L'heure des prises de profits approche selon les stratèges de Bank of America. Le marché boursier est mûr pour une consolidation début juin en raison de l'afflux d'investisseurs vers les actions et de la hausse des risques d'inflation, selon les spécialistes de la banque citées par 'Bloomberg'. La pression croissante sur les prix a un impact considérable aux États-Unis, touchant aussi bien les coûts de l'énergie et des transports que les loyers, affirme l'équipe dirigée par Michael Hartnett. Cette situation survient alors que le marché a atteint jeudi de nouveaux sommets historiques.
De plus, plusieurs dates clés le mois prochain pourraient inciter à la prudence sur les marchés actions. Parmi ces catalyseurs, on peut citer la prochaine réunion de l'OPEP, le début de la Coupe du monde, le sommet du G7 et la première réunion du FOMC de la Réserve fédérale sous la présidence de Kevin Warsh. "La capitulation des investisseurs haussiers sur les actions et les valeurs technologiques devrait être totalement achevée dans les prochaines semaines, et début juin devrait être une période propice pour prendre quelques bénéfices", a déclaré Hartnett.
Pour Hartnett et son équipe, l'IPC américain devrait dépasser les 5% d'ici les élections de mi-mandat de novembre, à moins que la croissance mensuelle de 0,4% enregistrée au cours des six derniers mois ne ralentisse rapidement. Cette situation n'augure rien de bon pour les actions. Selon le spécialiste, "un scénario où l'IPC dépasse les 4% est un signal d'alarme pour les actifs risqués". D'après les données des 100 dernières années, une fois ce seuil franchi, le S&P 500 chute en moyenne de 4% dans les trois mois suivants et de 7% sur six mois.
Les craintes liées à l'inflation ont fait grimper les rendements des obligations du Trésor à 10 ans au-dessus de 4,5% et ceux à 30 ans au-delà de 5%, un seuil que Hartnett a qualifié de "ligne Maginot" dans une note précédente.
Depuis leur point bas du 30 mars, le S&P 500 et le Nasdaq 100 ont progressé respectivement de 18% et 29% !