Clôture Paris : les marchés se détendent

Ce mercredi, le rebond est ferme à la Bourse de Paris, bien que plus terne qu'en début de journée. En clôture de marché, le CAC 40 s'adjuge un gain de +1,33% à 7.824 points. Les Etats-Unis ont tr...

Ce mercredi, le rebond est ferme à la Bourse de Paris, bien que plus terne qu'en début de journée. En clôture de marché, le CAC 40 s'adjuge un gain de +1,33% à 7.824 points.

Les Etats-Unis ont transmis à l'Iran un plan en 15 points pour mettre fin au conflit, ce qui a ravivé les espoirs d'une issue diplomatique à la guerre et d'une éventuelle reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz, voie de passage cruciale pour l'approvisionnement mondial en pétrole.
Cependant, la réponse de l'Iran au plan américain n'est "pas positive", Téhéran ne voulant pas laisser Donald Trump "dicter le calendrier de sortie de crise".
En retour à l'approche américaine, l'Iran, qui entend rester maître des horloges, aurait fixé 5 conditions pour mettre un terme à la guerre. Téhéran demanderait : 1) un arrêt complet des "agressions" et des "assassinats" perpétrés par l'ennemi ; 2) la mise en place de mécanismes concrets pour garantir que la guerre ne soit pas imposée à la République islamique ; 3) le versement garanti et clairement défini des dommages de guerre et des réparations ; 4) la fin de la guerre sur tous les fronts et pour tous les groupes de résistance impliqués dans la région ; 5) la reconnaissance internationale et des garanties concernant le droit souverain de l'Iran à exercer son autorité sur le détroit d'Ormuz. Téhéran stipule que les pourparlers n'auront pas lieu tant que ces 5 conditions ne seront pas remplies.

Auditionné, hier après-midi, par la Commission des finances de l'Assemblée nationale au sujet des effets de la guerre sur la situation économique et les finances publiques de la France, le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a employé le terme de "choc pétrolier", tout en reconnaissant que les effets de ce choc énergétique sont moins violents que par le passé compte tenu de la moindre dépendance de notre économie au pétrole. 60% de l'énergie consommée en France reste quand même aujourd'hui d'origine fossile : un tiers de gaz, deux tiers de pétrole.
Au niveau de l'impact économique, qui dépendra de la durée du conflit, Roland Lescure a donné quelques ordres de grandeur. Une hausse permanente de 10 dollars du baril représente 0,1 point de croissance en moins et 0,3 point d'inflation en plus. Un baril qui resterait durablement à 100$, soit un choc de 35$ par rapport au scénario d'avant-crise, conduirait à un impact de 0,3 à 0,4 point sur la croissance et d'1 point sur l'inflation. L'Insee a d'ailleurs revu ses prévisions d'inflation. Elle franchirait les 2% au cours du printemps, en supposant que le prix du baril se maintienne autour de 100 $. Il s'agirait d'un doublement de l'inflation qui était tombée à 0,9% en février.

La Banque centrale européenne devrait donc resserrer sa politique monétaire pour contenir le rythme de l'inflation liée à la montée des prix des énergies. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a considéré qu'un "dépassement de l'objectif d'inflation de la Banque centrale européenne (BCE), même "pas trop persistant", en raison de la flambée des prix de l'énergie pourrait justifier un resserrement modéré de la politique monétaire". La présidente de la BCE a estimé qu'une inflation bien supérieure à la cible de 2% pendant une période prolongée nécessiterait une réaction "énergique ou persistante" de la part de Francfort, tout en ajoutant que même un léger dépassement pourrait exiger un ajustement "mesuré" des taux d'intérêt. La patronne de l'institut de Francfort a fait remarquer : "Si nous prévoyons que l'inflation s'écarte de manière significative et persistante de l'objectif, la réponse doit être suffisamment ferme ou persistante".

A Wall Street, les marchés restent bien orientés, mais sans excès. A 17h45, le S&P 500 se reprend de +0,66% à 6.599 pts. Le Dow Jones gagne +0,67% à 46.433 pts. Le Nasdaq est plus ferme et prend +0,94% à 21.965 pts.

Dans l'espoir d'une issue au conflit, les cours des pétroles se stabilisent ou tout au moins, tempèrent leur hausse. Dans ce contexte de situation internationale toujours incertaine, à 17h45, le baril de Brent de mer du Nord prend +1,03%, à 100,94$. La référence américaine, le baril de brut WTI, se maintient avec un gain de +1,55% à 89,85$.
La monnaie européenne recule de -0,4% face au billet vert, et s'échange 1,1571$.
A 17h45, l'once d'or se reprend de +1,86%, à 4.555$ (3.937 euros).
Le Bitcoin se reprend de +1,53%, revenant à 71.409$.

Valeurs en hausse

* Ekinops (+8,52% à 1,808 euro). Après déjà un gain de près de 2% hier, le titre prolonge son rebond. Ekinops a indiqué, hier, avoir un accord pour acquérir 100% du capital de Chimere, spécialiste français de la cybersécurité. Il sera finalisé avant le 31 mars. Ekinops n'anticipe pas d'impact significatif de cette opération sur ses comptes 2026. Cependant, le rapprochement des deux entreprises renforce la proposition de valeur d'Ekinops en matière de cybersécurité, dans la continuité de l'acquisition d'Olfeo en mai 2025. Il s'inscrit pleinement dans le plan stratégique Bridge, qui vise à positionner Ekinops sur le segment à forte croissance du SASE (Secure Access Service Edge).

* Streamwide (+7,46% à 72 euros). Le spécialiste de l'édition de logiciels a présenté de solides comptes 2025. Le résultat opérationnel courant a bondi de +36% l'an passé, à 7,8 ME, pour des revenus en hausse de +25% à 26,2 ME. La trésorerie nette atteint 13,9 ME. Le groupe continue de générer des flux de trésorerie disponible, ce qui lui permet d'investir techniquement dans ses solutions et de réduire progressivement ses dettes financières.

TP ICAP Midcap évoque une publication en ligne avec ses attentes. En revanche, avec la prise en compte d'une meilleure position de trésorerie nette, le broker relève son objectif de cours de 71 à 74 euros.

* OVH (+6,18% à 8,93 euros). Le fournisseur de services cloud a signé un contrat engageant en vue d'acquérir Dragon LLM, une plateforme de fine-tuning de modèles IA dédiée aux industries régulées. Cette opération vise à renforcer l'expertise d'OVHcloud dans l'IA générative. Créée sous le nom Lingua Custodia pour cibler le secteur financier, Dragon LLM est une entreprise française qui conçoit des modèles spécialisés d'IA générative et souverains. Basée à Paris, l'entreprise ambitionne de bâtir une IA européenne utile, responsable et efficiente, au service des entreprises et de la souveraineté technologique du continent. Grâce à cette acquisition, OVHcloud renforce ses équipes avec de nouveaux experts de fine-tuning. En internalisant les briques technologiques développées par Dragon LLM, OVHcloud proposera à ses clients de nouveaux services dans l'IA générative pour les données sensibles, déployables dans le Cloud et On-Premise.

* Nanobiotix (+4,53% à 26,55 euros). Une nouvelle fois l'action a été recherchée... Selon 'La Lettre', qui ne cite pas ses sources, la société de biotechnologie pourrait être rachetée par son partenaire américain Johnson & Johnson. Une telle opération permettrait à J&J de réaliser des économies sur la recherche et les royalties qu'elle doit verser à la firme française. Effet immédiat sur le titre que s'est envolée en séance à un plus haut de 29,15 euros.
Seulement, en fin d'après-midi, le mouvement s'est calmé. La société de biotechnologie a indiqué qu'à sa connaissance, il n'existe aucune intention de prise de contrôle de la société, ni de processus ou évaluation en ce sens.

* Vallourec (+4,01% à 21 euros). Le leader mondial des solutions tubulaires premium sans soudure a signé, en février 2026, 2 contrats portant sur 14.000 tonnes de produits OCTG, qui s'inscrivent dans une série de 5 contrats récemment conclus avec différents opérateurs en Indonésie. Ces commandes représentent un volume total d'environ 36.000 tonnes de tubes et connexions premium destinés à soutenir les activités pétrolières et gazières d'environ 140 puits dans la région.

* Valeo (+3,71% à 10,62 euros). L'équipementier automobile a annoncé un investissement de 225 millions de dollars sur 5 ans dans une nouvelle usine de calculateurs au Texas. Dixième site de production du groupe aux Etats-Unis, l'usine de McAllen produira, notamment à partir de la fin 2027, l'unité de calcul centrale de la prochaine génération de véhicules dits "SDV" du constructeur automobile américain General Motors. "Cette nouvelle implantation aux Etats-Unis permettra de livrer l'une des plus importantes commandes de l'histoire de Valeo", a précisé le groupe français.
Valeo a par ailleurs indiqué se classer au 1er rang des déposants français de brevets auprès de l'Office européen des brevets (OEB), avec 650 demandes en 2025. Cette nouvelle reconnaissance intervient peu après l'entrée du Groupe dans le classement des LexisNexis Top 100 Global Innovators 2026. Valeo consacre d'ailleurs environ 10,9% de son chiffre d'affaires annuel à la recherche et développement, soit près de 2,3 MdsE en 2025. Disposant de plus de 32.000 brevets actifs et d'un réseau mondial de 59 centres de R&D, le Groupe conçoit et déploie ses innovations à l'échelle internationale.

* Schneider Electric (+2,54% à 247,95 euros). HSBC confirme sa recommandation à 'achat' tout en revalorisant son objectif de cours de 275 à 285 euros.

* Airbus (+2,37% à 168,46 euros). China Eastern Airlines a annoncé avoir conclu un accord pour l'achat de 101 A320Neo au prix catalogue de 15,8 milliards de dollars, selon un document boursier. Les livraisons sont prévues entre 2028 et 2032. La compagnie chinoise précise que l'accord a été conclu après des négociations qui lui ont permis d'obtenir des tarifs nettement inférieurs au prix catalogue.

* NRJ Group (+2,03% à 7,02euros). Le groupe de média a publié un chiffre d'affaires consolidé de 321 ME en 2025, en recul de -3,3% par rapport à l'année précédente, en raison de l'impact des décisions de l'Arcom sur l'activité des pôles Médias et Diffusion, ainsi que de marchés publicitaires pénalisés par les incertitudes économiques, géopolitiques et l'instabilité politique en France. Le Résultat Opérationnel Courant hors échanges s'élève à 33,2 ME, en baisse de -17,2 ME par rapport à 2024. Cette évolution s'explique par la baisse du chiffre d'affaires et la progression de +2,2% des charges opérationnelles, liée notamment aux investissements dans les programmes du pôle Médias et au développement du pôle Diffusion. Le Résultat net part du Groupe atteint 83,8 ME, soit le double de celui de 2024, intégrant un Résultat financier de 10,5 ME et un Résultat net d'impôt des activités abandonnées de 53,2 ME.

* Le luxe reprend des couleurs avec : Hermès International (+1,15% 1.668,5 euros) ; Kering (+1,65% à 252,055 euros) ; LVMH (+0,35% à 462,35 euros) ; Christian Dior (+0,59% à 441,4 euros).
Rappelons que JP Morgan a abaissé la mire sur Hermès de 2.350 à 2.250 euros, tout en confirmant un avis 'neutre' sur le sellier.

* Remy Cointreau (+1,09% à 35,26 euros) et Pernod Ricard (+1,08% à 63,58 euros). Les deux groupes de vente de spiritueux rebondissent. L'actualité sectorielle est marquée par une note de BNP Paribas, qui a relevé sa recommandation sur Diageo (+1,27% à 15,95 euros) à 'neutre', invoquant une amélioration du rapport rendement/risque suite à une sous-performance significative et à des niveaux de valorisation au plus bas. L'analyste affirme que la valorisation reflète désormais mieux le profil de croissance à moyen terme. Diageo se situe à son plus bas niveau depuis 20 ans par rapport aux secteurs des biens de consommation courante et des boissons en Europe, ajoute le courtier.

* Bourrelier (+0,9% à 45 euros). Le spécialiste du bricolage a informé ses actionnaires de la fin de la procédure indemnitaire lancée en 2008 par la société de gestion de portefeuille JG Capital Management (JGCM), l'arrêt rendu le 6 novembre 2025 par la Cour d'appel de Paris, signifié le 26 décembre 2025, ayant désormais été purgé de tout recours. Bourrelier Group souligne que cet arrêt a débouté JGCM de ses demandes, et l'a condamné au paiement de frais irrépétibles. Aucun pourvoi en cassation n'ayant été formé dans le délai légal à l'encontre de cette décision, celle-ci est donc devenue définitive.
Le contentieux opposant JGCM à Bourrelier Group, Jean-Claude Bourrelier et d'autres membres du groupe familial Bourrelier est apparu à la suite de l'offre publique d'achat simplifiée (OPAS) lancée en juin 2007 et destinée à permettre à Bourrelier Group (anciennement Bricorama) de sortir de la bourse. Cette opération de retrait de la cote n'a toutefois pas pu être menée à son terme en raison de ces nombreux contentieux et procédures, lesquels ont perduré pendant 18 ans. Les demandes étaient en totalité de 96 ME en 2008, 327 ME en 2018, de 742 ME en 2021 et encore de 600 ME en 2025. L'instruction de la plainte déposée par JGCM en 2011 auprès du Parquet National Financier a duré 8 années et s'est soldée par un classement sans suite en 2019. Bourrelier Group considère que ce contentieux est désormais définitivement clos.

Valeurs en baisse

* La Française de l'Energie (-4,46% à 43,95 euros). Le titre se tasse après la publication pour le 1er semestre 2025-2026 d'un chiffre d'affaires de 14,2 ME (+16,5% sur 1 an). L'Ebitda s'élève à 6 ME, soit une marge qui se tasse à 42% (53% au 1er semestre de l'exercice précédent). Le résultat opérationnel courant recule également à 3,8 ME (4,47 ME un an plus tôt), tandis que le résultat net part du Groupe tombe à seulement 0,8 ME (1,8 ME un an plus tôt).
D'ici 2028, FDE prévoit d'investir près de 50 ME dans le déploiement de 20 nouvelles unités de production d'électricité et de chaleur dans le Nord de la France et plus de 100 ME dans la construction de ses 3 premières usines de production de GNR et de Bio-CO2 en Norvège, d'une capacité de 100 à 120 GWh/an chacune. Cette première vague d'investissements représente la moitié du programme total envisagé d'ici 2030. A horizon 2028, cette nouvelle génération d'actifs devrait contribuer à plus de 60 ME de chiffre d'affaires additionnel et générer un Ebitda annualisé complémentaire de plus de 30 ME.

* Danone (-0,85% à 67,74euros). Le groupe agroalimentaire français et Arcor engagent un nouveau chapitre de leur alliance stratégique en Argentine. Ils créent une joint-venture dédiée au marché laitier local. Ce partenariat réunira : l'activité produits laitiers de Danone en Argentine (Danone Argentina SA) ; Mastellone Hermanos SA ; Logistica La Serenísima, leur filiale logistique commune. A la suite de cette opération, Danone exercera un contrôle à parts égales au sein de la joint-venture avec Arcor, qui sera comptabilisée, après finalisation de la transaction, dans les sociétés mises en équivalence des comptes consolidés de Danone, sur la base d'une participation de 50%. Cette joint-venture créera de nouvelles opportunités de croissance sur le marché des produits laitiers grâce à ses 11 sites de production.

*Groupe Crit (-0,67% à 59,6 euros). Le spécialiste du travail temporaire a publié pour 2025 un résultat net de 31,2 ME (75,4 ME en 2024). Il confirme sa capacité à démontrer son agilité et sa capacité d'adaptation grâce à la diversité de son offre, la force de son réseau et ses positions internationales. Au cours des prochains mois, le Groupe entend poursuivre sa stratégie d'acquisitions.
Oddo BHF évoque des résultats en ligne, hormis des dépréciations d'actifs. La valorisation reste toujours extrêmement modérée à 2,9x l'Ebitda et 4,8x l'Ebit 2026. Groupe Crit affiche une décote de plus de 30% par rapport aux ratios historiques, et de 25% par rapport aux comparables. L'analyste confirme son avis 'surperformance' sur le dossier, et un cours cible de 77 euros.

* GL events (-0,48% à 31,1 euros). Le 29 janvier 2026, GL events a notifié à l'Autorité de la concurrence son projet d'acquisition de l'activité de gestion et d'exploitation de salles de spectacles et de congrès auparavant détenue par le groupe Fimalac via la société S-Pass Theatres Spectacles Evènements (S-Pass). Après examen de l'opération, l'Autorité a autorisé l'opération sous conditions.
Afin de remédier aux risques d'atteinte à la concurrence identifiés, GL events a souscrit des engagements comportementaux limités au département de la Marne pour éviter d'exploiter son pouvoir de marché à l'encontre des collectivités publiques et des organisateurs de spectacles et de congrès. Compte tenu des engagements souscrits par GL events, l'Autorité a donc autorisé l'opération à l'issue de l'examen de phase 1.

* TotalEnergies (-0,44% à 76,87 euros). Le groupe pétrolier reste proche de ses records à 77 euros. Morgan Stanley a revalorisé TotalEnergies de 67,8 à 88,3 euros ('surpondérer').

* Orange (-0,03% à 17,2 euros). Orange et le fonds Verdoso ont signé un accord d'exclusivité en vue d'un projet de cession de Globecast. Globecast est l'activité de services médias d'Orange qui accompagne aujourd'hui des milliers de clients -chaînes de télévision, détenteurs de droits et opérateurs de plateformes- dans la distribution et la diffusion de leurs contenus audiovisuels à l'échelle mondiale. L'entreprise s'appuie sur un réseau de téléports et de centres d'exploitation présents mondialement, opérés 24h/24 et 7j/7.

Société(s) citée(s) :
Société(s) citée(s) :