Clôture Wall Street : en baisse face à une Fed plus hawkish que prévu

Wall Street enchaîne les séances dans le rouge : la place newyorkaise recule ce soir après la décision de la Fed, qui a relevé ses taux directeurs d'un quart de point - comme attendu -, mais s'est en ...

Wall Street enchaîne les séances dans le rouge : la place newyorkaise recule ce soir après la décision de la Fed, qui a relevé ses taux directeurs d'un quart de point - comme attendu -, mais s'est en revanche montrée plus ferme que prévu.

Le Nasdaq termine en très légère baisse à 25.978 pts, le S&P 500 cède 0,45% à 7.551 pts, et le Dow Jones, composé de valeurs plus sensibles aux conditions de financement, recule plus fortement, de 1,21% à 51.461 pts.

"J'aurais du mal à qualifier les conditions financières générales de restrictives", s'est défendu Kevin Warsh. "Ce point de vue est largement partagé par le comité, c'est la raison pour laquelle nous avons réduit quelque peu notre politique accommodante", a-t-il ajouté.

Selon les nouvelles projections de la Fed, 16 des 18 membres du FOMC prévoient au moins une hausse de taux supplémentaire, d'un quart de point de pourcentage, d'ici la fin de l'année. Seuls deux membres tablent sur une stabilisation des taux à leur niveau actuel. Le communiqué et les projections économiques de la Fed signalent que l'institution pourrait maintenir une politique monétaire plus stricte jusqu'à l'année prochaine.

Pour Dustin Reid, stratège en chef chez Mackenzie Investments, cité par Reuters, "la Fed est clairement déterminée à faire baisser l'inflation. Si ce n'était pas une année électorale, il me semble évident qu'elle aurait voté deux hausses de taux consécutives. Néanmoins, une nouvelle hausse est probable cette année et le risque est que nous en subissions une plus importante en 2027".

Le communiqué de la Fed ne mentionne plus que le niveau élevé actuel de l'inflation est attribué à des 'chocs d'offre', notamment dans le secteur de l'énergie, un changement de rhétorique qui reflète les inquiétudes des responsables de l'institution quant au fait que les pressions sur les prix sont désormais trop généralisées pour les ignorer.

Les nouvelles projections économiques des responsables de la Fed montrent que l'indice PCE des prix des dépenses de consommation personnelle, mesure privilégiée de l'inflation par l'institution, atteindra 3,7% d'ici la fin de l'année, contre une prévision de 3,6% lors de la réunion de juin. L'inflation ne devrait ainsi pas revenir à l'objectif de 2% avant 2029, soit un an plus tard qu'initialement prévu.

La prévision de croissance du PIB des Etats-Unis pour cette année a, quant à elle, été revue légèrement à la hausse, passant de 2,2% à 2,3%. Le taux de chômage devrait s'établir à 4,1% en fin d'année, contre 4,3% prévu en juin.

Du côté des taux obligataires, le rendement des Treasuries à deux ans, particulièrement sensible aux anticipations de politique monétaire, a atteint 4,725%, après avoir initialement reculé. Les maturités à dix ans et 30 ans ont évolué en ordre dispersé, le premier gagnant un point de base, à 5%, le second reculant de 1,6 point de base, à 5,347%. La place américaine souffre également toujours des craintes liées aux dépenses d'IA, alors que les patrons d'Anthropic et d'OpenAI semblent vouloir lever le pied en évoquant les risques d'un développement sans contrôle de l'intelligence artificielle. Cependant, OpenAI viserait une valorisation de 1.200 milliards de dollars dans le cadre d'un tour de table préalable à son introduction en bourse - IPO qui n'interviendrait probablement pas cette année selon les derniers commentaires de Sam Altman.

Aux changes, l'indice du dollar américain s'appréciait de 0,6%, à 100,25 points, face à un panier de devises internationales.

Pour leur part, les cours du pétrole soufflent un peu. Le baril de brut WTI abandonne 2,8% à 102,8$, tandis que le Brent de la mer du Nord recule de 2,3% à 106,2$. Les rebelles houthis soutenus par l'Iran ont mené des attaques contre l'Arabie saoudite, grand producteur de pétrole, contraignant le royaume à fermer un oléoduc vital reliant l'est à l'ouest du pays, qu'il utilisait comme alternative au transport de brut via le détroit d'Ormuz. L'Arabie saoudite a également suspendu les opérations de chargement dans son port de Yanbu, tout en proposant des volumes supplémentaires aux raffineurs asiatiques via des transferts de navire à navire au large du port omanais de Sohar, indique l'agence Reuters.

Les Houthis ont renforcé leur contrôle sur certaines zones de l'ouest du Yémen, conférant au groupe un levier d'action sur le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique pour l'acheminement du pétrole depuis le Golfe vers les marchés mondiaux.

Le porte-parole militaire des Houthis, cité par Reuters, a déclaré ce jour que le groupe avait attaqué une base aérienne à Khamis Mushait ainsi que des installations d'Aramco à Yanbu, en Arabie saoudite. Selon lui, les Saoudiens ont effectué cette semaine jusqu'à 450 frappes aériennes au Yémen. Des responsables du gouvernement yéménite ont reconnu que ses forces et celles de l'Arabie saoudite bombardaient des positions houthies, ce que n'a pas confirmé Ryad.

Les autorités saoudiennes ont par ailleurs accusé mardi les Houthis d'avoir tiré un drone en direction de La Mecque, qui aurait été détruit avant de pénétrer dans l'espace aérien interdit au-dessus de la ville sainte. Selon Ryad, cette attaque a franchi une "ligne rouge". Yahya Saree a nié que le groupe ait ciblé La Mecque, dénonçant une mise en scène à des fins de propagande.

Les ventes de détail américaines du mois d'août 2026 se sont établies bien au-dessus des attentes des économistes, en croissance de 1,2% d'un mois sur l'autre, contre +0,8% de consensus et -0,5% un mois auparavant. Hors automobile, ces ventes se sont appréciées de 1,4%, contre +0,5% de consensus et -0,2% un mois plus tôt. Enfin, hors automobile et essence, les ventes ont progressé de 1,2%, contre 0,4% de consensus et -0,3% en juillet. Des chiffres solides, qui fournissent cependant un argument de plus à la Fed pour relever ses taux.

Les prix à l'import et à l'export d'août 2026 viennent également d'être annoncés. Les prix à l'import ont augmenté de 0,7% par rapport à juillet et de 7% sur un an, soit une augmentation bien plus importante que prévu (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre). Les prix à l'export se sont appréciés de 0,6% par rapport à juillet et de 8,6% sur un an.

L'indice du marché immobilier américain publié ce mercredi par la NAHB - National Association of Home Builders s'est établi à 32 au mois de septembre, contre 34 de consensus de place et 35 un mois auparavant.

Les stocks et ventes des entreprises du mois de juillet viennent également d'être publiés. Les stocks se sont appréciés de 0,8% d'un mois sur l'autre, contre +0,2% de consensus FactSet et +0,1% pour la lecture révisée du mois antérieur.

Demain, les investisseurs observeront les mises en chantier de logements et permis de construire US, les inscriptions au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et l'indice des promesses de ventes de logements. Les chiffres de la production industrielle et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board sont attendus vendredi, qui est par ailleurs la 'journée de Quatre Sorcières" avec l'arrivée à échéance de nombreux contrats à terme.

Un sujet majeur cette semaine concerne donc la sécurité de l'IA, suite aux commentaires de Dario Amodei, DG d'Anthropic, laboratoire d'intelligence artificielle connu pour son modèle Claude. Dans une tribune publiée samedi, Amodei a appelé les entreprises d'IA à ralentir le rythme de développement des modèles de pointe, soulignant les inquiétudes croissantes quant à une éventuelle utilisation malveillante. Ces déclarations font suite à la révélation, la semaine dernière, par Anthropic, que plusieurs acteurs avaient utilisé ses modèles à des fins diverses, allant du développement d'armes à la fraude. Les commentaires du dirigeant ont reçu des échos favorables de figures phares du secteur, notamment Sam Altman (DG d'OpenAI) et Elon Musk (patron de SpaceX, qui est propriétaire de xAI).

Mark Zuckerberg, patron de Meta, a déclaré pour sa part que les développeurs d'IA devraient s'en remettre à des évaluateurs de sécurité indépendants pour leurs modèles, plutôt que de ralentir le développement. Il a affirmé que les laboratoires d'IA qui ne privilégient pas l'alignement avec les utilisateurs se laisseraient distancer, et que les développeurs devraient faire appel à des évaluateurs et des conseillers indépendants. Il a ajouté que Meta avait retardé le lancement de son dernier modèle d'IA, Muse, afin de se concentrer sur la sûreté et la sécurité. D'autres personnalités, comme Jensen Huang, fondateur et dirigeant de Nvidia, ont écarté les inquiétudes concernant la sécurité, tandis que Donald Trump a soutenu que les États-Unis ne pouvaient pas se laisser distancer par la Chine dans cette course au développement de l'IA.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, le promoteur immobilier de Miami Lennar publie ses comptes trimestriels ce soir après bourse.

Les valeurs

Intel (+4,03%), malmené ces dernières semaines sur la place américaine avec les doutes sur les dépenses d'IA, remonte à Wall Street, tandis que le titre du géant sud-coréen des puces mémoire SK Hynix est quasi-flat sur la cote américaine. D'après trois sources au fait des discussions, citées par l'agence Reuters, SK Hynix serait en pourparlers avec le géant américain des microprocesseurs en vue d'un potentiel accord qui lui permettrait de fabriquer des puces mémoire sur le sol américain pour la toute première fois.

L'agence indique que selon l'un des scénarios possibles, SK louerait une partie de l'usine de fabrication de puces qu'Intel prévoit de construire dans l'Ohio. Selon un autre scénario, le groupe sud-coréen pourrait former une coentreprise avec Intel et de grandes sociétés du cloud désireuses de s'assurer un approvisionnement en puces mémoire, à en croire deux des sources de Reuters. Cependant, une éventuelle opposition de Séoul à un tel accord pourrait constituer un obstacle majeur, nuance l'agence.

Meta (+0,46%). A contre-courant des propos tenus tout dernièrement par les patrons d'OpenAI, Anthropic et xAI notamment, celui de Meta Mark Zuckerberg a répété mardi soir qu'il ne jugeait pas nécessaire de ralentir le rythme du développement de l'intelligence artificielle. Dans une publication sur X, il défend l'idée que chaque laboratoire a la responsabilité et l'intérêt d'avancer au rythme nécessaire pour entraîner ses modèles en toute sécurité, ainsi que la capacité de prendre ses propres mesures pour y parvenir. L'alignement consiste à s'assurer que les modèles d'IA se comportent conformément au souhait des humains qui y ont recours, et tout laboratoire doit selon Zuckerberg se concentrer sur cela. Ces propos marquent une rupture avec les appels lancés par les dirigeants de plusieurs grandes firmes du secteur en faveur d'un ralentissement coordonné du développement de l'IA.

JPMorgan Chase (-1,01%), le géant bancaire américain, a indiqué lors d'une conférence dédiée aux investisseurs qu'il tablait sur une vive croissance des commissions de banque d'investissement et des revenus de trading pour le 3e trimestre fiscal. Doug Petno, coprésident de la banque new-yorkaise, a donc tenu à faire ces précisions, alors que Bank of America (-2,69%) avait alerté les marchés à ce sujet plus tôt dans la semaine, déclarant que ses revenus dans les activités de marché resteraient "relativement stables" par rapport au T3 de l'année dernière. Les commissions de banque d'investissement de BofA devraient s'établir entre 1,6 et 1,8 milliard de dollars, avait indiqué Brian Moynihan lors d'une conférence organisée par Barclays. Les analystes tablaient plutôt sur près de 2 milliards de dollars.

Starbucks (+0,79%) évolue peu à Wall Street, alors que selon Reuters, la chaîne de cafés envisagerait pourtant de céder une participation majoritaire dans ses activités japonaises dans le cadre d'une opération susceptible de valoriser le plus grand marché international géré en propre par la chaîne à environ 3 milliards de dollars. L'agence cite à ce sujet deux personnes proches du dossier. Starbucks aurait invité plusieurs conseillers financiers à présenter des options pour l'entreprise et se dit ouvert à une cession de sa participation majoritaire, ont indiqué les sources de Reuters. Aucune décision définitive n'a été annoncée. L'ampleur d'une éventuelle cession de parts reste à déterminer, et la valorisation finale dépendrait de négociations, selon l'agence.

Boeing (-3,69%) et Korean Air annoncent que la compagnie aérienne a finalisé sa commande de 103 appareils auprès du constructeur américain. Cette commande porte sur 20 B.777-9, 25 B.787-10, 50 B.737-10 et huit B.777-8 Freighter. Boeing serait par ailleurs sur le point de finaliser une commande retardée de 150 B.737 MAX avec Turkish Airlines après que la compagnie eut menacé de renoncer à ce contrat très médiatisé en raison d'un différend concernant la maintenance avec le motoriste CFM, ont indiqué à 'Reuters' quatre personnes proches du dossier.

Coca-Cola (-0,95%) a annoncé hier son intention d'investir, au total, 10 milliards de dollars dans ses infrastructures américaines entre 2026 et 2030. Cet investissement comprend cela dit à la fois de nouveaux projets mais aussi d'autres déjà annoncés en Californie, dans le Colorado, en Alabama et dans l'État de New York. Ces dépenses se traduiront par la création de nouvelles installations de production, de distribution, et de nouveaux bureaux.

OpenAI redonne également un peu de tonus au compartiment de l'IA. Le groupe a peut-être abandonné l'idée d'entrer en bourse cette année, mais il s'active en coulisses. D'après le Financial Times, les dirigeants auraient récemment mené des discussions avec de gros investisseurs autour d'une possible nouvelle levée de fonds privée qui pourrait valoriser la startup à près de 1.200 milliards de dollars préalablement à l'IPO. A l'issue du dernier tout de table, en mars dernier, qui avait engagé quelques 122 milliards, la société était valorisée autour de 852 milliards de dollars.

OpenAI, écrit le FT, entend exploiter une fenêtre de tir et cherche à profiter de l'accélération actuelle de ses revenus, consécutive au récent lancement de ses modèles GPT-5.6 et Astra. D'après le quotidien, ces récents lancements ont en effet permis au chiffre d'affaires annualisé d'OpenAI de dépasser 40 milliards de dollars en août (+20% d'un mois à l'autre), en grande partie précisément du fait du lancement de GPT-5.6... Dans le compartiment des puces d'IA, Nvidia remonte de 0,82%, AMD de 1,65% et Micron termine en légère baisse (-0,11%).

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