Gazole : les prix reculent grâce au déstockage, mais la vigilance reste de mise

Les prix du gazole ont commencé à reculer en France, en lien avec le déstockage gouvernemental de réserves stratégiques, le président Macron saluant "des solutions concrètes" et "sans toucher aux taxe...

Les prix du gazole ont commencé à reculer en France, en lien avec le déstockage gouvernemental de réserves stratégiques, le président Macron saluant "des solutions concrètes" et "sans toucher aux taxes" tout en appelant à rester "vigilants" compte tenue des incertitudes au Moyen-Orient.

Le ministre du Commerce Serge Papin a de son côté affirmé que le prix avait déjà baissé de "12 à 18 centimes" par litre dans "plus de la moitié" des stations-service en France.

"Cela veut dire que la grande majorité des Français ont accès à un prix qui est abaissé", a-t-il ajouté, ajoutant que "la moitié des stations pouvaient approvisionner" plus de la moitié des Français, voire "80%".

Le gouvernement français avait annoncé en octobre que les prix à la pompe profiteraient de telles baisses à partir du 1e novembre grâce à la vente à prix coûtant aux distributeurs de barils de gazole issus des stocks stratégiques.

"Les distributeurs jouent le jeu", s'est félicité M. Papin sur RTL.

"Une bonne nouvelle donc, qui nous encourage à poursuivre car les prix restent élevés. Et nous restons humbles et vigilants compte tenu des incertitudes géopolitiques qui demeurent" au Moyen-Orient, a dit le chef de l'Etat sur le réseau X.

Mardi matin, le ministre de l'Economie Roland Lescure et celui du Commerce Serge Papin réuniront à Bercy les distributeurs de carburants pour un premier point national sur l'impact de la libération des stocks stratégiques.

Le gouvernement avait annoncé le 12 octobre mettre à disposition des distributeurs, au prorata de leur part de marché 2025, et sur une période de trois mois, dix millions de barils de gazole issus de ses stocks stratégiques, dans l'espoir de diminuer de 12 à 18 centimes le prix du litre à la pompe.

Cette mesure exceptionnelle a été décidée pour faire face à la flambée des prix des carburants causée par la guerre au Moyen-Orient déclenchée par les États-Unis et Israël fin février 2026.

- Écarts "insupportables" -

"Le résultat est là : plus d?une dizaine de centimes de baisse par litre de gazole", s'est réjoui Emmanuel Macron lundi, se félicitant d'un dispositif mis en place "sans toucher aux taxes" et "sans démagogie", alors que plusieurs partis politiques militent depuis plusieurs semaines pour bloquer les prix du gazole ou baisser les taxes sur les carburants.

Une partie du secteur se plaint toutefois de n'avoir pas bénéficié des déstockages en même temps que les grandes surfaces ou TotalEnergies.

Francis Pousse, du réseau Mobilians, qui représente notamment des stations-service indépendantes, avait ainsi dénoncé dimanche des écarts de prix "insupportables".

"Je ne comprends pas qu'il dise cela", a réagi M. Papin lundi. "On a mis au point un dispositif, justement avec Francis Pousse", de prêts à taux zéro, pour aider les petites stations indépendantes à baisser leurs prix, a-t-il rappelé.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est également félicité sur X de la baisse du prix du gazole, effective "dès aujourd'hui" lundi et allant "jusqu'à 18 centimes par litre, voire davantage", soit "environ 10 euros d'économie sur un plein".

L?état veillera à ce que l'"avantage" lié à la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus de ses stocks stratégiques soit "intégralement répercuté sur le prix payé par les consommateurs", a-t-il souligné.

Alors que le litre de gazole était en moyenne en milieu de semaine dernière à 2,38 euros par litre, il a reculé de près de 10 centimes à près de 2,29 euros le litre en moyenne, selon une analyse par l'AFP de données publiques portant sur 8.642 stations.

Ces chiffres constituent une "moyenne" entre ceux qui n'ont "pas encore décidé de mettre la mesure en application et ceux qui l'ont fait", a souligné auprès de l'AFP Philippe Casbas, président du syndicat professionnel des pétroliers Ufip.

La répercussion de la baisse des prix pourrait différer dans le temps d'une enseigne à l'autre, selon M. Casbas.

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© 2026 AFP

Le ministre du Commerce, Serge Papin, le 21 octobre 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris