Wall Street se reprend, ce jeudi avec TSMC, qui soutient le compartiment de l'IA et des puces en particulier. Le S&P 500 reprend +0,26%, désormais à 6.944 pts. Le Dow Jones gagne +0,6% à 49.442 pts. Le Nasdaq monte +0,25% à 23.530 pts. Ce jeudi, les bons comptes du colosse taïwanais Taiwan Semi rassurent.
Les opérateurs ont pris connaissance ce jeudi d'une nouvelle série de statistiques américaines. Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 9 janvier se sont établies à 198.000 contre 212.000 de consensus. Elles reculent de 9.000 en comparaison de la semaine antérieure.
Les prix à l'import de novembre se sont appréciés de 0,4% d'un mois sur l'autre, une hausse inattendue.
L'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie pour le mois de janvier 2026 a surpris par sa solidité, à +12,6 contre un consensus FactSet de -2,5. Même tendance pour l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York, à +7,7 contre +1 de consensus.
Venezuela, le Groenland, et l'Iran demeurent au coeur des préoccupations géopolitiques des investisseurs. Trump a indiqué, mercredi, que la figure de l'opposition iranienne Reza Pahlavi lui semblait très sympathique, tout en exprimant des doutes quant sa capacité à rassembler pour prendre le pouvoir.
Dans une interview accordée à Reuters dans le Bureau ovale, le président américain s'est exprimé sur l'Iran, le conflit ukrainien et l'enquête visant Powell. Concernant l'Iran, il a estimé qu'il existait une possibilité de voir le régime s'effondrer. Trump a menacé plusieurs fois d'intervenir pour soutenir les manifestants, suite à la répression sanglante, mais il s'est tout de même montré réticent à soutenir Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran renversé en 1979 qui essaie de s'imposer en leader de la contestation...
Concernant le Groenland, Trump ne mollit pas... Le Président américain maintient que les USA doivent prendre le contrôle de ce territoire arctique. Les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland ont rencontré JD Vance et le Secrétaire d'Etat Marco Rubio à la Maison Blanche. Par ailleurs, des soldats français et allemands se sont rendus sur l'île ce jeudi dans le cadre d'exercices décidés par le Danemark et ses alliés. Emmanuel Macron a aussi annoncé, l'envoi par la France "dans les prochains jours" de renforts terrestres, aériens et maritimes au Groenland, après le premier contingent militaire dépêché pour participer aux exercices conjoints organisés par le Danemark. "Une première équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes", a déclaré le Président de la République lors de ses voeux aux armées, jugeant que la France et l'Union européenne devaient être "intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale" face à la volonté de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland.
Cette semaine, les attaques de Donald Trump envers le président de la Fed, Jerome Powell, ont suscité l'émoi parmi ses pairs. Plusieurs anciens dirigeants de la Réserve fédérale, secrétaires au Trésor et économistes ont réagi, suite aux menaces de poursuites pénales proférées par le ministère de la Justice. L'enquête pénale annoncée visant le président de la Fed constitue "une tentative sans précédent d'instrumentaliser les poursuites judiciaires pour saper l'indépendance de la banque centrale", selon un communiqué signé par les anciens présidents de la Fed, Janet Yellen, Ben Bernanke et Alan Greenspan, ainsi que par quatre anciens secrétaires au Trésor ayant servi sous des présidents républicains aussi bien que démocrates. Le directeur général de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a lui aussi exprimé ses préoccupations. "Tout le monde que nous connaissons croit à l'indépendance de la Fed", a-t-il expliqué mardi, après la publication des résultats trimestriels de la banque, jugeant que "tout ce qui affaiblit ce principe n'est probablement pas une bonne idée". Il a également prévenu que cela pourrait "faire remonter les anticipations d'inflation et, à terme, pousser les taux d'intérêt à la hausse".
"La menace de poursuites pénales est une conséquence directe du fait que la Fed fixe les taux d'intérêt en se basant sur sa meilleure évaluation de ce qui est le mieux servi par le public, plutôt que de suivre les préférences du Président", selon Powell. "Il s'agit de savoir si la Fed sera en mesure de continuer à fixer les taux d'intérêt en fonction des données probantes et de la conjoncture économique, ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions politiques ou des intimidations", a ajouté le dirigeant, sortant ainsi de sa réserve habituelle. Le président de la Fed a défendu par ailleurs son bilan, soulignant qu'il avait travaillé à la Fed sous des administrations démocrates et républicaines et qu'il avait toujours fondé ses décisions exclusivement sur le double objectif de la banque centrale, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix. "Cette nouvelle menace ne concerne pas mon audition en juin dernier, ni les rénovations des bâtiments de la Réserve fédérale", a indiqué Powell, jugeant qu'il s'agissait là de prétextes... Selon plusieurs sources de médias anglo-saxons, l'entourage du président américain se serait tout de même inquiété de l'impact que pourrait avoir sur les marchés une enquête sur Powell.
Trump a de nouveau pris pour cible mardi le président de la Fed. "Cet abruti sera bientôt parti", a-t-il affirmé lors d'un déplacement dans le Michigan, devant le Detroit Economic Club. Ces déclarations faisaient suite à d'autres critiques formulées plus tôt dans la journée à Washington. Interrogé devant la Maison Blanche sur l'impact d'une enquête visant Powell, Trump a accusé ce dernier d'être soit "incompétent", soit "corrompu". Le président républicain faisait référence aux dépassements de coûts liés à rénovation du siège de la Fed, un chantier de plusieurs milliards au coeur de la procédure menée par le département de Justice. Le président reproche également à la Fed de maintenir des taux d'intérêt trop élevés, freinant selon lui la croissance économique.
Anna Paulson, Stephen Miran, Raphael Bostic, Neel Kashkari et John Williams de la Fed, intervenaient hier.
Bostic a confirmé la nécessité d'une politique monétaire restrictive dans un contexte d'inflation encore trop élevée. Il a aussi noté que l'indépendance de la Fed donnait "la capacité d'être patient". Le président de la Fed d'Atlanta a estimé que la réaction de Powell à l'enquête était très franche. Il a indiqué que la Fed était encore assez loin de l'objectif d'inflation et qu'une posture restrictive sur les taux était encore nécessaire.
La présidente de la Fed de Philadelphie, Anna Paulson, a réaffirmé qu'elle entrevoyait une marge de manoeuvre pour de nouvelles baisses de taux d'intérêt plus tard cette année, après que les dernières données sur l'inflation ont confirmé son optimisme prudent.
Le gouverneur Miran, nommé par Trump, a indiqué que si les banques centrales ne tenaient pas compte de l'impact de la déréglementation, leurs politiques seraient trop rigides, ce qui freinerait inutilement la croissance. La dérégulation constitue selon lui un choc positif sur l'offre et la productivité, ce qui accroît la capacité de l'économie et apaiserait également les pressions sur les prix.... Kashkari, président de la Réserve fédérale de Minneapolis, a relevé les signes de faiblesse du marché du travail et une inflation trop élevée, mais qui tendrait vers la bonne direction. Il a défendu l'indépendance de la banque centrale et a déclaré que la personne que Trump choisirait pour occuper le poste de prochain président de la banque centrale devrait présenter ses meilleurs arguments en faveur des taux d'intérêt pour persuader les autres décideurs politiques.
Le nom du successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed pourrait bien être dévoilé dans les prochains jours par Trump, malgré les tensions actuelles. Dans ce contexte, selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed le 28 janvier se situe à 95%. La probabilité la plus élevée pour la fin de l'année 2026 (32,9%) se situe dans une fourchette de 3 à 3,25% sur les taux, ce qui traduirait une baisse de taux d'un demi-point.
L'or noir flanche sur fond d'éloignement du risque d'intervention militaire américaine immédiate en Iran. La référence américaine, le baril de brut WTI, fond de -2,96% à 59,3$. En Europe, le Brent de mer du Nord décroche de -2,48%, revenant à 63,77$.
Du côté des devises, le billet vert s'échange 0,8614 euro, et s'apprécie de +0,31%.
L'once d'or recule de -0,21% à 4.616$.
Le Bitcoin cède -1,39% à 95.583$.
Les chiffres de la production industrielle et l'indice du marché immobilier seront dévoilés demain. Egalement, PNC, State Street, M&T Bank, Wipro ou Regions Financial, annonceront demain.
Les valeurs
* BlackRock (+5,93% à 1.156,65$). Le géant américain de la gestion d'actifs, prend un peu de hauteur à Wall Street sur des comptes supérieurs aux attentes des analystes. Le groupe new-yorkais a réalisé pour son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 13,16$, pour des revenus de plus de 7 Mds$ et un bénéfice net ajusté de 2,18 Mds$. Ces chiffres dépassent assez nettement les anticipations. Les actifs sous gestion dépassent les 14.000 Mds$, (11.551 milliards un an plus tôt). Sur l'ensemble de l'exercice écoulé, le bénéfice ajusté par action atteint 48,09$, le bénéfice net consolidé se monte à 5,6 Mds$ et les revenus atteignent 24,2 Mds$. Concernant les actifs sous gestion, les entrées nettes représentent un record de 698 Mds$ sur l'ensemble de l'année, dont 342 Mds$ au 4e trimestre.
* Morgan Stanley (+5,78% à 191,23$). La banque d'affaires newyorkaise a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action nettement supérieur aux attentes à 2,68$, pour des revenus également meilleurs que prévu à 17,9 Mds$ et un bénéfice net de 4,4 Mds$. Sur l'exercice, les revenus ont totalisé 70,6 Mds$ et le bénéfice net a atteint 16,9 Mds$. Un an plus tôt, les revenus se situaient à 61,8 Mds$ "seulement" dont 16,2 Mds$ sur le seul 4e trimestre, tandis que le bénéfice net ressortait à 13,4 Mds$ dont 3,7 Mds$ au dernier trimestre. Le ratio de fonds propres CET1 s'élevait à 15% à la fin de l'année.
* Goldman Sachs (+4,63% à 975,83$). Le géant newyorkais de la banque d'affaires a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice par action de 14,01$ et des revenus de 13,45 Mds$. Le bpa dépasse largement le consensus de marché, mais ses revenus s'affichent un peu courts. Goldman Sachs Group a annoncé un chiffre d'affaires net de 58,3 Mds$ et un bénéfice net de 17,2 Mds$ pour l'exercice clos le 31 décembre 2025. Les revenus nets se sont élevés à 13,45 Mds$ et le bénéfice net à 4,62 Mds$ pour le 4e trimestre 2025. Le bénéfice dilué par action sur l'exercice a atteint 51,32$. La rentabilité des capitaux propres (ROE) a été de 15% pour l'exercice 2025 et de 16% pour le quatrième trimestre 2025.
* TSMC - Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (+4,37% à 341,74$). Le plus important fabricant mondial de semi-conducteurs sous contrat a rassuré les marchés ce matin, concernant la demande provenant de l'intelligence artificielle. Pour son 4e trimestre, le géant taïwanais a réalisé des revenus de 1.046 Mds$ de Taïwan (environ 33,7 Mds$ américains), en croissance de 20,5% en glissement annuel et de 5,7% en séquentiel, par rapport au précédent trimestre. Le bénéfice ajusté par action a représenté 19,50 nouveaux dollars de Taïwan, ou 3,14$ par ADR, en hausse de 35% en comparaison de l'an dernier. Le bénéfice net a atteint 506 Mds$ de Taïwan. La marge brute est ressortie à 62,3% et la marge opérationnelle à 54%.
Il s'agit du 8e trimestre consécutif de croissance des bénéfices pour le groupe, alors que la demande des serveurs d'IA ne dégonfle pas bien au contraire. Les comptes de TSMC ont donc largement dépassé les anticipations de marché, de 3% en termes de revenus et de 5% en matière de profits. Le groupe de Taïwan prévoit de porter son budget de dépenses d'investissement à 52-56 Mds$ en 2026 contre environ 40 Mds$ l'an dernier.
* Amazon (+0,65% à 238,18$). Le géant de la vente en ligne conteste selon Bloomberg la procédure de faillite de Saks Global Enterprises (chapitre 11), affirmant que le détaillant de luxe a rompu un accord relatif à la vente de produits Saks sur son site web et que sa participation dans l'entreprise, désormais en faillite, est présumée sans valeur. La firme de Seattle s'oppose ainsi à la demande de fonds de Saks visant à financer sa faillite. Ce financement pourrait lui apporter jusqu'à 1,75 Md$ de liquidités, selon des documents judiciaires déposés mercredi soir et repris par Bloomberg. Ce financement imposerait à Saks des milliards de $ de nouvelles obligations, et comprendrait des clauses préjudiciables à Amazon et aux autres créanciers chirographaires de Saks, ajoute l'agence.
Amazon avait pris en 2024 une participation minoritaire dans le détaillant dans le cadre d'un accord facilitant l'acquisition de Neiman Marcus par Saks pour 2,65 Mds$. Le groupe d'Andy Jassy a investi 475 M$ en actions préférentielles dans le détaillant de luxe dans le cadre de cette transaction. Cet investissement était également conditionné à un accord permettant à Saks de vendre ses produits sur la plateforme du géant du commerce électronique, notamment par le lancement de 'Saks on Amazon', selon les documents déposés par Amazon mercredi et évoqués par Bloomberg.
* Boston Scientific (-3,96% à 90,03$). Le géant américain des appareils médicaux et le groupe californien Penumbra (+11,82% à 350,49$) ont annoncé la signature d'un accord définitif en vertu duquel Boston Scientific fera l'acquisition de Penumbra dans le cadre d'une transaction en numéraire et en actions valorisant Penumbra à 374$ par action, ce qui représente une valeur d'entreprise d'environ 14,5 Mds$. "Penumbra est une entreprise bien établie, dotée d'une équipe expérimentée et performante. Cette acquisition offre à Boston Scientific l'opportunité de pénétrer de nouveaux segments à forte croissance dans le domaine vasculaire", a déclaré Mike Mahoney, président-directeur général de Boston Scientific. L'opération serait finalisée cette année sous réserve des conditions usuelles.