Les salaires réels devraient baisser en France au deuxième trimestre 2026, en raison de la hausse de l'inflation liée à la guerre au Moyen-Orient, et le chômage continuer à augmenter, a averti l'Insee mardi.
"La flambée des cours des hydrocarbures se traduirait en France, comme ailleurs dans le monde, par un net regain d'inflation, qui franchirait les 2% au cours du printemps", prévoit l'Institut national de la statistique et des études économiques dans sa note de conjoncture publiée mardi.
Conséquence de ce regain d'inflation, "alors qu'ils regagnaient graduellement les pertes subies pendant la vague inflationniste de 2022 et 2023, les salaires réels (c'est à dire corrigés de l'inflation, NDLR) flancheraient (...) au deuxième trimestre 2026 (-0,5 %)".
En effet, souligne l'Insee, le regain inflationniste ne serait alors "pas encore intégré dans les négociations de branche et d'entreprise".
"Dans les enquêtes de conjoncture de début d'année, les entreprises nous rapportaient que les revalorisations annuelles prévues se situent à des niveaux bas, inférieurs à 2%", explique le chef du département de la conjoncture, Dorian Roucher. "Dès lors, la remontée brusque de l'inflation se traduirait par une perte sèche de pouvoir d'achat pour les salariés".
En revanche, si l'inflation dépasse le seuil de 2%, cette hausse entraînera une augmentation automatique du Smic.
"Sous l'hypothèse du maintien du prix du baril de pétrole autour de 100 dollars, le seuil d'inflation entraînant une revalorisation automatique du salaire minimum serait franchi dès le printemps mais n'aurait un effet qu'à l'été", anticipe l'Insee. Le salaire minimum, qui a augmenté de 1,8% au 1er janvier, doit en effet être augmenté en cours d'année quand l'indice des prix à la consommation augmente d'au moins 2%.
La note de l'Insee avertit par ailleurs que "la perte de pouvoir d'achat des agents publics s'accentuerait en 2026", après une baisse de 0,7% du salaire réel moyen par tête dans les administrations publiques en 2025.
Sur le front du chômage, l'Insee prévoit une hausse à 8,1% de la population active au printemps, contre 7,9% au quatrième trimestre 2025. Avant même le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les entreprises étaient pessimistes sur leurs perspectives d'embauche, note l'institut.
Après avoir déjà perdu 60.000 postes salariés privés en 2025, l'économie française en détruirait de nouveau 22.000 d'ici juin.
Les créations de micro-entreprises resteraient dynamiques mais "ces emplois génèrent nettement moins de revenus pour les ménages", souligne l'Insee.
© 2026 AFP