Clôture Wall Street : encore dans le rouge avant la Fed

Wall Street finit de nouveau en recul ce mardi, alors que la flambée des cours du brut ainsi que des taux obligataires pèsent sur l'appétit au risque des opérateurs. Le Nasdaq cède 0,78% à 25.981 pts,...

Wall Street finit de nouveau en recul ce mardi, alors que la flambée des cours du brut ainsi que des taux obligataires pèsent sur l'appétit au risque des opérateurs. Le Nasdaq cède 0,78% à 25.981 pts, le S&P 500 abandonne 0,45% à 7.585 pts et le Dow Jones fléchis de 0,63% à 51.093 pts.

L'escalade du conflit au Moyen-Orient fait monter encore d'un cran les prix du pétrole, tandis que du côté des rendements obligataires de la dette souveraine, celui des bons américains du Trésor à 10 ans s'affiche au plus haut depuis 2007, sur les 5%. La place américaine souffre également toujours des craintes liées aux dépenses d'IA, alors que les patrons d'Anthropic et d'OpenAI semblent vouloir lever le pied en évoquant les risques d'un développement sans contrôle de l'intelligence artificielle.

Les opérateurs abordent donc la semaine avec grande prudence, d'autant que la Fed devrait très probablement relever ses taux d'un quart de point mercredi soir afin de faire face à l'inflation dans un contexte d'économie par ailleurs résiliente.

Les cours du brut grimpent encore avec l'actualité géopolitique. Le baril de Brent de la mer du Nord progresse de 2,4% à 108,2$, alors que le baril de brut WTI avance de 2,7% à 104,2$.

De nouvelles attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite ont ravivé les craintes. Les pourparlers entre l'Iran et les puissances du Golfe concernant la réouverture du détroit d'Ormuz sont par ailleurs restés au point mort. Hier, les Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont lancé de nouvelles frappes contre l'Arabie saoudite alors qu'ils consolidaient leurs positions le long de la mer Rouge - qui ont aussi permis au groupe de multiplier les attaques contre le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb. Les Houthis ont visé plusieurs cibles en Arabie saoudite hier, menaçant plus encore les exportations pétrolières du pays. Des attaques de drones la semaine précédente avaient déjà contraint l'Arabie saoudite à fermer vendredi son oléoduc Est-Ouest qui permettait de contourner le détroit d'Ormuz.

Dimanche, Oman a reporté une réunion prévue lundi entre l'Iran et les États du Golfe pour discuter de la réouverture du détroit d'Ormuz. L'Iran a affirmé qu'un pétrolier battant pavillon panaméen avait été touché par des mines marines lors de son passage dans le détroit, information démentie par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM).

Russie et Ukraine continuent par ailleurs d'échanger des frappes sur leurs infrastructures énergétiques, alors que Trump avait pourtant annoncé un accord sur un arrêt de ces hostilités.

Hier, Donald Trump a réitéré son affirmation récurrente selon laquelle l'Iran chercherait à conclure un accord de paix. Téhéran a toutefois démenti ces propos, déclarant qu'aucune négociation n'aurait lieu tant que les conditions du pays ne seraient pas remplies, notamment le respect par les États-Unis des termes d'un cessez-le-feu conclu en juin, mais depuis caduc.

Pendant ce temps, les rendements souverains se tendent donc un peu plus. Le rendement de la dette souveraine américaine à 10 ans s'affiche à plus de 5% désormais, au plus haut depuis 2007, comme celui du '30 ans' à 5,37%. Ce recul des obligations accroît les enjeux à l'approche de la décision de la Réserve fédérale sur les taux d'intérêt, prévue demain soir : les investisseurs anticipent presque à 100% désormais un relèvement des coûts d'emprunt à court terme, une première depuis juillet 2023. Ainsi, selon l'outil CME FedWatch, la probabilité de hausse des taux demain se situe à 92,5%. Le même outil montre une probabilité de 49,5% que la Fed procède à deux tours de vis d'ici la fin de l'année.

"L'enjeu principal de cette réunion portera sur la trajectoire future des taux, avec la mise à jour Summary of Economic Projections (SEP) et du dot plot, Kevin Warsh n'ayant pas soumis de projection lors du dernier SEP. Les marchés financiers anticipent pour leur part une hausse de taux supplémentaire d'ici la fin de l'année puis une à deux hausses en 2027", note François Rimeu, stratégiste sénior chez Crédit Mutuel Asset Management.

Si la Fed ne relève pas ses taux, ou si son président, Kevin Warsh, signale un resserrement monétaire moins marqué dans les mois à venir que ce qu'anticipent les marchés monétaires, les investisseurs obligataires pourraient exiger des rendements encore plus élevés pour se prémunir contre les risques inflationnistes.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent s'est exprimé ce mardi devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, dans le cadre d'une audition annuelle. Le responsable américain a estimé que les les rendements auraient pu grimper davantage sans son intervention de rachat de 6 milliards de dollars d'obligations à échéance 10-20 ans, alors que les marchés tablaient sur un montant supérieur. Il a aussi déclaré qu'il continuerait à chercher à racheter des obligations américaines à bas prix, sans donner plus de précisions.

Sur le dossier iranien, il a également défendu la stratégie de l'administration américaine, et a annoncé qu'il rencontrerait le week-end prochain le vice-premier ministre chinois He Lifeng, à moins d'une semaine de l'arrivée de Xi Jinping à Washington.

Il a aussi affirmé que les deux dirigeants poursuivraient bien, à cette occasion, leurs discussions sur l'Iran, ainsi que sur les liens financiers entre la Chine et Téhéran. L'administration Trump entend toujours exclure totalement l'Iran des systèmes financiers occidentaux.

Sur le front économique aux USA, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour le mois de septembre 2026 s'est établi à 7,6 contre un consensus FactSet de 11,1. Il était de 20,6 un mois avant. L'indicateur du jour signale donc un net ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région considérée.

Les opérateurs suivront demain les ventes de détail, les prix à l'import ou l'indice du marché immobilier américain. La Fed tiendra donc la vedette demain soir. Jeudi, les investisseurs observeront les mises en chantier de logements et permis de construire US, les inscriptions au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et l'indice des promesses de ventes de logements.

Les chiffres de la production industrielle et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board sont attendus vendredi, qui est par ailleurs la 'journée de Quatre Sorcières" avec l'arrivée à échéance de nombreux contrats à terme.

Un sujet majeur de ce début de semaine concernait donc la sécurité de l'IA, suite aux commentaires de Dario Amodei, DG d'Anthropic, laboratoire d'intelligence artificielle connu pour son modèle Claude. Dans une tribune publiée samedi, Amodei a appelé les entreprises d'IA à ralentir le rythme de développement des modèles de pointe, soulignant les inquiétudes croissantes quant à une éventuelle utilisation malveillante. "Les progrès sembleront toujours rapides, et nous devons faire bon usage du temps ainsi gagné", a ajouté Amodei.

Ces déclarations font suite à la révélation, la semaine dernière, par Anthropic, que plusieurs acteurs avaient utilisé ses modèles à des fins diverses, allant du développement d'armes à la fraude. Les commentaires du dirigeant ont reçu des échos favorables de figures phares du secteur, notamment Sam Altman (DG d'OpenAI) et Elon Musk (patron de SpaceX, qui est propriétaire de xAI).

Altman a par ailleurs déclaré qu'OpenAI ne procéderait pas à une éventuelle introduction en bourse cette année, en raison de préoccupations liées à la sécurité. Il a indiqué samedi au magazine Fortune : "Je dirais que ça ne sera pas en 2026. Nous avons encore beaucoup à faire".

Les valeurs

SpaceX (-3,15%) et Tesla (-0,67%) peuvent-ils fusionner ? Elon Musk continue de souffler le chaud et le froid sur ce sujet. "Qui pourrait imaginer quelle action mener quand il existe une collaboration si étroite dans autant de domaines ?", a ainsi lancé le multimilliardaire, soulignant les complémentarités entre ses deux groupes. Ainsi, lors du All-In Summit 2026, qui se tient du 13 au 15 septembre à Los Angeles, Musk n'a pas exclu une fusion potentielle entre Tesla, qui pèse actuellement 1.100 milliards de dollars environ à Wall Street, et SpaceX, qui vaut près de 2.000 milliards de dollars. Les spécialistes de la place sont déjà nombreux à miser sur ce mariage. Les deux titres pointent toutefois en recul aujourd'hui sur la place américaine.

"Grande question à ce sujet", s'est contenté de répondre Musk à une question lors du sommet californien, interrogé sur le fait de savoir pourquoi les deux groupes étaient encore séparés. L'homme d'affaires a tout de même insisté sur "toute cette collaboration, à tellement de niveaux"...

SpaceX et X Corp., sociétés évoluant dans la galaxie Elon Musk, ont annoncé avoir réglé leur litige avec Apple (-0,52%), accusé précédemment d'avoir conspiré avec OpenAI, le créateur de ChatGPT, pour monopoliser les marchés des smartphones et des chatbots d'IA générative. Les firmes de Musk accusaient Apple d'avoir injustement favorisé ChatGPT au détriment de leur modèle Grok, en termes d'intégration dans l'iPhone et l'App Store.

Nvidia prend 0,57%. Le président Trump a appelé en direct sur scène le fondateur et DG de Nvidia, Jensen Huang, au sommet All-In. "Les robots ne prendront pas le contrôle. L'IA ne prendra pas le contrôle du reste du monde. Tout ça est une supercherie", a lancé le président américain, recueillant l'approbation du patron du géant des puces d'IA. "Les centres de données sont formidables, ils rendent les gens riches, ils rendent les États riches, et c'est le pétrole des 20-25 prochaines années", a aussi asséné Trump.

Broadcom (-1,58%), le concepteur de puces et logiciels, a acquis le complexe de bureaux d'Irvine qu'il louait jusqu'alors. Il s'agit du dernier exemple en date d'une entreprise disposant de solides ressources financières qui profite de la baisse des prix de l'immobilier pour passer du statut de locataire à celui de propriétaire, note le Los Angeles Times. Broadcom a déboursé 325 millions de dollars auprès de son ancien propriétaire, PRP Real Assets, pour acquérir ce campus de recherche de 660.000 pieds carrés (environ 61.300 m2) situé près de l'intersection des autoroutes 5 et 405, détaille le LA Times.

Strategy (-5,36%) fléchit à Wall Street. Le groupe de Michael Saylor, qui possédait au 13 septembre 845.050 bitcoins, perd du terrain dans le sillage de la reine des 'cryptos'. Les investisseurs suivront ce jour un vote crucial du Sénat, procédural, ouvrant les débats autour du 'Clarity Act'. Cette législation est censée fournir un cadre réglementaire clair aux cryptomonnaies et au BTC en particulier, mais l'adoption de la loi a jusqu'alors été bloquée du fait de questions éthiques et de la lutte contre le financement illicite.

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