le Grand Nord est une priorité pour tous les alliés de l'Otan afin de protéger les intérêts euro-atlantiques".

Washington maintient toutefois une ligne dure. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a justifié les ambitions américaines sur le Groenland par la "faiblesse" de l'Europe, affirmant que "les Etats-Unis projettent de la force". Par ailleurs, le président du Conseil européen, Antonio Costa, a annoncé la tenue prochaine d'un sommet extraordinaire des dirigeants de l'UE, possiblement dès jeudi, afin de coordonner une réponse commune aux menaces douanières américaines tout en préservant des relations constructives avec les Etats-Unis.