Clôture Wall Street : proche de l'équilibre, malgré les tensions sur l'obligataire et les cours du brut

Wall Street a finalement effacé l'essentiel de ses pertes en fin de séance ce jeudi, malgré les tensions sur l'obligataire et la nouvelle progression des cours du brut. Le Nasdaq grappille même 0,01% ...

Wall Street a finalement effacé l'essentiel de ses pertes en fin de séance ce jeudi, malgré les tensions sur l'obligataire et la nouvelle progression des cours du brut. Le Nasdaq grappille même 0,01% à 26.939 pts - aidé une fois encore par Meta -, alors que le S&P 500 ne perd que 0,02% à 7.704 pts et que le DJIA cède 0,31% à 51.350 pts. Les indices ont donc manifesté une certaine résistance, après avoir corrigé suite aux records du Nasdaq inscrits plus tôt cette semaine avec les développements dans l'IA (Meta Muse en particulier) et les espoirs suscités par la rencontre Trump-Xi. Des espoirs qui semblent tout de même retomber. Notons que les nouveaux modèles d'Anthropic et d'OpenAI dévoilés mardi n'ont pas réellement enthousiasmé.

Les actions ont réduit leurs pertes ce jour après que Reuters a rapporté que des négociateurs américains et iraniens travaillaient sur un plan visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et à rouvrir le détroit d'Ormuz. Néanmoins, ces informations n'ont absolument pas fait refluer les cours du brut.

Le rendement du 'T-Bond' américain à 30 ans grimpe encore ce jeudi à près de 5,5%, au plus haut niveau depuis 2004, tandis que celui des bons du Trésor à 10 ans atteint 5,22% ! Une nouvelle poussée des rendements souverains qui intervient alors que les cours du brut remontent, sur les 95$ le baril WTI et au-dessus des 107$ pour le Brent.

Alors que la précédente vague de ventes d'obligations du Trésor américain s'intensifiait, le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait élargi, à la mi-août, le programme de rachat d'obligations d'État afin d'alléger les tensions, une mesure qui n'a toutefois eu finalement que très peu d'impact sur le marché. Pendant ce temps, les anticipations de hausse des taux de la Fed grimpent. La probabilité d'un nouveau durcissement monétaire de la banque centrale américaine le 28 octobre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC, atteint désormais près de 71% selon l'outil CME FedWatch.

La Fed a procédé déjà à un tour de vis d'un quart de point le 16 septembre, portant le taux des 'fed funds' dans une fourchette de 3,75% à 4%. L'outil CME FedWatch montre que ces taux pourraient terminer l'année entre 4,25 et 4,50% ('proba' de 57,5%) ou bien entre 4 et 4,25% (probabilité de 37%). Cela représente un à deux relèvements supplémentaires, alors qu'il ne reste que deux réunions monétaires d'ici la fin de l'année.

John Williams, patron de la Fed de New York, a estimé aujourd'hui raisonnable de penser que la banque centrale soit contrainte de relever encore ses taux avant la fin de l'année. Thomas Barkin, dirigeant de la Fed de Richmond, s'est inquiété de l'inflation élevée et des indicateurs d'inflation sous-jacente, rejoignant en cela une autre intervenante du jour, Beth Hammack, patronne de la Fed de Cleveland. La présidente de la Fed de Philadelphie, Anna Paulson, a déclaré elle aussi que des hausses supplémentaires des taux pourraient être nécessaires pour garantir que l'inflation revienne vers l'objectif des 2%.

L'once d'or fin fléchit de 0,5% ce soir à 4.266$. L'indice dollar gagne 0,2% face à un panier de devises. Les cours du pétrole restent orientés à la hausse (+3,3% sur le WTI à 95,2$ le baril), après qu'un conseiller militaire du guide suprême iranien a déclaré que Téhéran pourrait étendre le conflit à l'océan Indien en cas de nouvelle attaque des États-Unis ou d'Israël. Les rumeurs de négociations sur la réouverture du détroit d'Ormuz relayées ce soir par Reuters n'ont pas inversé la tendance concernant les cours du brut.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré mercredi aux journalistes qu'un accord avec l'Iran nécessiterait un travail de longue haleine, ajoutant que le président Donald Trump disposait également d'options militaires.

L'attention du marché se porte également sur le sommet prévu entre Donald Trump et son homologue chinois, Xi Jinping. Interrogé sur la possibilité d'aborder la question de l'Iran lors de ses entretiens avec Xi, le président américain a confirmé qu'il le ferait.

La principale rencontre bilatérale du sommet de Washington entre Trump et Xi a donc lieu ce jour. Les États-Unis et la Chine ont convenu de prolonger de deux mois la trêve commerciale qui devait expirer le 10 novembre, s'octroyant ainsi un délai supplémentaire pour élaborer un accord plus vaste, a déclaré mercredi le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. Les responsables américains et chinois se concentreront également sur la coopération en matière d'IA. Trump a néanmoins déjà indiqué sur Truth Social que lui et Xi voulaient laisser l'IA "exactement où elle est". "Notre garde-fou est le Département de Justice", a déclaré le président américain.

Plusieurs dirigeants majeurs du secteur de l'IA, dont Jensen Huang de Nvidia, Sam Altman d'OpenAI, Tim Cook d'Apple ou encore Satya Nadella de Microsoft, sont de la fête, participant à un dîner avec le président chinois. Notons également que le South China Morning Post a rapporté que l'absence de progrès sur des accords éventuels avait conduit la partie chinoise à réduire la liste de ses patrons présents.

Sur le front économique à Wall Street, les inscriptions au chômage sont restées quasi stables la semaine passée aux États-Unis. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 19 septembre, des inscriptions au chômage au nombre de 197.000, en repli de 1.000 par rapport au niveau révisé de la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 200.000.

La balance des comptes courants du 2e trimestre est ressortie déficitaire de 246 milliards de dollars, ce qui ressort assez proche du consensus Bloomberg.

Les ventes de logements neufs du mois d'août 2026 se sont établies à 684.000, contre 615.000 de consensus FactSet et 643.000 pour la lecture révisée du mois antérieur. La précédente lecture de juillet se situait à 607.000.

Demain, les commandes de biens durables et l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan seront sur l'agenda, tandis que John Williams et Beth Hammack auront encore leur mot à dire.

Les valeurs

Meta (+4,5%) reste surveillé à Wall Street pour la 2e journée de Meta Connect. Lors de la conférence, Mark Zuckerberg, DG de Meta, a dévoilé notamment sa stratégie pour monétiser Muse, l'agent d'IA de l'entreprise qui connaît un succès fulgurant, arrivé en tête des téléchargements sur l'App Store américain d'Apple. "Nous sommes convaincus que Muse vous permettra de gagner de l'argent", a assuré le fondateur de Facebook devant les développeurs. "Nous soutenons cette vision en rendant Muse gratuit pour un volume important de jetons, avec l'espoir de générer des bénéfices à terme grâce à une commission prélevée sur les transactions", détaille encore Zuckerberg. De quoi laisser espérer que Muse permette à Meta de diversifier ses revenus et de monétiser ses investissements massifs dans l'IA.

Meta a ajouté la prise en charge de PayPal et annoncé des intégrations avec des détaillants tels que Walmart, Gap, Best Buy ou encore American Eagle. Meta a ajouté par ailleurs une fonctionnalité permettant de se connecter à Expedia, et intègre aussi les courses alimentaires à Muse via Instacart. Alexandr Wang, patron de l'IA chez Meta, a annoncé le déploiement d'une fonction de contrôle informatique pour Mac. Muse sera également disponible sur les lunettes de réalité virtuelle de Meta ainsi que sur le futur 'Muse Charm', appareil portable dédié qui permettra d'interagir avec Muse sans smartphone ni lunettes... Meta a dévoilé trois nouveaux modèles de lunettes intelligentes, avec ses premières lunettes de réalité virtuelle, les lunettes Ray-Ban Meta Audio (dépourvues de caméra) et la troisième génération des lunettes Ray-Ban Meta. Les lunettes de réalité virtuelle Meta sont proposées à 1.299 dollars et constituent la pièce maîtresse du trio.

Cintas (+3%), spécialiste américain de la production d'uniformes, de matériel de sécurité et d'hygiène, a battu le consensus pour son premier trimestre fiscal et relevé ses estimations financières sur l'exercice. Pour le premier trimestre de l'exercice 2027, clos le 31 août 2026, les revenus ont atteint 3,01 milliards de dollars, en croissance de 10,9 %. Le taux de croissance organique du chiffre d'affaires s'est établi à 8,9%. Le résultat net s'est élevé à 551,7 millions de dollars contre 491,1 millions de dollars au premier trimestre de l'exercice précédent, soit une hausse de 12,3%. En excluant les frais de transaction non récurrents liés à UniFirst, qui ont eu une incidence de 3 cents, le bpa ajusté s'est établi à 1,39$, soit une hausse de 15,8%.

Darden Restaurants (-3%), le groupe américain de restauration connu pour sa chaîne Olive Garden, a publié pour son troisième trimestre calendaire 2026 et 1er trimestre fiscal 2027 des revenus de 3,2 milliards de dollars en croissance de 5,1%, en ligne avec le consensus, une expansion à comparable de 3,2%, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action un peu court, en hausse de 4% à 2,05$. La société a réaffirmé l'ensemble de ses prévisions financières sur l'exercice 2027, tablant notamment sur un bpa ajusté compris entre 11,10 et 11,35$.

TD Synnex (-9,8%), distributeur mondial et agrégateur de solutions pour l'écosystème informatique, a publié un chiffre d'affaires de 21,6 milliards de dollars en hausse de 37,7% sur un an pour son 3e trimestre fiscal (+38,4% tcc) et supérieur à la fourchette haute de ses prévisions. Les facturations brutes ajustées ont été de 31,8 milliards de dollars, en hausse de 40% sur un an. Le bpa ajusté trimestriel a été de 5,68$, en hausse de 59%. Sur son 4e trimestre fiscal 2026, les revenus sont attendus entre 21,8 et 22,6 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 368 à 408 millions de dollars et un bpa ajusté allant de 5,65 à 6,15$.

BlackBerry (+4%), star déchue des assistants personnels reconvertie dans les solutions de cybersécurité et IoT, a publié des comptes et des prévisions annuelles nettement au-dessus des attentes de Wall Street. Le bpa ajusté T2 s'est établi à 7 cents, contre 4 cents de consensus, pour un chiffre d'affaires de 163,3 millions de dollars, en hausse de 26% en glissement annuel, à comparer à un consensus de 146 M$. L'EBITDA ajusté global a augmenté de 81% pour atteindre 47 millions de dollars, tandis que la marge brute ajustée s'est améliorée de 3 points de pourcentage pour s'établir à 78,2%. Le chiffre d'affaires de la division QNX a progressé de 27% à 80,3 millions et son EBITDA ajusté a bondi de 41% à 29 millions. Le chiffre d'affaires du segment Communications sécurisées a augmenté de 2% à 60,9 millions, pour un EBITDA ajusté en déclin de 18% à 8 millions.

Boeing (-1,5%). Les espoirs de voir la Chine s'engager à nouveau à acheter des avions Boeings'amenuisent avant la rencontre prévue ce jeudi entre les présidents américain et chinois, selon deux sources de Reuters informées du dossier, qui évoquent des négociations toujours incertaines. L'avionneur chercherait plutôt à finaliser l'accord conclu en mai portant sur l'achat de 200 appareils par la Chine, plutôt que d'obtenir de nouveaux engagements pour des centaines d'avions supplémentaires, selon les sources de l'agence ayant choisi l'anonymat, les pourparlers étant confidentiels. L'accord provisoire, conclu en marge du précédent sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping à Pékin, avait permis à Boeing de revenir dans la course aux commandes d'avions de ligne chinois, rappelle l'agence.

Oracle (-3,4%) a invoqué la force majeure sur le Projet Jupiter, un important centre de données du Nouveau-Mexique. Cette mesure vise à protéger Oracle si des retards réglementaires et infrastructurels repoussent la mise en service de l'installation de 2,45 GW au-delà de 2028. Le projet est soutenu par un prêt de 18 milliards de dollars, tandis que la dette associée se négocie déjà en dessous de 90 cents par dollar. Le groupe software cherche à se prémunir contre d'éventuelles hausses de coûts liées à ce vaste projet de centre de données en adressant un avis de 'force majeure' au promoteur, a rapporté ce jeudi Bloomberg News, citant des sources proches du dossier.

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