A la fermeture des marchés, la bourse de Paris ne parvient pas à s'affranchir des 8.500 points. Le CAC 40 termine la séance en repli de -0,51% à 8.436 points. Cependant, un plus haut de 8.545,68 points a été touché en matinée, à seulement une centaine de points des plus hauts de la fin février, avant la guerre au Moyen-Orient.
La très forte volatilité sur le secteur des semi-conducteurs se confirme, ce mardi. Plombé par la chute de SamsungElectronics, le fabricant sud-coréen de puces mémoire au coeur de la dynamique boursière liée à l'IA ces derniers mois, le compartiment accuse le coup en Europe. A Paris, les grands gagnants des derniers mois tels que Soitec et STMicroelectronics subissent de gros dégagements.
Du côté de la macroéconomie, le gouvernement a revu à la baisse sa prévision de croissance pour la France en 2026. Son estimation est ramenée de +0,9% à +0,7%. Le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, a indiqué ce mardi, lors d'une réunion du Comité d'alerte des finances publiques, selon Bercy, que cette révision "tient compte d'un début d'année moins favorable qu'anticipé liée notamment à la loi spéciale" sur le budget. Son approche intègre également une situation internationale tendue, notamment en raison du conflit au Moyen-Orient. Roland Lescure souligne que "les signaux sur l'inflation et la consommation sont plus encourageants".
Les services de Bercy précisent que le 1er trimestre a été "inférieur aux anticipations en raison d'une consommation d'énergie plus faible que prévu et de l'entrée en vigueur différée du budget 2026 du fait de la loi spéciale", adoptée à la fin décembre. Le 2e trimestre "devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'activité".
Par ailleurs, le comité d'alerte des finances publiques de ce mardi, qui s'est réuni à Bercy sous la présidence du Premier ministre, Sébastien Lecornu, a permis de partager les risques identifiés en matière de dépenses, les dernières prévisions macroéconomiques ainsi que leurs conséquences sur les finances publiques. Il a identifié en particulier de nouveaux risques de dépassement des dépenses à hauteur d'environ 3 MdsE : 2 MdsE sur l'Etat liés à la poursuite des mesures de soutien et aux tensions sur certains budgets ministériels ; 1 MdE sur l'Assurance maladie.
La loi de finances prévoit de réduire le déficit public de 5% du PIB en 2026. En raison des conséquences de la crise énergétique, cet objectif apparaît désormais "plus difficile à atteindre" selon le Gouvernement qui "souhaite toutefois prendre les mesures nécessaires pour demeurer au plus près de cette cible".
Une nouvelle estimation de déficit public sera présentée en septembre, au moment du dépôt du projet de loi de finances pour 2027, afin de tenir compte des données disponibles à la fin de l'été. "Celle-ci dépendra principalement de l'évolution de la croissance et de la capacité de l'ensemble des administrations publiques, y compris les collectivités territoriales, à maîtriser leurs dépenses", indique le comité.
Outre Atlantique, Wall Street recule assez nettement, plombée par les valeurs de la tech, fabricants de puces en tête, après la chute de Samsung Electronics à Séoul malgré des résultats impressionnants. La nette hausse des taux obligataires dans le sillage de la remontée des cours pétroliers pèse également sur le marché actions
A 17h45, le S&P 500 redonne -0,71% à 7.484 pts. Le Dow Jones se tasse de -0,43% à 52.829 pts. Le Nasdaq abandonne -1,39% à 25.758 pts.
En Iran, les Gardiens iraniens de la révolution ont lancé, lundi soir, au moins deux missiles contre des navires commerciaux qui franchissaient le détroit d'Ormuz, a rapporté le site d'information Axios, citant deux représentants américains. Assez logiquement, les pétroles remontent...
A 17h45, le baril de Brent de mer du Nord bondit de +2,31%, à 73,67$. La référence américaine, le baril de brut WTI, gagne +2,13% à 70,11$.
Sur le marché des devises, la monnaie européenne recule de -0,17% face au billet vert, et s'échange 1,1427$.
Le métal jaune redonne -0,48%, à 4.145$ (3.627 euros) à 17h45.
Le Bitcoin cède -0,98%, revenant à 63.731$.
Valeurs en hausse
* Voyageurs du Monde (+21,99% à 177,5 euros). Les actionnaires fondateurs et les principaux investisseurs institutionnels de la société Voyageurs du Monde ont conclu, le 6 juillet, un protocole visant à acquérir le solde du capital de Voyageurs du Monde, dont les actions et les obligations convertibles sont cotées sur le marché Euronext Growth d'Euronext Paris. L'opération étant formulée à un prix de 180 euros par action et à 182,52 euros l'obligation, le marché s'ajuste au prix de l'OPA.
Il est à noter que TP Icap considère que le prix de l'offre semble insuffisant pour valoriser le potentiel énorme du groupe sur les prochaines années que ce soit sur l'activité du voyage sur mesure, sur le voyage d'aventure, aux Etats-Unis ou à l'international. Pour autant, selon le broker, ce prix reste proche de son objectif de cours de 187 euros et le retrait de cote semble avoir peu de chance d'échouer au vu du faible flottant. En revanche, Oddo BHF considère cette annonce comme positive pour les actionnaires minoritaires. L'offre à 180 euros par action matérialise immédiatement la valeur du groupe avec une prime attractive de près de 24%, tout en bénéficiant d'une forte visibilité quant à son exécution.
* Jacques Bogart (+10,32% à 1,925 euro). Le spécialiste de la création, la fabrication et la commercialisation de parfums et de produits cosmétiques de luxe a indiqué que David Konckier -principal actionnaire du groupe Bogart- a entamé à titre personnel et individuel un processus d'information et de consultation exclusif en vue d'une potentielle acquisition du Groupe Marionnaud, acteur historique de la distribution sélective de parfums en Europe. Bogart, dont le marché avait trouvé les comptes 2025 un peu courts, précise anticiper une "croissance significative de son activité".
* Arverne (+7,27% à 8,56 euros). Après un passage sur le site de Schwabwiller, Portzamparc souligne une "très solide exécution opérationnelle sur les phases de développement". La société de Bourse est à 'Acheter' sur le dossier pour viser 10,6 euros.
* Boa Concept (+6,15% à 13,8 euros). Le groupe confirme l'accélération de son développement commercial à l'international, notamment sur le marché nord- américain avec une nouvelle prise de commandes portée par sa filiale au Canada. L'opération marque une étape importante dans le déploiement de la stratégie de partenariat multi-technologies outre-Atlantique.
Le groupe a aussi annoncé le déploiement de nouvelles solutions robotisées pour un acteur majeur de la logistique au service du secteur cosmétique. Ces nouvelles commandes confirment la bonne orientation de l'activité et la solidité du carnet de commandes sur l'année.
* Groupe EPC (+6,37% à 284 euros). Le spécialiste des explosifs a remporté un contrat d'un montant supérieur à 5 millions d'euros, dans le cadre de l'extension d'une centrale hydroélectrique française. Il s'agit de l'un des principaux projets de stockage d'énergie actuellement développé sur le territoire. Aux côtés d'un groupement d'entreprises spécialisé dans les travaux de génie civil, EPC Groupe participera à la réalisation d'une galerie de reconnaissance destinée à préparer une infrastructure stratégique visant à renforcer les capacités nationales de production hydroélectrique et de stockage d'électricité. Le contrat confié à EPC Groupe porte essentiellement sur les opérations de creusement d'une galerie de reconnaissance.
* Remy Cointreau (+5,63% à 45 euros). A l'approche de la publication trimestrielle du fabricant de spiritueux, Barclays indique anticiper une croissance organique bien supérieure au consensus. La banque table en effet sur une croissance interne des ventes de 2,2% au 1er trimestre, portée par la résilience du cognac, notamment en Asie (hors Chine). Elle s'attend à ce que la situation reste difficile en Chine, tandis que les Etats-Unis font face à des bases de comparaison élevées malgré des tendances sous-jacentes stables ; la région EMEA présente un tableau plus contrasté. Ce premier trimestre est perçu comme le prolongement de la stabilisation progressive observée au cours des trimestres précédents. Le broker reste malgré tout à 'sous-pondérer' en ciblant 35 euros.
Dans le même secteur, Pernod Ricard grimpe de 5,48% (65,88 euros).
* Carrefour (+3,71% à 16,51 euros). Le groupe de distribution figure parmi les plus fortes hausses du CAC 40. RBC a entamé le suivi de Carrefour avec une recommandation de 'surperformer', et un objectif de 22 euros.
* L'Oréal (+2,74% à 388,35 euros). Le groupe de cosmétiques surperforme nettement le marché, ce mardi. Le numéro 1 mondial des cosmétiques profite d'une note de RBC Capital, qui a revalorisé le dossier de 430 à 450 euros tout en réitérant son conseil 'surpondérer'. La prochaine échéance pour le groupe est fixée au 29 juillet avec la publication de ses comptes semestriels.
Kering (+1%), LVMH (+0,9%), et Hermès International (+0,83%) sont également bien orientées.
* Air France KLM (+2,5% à 13,74 euros). Plusieurs analystes ont revu leur copie sur le dossier à l'approche de la publication semestrielle de la compagnie. JP Morgan a ainsi ajusté son cours cible de 15 à 16 euros avec un avis maintenu à 'surpondérer'. La banque a surtout placé le titre du transporteur franco-néerlandais dans sa liste 'positive catalyst watch', qui regroupe les valeurs offrant le meilleur ratio rendement/risque à court terme.
* Sodexo (+1,81% à 53,4 euros). Le leader mondial des services de restauration et de Facilities Management est bien orienté en Bourse de Paris. Morgan Stanley a revalorisé l'action du groupe de restauration collective de 44 à 50 euros ('sous-pondérer').
* Atos (+1,3% à 34,4 euros). Le groupe a procédé avec succès au refinancement intégral de la tranche 1L de sa dette financière, le remboursement anticipé volontaire des obligations 1L restantes en circulation ayant été réalisé hier. "Ce refinancement marque une étape importante dans la mise en oeuvre de la stratégie d'assainissement durable de la structure financière du groupe", se félicite Atos.
* Renault (+0,69% à 26,33 euros). BYD, star chinoise de l'électrique aurait approché le groupe au losange à deux reprises au cours des dernières années. Il y a deux ans tout d'abord, lorsque Luca de Meo était encore aux manettes de Renault, BYD aurait proposé de devenir actionnaire du constructeur français. Ce dernier aurait décliné. La seconde approche daterait de l'automne 2025. Selon des informations de presse, Stella Li, à la tête des opérations européennes du géant chinois de l'électrique, aurait été reçue par Jean-Dominique Senard, le président du Conseil d'administration de Renault. La société de Boulogne-Billancourt aurait clairement pu bénéficier d'un partenariat avec la firme asiatique, notamment dans la technologie 100% électrique et hybride rechargeable, mais la volonté apparente de BYD de prendre le contrôle de Renaut aurait conduit ce dernier à repousser cette seconde approche.
* Poulaillon (9 euros). La cotation de l'action Poulaillon est suspendue dans l'attente de la publication d'une offre de retrait obligatoire. A l'issue de la clôture de l'offre initiée par Eugénie, holding détenue par Magali, Paul et Fabien Poulaillon, sur l'ensemble des actions Poulaillon non détenues, l'initiateur de l'opération détient directement 4.832.787 actions, représentant 94,55% du capital et 94,49% des droits de vote de Poulaillon. Cette position permet de mettre en place une offre retrait obligatoire. Elle sera libellé aux mêmes conditions financières que l'offre, soit 9 euros par action Poulaillon. Rappelons que le groupe Poulaillon est entré en Bourse sur Alternext à la fin 2015, à un prix de 5,1 euros l'action.
Valeurs en baisse
* Mastrad (-43,14% à 0,0029 euro). L'action du spécialiste des ustensiles de cuisine plonge après la publication des comptes du 1er semestre 2025 et des perspectives prudentes, voire moroses. Sur la période, la perte du groupe se creuse à -1,8 ME (-644 kE au 31 décembre 2024). Par ailleurs, Mastrad a fait état de 161 kE de trésorerie au 31 décembre 2025, nette de concours bancaires courants de 13 kE, soit une trésorerie nette de 148 kE. Cette position intègre les tirages effectués sur le financement obligataire avec Hexagon Capital Fund et Beluga SCI (OCABSA 2025) au cours du semestre, pour un montant total souscrit de 800 kE. Les emprunts et dettes financières s'élèvent à 1,61 ME à fin 2025 (1,41 ME au 30 juin 2025).
Mastrad, qui a arrêté le développement de plusieurs projets, fait part de discussions avancées avec plusieurs partenaires financiers en vue de la mise en place d'une "augmentation de capital significative", destinée à renforcer ses fonds propres et à assurer la continuité de son exploitation. Les perspectives sont prudentes voire assez alarmantes. Si ses négociations en cours n'aboutissent pas, "la continuité d'exploitation pourrait être mise en cause à brève échéance", dit-on chez Mastrad.
* HRS (-17,92% à 1,328 euro). Le spécialiste des stations de ravitaillement en hydrogène n'a pu reconnaître, au second semestre de son exercice en cours, qu'une partie des 7,7 ME prévus initialement sur les stations hydrogène en cours de fabrication. Le solde demeurera inscrit au carnet de commandes au 30 juin 2026 et sera reconnu au fur et à mesure de l'avancement des projets. Compte tenu de ces éléments, HRS anticipe désormais un chiffre d'affaires 2025-2026, compris entre 12 ME et 14 ME (entre 15 ME et 20 ME auparavant). L'Ebitda annuel courant devrait s'améliorer par rapport à l'exercice 2024-2025 grâce à l'accélération du vaste plan d'économies Apollo, notamment avec l'adaptation des effectifs (85 collaborateurs au 30 juin 2026 contre 137 au 30 juin 2025), la rationalisation des frais généraux et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle. HRS doit également faire face à des tensions de trésorerie.
Dans ce contexte, Portzamparc a suspendu sa recommandation et son objectif de cours "dans l'attente d'une meilleure visibilité sur le niveau de CA 26/27 et la confirmation de l'extension de l'horizon de trésorerie".
* Soitec (-17,09% à 98,16 euros) et STMicroelectronics (-7,99% à 58,3 euros). Les deux titres pâtissent d'un effet sectoriel. Samsung Electronics a chuté de plus de 10% à Séoul malgré la publication de résultats trimestriels impressionnants, mais avec des prévisions pas à la hauteur des fortes attentes. La plus grande entreprise coréenne a fait état d'un profit opérationnel préliminaire de 89,4 billions de wons (58 milliards de dollars) sur le trimestre clos fin juin, dépassant les attentes d'environ 6%. Le chiffre d'affaires a plus que doublé pour atteindre 171.000 milliards de wons (vs 169.200 MdsW attendus) avec la forte hausse des prix des puces mémoire en raison de l'explosion de la demande liée à l'IA. Les résultats du premier fabricant mondial de puces mémoire étaient scrutés de près alors que les investisseurs cherchent à justifier les investissements et les valorisations vertigineux liés à l'IA. Les actions du secteur mondial des semi-conducteurs ont atteint des niveaux records plus tôt dans l'année, mais traversent désormais une zone de turbulences en raison de craintes concernant une concurrence accrue, une éventuelle surcapacité et la rentabilité des investissements se chiffrant en centaines de milliards de dollars.
En tant qu'équipementier pour les data centers, Schneider Electric est impacté plus légèrement. Le titre recule de 3,22% à 269,4 euros
* Eiffage (-2,09% à 124,15 euros). Au travers de sa filiale Eiffage Construction, le groupe a signé l'acquisition de 80% du capital du groupe Baatz, une entreprise familiale luxembourgeoise créée en 1938, qui compte 470 salariés. Celle-ci a réalisé, en 2025, un chiffre d'affaires consolidé de 142 ME. Eiffage acquiert ainsi les sociétés de travaux du groupe Baatz, actives dans le génie civil et le terrassement, les fondations profondes, la démolition, la dépollution, le recyclage de matériaux et la production de béton prêt à l'emploi. Ces sociétés rejoindront le groupe Eiffage aux côtés de Perrard, filiale d'Eiffage Construction déjà présente au Luxembourg, afin de renforcer et compléter le savoir-faire du Groupe au dans le pays.
* Saint-Gobain (-0,88% à 78,48 euros). Le groupe a annoncé un accord définitif en vue d'acquérir Xypex, un leader mondial des adjuvants et revêtements d'imperméabilisation par cristallisation, dont le siège est basé à Vancouver au Canada. Xypex dessert plus de 100 pays avec ses solutions différenciées et emploie environ 170 personnes pour un chiffre d'affaires attendu à 110 millions de dollars canadiens en 2026. L'entreprise s'est imposée comme la marque de référence d'imperméabilisation par cristallisation -avec une position forte sur les marchés des infrastructures et dans la prescription pour le secteur de la construction- en Amérique du Nord, mais également en Asie-Pacifique et en Europe. Cette acquisition doit permettre à Saint-Gobain de renforcer sa plateforme de chimie de la construction, d'accélérer les ventes croisées et la montée en gamme. En s'appuyant sur la technologie de pointe de Xypex en matière d'imperméabilisation par cristallisation, Saint-Gobain va encore renforcer sa présence sur les marchés attractifs du non-résidentiel et des infrastructures, notamment à travers ses applications pour les transports, l'eau et les travaux souterrains. La transaction devrait être finalisée au 4e trimestre 2026, après obtention des conditions et autorisations réglementaires usuelles.
Par ailleurs, Oddo BHF a ramené sa cible de 110 à 100 euros ('surperformer').