GTT plonge de 13,2% à 177,9 euros en ce début de semaine, durement sanctionné malgré la confirmation de ses objectifs annuels. Le titre du groupe d'ingénierie navale n'avait plus connu un tel gadin depuis 2020. La firme a fait état d'un chiffre d'affaires en baisse de 4,9% sur les neuf premiers mois de 2026, à 570,1 millions d'euros. Le recul reflète la baisse du nombre de méthaniers en construction, liée aux faibles commandes enregistrées sur les 9 premiers mois de 2025. Le management vise toujours, sur l'ensemble de 2026, un chiffre d'affaires consolidé dans une fourchette de 740 à 780 ME ; un EBITDA consolidé entre 490 et 530 ME ; et le maintien de sa politique de distribution de dividendes.
"L'activité du groupe au cours des neuf premiers mois 2026 reflète notamment la diminution du nombre de méthaniers en cours de construction, liée au faible niveau de commandes enregistrées au cours des neuf premiers mois de l'année 2025", a affirmé François Michel, directeur général.
Dans un communiqué distinct, le groupe a annoncé la nomination de Catherine Ronge à la présidence de son conseil d'administration, en remplacement de Philippe Berterottière qui a décidé de démissionner de ses fonctions, avec effet le 16 novembre 2026.
Portzamparc évoque un T3 ponctuellement faible avant un T4 qui devrait rester en retrait mais la priorité reste la dynamique commerciale, toujours soutenue. A l''achat', le broker vise 214 euros. Barclays ('surpondérer') souligne que l'entreprise a connu un trimestre plus faible, après plusieurs trimestres marqués par un volume important de prises de commandes. Toutefois, cela ne remet pas en cause une vision positive des perspectives de croissance ; les prises de commandes devraient se renforcer au cours des prochains trimestres. Par ailleurs, de nouvelles décisions finales d'investissement devraient contribuer à étoffer le pipeline, selon le courtier.
Oddo BHF note également que les revenus sont légèrement inférieurs aux attentes mais souligne que la guidance est confirmée et met en avant la forte dynamique des commandes. A l'appui de fondamentaux porteurs, des FID annoncées et attendues ainsi que du potentiel issu du marché du renouvellement, le groupe bénéficie d'une bonne visibilité pour les 4 prochaines années. Malgré la performance du titre (+31% en 2026), la valorisation (13,2x l'EBITDA 2027) reste modérée, selon l'analyste, qui vise 260 euros. Le titre figure dans sa 'Sélection Midcap'.
En revanche, Bernstein dégrade le dossier à 'performance de marché' et réduit son objectif de 245 à 210 euros. Bien que l'analyste note que l'écart par rapport aux attentes au troisième trimestre 2026 n'est pas particulièrement significatif, il estime que "des attentes très optimistes pourraient désormais être déconnectées de la réalité. Ce décalage a suscité une certaine perplexité, voire un malaise, au sein de la communauté financière". Le nouvel objectif de cours intègre un coût du capital plus élevé, conséquence de la hausse des rendements obligataires français. De plus, le broker considère que "la démission soudaine, et en grande partie inexpliquée, de Philippe Berterottière", président emblématique de GTT, affaiblit le conseil d'administration et appelle à la nomination d'un nouvel "administrateur de poids".