Le dollar remonte vendredi, rattrapant partiellement ses lourdes pertes de la veille, toujours prisé des investisseurs pour se protéger d'un marché de l'énergie tendu.
"Le dollar américain devrait rester bien positionné face à la hausse des prix de l'énergie", a estimé Dominic Schnider, analyste d'UBS.
Le billet vert, déjà considéré comme une valeur refuge avant la guerre au Moyen-Orient, est en effet la devise dans laquelle sont libellés les prix de nombre d'hydrocarbures, et les Etats-Unis dépendent moins du Moyen-Orient en matière d'approvisionnement que l'Asie ou l'Europe.
L'analyste d'UBS souligne que "la volatilité sur les marchés des changes pourrait s'accentuer si les contraintes actuelles d'approvisionnement énergétique persistent dans les semaines à venir".
Les cours du pétrole brut connaissent de brusques variations ces derniers jours, au gré des annonces inquiétantes - comme les frappes sur des installations énergétiques au Moyen-Orient - ou rassurantes - Donald Trump ayant affirmé jeudi qu'il avait réclamé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de ne plus frapper les infrastructures gazières ou pétrolières en Iran.
Six pays, dont la France et le Royaume-Uni, se sont aussi dits jeudi "prêts à contribuer" aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Mais "cet optimisme risque de s'estomper rapidement", ce qui présage d'"une poursuite de la hausse du dollar", selon Derek Halpenny, analyste chez MUFG.
Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine reprenait 0,38% face à l'euro, à 1,1545 dollar. Il se rehaussait de 0,45% face à la livre britannique et de 0,69% face au yen japonais.
Le dollar grimpait aussi de 1,16% par rapport à la devise indienne, qui est tombée vendredi à un nouveau plus bas face au billet vert, à 93,7150 roupies pour un dollar - l'Inde étant particulièrement vulnérable à cette crise d'approvisionnement en brut.
Jeudi, le dollar avait souffert des avertissements successifs de plusieurs grandes banques centrales, qui ont prévenu que l'embrasement des cours des hydrocarbures pourrait perturber leurs objectifs en matière d'inflation.
Après la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi, la Banque du Japon (BoJ), la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE) ont tour à tour maintenu jeudi leurs taux directeurs respectifs inchangés.
Des analystes envisagent désormais des hausses de taux cette année de la part de la BCE et de la BoE.
L'or, qui avait lourdement chuté jeudi face à cette perspective, avançait de 0,11% à 4.655,50 dollars l'once.
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10H30 GMT 22H00 GMT
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