Le yen s'envole porté par le risque d'intervention, le dollar se replie

La devise japonaise a bondi jeudi après que les principaux responsables monétaires du pays ont lancé ce qu'ils ont présenté comme leur "dernier avertissement" avant une éventuelle intervention sur le ...

La devise japonaise a bondi jeudi après que les principaux responsables monétaires du pays ont lancé ce qu'ils ont présenté comme leur "dernier avertissement" avant une éventuelle intervention sur le marché, selon des propos rapportés par Bloomberg.

Vers 13H05 GMT (15H05 à Paris), le yen montait de 2,3% face au billet vert, à 156,80 yens pour un dollar, après s'être affiché à son niveau le plus faible depuis mi-2024 plus tôt dans la séance, à 160,72 yens pour un dollar.

Le vice-ministre japonais des Finances, Atsushi Mimura, a lancé ce qu'il a qualifié de "dernier avertissement" avant une intervention sur le yen, ajoutant avoir reçu le feu vert de Washington pour intervenir si besoin, selon Bloomberg.

Ces propos arrivent après ceux de la ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, qui s'est exprimée jeudi devant les médias pour redire que Tokyo se tenait prêt à intervenir.

"Le marché en prend bonne note, car lorsque la Banque du Japon vend des devises pour soutenir le yen, elle le fait généralement à grande échelle", a expliqué Chris Turner, analyste chez ING.

Le dollar s'inscrit pour sa part en léger repli jeudi, malgré des prix du pétrole toujours élevés, tandis que la Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre ont maintenu leurs taux directeurs inchangés face aux risques inflationnistes, soutenant ainsi l'euro et la livre.

La devise américaine lâchait 0,1% face à la monnaie unique européenne, à 1,1690 dollar pour un euro.

La Réserve fédérale américaine (Fed) avait elle aussi, comme attendu, maintenu mercredi ses taux directeurs entre 3,50% et 3,75%, leur niveau depuis décembre, mais s'est montrée étonnamment divisée.

Le gouverneur Stephen Miran aurait préféré une détente immédiate. Trois autres responsables monétaires, certes favorables au statu quo, ont eux désapprouvé la formulation du communiqué, qui suggère que la Fed est plus encline à baisser les taux qu'à les relever à l'avenir.

Le fait que ces trois présidents de Fed régionales "s'opposent au maintien d'une orientation accommodante dans un contexte d'inflation persistante et d'un choc pétrolier qui s'intensifie" a été interprété par le marché comme un signal vers une politique monétaire américaine plus ferme, a souligné Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill.

L'actuel patron de la Fed Jerome Powell a au passage annoncé mercredi qu'il y resterait comme gouverneur après la fin de son mandat de président, et ce tant qu'il ferait l'objet de pressions politico-judiciaires.

Par ailleurs, cette faiblesse du dollar profite à d'autres valeurs refuges comme l'or, en hausse d'environ 1,8% et le franc suisse qui prenait 0,84% face au billet vert.

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13H05 GMT 22H00 GMT

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