Bien orienté en matinée, la tendance du marché parisien s'est progressivement dégradée, à l'approche de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE). Le CAC 40 s'est hissé au-dessus des 8.300 points en début de séance, jusqu'à 8.312,68 points, un niveau pas revu depuis le 16 janvier dernier. A la mi-journée, le mouvement s'est émoussé pour finalement, terminer la séance en repli contenu de -0,29% à 8.238 pts.
A la mi-journée, la Banque d'Angleterre a, la première, annoncé ses décisions de politique monétaire. Sans surprise, elle a laissé ses taux inchangés mais la décision a été plus serrée que prévu. La BoE a maintenu son taux directeur à 3,75% à l'issue d'un vote à 5 voix contre 4. Dans ses prévisions actualisées, la Banque prévoit que l'inflation atteindra son objectif de 2% en avril, et met en garde contre un ralentissement de la croissance et une hausse du chômage. Le gouverneur Andrew Bailey, qui a été l'un des cinq membres du Comité de politique monétaire à avoir soutenu la décision, a ouvert la porte à un nouvel abaissement des taux en cours d'année, mais la priorité reste la maîtrise de l'inflation. "Nous devons nous assurer que l'inflation reste à ce niveau, c'est pourquoi nous avons maintenu les taux inchangés à 3,75% aujourd'hui... Si tout se passe bien, il devrait être possible de réduire encore le taux directeur cette année", a-t-il déclaré.
Le point d'orgue de la journée pour les bourses européennes était la première réunion de l'année de la Banque centrale européenne (BCE). L'institution de Francfort a également décidé de maintenir inchangés ses trois taux d'intérêt directeurs. Les taux d'intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal resteront donc à respectivement : 2%, 2,15% et 2,40%. Cette décision a été prise à l'unanimité par le Conseil des gouverneurs de la BCE.
L'évaluation actualisée du Conseil des gouverneurs confirme une nouvelle fois que l'inflation devrait se stabiliser au niveau de son objectif de 2% à moyen terme. L'économie européenne continue donc de résister dans un environnement mondial difficile. La croissance est soutenue par le faible niveau de chômage, la solidité des bilans dans le secteur privé, le déploiement progressif des dépenses publiques supplémentaires consacrées à la défense et aux infrastructures et les effets bénéfiques des réductions passées des taux d'intérêt directeurs.
Les perspectives restent cependant incertaines, en particulier en raison des incertitudes entourant les politiques commerciales au niveau mondial et des tensions géopolitiques.
Le Conseil des gouverneurs est déterminé à assurer la stabilisation de l'inflation au niveau de son objectif de 2% à moyen terme, sans s'engager à l'avance sur une trajectoire de taux particulière. Le Conseil des gouverneurs se tient prêt à ajuster l'ensemble de ses instruments, dans le cadre de son mandat, pour assurer la stabilisation de l'inflation au niveau de son objectif de 2% à moyen terme et pour préserver la bonne transmission de la politique monétaire.
Lors de sa conférence de presse, Christine Lagarde, Présidente de la BCE, a estimé que les perspectives d'inflation en zone euro sont plus incertaines que d'habitude.
L'inflation pourrait s'avérer plus faible si les droits de douane réduisent la demande d'exportations de la zone euro davantage que prévu, et si les pays en situation de surcapacité augmentent encore leurs exportations vers la zone euro. A contrario, l'inflation pourrait s'avérer plus élevée en cas de hausse persistante des prix de l'énergie, ou si une plus grande fragmentation des chaînes d'approvisionnement mondiales entraînait une hausse des prix à l'importation, une réduction de l'approvisionnement en matières premières essentielles et une aggravation des contraintes de capacité dans l'économie de la zone euro.
Globalement, la zone euro continue de faire face à un environnement politique mondial instable, notamment avec les difficultés liées aux droits de douane. La priorité de la BCE reste la maîtrise de l'inflation.
En revanche, la BCE réaffirme ne pas avoir d'objectif de taux de change. Christine Lagarde considère que l'évolution de la parité euro/dollar est "globalement conforme" à la moyenne générale depuis la création de l'euro.
Sur le plan de la statistique macroéconomique, les ventes au détail dans les pays partageant l'euro ont baissé de- 0,5% en décembre sur un mois, (-0,2% attendu), après une hausse de +0,1% en novembre. Sur un an, les ventes au détail progressent de +1,3% en décembre (+2,4% le mois précédent) contre un consensus à +1,6%.
En outre en France selon les données de l'Insee, la production industrielle a accusé une baisse surprise de -0,7% en décembre (+0,2% d'un mois sur l'autre en décembre). En novembre, la production industrielle avait progressé de +0,1% (révisé de -0,1%).
Après les décisions de politique monétaire, les rendements des obligations d'Etat de la zone euro sont stables.
Outre-Atlantique, les publications de mastodontes de la cote se poursuivent et Wall Street est sous pression. A 17h30, le S&P 500 est dans une 3e séance consécutive de repli. Il fléchit de -1,34% à 6.790 pts. Les valeurs industrielles du Dow Jones reculent de -1,11% à 48.953 pts. Egalement dans une 3e séance consécutive de repli, le Nasdaq redonne encore -1,58% à 22.543 pts.
Ce jeudi, les pétroles sont encore en retrait. En Europe, à 17h40, le baril de Brent de mer du Nord recule de -1,9%, à 67,64$. La référence américaine, le baril de brut WTI, baisse -1,55% à 63,41$.
La monnaie européenne se stabilise (-0,05%) et s'échange 1,1802$. La BCE a laissé inchangés les taux directeurs de la zone euro. Par ailleurs, Christine Lagarde a minimisé l'impact d'un euro fort et son impact sur les décisions futures de la banque centrale. La présidente de la BCE a indiqué que les fluctuations du taux de change sont, depuis l'année dernière, intégrées dans le scénario de référence de Francfort.
A 17h40, l'once d'or redonne -1,46% à 4.891$ (4.144 euros). Elle était montée à un record de 5.594$, le 29 janvier.
Après déjà son violent décrochage de vendredi, l'argent plonge encore. A 17h40, l'once s'enfonce de -12,58% à 77,24$ (121,64$ à son apogée, le 29 janvier).
Le Bitcoin s'allège encore de -5,79%, revenant à 68.173$ à 17h40. Le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a laissé entendre que l'administration Trump n'est pas pressée d'intervenir pour soutenir le secteur des cryptomonnaies.
Valeurs en hausse
* ArcelorMittal (3,09% à 49,01euros) Après sa publication annuelle, l'aciériste évolue autour de ses plus hauts niveaux, niveaux oubliés depuis 2011. Le premier sidérurgiste européen a dégagé un Ebitda de 1,59 Md$ pour un chiffre d'affaires de 14,97 Mds$. La société basée au Luxembourg prévoit un Capex pour 2026 de 4,5 à 5 Mds$ afin de soutenir la croissance à moyen et long terme. Il estime que la demande mondiale d'acier hors Chine devrait croître d'environ +2% au cours de l'exercice en cours.
* Publicis (+2,76% à 78,8 euros) se reprend, mais le compte n'y est toujours pas du côté de CapGemini (-0,88% à 118,05 euros), qui peine à rebondir. Les deux titres viennent de subir deux séances de forte baisse à cause des inquiétudes de l'essor de l'IA sur certains modèles économiques, comme les logiciels et la publicité.
* Legrand (+2,48% à 138,2 euros) / Schneider Electric (+0,38% à 248,835euros). Les entreprises européennes exposées à l'intelligence artificielle et aux centres de données sont en vue en raison de la perspective de dépenses massives dans l'IA, du fait de l'incroyable plan d'investissement annoncé par Alphabet (-3,25%) hier soir. La maison mère de Google va investir 185 Mds$ cette année (119,5 Mds$ attendus par les analystes) afin de poursuivre son développement à marche forcée dans l'IA. Ces prévisions de dépenses pour 2026 sont supérieures à celles cumulées des 3 années précédentes.
* LightOn (+2,37% à 6,04 euros). Le spécialiste du développement de solutions logicielles d'intelligence artificielle (IA) générative est bien orienté après la publication d'un chiffre d'affaires 2025 en forte croissance de 54% à 1,7 ME, réalisé principalement en France. Il est "logiquement en ligne avec notre attente compte tenu des éléments communiqués mi-décembre sur l'ARR (1,9 ME +59% vs 1,9 ME)", estime Portzamparc. "Les prochains mois devraient ainsi être animés par des annonces de nouveaux contrats" poursuit l'analyste. LightOn confirme donc son objectif d'atteindre l'équilibre d'Ebita en fin d'année 2026. "Notre TP de 5,6 euros est inchangé après ce point d'étape conforme aux attentes. Les annonces commerciales attendues dans les prochains mois permettront de préciser la trajectoire future" conclut l'analyste.
* BNP Paribas (+1,15% à 91,98 euros). La banque du boulevard des Italiens est bien orientée après avoir présenté un bénéfice meilleur que prévu au 4e trimestre. Malgré l'activité de la banque d'investissement, elle est portée par la croissance de la division assurance et gestion d'actifs ainsi que par une légère reprise de banque de détail. Le résultat net part du groupe pour les 3 mois clos à fin décembre est ainsi ressorti à 2,97 MdsE, en hausse de +28% sur un an, dépassant les 2,84 MdsE attendus en moyenne par le consensus de marché. Le groupe vise une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE), supérieure à 13% d'ici 2028 (13% précédemment). BNP Paribas souhaite également porter son coefficient d'exploitation à moins de 56% (environ 58% précédemment). La croissance annuelle moyenne du résultat net part du groupe est anticipée au-dessus de 10% sur la période 2025-2028, aidée par "l'amélioration significative du coefficient d'exploitation". BNP Paribas prévoit des mesures d'efficacité, opérationnelles en 2026 à hauteur environ de 600 ME, portant le total des économies de coûts récurrentes pour la période 2022-2026 à 3,5 MdsE, soit au-dessus des 2,9 MdsE initialement prévus. Kumulus Vape dit aborder l'exercice 2026 avec la volonté de renouer avec la croissance mais ne communique pas d'objectif chiffré.
Valeurs en baisse
* Kumulus Vape (-4,81% à 3,76 euros). Sur l'ensemble de l'année 2025, Kumulus Vape a enregistré un chiffre d'affaires consolidé de 57,4 ME, en retrait de -5,5% par rapport à 2024. Kumulus Vape évoque la baisse continue du prix moyen des dispositifs et la progression du marché parallèle qui ont accentué la pression sur l'ensemble de la filière des cigarettes électroniques.
Par ailleurs, le spécialiste de la 'vape' vient d'inaugurer Labster, son unité de production d'e-liquides et concentrés DIY. Implanté sur 700 m2 au coeur de la Métropole de Lyon, à proximité immédiate du siège du groupe, cet outil industriel de dernière génération concrétise une stratégie de verticalisation maîtrisée et de montée en gamme. Une montée en puissance progressive est également prévue au cours de l'année 2026, avec le lancement de nouveaux "produits signature" estampillés Labster, qui viendront enrichir le portefeuille de marques propriétaires du Groupe. Chloé Wolff est nommée Directrice de Production et Responsable du site Labster.
* Crédit Agricole (-2,5% à 17,72 euros). La banque verte a fait état d'un résultat net de 1,03 MdE au 4e trimestre, en baisse de -39,3% sur un an, impacté par la première consolidation de Banco BPM pour -607 ME, enregistrée sur la ligne des mises en équivalence. Le Crédit Agricole a porté sa participation dans son concurrent italien à un peu plus de 20%, dans un contexte de forte activité de fusions-acquisitions sur son 2e marché. Le produit net bancaire atteint 6,966 MdsE, en repli de 1,8%. Le consensus 'Bloomberg' tablait sur un bénéfice net de 1,1 MdE pour des revenus de 6,78 MdsE. A l'instar d'autres grandes banques européennes, Crédit Agricole a bénéficié de la hausse des taux d'intérêt et de la résilience de la demande de prêts, en particulier dans ses activités internationales et entreprises, alors même que les marges de la banque de détail en France sont restées sous pression...
* Engie (-2,04% à 25,47 euros). JP Morgan a abaissé sa recommandation à 'neutre', estimant que le marché comprend mieux le groupe énergétique avec un écart de valorisation qui se réduit par rapport à ses concurrents. L'objectif de cours est maintenu à 24,50 euros.
Plus accessoirement, Engie a indiqué lancer Enermap, un outil gratuit au service des territoires pour accélérer la transition énergétique en France. Développé par Engie, Enermap est un site web en accès libre, conçu pour permettre aux élus et citoyens d'identifier facilement le potentiel de développement des énergies renouvelables de leur territoire. Il indique le potentiel de développement dans l'éolien, le solaire, les batteries, l'hydroélectricité, le biogaz, ainsi que les réseaux de chaleur et de froid.
* Figeac Aéro (-1,89% à 10,4 euros). Le sous-traitant de l'aéronautique a fait part d'un chiffre d'affaires historique de 121,1 Me pour le 3e trimestre de son exercice 2025-2026 (du 1er octobre au 31 décembre 2025), en croissance organique de 17,8% (+17,6% en données publiées) sur un an. Il s'agit d'un nouveau plus haut historique pour un trimestre. Les deux divisions du Groupe contribuent à ce bon résultat. Les activités Aérostructures & Aéromoteurs sont en croissance organique de +17,8% sur le trimestre à 111,2 ME, portées par une forte croissance sur les programmes Airbus et LEAP. Le chiffre d'affaires des activités Défense & Énergie s'inscrit en croissance de +17,3%, pour atteindre 9,9 ME.
Sur les 9 premiers mois de l'exercice, le chiffre d'affaires s'élève à 336,4 ME, en croissance organique de +12,4% (+11% en données publiées). Cette performance est annoncée parfaitement en ligne avec l'objectif annuel de chiffre d'affaires entre 470 ME et 490 ME, qui constituera pour Figeac Aéro un nouveau plus haut historique.
* Sodexo (-1,47% à 45,44 euros). Le groupe pâtit d'une note de Jefferies, qui réduit son objectif sur le dossier de 44 à 41 euros ('conserver'). En outre, le marché est influencé par les résultats de Compass Group (-1,96%) à Londres. Le plus grand prestataire de restauration collective au monde a fait état d'une croissance organique de +7,3% au 1er trimestre, portée par une croissance soutenue dans ses segments sports & loisirs ainsi que entreprises & industries. Si la progression ressort supérieure aux attentes des analystes (+7,1%), elle marque néanmoins un ralentissement par rapport à la hausse de +9,2% enregistrée un an plus tôt.
Dans le secteur, Groupe Crit (-3,26% à 65,2 euros) est également mal orienté.
* Renault (-0,59% à 31,93 euros) / Stellantis (-5,69% à 8,173 euros). Les notes d'analystes prudentes se succèdent dans le secteur automobile. Goldman Sachs reste 'neutre' sur le constructeur au losange, mais a ajusté en baisse sa cible de 36 à 31 euros. Pour sa part, Morgan Stanley a expliqué que si le ratio rendement/risque s'est légèrement amélioré pour les constructeurs automobiles européens, la pression croissante des exportations automobiles chinoises reste préoccupante pour les acteurs majeurs du marché.
Par ailleurs, Stellantis cale car selon des sources de 'Bloomberg' proches du dossier, les modèles 100% électriques tels que les Peugeot 3008 et 5008 accuseraient un retard de 8 mois en raison de problèmes de production liés aux batteries longue autonomie fabriquées par Automotive Cells Co, coentreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz Group et TotalEnergies.