La valeur du jour à Paris EDF chute, fragilisé par le bouclier tarifaire

(AOF) - EDF chute de plus de 18% à 8,4 euros, lourdement pénalisé par les décisions prises par le gouvernement pour limiter la hausse des prix de l'électricité à 4% en février. Le groupe, détenu à prè...


(AOF) - EDF chute de plus de 18% à 8,4 euros, lourdement pénalisé par les décisions prises par le gouvernement pour limiter la hausse des prix de l'électricité à 4% en février. Le groupe, détenu à près de 84% par l'Etat, est contraint de vendre davantage d’électricité à prix réduit à ses concurrents, alors même que les cours flambent. Selon la première estimation d'EDF, cette mesure lui coutera cette année entre 7,7 et 8,4 milliards d’euros d'Ebitda, soit près de la moitié de l'Ebitda attendu par le groupe en 2021.

Ce dernier va examiner les mesures appropriées pour renforcer sa structure bilancielle, ouvrant la voie à une augmentation de capital.

L'injonction de l'Etat tombe d'autant plus mal que sa production est en berne. Après avoir fermé provisoirement les centrales de Civaux (Vienne) et de Chooz (Ardennes), soit quatre réacteurs (sur 56) en raison d'un défaut de sécurité, le groupe a observé ce même défaut sur un réacteur de Penly (Seine-Maritime).

EDF a donc abaissé sa prévision de production nucléaire, désormais comprise entre 300 et 330 térawattheures (TWh), contre entre 330 et 360 TWh précédemment. Ainsi, plus d'un tiers de cette production, soit 120 TWh (contre 100 TWh en temps normal) devra être cédé à la concurrence au prix fixé par l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh) : 46,20 euros le mégawattheure, bien loin des 280 euros enregistrés hier...

Pour achever le tableau, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé ce matin que d'autres arrêts de réacteurs pour des contrôles étaient possibles.











AOF - EN SAVOIR PLUS



Points clés

- Numéro un mondial de l'énergie bas carbone créé en 1946 avec 38 millions de clients dans le monde et 120,5 GW de capacités installées, dont 59 % de nucléaire, 25 % d’hydraulique et autres renouvelables et 10 % de fioul ;
- Chiffre d’affaires de 69 Mds€ réparti en 8 segments : production et commercialisation en France pour 41 %, les activités régulées en France pour 23 %, énergies renouvelables pour 8 % services énergétiques sous la marque Dalkia pour 4 %, Royaume-Uni pour 14 %, Italie pour 11 %, Belgique et Brésil pour 3 % et la production d’équipements nucléaires « Framatome » ;
- Modèle d'activité « Cap 30 » avec une ambition servie par 3 plans : devenir neutre en Co2 d'ici 2050, prendre la place de 1er électricien mondial avec 3 priorités -proximité client, production bas carbone et développement international, plan solaire (30 % du marché français), stockage (10GW de capacité dans le monde) et mobilité électrique (30 % du marché de la fourniture de véhicules électriques et opérateur majeur dans les infrastructures) ;
- Capital détenu à 84,3 % par l’Etat, Jean-Bernard Lévy étant PDG du conseil d'administration de 12 membres ;
- Situation financière tendue avec une dette nette de 42,3 Mds€, soit un effet de levier de 2,6, mais garantie par l’Etat, d’où une notation A.


Enjeux

- Ambitions 2020-22 : réduction des coûts opérationnels de 500 €, cessions de 3 Mds€ et levier d’endettement à moins de 2,8 ;
- Stratégie d'innovation dédiée à la transition électrique, climatique, numérique et sociétale : budget R&D de 685 Ms€ avec 716 innovations brevetées / fonds et incubateur EDF Pulse Croissance / programme SWIFT de transformation numérique de l'ingénierie nucléaire et plan EXCELL pour la filière nucléaire ;
- Stratégie environnementale incluse dans la raison d’être du groupe: réduction de 30 % des émissions de CO2 d'ici 2030 / investissements dans la mobilité électrique (bornes, recharges…) / 12,5 Mds€ de financements « verts et durables » ;
- Poursuite de la croissance des renouvelables, de 10 % au 1 er semestre avec 66 GW de projets ;
- Diversification rapide dans l’hydrogène et la mobilité électrique ;
- Opérateur intégré, de la conception et fabrication de réacteurs nucléaires, par le biais de Framatome, détenue à 75 %, aux côtés de Mitsubishi (19,5 %) jusqu’à la distribution.


Défis

- Activité encadrée par la loi NOME (libre concurrence entre tous les acteurs du marché et revente du quart de la production d’électricité nucléaire d’EDF à ses concurrents) et prix de l’électricité administrés en France d’où un coût de maintien du réseau peu inclus dans les tarifs ;
- Décisions publiques françaises, à confirmer, positives pour le nucléaire dans le cadre des plans France Relance et France 2030 et avancées au Royaume-Uni ;
- Visibilité de l’activité, avec l’abandon du projet Hercule de démantèlement du groupe ;
- A fin septembre 2021, hausse de 15,7 % des revenus et finalisation du plan de cessions de 3 Mds€.  


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