Marchés : deux grandes banques n'ont pas le même avis sur les actions européennes

Avis divergents. Les équipes de BofA Global Research conservent une opinion négative sur les actions européennes : bien que les données macroéconomiques aient été encourageantes ces dernières semaines...

Avis divergents. Les équipes de BofA Global Research conservent une opinion négative sur les actions européennes : bien que les données macroéconomiques aient été encourageantes ces dernières semaines, avec notamment une inflation montrant à nouveau des signes de ralentissement, elles restent prudentes. Les stratèges de la banque américaine anticipent un repli de plus de 5% de l'indice Stoxx 600 d'ici le début du quatrième trimestre, compte tenu de l'optimisme excessif déjà intégré dans les cours : les prévisions de marges du consensus sont à des niveaux records et les primes de risque sont proches de leurs plus bas niveaux depuis vingt ans.

Selon eux, le marché sous-estime plusieurs risques : les inquiétudes concernant les perspectives de dépenses d'investissement (capex) dans l'IA, en raison de l'incertitude quant à la monétisation et de la hausse des coûts d'emprunt pour les hyperscalers ; les risques asymétriques liés au prix du pétrole ; les fragilités résiduelles du marché du travail américain, illustrées par la faiblesse des créations d'emplois en juin et le recul des indices d'emploi NFIB et PMI ; et les risques de défaut, sous l'effet des tensions sur le marché du crédit privé et de l'impact d'un environnement de taux élevés pour une période prolongée.

A l'inverse, les spécialistes d'UBS adoptent une approche plus procyclique dans leurs choix régionaux et relèvent leur recommandation sur les actions de la zone euro, l'Europe et le secteur bancaire à 'attractif'. Alors que les prix du pétrole restent contenus, la banque suisse anticipe désormais un recentrage des marchés sur l'amélioration des perspectives conjoncturelles en Europe. Elle rehausse son objectif pour l'indice EuroStoxx 50 de 6.600 à 6.900 points à horizon juin 2027 afin de refléter la réduction de l'incertitude ; elle continue par ailleurs de prévoir que les bénéfices des entreprises de la zone euro sortiront de trois années de stagnation pour afficher une croissance cumulée d'environ 25% sur la période 2026-2027. "La question centrale n'est plus de savoir si les bénéfices vont se redresser, mais quelle sera l'ampleur et la durée de ce cycle", écrivent les stratèges d'UBS.

Ils continuent de penser que cette dynamique peut surpasser les attentes du marché, grâce à des investissements liés à des thèmes structurels qui alimentent un cycle vertueux. Cela permet d'élargir le nombre de secteurs contribuant à la performance des actions au-delà du secteur technologique européen (dégradé à 'neutre' en juin), pour inclure une combinaison de valeurs de croissance structurelle à valorisation raisonnable et de valeurs cycliques bien positionnées. Les spécialistes apprécient particulièrement les banques qui bénéficieront d'une demande de crédit solide, d'une activité soutenue sur les marchés de capitaux, d'un environnement de taux stable et de valorisations qui demeurent raisonnables compte tenu de l'amélioration de la rentabilité. Par ailleurs, ils privilégient toujours les secteurs européens de la consommation discrétionnaire, de l'industrie et de la santé, ainsi que l'Allemagne, tout en conservant leurs thématiques "Leaders européens", "Luxe et art de vivre" et "Dividendes suisses de qualité".