Les Bourses nerveuses, entre Moyen-Orient et résultats trimestriels

Les Bourses ont clôturé en ordre dispersé jeudi en Europe, entre les annonces de résultats d'entreprises et les préoccupations liées aux développements de la crise au Moyen-Orient.Dans ce contexte con...

Les Bourses ont clôturé en ordre dispersé jeudi en Europe, entre les annonces de résultats d'entreprises et les préoccupations liées aux développements de la crise au Moyen-Orient.

Dans ce contexte contrasté, Paris a progressé (+0,87%), porté par L'Oréal (+8,97%), contrairement à Francfort (-0,16%) et Londres (-0,19%). Milan a également légèrement avancé (+0,26%).

Élément de préoccupation globale, le baril de Brent a repassé la barre des 100 dollars (103,53 dollars, +1,59%, lors d'un pointage peu avant 16H30 GMT). Le WTI américain remontait également (+1,69%, à 94,53 dollars).

"La nervosité des investisseurs augmente de jour en jour, tant que la situation au Moyen-Orient reste incertaine. Le baril de pétrole dépasse à nouveau les 100 dollars, envoyant des signaux inflationnistes clairs", résume Andreas Lipkow, chez CMC Markets à Francfort.

"Les indices PMI européens (indicateur du secteur privé) publiés aujourd?hui ont été contrastés et reflètent déjà une incertitude palpable", ajoute-t-il.

Les investisseurs voient que la situation reste tendue dans le détroit d'Ormuz, goulot d'étranglement pour des matières premières indispensables à l'économie globale (le pétrole, le gaz et les engrais).

Le cessez-le-feu perdure, mais sans perspective de reprise des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran.

Donald Trump a même publié plusieurs messages au ton agressif sur l'Iran, en disant en particulier avoir ordonné à la marine américaine d'"abattre et tuer tous les bateaux, aussi petits soient-ils (...) qui posent des mines" dans le détroit.

"On ne sait pas quelles décisions vont êtres prises par Trump, et c'est ça le facteur risques", résume pour l'AFP Antoine Andreani, analyste financier pour la plate-forme d'investissements en ligne XTB.

"Les marchés tentent de se recentrer sur la micro-économie", ajoute-t-il.

A Paris, les investisseurs se sont ainsi rués sur l'action du géant mondial des cosmétiques L'Oréal à l'annonce de résultats meilleurs que prévus au premier trimestre (+8,97%, à 375,85 euros l'action).

Toujours à Paris, le fabriquant de micro-processeurs STMicroelectronics a même fait encore mieux que L'Oréal (+14,44% à 42,87 euros l'action).

Le groupe a déclaré être "désormais stratégiquement positionné pour capter le potentiel de croissance des nouveaux programmes liés à l'IA", en annonçant une forte croissance de son chiffre d'affaires au premier trimestre, et un recul de son bénéfice net.

A Francfort, la journée a été plombée par le recul de l'action de l'éditeur de logiciels professionnels SAP (-6,09%), qui a subi des pressions vendeuses avant la publication de ses résultats trimestriels dans la soirée.

A New York, le Nasdaq (-0,43%) et le S&P 500 (-0,14%) entraient en phase de repli ou de légère correction après avoir battu des records, tout comme le Dow Jones (-0,20%). "Le pétrole monte, les actions baissent", résume le Wall Street Journal, la référence des marchés américains.

"Les volumes d'échanges sur l'ensemble du marché sont en net recul depuis plusieurs jours. Les investisseurs préfèrent conserver des niveaux élevés de liquidités en attendant des conditions de marché plus favorables", remarque Andreas Lipkow à Francfort.

- Les marchés obligataires dans l'attente -

Le marché des obligations (titres de créances pour financer la dette des Etats) restait prudent dans l'attente des réunions des grandes Banques centrales la semaine prochaine.

Référence en Europe, le rendement sur dix ans du "Bund" allemand continuait de flirter avec les 3% (3,01%), seuil vers lequel il a bondi au début du conflit.

Son équivalent français se maintenait également à 3,66% contre 3,65% la veille.

Le rendement des taux américains à dix ans reculait légèrement (4,29% contre 4,30%).

"Si hausse des taux (des Banques centrales) doit arriver, ça ne sera pas avant l'été", rappelle Antoine Andreani de XTB, selon qui la semaine prochaine les investisseurs écouteront surtout "les discours des banquiers centraux pour anticiper au mieux leurs prochaines décisions".

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