Clôture Paris : le CAC 40 sauve les 8.200 pts, malgré le plongeon de l'IA à Wall Street

Le CAC 40 poursuit sur sa lancée ce jeudi, au lendemain d'une hausse de 1,96%. Les 8.200 pts ont été sauvés en fin de journée, malgré le plongeon du Nasdaq, plombé par ses valeurs IA. L'indice phare p...

Le CAC 40 poursuit sur sa lancée ce jeudi, au lendemain d'une hausse de 1,96%. Les 8.200 pts ont été sauvés en fin de journée, malgré le plongeon du Nasdaq, plombé par ses valeurs IA. L'indice phare parisien n'a donc pas démérité et termine en hausse de 0,34% à 8.205 pts au beau milieu d'une avalanche de publications comprenant quelques belles performances saluées... Le baril de Brent de la mer du Nord se stabilise vers les 96$ suite à sa récente correction. Le rendement de l'obligation française à 10 ans se détend à 4,79% environ. L'euro se tasse face au billet vert à 1,1223$. L'once d'or fin gagne 1,1% à 4.110$. Le bitcoin revient sur les 76.700$.

Wall Street retombe brutalement ce jeudi à mi-parcours, effaçant son rebond de la veille consécutif à la victoire démocrate au Congrès. Au lendemain d'une séance de forte progression marquée par un gain de plus de 3% sur l'indice historique Dow Jones et une progression de 1,44% du Nasdaq, les indices rechutent avec surtout le compartiment de l'IA, littéralement massacré. Le S&P 500 abandonne près de 3,2%, alors que le DJIA - qui flirtait avec ses records - reperd 2,4%. Le Nasdaq s'effondre de 4,4% sur fond de grande nervosité concernant l'IA et les projets de centres de données. Parmi les grandes victimes du jour, la star de l'IA Nvidia s'écroule de 7%, tandis que son challenger AMD dévisse de 13%. Le géant des puces mémoire Micron flanche de 13%, alors que SK Hynix abandonne 9% environ. Les néoclouds CoreWeave (-9%), IREN Ltd (-13%) et Nebius (-14%) sont très attaqués. Même les hyperscalers, pourtant très bien orientés hier, corrigent.

Le S&P 500 avait enregistré hier sa meilleure séance depuis début août et le Dow Jones depuis le 25 avril. Les secteurs de la distribution, du bâtiment, du transport aérien, des hyperscalers, des banques et du solaire s'étaient particulièrement distingués hier avec les spéculations post-électorales. Les semi-conducteurs, la mémoire ou le néocloud avaient reculé en revanche, tout comme l'ingénierie, le commerce des infrastructures d'IA étant scruté de près après les élections. Ce recul se transforme en chute ce jeudi, une véritable purge frappant le compartiment alors que tout avait commencé sous la forme d'une simple rotation sectorielle.

A Paris, les publications d'activité à neuf mois sont nombreuses aujourd'hui, avec notamment Engie, Legrand, Veolia, ArcelorMittal, Air France-KLM, SES, Bouygues, Arkema (...). L'Europe parvient donc à résister ce soir malgré cette volatilité extrême de Wall Street suite aux élections de mi-mandat américaines et dans un contexte d'optimisme entourant les perspectives d'un accord américano-iranien pour mettre fin au conflit. Quoi qu'il en soit, les investisseurs craignent que l'examen minutieux par les démocrates du développement des centres de données ne freine grandement les (sur)investissements.

Parmi les points positifs, Trump a réaffirmé que les États-Unis n'avaient pas l'intention de frapper l'Iran dans l'immédiat. Le vice-président Vance a également reconnu que le conflit iranien avait joué un rôle dans les résultats des élections et les sénateurs démocrates se sont engagés à y mettre fin.

La politique des banques centrales est également au centre de l'attention en Europe. La Banque d'Angleterre (BoE) a, comme prévu, relevé ses taux d'intérêt à la mi-journée et a indiqué qu'au moins une nouvelle hausse était probable si le conflit entre les États-Unis et l'Iran se poursuivait. Le Comité de politique monétaire a voté, par 8 voix contre 1, une augmentation du taux directeur d'un quart de point pour le porter à 4%. "Le relèvement d'aujourd'hui ne doit pas être considéré comme le premier d'une longue série inévitable. Mais à moins que le conflit au Moyen-Orient ne soit résolu, il semble peu probable qu'il soit le dernier", a déclaré le gouverneur, Andrew Bailey. Il s'agit de la première hausse des taux d'intérêt au Royaume-Uni depuis août 2023, alors que l'inflation dépassait 6%.

Côté données économiques, les commandes industrielles allemandes de septembre ont augmenté comme attendu de 4,4% d'un mois sur l'autre, rebondissant après la forte baisse du mois antérieur. La production industrielle de septembre en France a affiché une baisse surprise de 0,5% selon l'Insee. Les prix à la production dans la zone euro en septembre ont progressé comme attendu selon Eurostat (+2,5% en septembre après une hausse de 2% en août). Demain, le rapport gouvernemental sur l'emploi américain d'octobre clôturera la semaine. Les créations d'emplois non agricoles devraient augmenter de 62.000 en octobre selon FactSet, après une hausse de 29.000 en septembre. Le taux de chômage devrait se maintenir à 4,2%.

Valeurs en hausse

JCDecaux (+5,8%) a publié un chiffre d'affaires du troisième trimestre de 1,01 milliard d'euros, en croissance de 9,1% en données publiées et de 6,6% en organique. Le chiffre d'affaires digital affiche 15,3% de croissance organique et représente 45,4% du CA du groupe. Le groupe souligne par ailleurs la croissance organique de 37,5% du chiffre d'affaires programmatique, qui représente 13,3% du chiffre d'affaires digital. Le chiffre d'affaires à 9 mois atteint 2,96 milliards d'euros, en croissance organique de 6%. Pour son 4e trimestre, JCDecaux vise une croissance organique du chiffre d'affaires "autour de +6%".

Arkema (+1,7%) a confirmé ses objectifs 2026. Au 3e trimestre, l'EBITDA a atteint 332 millions d'euros, en hausse de 7% pour une marge stable à 14,1%. Le groupe reste pleinement concentré sur les leviers sous son contrôle, contribuant à son efficacité opérationnelle et sa discipline d'allocation du capital. Arkema est ainsi en ligne avec son objectif de compenser l'inflation des frais fixes en 2026 grâce à l'optimisation continue de ses opérations et aux initiatives de rationalisation, en s'appuyant sur les départs naturels pour réduire ses effectifs de 3% en 2026. Le groupe continuera de gérer rigoureusement son besoin en fonds de roulement afin de limiter l'impact de l'inflation et confirme également des investissements inférieurs à 600 millions d'euros sur l'année. Arkema poursuit la mise en oeuvre de sa feuille de route stratégique vers les Matériaux de Spécialités, en maintenant une forte dynamique d'innovation et en développant davantage ses technologies différenciées sur des marchés et des applications attractifs. Le Groupe confirme que la contribution additionnelle à l'EBITDA de ses projets majeurs devrait s'élever à environ 50 ME. Arkema est en ligne avec son objectif de réaliser un EBITDA 2026 légèrement supérieur à l'an dernier à taux de change constants.

Air France-KLM (+12,1%) grimpe après sa publication et avec le recul des cours du brut. La compagnie franco-néerlandaise dévoile des résultats trimestriels supérieurs aux attentes mais revoit à la baisse ses perspectives de capacité pour l'année et annonce une intensification de la restructuration de sa filiale néerlandaise. Sur les trois mois clos fin septembre, le groupe enregistre un résultat opérationnel ajusté de 1,34 milliard d'euros, contre 1,22 MdE un an plus tôt et 1,1 MdE attendu. Ce résultat s'explique en grande partie par la forte demande pour les liaisons directes vers l'Inde, l'Asie et l'Afrique de l'Est, ainsi que par une demande résiliente sur les liaisons transatlantiques, et par le succès de l'offre premium proposée par l'entreprise. Le groupe a précisé avoir réduit au strict minimum les dépenses discrétionnaires au cours du trimestre et suspendu le recrutement de personnel non opérationnel. Le chiffre d'affaires augmente de 7,6% à 9,92 MdsE (+12,3% à change constant). La marge opérationnelle s'améliore ainsi de 0,3 point à 13,6%. Le bénéfice net ressort à 938 ME, contre 730,8 ME attendus par les analystes.

SES (+8,4%) a publié à neuf mois des revenus en forte croissance de 45,5% à changes constants à 2,47 milliards d'euros pour un EBITDA ajusté en progression de 40% à 1,14 milliard d'euros. SES réitère ses perspectives financières pour 2026, sur une base comparable (en supposant qu'Intelsat ait été consolidé depuis le 1er janvier 2024) et à taux de change constants. Sur cette base, SES prévoit, pour 2026, une stabilité de son chiffre d'affaires et de son EBITDA ajusté par rapport à l'année précédente. Les investissements (flux de trésorerie net affecté aux activités d'investissement, hors acquisitions, investissements financiers et bande C) sont désormais attendus autour de 600 millions d'euros (contre 700 millions d'euros précédemment). SES entend poursuivre le développement de ses capacités en orbite terrestre moyenne (MEO) via meoSphere, son réseau MEO multi-missions de nouvelle génération, soutenu par des acteurs innovants du secteur spatial (New Space), notamment dans le cadre d'un partenariat avec K2 Space.

Bouygues (+2,6%) ajuste à la hausse sa guidance annuelle. Le conglomérat anticipe désormais une légère hausse de son résultat opérationnel courant des activités en 2026 contre un précédent objectif d'un "maintien du ROCA à un niveau historiquement élevé". Bouygues a également confirmé son objectif de stabilité du chiffre d'affaires à taux de change constants en 2026. L'amélioration du ROCA d'Equans, et dans une moindre mesure de celui de Bouygues Construction, permettra de plus que compenser la baisse attendue du ROCA de TF1 en lien avec les tensions anticipées sur le marché publicitaire linéaire, de celui de Bouygues Telecom en lien avec la hausse prévue des amortissements, et de celui de Bouygues Immobilier en lien avec les tensions sur le marché de l'immobilier. Sur les neufs premiers mois de l'exercice, Bouygues affiche un ROCA de 1,86 milliard d'euros (+2,4%), porté par Equans et dans une moindre mesure Bouygues Construction, pour un chiffre d'affaires à 41,63 milliards d'euros (-0,1%).

Valeurs en baisse

Engie (-0,3%) dévoile des résultats sur neuf mois en amélioration et et ajuste à la hausse sa guidance annuelle. Sur la période, le groupe énergétique enregistre un EBIT (hors Nucléaire) de 7 milliards d'euros, en hausse de 9,7% en brut et 3,3% en organique, pour un chiffre d'affaires de 54,3 milliards d'euros, en augmentation de 2,9% en brut (+2,5% en organique). L'EBITDA s'établit à 10,9 MdsE, en hausse de 0,5% en brut et en baisse de 4,6% en organique. L'EBITDA (hors Nucléaire) ressort à 10,7 MdsE, en progression de 8,9% en brut et 3,3% en organique. Le cash flow des opérations atteint 7,5 milliards d'euros, en baisse de 4 MdsE par rapport aux neuf premiers mois de 2025. Cette évolution reflète notamment une variation défavorable du besoin en fonds de roulement en lien avec des prix de l'énergie plus élevés. Le groupe confirme tabler sur un résultat net part du groupe annuel compris entre 4,9 et 5,5 milliards d'euros et un Ebit hors nucléaire compris entre 9,2 à 10,2 MdsE, mais estime désormais qu'ils ressortiront dans le haut de leurs fourchettes respectives.

Jacquet Metals (-1,6%) a annoncé un chiffre d'affaires de 1,479 MdE à neuf mois (+3,7%), pour un EBITDA courant de 95 ME (6,4% du chiffre d'affaires vs 4,9% un an avant) et un cash flow d'exploitation de 37 ME. Le résultat net part du groupe atteint 34 ME, contre 9 ME à fin septembre 2025. La marge brute représente 25,4% du chiffre d'affaires (T3 : 25,9%) contre 23,5% au 30 septembre 2025. Sur le seul T3, le chiffre d'affaires ressort à 478 ME pour un EBITDA courant de 35 ME et un résultat net pdg de 12 ME.

Stellantis (-4,7%) a annoncé la nomination de Pablo Di Si au poste de Chief Operating Officer pour l'Amérique du Nord et les marques américaines, avec effet immédiat. Il rejoint l'équipe dirigeante de Stellantis et sera rattaché directement à Antonio Filosa, CEO de Stellantis.

ArcelorMittal (-1,1%) dévoile des résultats légèrement supérieurs aux attentes au troisième trimestre, porté par ses investissements de croissance, l'optimisation de ses actifs et l'amélioration de l'activité européenne. Le deuxième sidérurgiste mondial a réalisé sur les trois mois clos fin septembre un Ebitda de 2,02 milliards de dollars, contre 1,51 Md$ un an plus tôt et 1,89 Md$ de consensus 'Bloomberg'. ArcelorMittal a toutefois accusé une perte nette de 391 M$ sur la période, affectée par des dépréciations d'actifs et de charges exceptionnelles liées à la mise à l'arrêt de ses activités de Kryvyi Rih en Ukraine. Le marché tablait sur un résultat positif. Le chiffre d'affaires a grimpé de 5,2% à 16,47 Mds$, contre 17,1 Mds$ attendus. Arcelor anticipe, pour le second semestre 2026, des livraisons supérieures à celles du premier semestre. L'entreprise a confirmé ses perspectives d'un flux de trésorerie disponible positif pour 2026 et au-delà.

Veolia (-0,1%) annonce une croissance renforcée au troisième trimestre à +5%, soutenue notamment par la performance de l'International et les activités Eau. Le groupe évoque une confirmation de son "positionnement unique", Veolia proposant des solutions propriétaires pour sécuriser des besoins critiques comme l'accès à l'eau, ou les ressources locales. Il souligne l'amélioration de la marge d'EBITDA de +50 pbs, portée par la croissance organique et la rigueur continue des plans d'efficacité. A neuf mois, le chiffre d'affaires atteint 33,31 milliards d'euros (+2,1% à périmètre et change constants), pour un EBITDA en hausse de 5,1% à 5,4 milliards d'euros représentant une marge de 16,2% en hausse de 50 points de base. L'EBIT courant progresse de 6,7% à 2,95 milliards d'euros. Les objectifs 2026 sont confirmés.

Legrand (-0,1%) rate son rebond malgré le relèvement de ses objectifs annuels pour la deuxième fois de l'année. Le spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment table désormais sur une croissance annuelle comprise entre 20% et 22%, dont une croissance organique comprise entre 11% et 13%, contre 8 à 10% précédemment. La société a enregistré un résultat opérationnel sur neuf mois de 1,595 milliard d'euros contre 1,33 MdE un an plus tôt avec un bénéfice net de 1,075 milliard d'euros (+20%) pour un chiffre d'affaires en hausse organique de 12,7% à 8,33 MdsE. Les ventes aux États-Unis, qui représentent près de 45% du chiffre d'affaires de Legrand, ont bondi de 28,7% à structure et taux de change constants, avec 32,7% sur le troisième trimestre, porté notamment par "la forte dynamique des offres dédiées aux centres de données", selon un communiqué.

TotalEnergies abandonne 1,1% alors que le Brent se stabilise à 96$ le baril. Les valeurs liées à l'IA corrigent. Soitec chute encore de 16,7% alors que les opérateurs se délestent depuis les élections américaines de mi-mandat de ces valeurs associées de près ou de loin au développement des infrastructures d'intelligence artificielle. STMicroelectronics abandonne 9,3% ce soir et X-Fab 7,7%. Mersen rend 5,2%.

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