En congrès à Bordeaux, le monde HLM veut placer le logement au coeur de la campagne présidentielle

Face à l'ampleur de la crise du logement en France, le mouvement HLM espère en faire un thème central de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 avec comme premier rendez-vous son congrès a...

Face à l'ampleur de la crise du logement en France, le mouvement HLM espère en faire un thème central de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 avec comme premier rendez-vous son congrès annuel qui se déroule à Bordeaux de mardi à jeudi.

"C'est très important qu'on arrive à mettre le logement au coeur de la campagne", a assuré lors d'un point presse cette semaine Emmanuelle Cosse, présidente de la confédération des bailleurs sociaux, l'Union sociale pour l'habitat (USH).

L'ambition est partagée par Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, qui tendra une oreille sur les positions des différents acteurs du monde HLM concernant les propositions de la candidate du Rassemblement national en la matière.

Les annonces de Marine Le Pen sur le logement le 13 septembre ont suscité un tollé: priorité aux Français pour les logements HLM et les aides personnalisées au logement (APL), abrogation de la loi SRU qui impose des quotas de logements sociaux, suppression des contraintes liées aux diagnostics de performance énergétique, fin de MaPrimeRénov'.

Un programme "à côté de la plaque par rapport aux besoins actuels" et "à côté des réalités des Français", a cinglé Emmanuelle Cosse.

L'ancienne ministre écologiste du Logement a ajouté que ces propositions parlent "très peu de logement mais utilisent la crise actuelle et désignent un bouc émissaire, les immigrés", nourrissant "une lubie xénophobe et d'extrême droite".

Marine Le Pen a promis que le logement serait "un des grands chantiers" de son quinquennat, une priorité qui n'est, pour le moment, pas affichée clairement chez d'autres candidats.

Emmanuelle Cosse appelle "l'ensemble des candidats à la présidentielle" à réfléchir et se positionner sur le sujet. "Les dépenses de logement sont le premier poste de dépense des Français", qui y consacrent 28% de leur budget selon des statistiques officielles, et font donc partie des questions de "pouvoir d'achat, de vivre dignement, de faire société", assure-t-elle.

- 2,9 millions de ménages en attente -

L'USH prévoit une série d'événements en région qui va "courir jusqu'à la présidentielle" et "s'achèvera avec l'invitation le 9 mars pour une audition des candidats sur le logement", a indiqué sa présidente.

Sa volonté est aussi que le congrès de Bordeaux, baptisé "Habiter 2032, pour un quinquennat utile", regarde plus loin que l'échéance de 2027 et interroge "les grandes transformations à l'oeuvre". Parmi les thèmes des conférences, l'adaptation au changement climatique, le vivre ensemble, le développement économique des territoires ou encore le logement des jeunes.

Au 30 juin dernier, 2,9 millions de ménages étaient en attente d'un logement social en France. Depuis 2013, le nombre de demandeurs de logements HLM a bondi de plus de 60%, alors que la population n'a crû que de 4,6% sur la même période.

La présidente de l'USH observe que l'assèchement du parc locatif privé "a renforcé la demande HLM".

En parallèle, le parc HLM a grossi de 700.000 logements depuis 2012 et le nombre d'attribution d'un logement à un nouveau foyer a fortement diminué depuis dix ans, avec 394.000 ménages qui ont reçu les clefs d'un logement HLM en 2025.

D'ici la présidentielle, l'USH compte aussi se faire entendre sur le budget de l'Etat pour 2027, afin d'obtenir une nouvelle baisse du prélèvement effectué sur les recettes des bailleurs, et sur le projet de loi Relance logement qui prévoit le lancement d'un troisième programme de renouvellement urbain.

Dans la loi de finances de 2026, le secteur HLM avait obtenu une baisse de la réduction de loyer de solidarité (RLS), un prélèvement effectué par l'Etat sur les recettes des bailleurs, passée de 1,3 milliard en 2024 à 1,1 milliard en 2025, puis 900 millions d'euros en 2026.

Réduire la RLS permettrait, selon la confédération, de redonner aux organismes HLM des capacités financières pour construire plus de logements tout en rénovant leur parc existant, notamment pour l'adapter aux fortes chaleurs, ce qui coûterait a minima 8,6 milliards d'euros.

© 2026 AFP

Emmanuelle Cosse, présidente de la confédération des bailleurs sociaux, l'Union sociale pour l'habitat, le 25 novembre 2025 à Paris
La candidate RN à l'élection présidentielle Marine Le Pen, le 17 septembre 2026, au Porge, en Gironde
Depuis 2013, le nombre de demandeurs de logements HLM a bondi de plus de 60%, alors que la population n'a crû que de 4,6% sur la même période