Clôture Wall Street : le rouge est mis, malgré une bonne semaine

A Wall Street, ce vendredi, les marchés terminent la semaine dans le rouge. Pour cette dernière séance du mois, les investisseurs se montrent très prudents sur les valorisations de l'IA, alors que l'i...

A Wall Street, ce vendredi, les marchés terminent la semaine dans le rouge. Pour cette dernière séance du mois, les investisseurs se montrent très prudents sur les valorisations de l'IA, alors que l'incertitude géopolitique et commerciale persiste. L'indice des prix à la production annoncé ce jour ravive par ailleurs les craintes d'inflation.
En fin de séance, le S&P 500 cède ainsi -0,43% à 6.878 pts, mais gagne +0,6% sur la semaine. Le Dow Jones redonne -1,05%, revenant à 48.977 pts. La semaine reste positive pour les valeurs industrielles, puisque l'indice gagne +0,36%. La glissade du Nasdaq est plus franche. Le Composite décroche de -0,92%, revenant à 22.668 pts. En glissement hebdomadaire, le Nasdaq grimpe encore +0,18%. Une nouvelle fois, la prudence a prévalu, au lendemain d'une journée difficile. Les opérateurs continuent de douter de la soutenabilité de la vague actuelle de dépenses des 'hyperscalers'.

L'inflation des prix à la production aux Etats-Unis a désagréablement surpris ce vendredi. Ainsi, l'indice des prix à la production de janvier a augmenté de +0,5% d'un mois sur l'autre (+0,3% de consensus). Sur un an, sa hausse atteint +2,9% (+2,8% de consensus Bloomberg). Hors alimentaire et énergie, le 'PPI' progresse de +0,8% par rapport au mois antérieur (+0,5% de consensus). Sur un an, l'indice ajusté des prix à la production grimpe de +3,6% (+3% de consensus).

L'indice de la demande finale hors produits alimentaires, énergie et services commerciaux a progressé de +0,3% en janvier, soit la 9e hausse consécutive. Sur les 12 mois clos en janvier, les prix de la demande finale hors produits alimentaires, énergie et services commerciaux ont augmenté de 3,4%.

L'indice manufacturier régional PMI de Chicago du mois de février 2026 s'est établi à 57,7, en territoire de forte expansion et largement supérieur au consensus, qui était voisin de 52. L'indice traduit une accélération de croissance, puisqu'il se situait à 54 en janvier.

Les dépenses de construction aux Etats-Unis ont augmenté de +0,3% en décembre 2025 par rapport au mois précédent, en ligne avec le consensus des économistes de la place, mais sont en baisse de -0,4% par rapport à l'année précédente.

La journée est aussi marquée par l'annonce de la dernière levée de fonds d'OpenAI. La startup d'IA à l'origine de ChatGPT, a bouclé un round de financement vertigineux de 110 Mds$ auprès d'Amazon, de Nvidia et de Softbank. "Nous annonçons aujourd'hui une levée de fonds de 110 Mds$, portant notre valorisation 'pre-money' (avant opération) à 730 Mds$. Ce montant comprend 30 Mds$ de SoftBank, 30 Mds$ de Nvidia et 50 Mds$ d'Amazon. Nous avons également signé un partenariat stratégique avec Amazon et sécurisé la puissance de calcul d'inférence de nouvelle génération avec Nvidia. D'autres investisseurs devraient rejoindre le tour de table au fur et à mesure de son déroulement", indique la startup, qui veut aussi rassurer concernant son partenariat avec Microsoft.

Les pétroles se reprennent, ce vendredi, dans un contexte géopolitique tendu, avec un Donald Trump qui évoque une "prise de contrôle amicale" de Cuba et dit ne pas être satisfait des négociations avec l'Iran. Dans le même temps, l'armée américaine continue de renforcer sa présence au Moyen-Orient. Le Président américain a indiqué qu'il ne souhaite pas recourir à la force contre l'Iran, mais n'exclut pas cette option puisqu'il dit qu'il pourrait y être contraint.
Dans ce contexte, le baril de brut WTI se reprend de +2,81% à 67,29$, après une semaine intégralement passé dans le rouge. Sur la semaine glissante, la référence américaine de brut gagne néanmoins +1,43%.
La référence pétrolière européenne, le Brent de mer du Nord, gagne +2,27% à 72,52$ le baril, pour un gain global hebdomadaire de +1,41%.
Le dollar est assez stable cette semaine face à la monnaie européenne, et s'échange 0,8471 euro.
L'once d'or n'en finit plus de grimper et termine la semaine à 5.277$ pour un énorme rebond hebdomadaire de +8,17%.
Le Bitcoin cède -2,88% à 65.640$.

Les valeurs

* Dell Technologies (+21,93% à 148,08). Le groupe texan bondit, suite à la publication d'un 4e trimestre fiscal particulièrement solide. Il est marqué par une croissance des revenus de près de 40% à 33,4 Mds$ et un bénéfice ajusté par action de 3,89$, supérieur aux attentes. Le groupe a affiché sur l'exercice 2026 clos des revenus de 113,5 Mds$, en progression de +19%, pour un bpa dilué ajusté record de 10,30$ en hausse de +27%. Le cash flow annuel des opérations atteint un record à 11,2 Mds$. Le dividende est majoré de 20%, et le groupe annonce une augmentation de 10 Mds$ de l'autorisation de rachat d'actions.
Dell fournit par ailleurs sa guidance sur l'exercice 2027 juste entamé, tablant sur une croissance des revenus de 23% en milieu de fourchette et une hausse du bpa dilué de 33% environ, ainsi qu'une augmentation de 25% du bpa ajusté en milieu de fourchette. Les revenus 2027 sont attendus entre 138 et 142 Mds$, avec des revenus de serveurs optimisés pour l'IA de pratiquement 50 Mds$, plus du double de l'exercice passé. Le bpa ajusté est anticipé à 12,90$. Pour le 1er trimestre fiscal 2027 en cours, les revenus sont anticipés entre 34,7 et 35,7 Mds$, pour un bpa ajusté de 2,90$ en milieu de fourchette, en croissance de 87%.

* Block (+16,82% à 63,7$). Le titre s'envole à Wall Street sur l'annonce d'un plan de réduction des effectifs sans précédent. Jack Dorsey, dirigeant du groupe et ancien patron de Twitter, a annoncé que la société de paiements allait licencier près de la moitié de ses effectifs dans le cadre d'un investissement majeur dans l'intelligence artificielle. "Aujourd'hui, nous prenons l'une des décisions les plus difficiles de l'histoire de notre entreprise : nous réduisons nos effectifs de près de moitié, passant de plus de 10.000 à un peu moins de 6.000 personnes. Cela signifie que plus de 4.000 d'entre vous sont invités à quitter l'entreprise ou à participer à des consultations", a écrit Dorsey dans un message publié sur X.
Ces annonces surprennent d'autant plus que les résultats du groupe s'affichent solides, avec une croissance de +24% de la marge brute au 4e trimestre à 2,87 Mds$, un bénéfice opérationnel amélioré de 17% à 485 M$ et un bénéfice opérationnel ajusté en hausse de +20% à 588 M$. Le bpa dilué ajusté a été de 65 cents (+38%) contre 47 cents un an plus tôt. Le groupe a par ailleurs relevé ses prévisions 2026, tablant sur une marge brute en hausse de 18%, un bénéfice opérationnel ajusté de 3,2 Mds$, en croissance de +54% et un bpa ajusté également amélioré de 54% à 3,66$.

* Netflix (+13,77% à 96,24$). Le groupe s'est retiré de la course au rachat de Warner Bros (-2,19% à 28,17$). Discovery (-2,19% à 28,17$) laisse la voie libre à Paramount Skydance (+20,84% à 13,51$) pour conclure son mariage et acquérir le studio hollywoodien historique pour un montant d'environ... 111 Mds$. Netflix va tout de même empocher 2,8 Mds$ -payés par Paramount- suite à la résiliation de son accord initial avec WBD. "Nous avons toujours fait preuve de discipline, et au prix demandé pour égaler la dernière offre de Paramount Skydance, l'opération n'est plus financièrement intéressante", a indiqué Netflix, jeudi. Le groupe va plutôt continuer d'investir dans ses activités, notamment à hauteur d'environ 20 Mds$ cette année dans des films, séries et contenus...
Paramount Skydance, qui ne pèse que 12 Mds$ en bourse, va donc acquérir Warner Bros pour plus de 110 Mds$ ! On verra ce que l'avenir réserve à cette opération à la structure audacieuse, mais l'histoire boursière fournit déjà beaucoup d'exemples de ce type.

* Autodesk (+5,32% à 245,87$). Le groupe de San Francisco, qui figure parmi les leaders des logiciels de conception et de création numérique sur PC et Internet, a annoncé, jeudi soir pour son 4e trimestre, un bénéfice de 316 M$ et un bénéfice ajusté par action de 2,85$, largement supérieur aux attentes, pour des revenus de 1,96 Md$ (+19%) également meilleurs que prévu. Sur l'exercice, le groupe a dégagé un bénéfice net de 1,12 Md$, pour des revenus de 7,21 Mds$. Sur le trimestre entamé, le groupe envisage un bpa ajusté allant de 2,82 à 2,86$, pour des revenus de 1,885 à 1,90 Md$. Le bpa ajusté de l'exercice est anticipé entre 12,29 et 12,56$, pour des revenus allant de 8,10 à 8,17 Mds$.

* Intuit (+3,7% à 409,03$). La firme américaine, qui développe des solutions de gestion et de comptabilité à destination des petites entreprises, experts-comptables ou particuliers, a publié pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 4,15$ (+25%), largement au-dessus du consensus, contre 3,32$ un an avant. Les revenus ont été de 4,65 Mds$ (+17%), également meilleurs que prévu. Le groupe maintient ses prévisions pour l'exercice 2026, tablant sur des revenus en croissance de 12 à 13%, entre 20,997 et 21,186 milliards, pour un bpa ajusté allant de 22,98 à 23,18$, en hausse de 14 à 15%.

* Amazon (+1% à 210$). L'investissement du groupe de e-commerce dans la startup d'IA OpenAI pour 50 Mds$ dans le cadre du nouveau tour de table du groupe de Sam Altman serait lié à l'AGI et aux étapes clés d'une introduction en bourse, croit savoir 'The Information'. La majeure partie du financement dépendrait ainsi de la réalisation d'une intelligence artificielle générale ou d'une entrée en bourse.
Officiellement, OpenAI et Amazon viennent d'annoncer un nouveau partenariat stratégique. Amazon Web Services (AWS) et OpenAI vont co-créer un environnement d'exécution basé sur les modèles OpenAI et disponible sur Amazon Bedrock. Cet environnement permettra aux clients AWS de développer des applications et des agents d'IA générative à l'échelle de la production... AWS sera le fournisseur exclusif de distribution cloud tiers pour OpenAI Frontier, qui permet aux organisations de créer, déployer et gérer des équipes d'agents d'IA. OpenAI utilisera par ailleurs 2 gigawatts de capacité Trainium via l'infrastructure AWS pour répondre à la demande liée à l'environnement d'exécution avec état, à Frontier et à d'autres charges de travail avancées. OpenAI et Amazon développeront des modèles personnalisés disponibles pour alimenter les applications Amazon destinées aux clients.
Enfin, Amazon investira donc potentiellement 50 Mds$ dans OpenAI. Un investissement initial de 15 Mds$ est prévu, suivi de 35 Mds$ supplémentaires dans les mois à venir, "sous réserve du respect de certaines conditions".
OpenAI utilisera la puissance de calcul de Trainium pour répondre à la demande croissante des clients d'Amazon. La startup et AWS étendent leur accord pluriannuel existant (qui était déjà de 38 Mds$) de 100 Mds$ sur 8 ans. Cette extension prévoit qu'OpenAI s'engage à consommer environ 2 gigawatts de capacité Trainium via l'infrastructure AWS, ce qui permettra de répondre à la demande pour Stateful Runtime, Frontier et d'autres charges de travail avancées. Cet accord réduit les coûts et améliore l'efficacité de la production d'intelligence à grande échelle, selon les partenaires.

* CoreWeave (-18,51% à 79,56$). Le groupe "néocloud" soutenu par Nvidia, a publié, jeudi soir, pour son 4e trimestre une lourde perte nette de 452 M$ et une perte ajustée par action de 55 cents, plus importante que prévu, pour des revenus de 1,57 Md$, légèrement supérieurs au consensus. Ces revenus ont plus que doublé en comparaison de l'an dernier. Sur l'exercice, le groupe déplore une perte de 1,17 Md$ pour des revenus de 5,13 Mds$, contre un déficit de 863 M$ et des revenus de 1,91 Md$ un an plus tôt. Le backlog de revenus ressort tout de même impressionnant à 66,8 Mds$ à fin décembre 2025.

* Zscaler (-12,17% à 146,99$). Le spécialiste de la conception, du développement et de la commercialisation de logiciels de sécurité, a creusé ses pertes au 2e trimestre fiscal avec la croissance des dépenses. La perte nette a dépassé les -34 M$, contre 8 M$ un an avant. Les dépenses opérationnelles ont atteint 676 M$ (539 M$ un an plus tôt). Les revenus se sont appréciés de 26% à 816 M$ pour ce T2 fiscal, dépassant le consensus. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,01$, également meilleur que prévu. Le groupe envisage pour son 3e trimestre un bpa ajusté de 1 à 1,01$, pour des revenus allant de 834 à 836 M$ (+23%). Sur l'exercice, les revenus sont attendus entre 3,309 et 3,322 Mds$, pour un bpa ajusté allant de 3,99 à 4,02$ (+22 à +23%).

* Rocket Lab (-4,89% à 69,1$). Le groupe américain spécialiste des fusées a publié pour son 4e trimestre une perte ajustée par action de 7 cents, un peu plus lourde que prévu, contre un déficit ajusté d'un cent par action un an plus tôt. Les revenus trimestriels ont totalisé 179,6 M$ (132,4 M$ un an avant). Le groupe envisage pour son 1er trimestre fiscal 2026 des revenus allant de 185 à 200 M$, pour une perte d'Ebitda ajusté de 21 à 27 M$.

* Microsoft (-2,24% à 392,74$) et OpenAI livrent, ce vendredi, un communiqué commun. "Depuis 2019, Microsoft et OpenAI collaborent pour faire progresser l'IA de manière responsable et rendre ses avantages accessibles à tous. Ce qui a commencé comme un partenariat de recherche est devenu l'une des collaborations les plus importantes du secteur technologique, fondée sur la confiance mutuelle, une intégration technique poussée et un engagement à long terme envers l'innovation".
"Alors que les discussions autour des investissements et des partenariats en IA se multiplient et qu'OpenAI annonce de nouveaux financements et de nouveaux partenaires, comme ce fut le cas aujourd'hui, nous tenons à préciser que ces annonces s'inscrivent dans le cadre de notre partenariat actuel. Les annonces d'aujourd'hui ne modifient en rien les termes de la relation entre Microsoft et OpenAI, tels que présentés dans notre article de blog commun d'octobre 2025", insiste OpenAI.
"Le partenariat demeure solide et essentiel. Microsoft et OpenAI continuent de collaborer étroitement dans les domaines de la recherche, de l'ingénierie et du développement de produits, s'appuyant sur des années de collaboration fructueuse et de succès partagés. Notre relation en matière de propriété intellectuelle reste inchangée. Microsoft conserve sa licence exclusive et son accès à la propriété intellectuelle des modèles et produits OpenAI. Les collaborations telles que le partenariat entre OpenAI et Amazon ont toujours été envisagées dans nos accords, et Microsoft se réjouit de voir ce qu'ils réaliseront ensemble. Notre relation commerciale et de partage des revenus reste inchangée".
"Les produits natifs d'OpenAI, notamment Frontier, continueront d'être hébergés sur Azure. La définition et les processus relatifs à l'IA générale restent inchangés. La définition contractuelle de l'AGI et le processus permettant de déterminer si elle a été atteinte demeurent les mêmes. Ce partenariat soutient la croissance d'OpenAI. À mesure qu'OpenAI se développe, elle conserve la flexibilité nécessaire pour allouer des ressources de calcul supplémentaires ailleurs, notamment par le biais d'initiatives d'infrastructure à grande échelle telles que le projet Stargate", indiquent encore les partenaires.

* Monster Beverage (-1,57% à 85,3$). Le groupe californien, spécialisé dans le développement et la commercialisation de boissons énergisantes, perd un peu de terrain avant bourse, suite à sa publication financière. Le groupe a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 449 M$ (+66%) et un bénéfice ajusté par action de 51 cents (49 cents de consensus), pour des revenus de 2,13 Mds$ (+17,6%) également plus élevés que prévu. Sur l'exercice, le bénéfice net a atteint 1,91 Md$ (+26,3%) tandis que les revenus ont totalisé 8,3 Mds$ (+10,7%).

* Meta (-1,34% à 648,18$). Le groupe de Mark Zuckerberg confirme son appétit insatiable, quelques jours seulement après l'annonce d'un accord de plusieurs dizaines de milliards de dollars avec AMD pour des puces d'IA, et un peu plus d'une semaine après un deal d'envergure avec Nvidia pour des millions de GPU Blackwell et Rubin, ainsi que ses CPU et solutions réseau. Cette fois, Meta aurait signé un accord de plusieurs Mds$ pour louer des puces d'IA à Google (Alphabet), selon 'The Information'. Ces puces serviraient au développement de nouveaux modèles d'IA, d'après une personne impliquée dans les discussions et citée par le site spécialisé.

Société(s) citée(s) :
Société(s) citée(s) :