LA TENDANCE
L'envolée des prix du baril de pétrole pèse lourdement sur les places boursières partout dans le monde ce lundi et notamment à Paris où le CAC 40 perdait ce matin jusqu'à près de 3% en tombant à 7.768 points. Vers la mi-journée, le CAC 40 perd encore un peu plus de 2% à 7.825 points.
Le baril de Brent est monté à presque 120 dollars et évolue actuellement autour de 105 dollars, en hausse de 12% et désormais d'environ +50% depuis le début de la guerre en Iran. Pas d'amélioration non plus pour le gaz naturel dont les cours ont été propulsés en 10 jours de guerre de 32 E à 62 E le MWh sur le marché de gros. Ce choc inflationniste rend désormais probable une réaction des banques centrales sur les taux d'intérêt directeurs. En Europe, les deux prochaines réunions monétaires de la BCE sont prévues les 19 mars et 30 avril.
VALEURS EN HAUSSE
Thales est la seule valeur du CAC 40 à progresser : +1,4% à 244,6 euros. Malgré son positionnement dans la Défense, Thales n'en avait pas profité la semaine dernière.
D'autres valeurs Défense se démarquent aujourd'hui : +2% pour Exail Technologies, +1,3% pour Dassault Aviation et +4% pour Exosens.
Quelques valeurs pétrolières pointent aussi en hausse : +6% pour North Atlantic Energies et +3% pour Viridien.
VALEURS EN BAISSE
Même TotalEnergies est en baisse (+0,7% à 67,5 euros). Une série de grands producteurs ont été contraints de réduire leurs approvisionnements ce week-end en raison des attaques opérées par l'Iran sur leurs moyens de production et de transport, en particulier en Irak et au Koweït. L'arrêt du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz - un passage étroit par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial - pousse également les prix de l'énergie à la hausse. Donald Trump a réagi à cette flambée des prix du pétrole dans un message publié tard dans la nuit sur 'Truth Social', affirmant que les fluctuations à court terme représentaient un " faible prix à payer " pour les États-Unis, le monde et la paix. Il a ajouté que les prix chuteraient rapidement " une fois la menace nucléaire iranienne éliminée ". "Nous sommes passés rapidement de l'espoir d'une perturbation de courte durée à la perspective d'une situation bien plus prolongée", a indiqué à 'Bloomberg' Warren Patterson, responsable de la stratégie matières premières chez ING Groep. "Tant que le pétrole ne transitera pas par le détroit d'Ormuz, les prix ne feront qu'augmenter".
Sixième séance consécutive dans le rouge pour Orange qui cède 1,9% à 17,1 euros. Le titre de l'opérateur télécoms a subi deux dégradations d'analystes ce matin puisque Kepler Cheuvreux a dégradé le dossier à 'conserver' en visant 18 euros et Intesa Sanpaolo a abaissé son opinion à 'neutre' en ciblant 17,8 euros. Le marché est désormais plus partagé sur la valeur puisque, selon le consensus 'Bloomberg', 10 analystes sont 'positifs', 11 sont 'neutres' et 2 sont 'négatifs'. L'objectif moyen à douze mois est fixé à 17,67 euros.
ArcelorMittal chute de 6% et Aperam de 8%, plombés par l'envolée des cours de l'énergie et une note de JP Morgan. La banque américaine a revu sa position précédemment positive sur les secteurs minier et sidérurgique de la zone EMEA afin de refléter l'impact du conflit au Moyen-Orient ArcelorMittal est dégradé à 'sous-pondérer' avec un objectif ramené de 53,5 à 40 euros alors qu'Aperam est dégradé à 'neutre' avec une cible réduite de 45,1 à 40,7 euros.
Les valeurs bancaires amplifient la baisse du CAC 40 : Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole reculent de 3 à 4%.
Dans le secteur du tourisme, Accor et Air France KLM reperdent encore 3 à 4%.