Clôture Paris : le CAC 40 cale, plombé par le luxe et les semi-conducteurs

Après deux séances de progression, le marché parisien cale ce mardi soir, avec un CAC 40 en repli de 0,07% à 7.828 points. La séance a été marquée par un nouveau coup de fatigue du secteur du luxe : l...

Après deux séances de progression, le marché parisien cale ce mardi soir, avec un CAC 40 en repli de 0,07% à 7.828 points. La séance a été marquée par un nouveau coup de fatigue du secteur du luxe : le numéro un mondial LVMH, qui ouvrait la saison des publications d'entreprises à Paris, a ravivé les doutes sur la reprise du secteur du luxe. L'action a réduit ses pertes et termine quasiment à l'équilibre, mais elle a fait tanguer ses concurrents Hermès et Kering.

Les actions européennes du secteur des semi-conducteurs ont souffert également, emboîtant le pas à une vague de ventes en Asie et aux États-Unis, après que le DG de Broadcom, Hock Tan,a mis en garde contre une surchauffe du sentiment de marché. Une intervention qui fait désordre alors que les investisseurs s'interrogent déjà sur la pérennité du rythme des investissements technologiques face à des inquiétudes croissantes concernant la sécurité et à des signes de tensions sur le financement. A Paris, STMicroelectronics chute de plus de 3%.

Du côté des hausses, Publicis, qui dévoilait ses revenus pour le troisième trimestre, fait partie des bons élèves du jour : le géant de la communication a confirmé ses prévisions pour l'ensemble de l'année, après avoir publié une croissance organique supérieure aux attentes au titre du troisième trimestre, portée par la demande des clients en matière de marketing basé sur l'intelligence artificielle (IA).

VALEURS EN HAUSSE

Après un mauvaise départ, Publicis gagne 2,2% à 100,9 euros après avoir confirmé ses prévisions pour l'ensemble de l'année. Le géant de la communication a dévoilé une croissance organique supérieure aux attentes au titre du troisième trimestre, portée par la demande des clients en matière de marketing basé sur l'intelligence artificielle. Le chiffre d'affaires organique a progressé de 5% au cours du trimestre, contre un consensus logé à 4,8%. La direction a réitéré son objectif d'atteindre une croissance organique du revenu net dans la fourchette de +4,5% à +5% pour l'ensemble de l'année 2026 avec une confiance renforcée grâce à l'impact positif du new business, à son taux de rétention client et à la croissance de l'ensemble de sa clientèle depuis le début de l'année. Le management a également confirmé viser un taux de marge opérationnelle légèrement au-dessus de 18,2%, tout en maintenant un niveau d'investissement élevé, et un free cash-flow de 2,2 milliards d'euros environ, avant variation du besoin en fonds de roulement et sur la base d'une parité de change de 1,161 dollar par euro.

Remy Cointreau et Pernod Ricard se distinguent avec des titres en hausse respective de 5,4% et 4,9%. Les deux groupes de spiritueux bénéficient de la publication de LVMH. Si le numéro un mondial du luxe a vu sa division principale, la mode et de maroquinerie, souffrir au troisième trimestre, sa branche vins et spiritueux a enregistré une belle performance. L'activité a progressé de 5% en organique sur les neuf premiers mois de 2026 avec une hausse de 6% sur le seul 3e trimestre, contre +0,3% de consensus. "L'activité Champagne a conforté ses signes de reprise observés depuis le début de l'année, notamment en Europe. Moët & Chandon continue de bénéficier d'une forte visibilité durant sa deuxième saison des Grands Prix de Formule 1 en tant que champagne officiel. Le cognac Hennessy connaît une bonne dynamique en Asie tandis que le marché américain bénéficie du lancement de la nouvelle gamme de cocktails VS 'prêts à servir'. Les Rosés de Provence poursuivent leur bonne progression", a détaillé LVMH.

Credit Agricole avance de 1% à 15,9 euros. Plusieurs analystes ont ajusté leur objectif de cours sur le dossier en amont de la publication trimestrielle de la banque. KBW a ainsi abaissé le curseur de 20,5 à 18 euros tout en restant à 'sous-performer' alors que RBC Capital a réduit la mire de 20 à 19 euros avec un avis maintenu à 'performance sectorielle'. De son côté, Barclays a remonté sa cible de 19,4 à 20,9 euros après avoir mis à jour ses estimations avant les résultats du troisième trimestre. Sur le trimestre clos, le broker intègre une plus-value d'environ 350 ME liée à la cotation de SBI FM, des événements météorologiques importants pesant sur l'assurance dommages et la poursuite des vents contraires sur les ventes de voitures d'occasion. Il relève de 5 à 7% ses estimations de BPA 2026-2028, grâce à la banque de détail française et au pôle Asset Gathering (gestion d'épargne). Le courtier reste à 'pondération en ligne', la valorisation lui paraît peu exigeante, mais il souhaite rester sélectif sur les banques françaises, et voit un momentum de résultats plus fort ailleurs dans le secteur et relève une incertitude sur les projets d'acquisition en Italie autour de Banco BPM.

Technip Energies grimpe de 2,8% à 30,3 euros, soutenu par une note d'analyste. Goldman Sachs est en effet passé à l'achat' sur la valeur en visant 35 euros. La banque estime que de nouveaux projets gaziers pourraient générer environ 10,5 milliards d'euros de commandes futures et stimuler la croissance à partir de 2027. Elle note que le recul de 23% du titre depuis fin mars l'a rendu sous-évalué et moins cher que la plupart des sociétés comparables.

VALEURS EN BAISSE

LVMH (-0,1% à 384 euros) a réalisé sur les neuf premiers mois de 2026 des ventes totales de 57,15 milliards d'euros. La croissance organique ressort à 2%. Au troisième trimestre, la croissance organique des ventes (+1% en glissement annuel) reflète l'impact sur l'activité d'un contexte moins porteur en Chine tandis que les États-Unis, l'Europe et le Japon connaissent une bonne croissance. Les ventes du 3e trimestre, de 18,5 milliards d'euros, se comparent à un consensus FactSet de 18,44 milliards d'euros. Le groupe d'activités Mode et Maroquinerie, où les marges sont les plus importantes, bénéficie du dynamisme du marché américain mais est impacté sur le dernier trimestre par le ralentissement de la demande en Chine. Le groupe d'activités recule de 2% en organique à neuf mois.

Dans le secteur du luxe, Kering et Hermès reculent aussi d'environ 1,5%.

STMicroelectronics perd 3,8% à 43,8 euros. Lors d'un événement à Singapour, Hock Tan a déclaré que l'essor de l'IA avait attiré des investisseurs dont les stratégies s'apparentent à celles de joueurs de casino. Une intervention qui fait désordre alors que les investisseurs s'interrogent déjà sur la pérennité du rythme des investissements technologiques face à des inquiétudes croissantes concernant la sécurité et à des signes de tensions sur le financement.

Medincell recule de 7,7% à 25,6 euros et efface une partie de ses gains récents. Le titre s'était envolé de plus de 17% vendredi après que Teva a annoncé que la Food and Drug Administration (FDA) américaine avait approuvé Weltruza (Olanzapine LAI), suspension injectable sous-cutanée à libération prolongée d'Olanzapine développée par la société française pour le traitement de la schizophrénie chez l'adulte. En tant que partenaire commercial de Medincell, Teva Pharmaceuticals prévoit de rendre Weltruza disponible aux États-Unis dans les prochaines semaines avec trois dosages différents administrés une fois par mois.

Valbiotis plonge de 16,8% à 0,54 euro. Valbiotis a prévenu que la dynamique commerciale s'est poursuivie au troisième trimestre, mais à un rythme inférieur aux attentes. Dans ce contexte, Valbiotis renonce par prudence à son ambition de chiffre d'affaires à 3 ME sur l'ensemble de l'exercice 2026. La société retire en conséquence les ambitions financières communiquées au marché pour 2027 (chiffre d'affaires supérieur à 25 ME et EBITDA positif) et pour 2030 (chiffre d'affaires de plus de 100 ME, assorti d'une marge d'EBITDA entre 25 et 30%).

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